lundi 15 décembre 2008

un mois de décembre 2008 exceptionnel

"Le premier quartier de lune le 5 décembre nous vaut un changement dans le temps et des jours de brouillard et de verglas. La pleine lune le 12 se produira quand la lune sera à son périgée, soit la conjoncture de deux signes d’influence. Notre astre ne sera qu’à 356566 km de la terre, soit la distance la plus courte pour les années 2000 à 2012. Par contre après le solstice du 21 décembre, l’apogée le 26 sera la distance la plus grande pour l’année 2008 soit 406601 km. La nouvelle lune du 27 nous amènera un nouveau changement de temps comme cela s’est produit cette année à chaque nouvelle lune et encore à la fin du mois de novembre comme je vous l’avais annoncé."
.
Tout au long de ce we, comme vous sans doute, j'ai entendu parler à la radio et à la télévision, de «situations exceptionnelles» et de »jamais vu» à propos du mauvais temps, de la neige, du froid et des inondations.
Si nos journalistes prenaient seulement la précaution d'aller voir sur le site officiel de Météo France, revu et corrigé et fort bien amélioré et bien documenté, ils verraient que ce n'est pas si nouveau que ça qu'il fait mauvais temps en décembre..!
La recherche de l'information à sensation nous fait perdre le bon sens et la raison. Réagissons!

"On nous cache tout, on nous dit rien,
Plus on apprend plus on ne sait rien,
On nous informe vraiment sur rien
"

comme chantait Jacques Dutronc en 1966 !

Si je regarde le site de Météo France, je vois qu'autour de chez moi, il a fait -9,7° à Nîmes le 28 décembre 1962, et +20,6 ° au même lieu le 18 décembre 1987, et 103,2 mm de pluie le 24 décembre 1957...
Exceptionnel?
1er décembre 1959 : Violente tempête et pluies torrentielles sur la Côte d'Azur et le 2 décembre 1959 c'est le barrage de Fréjus qui cède et entraîne la catastrophe tragique dont on se souvient bien tristement !
3 décembre 1976 : Une série de violentes tempêtes provoque d'importants dégâts. Rafales de vent atteignant les 150 km/h
5 décembre 1962 : Le froid reprend avec -12° à Clermont-Ferrand et -15°) dans le Nord-Est
6 décembre 1929 : Ouragan sur la manche. Le vent détruit des maisons
7 décembre 1933 : Début d'une longue et intense vague de froid qui se terminera à Noël
8 décembre 1969 : Fortes chutes de neige paralysant le Nord, la Picardie, l'Ile de France et le Centre
9 décembre 1990 : L'Est de la France est enseveli sous la neige. Il y a 80 cm de neige à Lyon
10 décembre 1879 : Il fait -26° en région parisienne. C'est la vague de froid la plus intense de l'histoire
11 décembre 1981 : Il fait doux sur toute la France sauf sur le Nord-Pas de Calais qui est paralysé pendant une semaine sous 10 à 25 cm de neige
12 décembre 1963 : Deuxième hiver de grand froid. Marseille et Bastia sont bloqués sous 30 à 50 cm de neige
13 décembre 1952 : Un ouragan traverse les pays de Loire et le Centre. On enregistre des rafales de 185km/h à Tours
14 décembre 1932 : Terribles inondations en Languedoc-Roussillon. Plusieurs communes sont isolées
15 décembre 1989 : Temps estival sur la façade atlantique: on se baigne sur la côte basque avec 27°
16 décembre 1962 : Un ouragan balaye l'Europe entière. Dégâts considérables
17 décembre 1989 : Forte tempête en Grande-Bretagne et en France. 4 morts en Région Parisienne
18 décembre 1933 : Le froid glacial persiste. Il fait jusqu'à -26° à Clermont-Ferrand
19 décembre 1938 : Toute la France est figée par une vague de froid qui dure jusqu'à la fin du mois
20 décembre 1938 : La température ne dépasse pas -11° à Paris dans la journée
21 décembre 1879 : Tous les fleuves de France sont gelés. A Londres on organise des fêtes sur la Tamise
22 décembre 1970 : Début d'une importante vague de froid. La neige paralyse le pays
23 décembre 1925 : Une série de tempêtes provoque des dégâts considérables sur toute la France.
24 décembre 1963 : Des pluies verglaçantes brisent les poteaux électriques dans le Nord de la France. Plusieurs milliers de foyers sont privés d'électricité
25 décembre 1962 : Un des Noëls les plus froid du siècle. On skie à Marseille ! A Nantes la Loire est prise dans les glaces
26 décembre 1999 : Un ouragan d'une rare violence ravage la moitié Nord de la France
27 décembre 1999 : Un deuxième ouragan aussi violent touche la moitié Sud du pays. Les Charentes sont dévastées.
28 décembre 1925 : Chaleur incroyable dans le Sud. Le thermomètre dépasse les 27° à Perpignan.
29 décembre 1970 : 60cm de neige à Montélimar. Des centaines d'automobilistes sont bloqués sur l'autoroute entre Bollène et Valence.
30 décembre 1968 : Très abondantes chutes de neige sur la moitié Nord de la France. 30 cm à Cambrai.
31 décembre 1978 : On perd 20° en deux heures sur presque toute la moitié Nord . La circulation est paralysée.

Je pourrais indiquer bien d'autres données tout aussi exceptionnelles.
Nos médias, avides de sensationnel, devraient prendre un peu de recul et nous donner de bons éléments pour que nous puissions nous-mêmes analyser les situations, que ce soit dans le domaine du temps qu'il fait ou dans d'autres domaines, qu'ils touchent au politique ou au social ou à l'économie.
Ne gobons pas tout ce qu'on nous dit. Ne nous laissons pas influencer n'importe comment !
Prenons un peu de recul. Pinçons nous s'il le faut pour nous réveiller !
Réveillons nous comme nous y invite ce temps de l'Avent pour les chrétiens.

Je rappellerai encore, sans ériger cela en principe absolu, que l'observation du cycle de la lune ainsi que celui du soleil, nous donne toujours de bonnes indications qu'il ne faut pas négliger.
Les Chaldéens, nous ont laissé les plus anciens témoignages connus de leurs observations des astres et de leur influence. D'où sans doute l'image de l'étoile de Noël !
Tous les calendriers lunaires actuellement publiés nous disent que lorsque la pleine lune ou la nouvelle lune ont lieu au nœud il y a éclipse de lune ou de soleil. Et ils précisent que ces périodes sont toujours des moments de perturbations que l'on peut observer notamment sur les végétaux.
On note que les changements de temps s'ils doivent avoir lieu - car il y a quelques paramètres qui interviennent pour moduler cela, que ce soit la latitude, la proximité de la mer, ou l'altitude, par exemple - se produisent habituellement aux lunistices, plus particulièrement le troisième jour.
Le lunistice c'est le moment ou la courbe de la lune est au plus haut ou au plus bas puisque la lune décrit une orbite elliptique dont la terre occupe le centre avec à chaque lunaison le passage au périgée ( distance d'environ 350000 km et vitesse la plus grande et dont attraction plus importante ) et à l'apogée ( distance la plus éloignée, de l'ordre de 400000 km avec un rythme plus lent) .
Le nœud lunaire c'est lorsque le plan de l'orbite lunaire - qui est incliné par rapport au plan sur lequel le soleil se déplace en apparence autour de la terre - coupe ce plan, chaque mois en deux points. On dit alors que la lune est montante ou descendante, ce qui n'a rien à voir avec la lune croissante ou décroissante.
Quand il y a pleine lune ou nouvelle lune au périgée, il y a souvent danger de perturbations.
C'est le moment des grandes marées, particulièrement à l'équinoxe ou au solstice ou dans les jours proches.
«Ce fut le cas lors de la tempête des 26, 27, 28 décembre 1999 où il y avait pleine lune, périgée et nœud lunaire en même temps. De plus la distance de ce périgée là était la plus courte d'ici plus de 50ans.
Le tsunami du 26 décembre 2004 a eu lieu le jour de la pleine lune, proche du solstice d'hiver, et l'apogée était le lendemain 27.»
nous dit le calendrier lunaire publié par Rustica.
C'est ce qui m'a fait souligner, dans ma chronique de décembre, la conjonction du périgée et de la pleine lune le 12.
Nous venons d'en voir les effets, avec la chute des températures et leur brusque remontée ce jour 15 décembre, du moins chez nous dans le Midi.
J'ai aussi écrit cela en novembre pour la nouvelle lune et j'attire votre attention sur ce qui risque de se produire à la fin de ce mois autour de la nouvelle lune.
On ne peut pas ignorer cela et s'en moquer.
Certes il y a d'autres paramètres qui interviennent et la pollution ainsi que nos comportements ont une vraie influence sur la planète et sa survie. Cela aussi il ne faut pas le nier.

Mais c'est quand même étonnant de regarder les dictons élaborés par nos Anciens, à l'occasion de telle ou telle fête, dictons, fruits de longues observations sur la répétitivité des situations, qui leur faisait nous prédire que tel jour il ferait beau ou il ferait froid, avec comme procédé mnémotechnique la référence à la fête du saint du jour.
Aujourd'hui on peut observer que ces dictons, issus de la sagesse populaire, sont toujours d'actualité.
C'est pourquoi je me fais un réel plaisir chaque mois, de vous les rappeler, dans des chroniques qui, je l'espère, pourront continuer à vous parvenir, grâce à internet et aux courriels et autres mails ou emails.

Avec ces quelques vers de la très belle chanson de «Grand Corps malade» :
A l’arrivée du mois de décembre,j’ai bien regardé
La hauteur du ciel descendre et l’hiver arriver
J’étais presque content de le voir en l’observant se déployer,
J’ai mis une veste au dessus de ma veste, pour pas trop cailler
J’ai vu la nuit qui tombait tôt et les gens qui marchaient plus vite
J’ai vu la chaleur des bistrots avec de la buée sur les vitres
La dessus la nature est fidèle, j’ai vu le jour se lever tard,
J’ai vu les guirlandes de Noël qui m’ foutent le cafard
J’ai aimé avoir les mains gelées pour les mettre au fond de mes poches
J’ai adoré marcher dehors quand tu sais que la maison est proche
J’ai souri bêtement en voyant qu’y avait plus de fleurs sur les balcons
J’ai regardé le ciel tout blanc, y’avait même des flocons
Certains matins j’ai vu que le givre avait squatté derrière les fenêtres
J’ai vu les gens revenir du ski avec la marque des lunettes
J’commençais juste à m’y habituer mais les jours ont rallongé
Et j’ai compris que le printemps allait emménager
………………………………………………………………..

Puis l’hiver est revenu et les saisons se sont perpétuées
Les années passent la vie aussi, on commençait juste à s’y habituer
On est les témoins impuissants du temps qui trace, du temps qui veut
Que les enfants deviennent des grands, et que les grands deviennent des vieux.
.
tous mes Vœux de Bonnes fêtes de Noël et de fin d’année pour chacun de vous et tout autour de vous !

Jean Mignot le 15 décembre 2008

Jean Mignot
Domaine de Cruviers-Larnac
Route de Saint Ambroix
30700 Uzès

jeudi 11 décembre 2008

si vous avez pu remarquer

Bonjour à tous, bises à toutes
Vous l'avez peut-être remarqué mais Histoires du Nord connait ces derniers temps un net ralentissement et croyez bien que j'en sois désolé, d'ailleurs peut-être le plus désolé de tous, pourtant il faut bien que je vous l'avoue, je ne suis pas totalement responsable.

Divorcé depuis 13 mois, je me bagarre tous les mois pour me défendre contre mon ex-épouse. Au début, ce n'était que du harcelement téléphonique, des sms insultants, des appels malveillants, puis est venu le temps des plaintes chez les policiers, plaintes sans fondements ou du moins pas tout à fait innocentes puisque la maréchaussée à reconnu que je répondais à son harcelement (notamment, je l'aurai harcelé téléphoniquement et de fait elle avait du changer de numéro, sauf que c'est moi qui avais fait couper la ligne parce qu'elle ne voulait pas payer ses factures explosives du fait de ses appels incessants or, comme la ligne m'appartenait, je pouvais le faire alors que dans l'entre-temps, madame avait demandé le transfert d'opérateur avec abonnement à ma charge chez l'ancien opérateur et PORTAGE du numéro, gonflé non?).

Puis elle essaya de se faire payer deux fois des prestations sociales liées à mon travail pour mes filles alors que j'avais toujours versé cet argent en plus des pensions et de la prestation compensatoire qu'elle m'avait extorqué.

Je passe évidemment sur le harcèlement qu'ont subi mes parents et les propos délirants qu'elle leur a asséné de longues semaines (et encore si vous saviez tout ce que j'ai supporté pendant le temps entre le dépot de la requête et mon départ de notre ancienne maison, vous pleureriez).

Puis vinrent les accusations délirantes parce que ma fille ainée avait eue une gastro, c'est parce que je donnais des aliments périmés à mes enfants quand ils venaient...
Puis en septembre arrive un ordre de saisie sur salaire pour des pensions alimentaires. Bizarre... Comme elle avait encaissé le mois d'aout et retenu le cheque de septembre, elle reclamait avec un aplomb infini la saisie pour ces deux mois. Un cheque que selon elle je n'avais pas envoyé mais qu'elle mettait à l'encaissement en octobre.

Inutile de dire que l'huissier l'a convaincu de stopper mais les frais restaient bien entendu à sa seule charge.
Qu'a-t-elle fait le jour-même?
Une lettre totalement délirante à mon employeur (en l'occurence un grand service d'état) qui n'a pas jugé bon de m'entendre mais a enclenché toute procédure sur "ma façon de servir"... je sais que maintenant je vais devoir regler tout ça non plus avec ma bonne volonté mais avec syndicats et avocats !

Résultat, je n'ai plus beaucoup de temps à vous consacrer mes chers amis, aussi, par les tous les dieux, je vous demande de me pardonner pour ces longs silences, pour le peu de nouvelles photos alors que vos messages d'encouragement depuis l'ouverture d'Histoires du Nord ont démontré que vous les aimiez bien, et pour les articles qui avaient jusque présent reçu vos suffrages...

Vraiment, toutes mes excuses, moi je vais tenter de me reposer un peu et j'espere sous peu pouvoir vous rendre Histoires du Nord dans l'état où je l'ai laissé en entrant, c'est à dire avec joies, sourires et belles histoires...

Vous me manquez déjà.... Je vous l'ai dit, non? Ben maintenant c'est fait...
Ah au fait, je tiens les preuves à disposition de qui douterait de moi

lundi 8 décembre 2008

wallpaper 1440-900 : hiver 2

Arbres dénudés tendant désespérement leurs griffes vers le ciel, l'herbe tendue par le gel, et le souffle qui se voit à chaque respiration... Flandre froide et bientôt fertile à nouveau, attendant que le soleil la réchauffe encore.

wallpaper 1440*900 : hiver

Les jours raccourcissent, l'air se charge d'humidité, plus loin, l'eau fait des miroirs dans la boue... Plus de doute, l'hiver est là.

wallpaper 1440*900 : sous les bois

Et les vertes campagnes, encore embrumées, chargées d'humidité, laissent pousser çà et là herbes et mousses sur les bancs désertés l'hiver.

wallpaper 1440*900 : ajoncs


La Flandre, humide, généreuse mais gorgée d'eau, laisse encore ça et là ajoncs et roseaux jouer dans la lumière hivernale.

A propos de Décembre 2008

Tirant son étymologie de son ancienne place de dixième mois de l’année romaine dans les calendriers précédant la réforme de Jules César, notre douzième et dernier mois de l’année est très marqué dans ses diverses fêtes par les réformes successives, «julienne» ou «grégorienne» que ce soit pour la sainte Barbe, la saint Nicolas, la sainte Luce ou encore Noël et le solstice, puis de toute la série de fêtes qui suivront. Voyons un peu cela en essayant de ne pas dire ce qui a déjà été dit, mais en rappelant le pourquoi de ce qui a été fait pour que nous ne réécrivions pas chaque jour l’histoire en inventant d’autres raisons à celle déjà trouvée pour justifier telle célébration ou tel jour férié ou le repos nécessaire pour celui qui travaille. Eternel débat !

La conduite des réformes n’est pas chose évidente, et quand elles sont mal engagées ou mal expliquées, elles entrainent d’énormes difficultés d’application, voire la confusion. Jules César l’a appris à ses dépends, quand en 46/45 av JC, juste avant son assassinat, la mauvaise interprétation de sa réforme du calendrier, saupoudrée de la mauvaise volonté des pontifes chargés de sa mise en place, - aujourd’hui nous dirions des administrations - avait entraîné de telles difficultés qu’on avait baptisé cette année là : «l’année de la confusion». On connait les dégâts que peut entraîner la force d’inertie ou la sauvegarde des avantages acquis !

Décembre nous en donne encore un autre exemple avec la fête de la saint Eloi, le premier jour du mois. On retient surtout de ce grand évêque, conseiller du Roi, la culotte à l’envers du bon Dagobert. Je rappellerai ici, non seulement que «Lorsque Saint Eloi a bien froid, quatre mois dure le grand froid» avec cette nuance «Si à la saint Eloi tu brûles ton bois, tu auras froid pendant trois mois» et que nous entrons dans les jours les plus courts de l’année : «A la saint Eloi, la nuit l’emporte sur le jour qui luit» mais qu’il est le patron de la très ancienne corporation qui porte son nom et regroupe orfèvres et bijoutiers. Or nous savons que ces confréries, les corporations, étaient des institutions qui regroupaient dans un esprit de fraternité, employés et maîtres, ouvriers et patrons, dans un souci de fournir du bon ouvrage et un travail bien fait, souci qui l’emportait sur la recherche du gain, et dont la recherche du bien commun primait sur l’intérêt privé. Dans chaque corporation on s’engageait à s’occuper des confrères malades, à apprendre un métier aux jeunes, plus particulièrement aux orphelins. Interdites par la Révolution, ces corporations, ancêtres de nos organisations actuelles et de nos syndicats, nous laissent le terme «corporatisme» qui est bien plus négatif dans la mesure où il désigne la tendance qu'ont les membres d'un corps professionnel ou administratif à privilégier leurs intérêts matériels au détriment de ceux du public qu'ils servent (consommateurs, administrés, justiciables, usagers, élèves, clients, patients, etc.). Bien sûr toute allusion à des faits ayant existé est «nulle et non avenue» !

Avec le 2 décembre et Austerlitz bien sûr mais aussi l’avènement de l’autre Napoléon, le «Petit» appelé encore «l’Homme de décembre», décembre nous amène à faire un autre rapprochement. «Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien… il a pris la France et n'en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.. l’homme qui à sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse… . Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise.» Mais non je ne parle pas de qui vous croyez… ! C’est Victor Hugo, chantre de l’opposition, qui parle de Napoléon III dans «Napoléon le Petit» Je vous l’ai bien dit : toute allusion à des faits ou à des personnages ayant existé serait «nulle et non avenue» !

Le 4 décembre, sainte Barbe nous fait entrer dans le cycle des fêtes «calendales» car c’est ce jour où il faut penser à mettre le «blé de Noël» à germer. :Lou blad de Calendo», ou encore « le blé de la crèche ». ( voir mes précédentes chroniques)
Les catholiques prient sainte Barbe pour se protéger de la foudre, mais elle est aussi la patronne des architectes, des géologues, des pompiers, des mineurs (et par extension actuellement, des ingénieurs des Mines), des artilleurs, des sapeurs, des canonniers, des ingénieurs de combat, des métallurgistes et autres corporations liées au feu, dont les pétroliers militaires.
En particulier, le patronage que lui vouaient les mineurs de fond s’est progressivement transmis aux ouvriers et ingénieurs des travaux souterrains (tunnels, cavernes, etc.) De nos jours, une sainte Barbe trône toujours à l’entrée des tunnels en construction pour protéger les ouvriers-mineurs des accidents de chantier.

C’est un saint parmi les plus populaires que nous fêterons le 6 décembre, Saint Nicolas le patron des enfants, des étudiants, des enseignants, des marins, des vitriers, des bouchers, des jeunes filles à marier, des voyageurs, de la Lorraine, de la Russie et de Fribourg. Lors de sa fête, on distribue des friandises et des cadeaux aux enfants. Nous connaissons tous sa légende, avec des versions parfois très différentes voire effrayantes. «Ils étaient trois petits enfants, qui s'en allaient glaner aux champs,» comme dit la chanson. Perdus, ils demandèrent l'hospitalité chez un boucher qui ne trouva rien de mieux que de les tuer, les découper et les mettre au saloir. Saint Nicolas vint à passer sept ans plus tard et demanda à son tour l'hospitalité. Il insista pour manger le petit salé préparé sept ans plus tôt. Le boucher s'enfuit et saint Nicolas ressuscita les trois enfants. Selon certaines traditions, le Père Fouettard qui accompagne saint Nicolas serait en fait le boucher de l'histoire. Pour lui faire regretter son méfait, ce dernier l'aurait condamné à l'accompagner lors de sa distribution de récompenses, en lui assignant la tâche de punir les enfants désobéissants.
La légende des trois enfants semble née d'une erreur d'interprétation d'un vitrail représentant un miracle du saint. Il s'agirait, selon les historiens, d'une scène représentant saint Nicolas sauvant trois chevaliers suppliant son aide au sommet d'une tour. Saint Nicolas est le personnage principal de la scène, et comme souvent au Moyen Âge, il n'est pas représenté à l'échelle, mais en beaucoup plus grand pour montrer son importance. C'est ce détail qui aurait ouvert la voie à une mauvaise interprétation ; et les trois chevaliers au sommet d'une tour sont devenus trois enfants dans un baquet. Selon d’autres sources, le Père Fouettard est une invention des Messins lors du siège de leur ville par les Impériaux, en pleine période de festivité de la Saint-Nicolas en 1552 après la mise en place du protectorat Français. De là leur serait venue l'idée de se moquer de l'assiégeant, Charles Quint, en le représentant sous les traits du boucher de la légende de saint Nicolas.

Saint Nicolas est l’ancêtre de notre «Père Noël» qui est une invention anglo-saxonne qui ne date que du 19e siècle. On trouve la première mention du «père Noël» en France, en 1855. Une de ses premières représentations date de 1868, dessinée par Thomas Nast pour Harper's Magazine. À l'origine le personnage est habillé soit en vert soit en rouge au gré de la fantaisie des illustrateurs ; l’habit rouge et blanc viendrait d’une publicité de Coca-Cola…. !
S'il est inspiré du saint Nicolas chrétien, notamment par ses habits, on peut aussi l'assimiler le père Noël à Julenisse, un lutin scandinave qui avait la même fonction à la fête de la mi-hiver, jul, en norvégien, (ou «Jol» ou «Midtvintersblot» correspond au solstice d'hiver) et aidait aux travaux de la ferme.
En France, Françoise Dolto, dont le frère Jacques Marette, était ministre des postes et télécom dans les années 1960, fut la première secrétaire du père Noël, en rédigeant la première réponse du père Noël par l'entremise des PTT. En 1962, le Ministre des PTT, Jacques Marette crée, au centre de tri de Libourne (le seul autorisé à ouvrir le courrier), un service spécialement chargé de répondre au courrier du Père Noël. Une affaire de famille ! Ainsi, depuis cette date, la Poste française répond aux lettres adressées au Père Noël. En 2007, le Père Noël a reçu plus de 1 600 000 courriers, dont 1 430 000 lettres et 181 200 e-mails (via le portail Internet du groupe La Poste et le site du Père Noël de La Poste).

Sainte Luce ou Lucie, le 13 décembre avec son fameux dicton «pour sainte Luce les jours avancent du saut d’une puce» nous rappelle que le calendrier "julien" entraînait un tel décalage avec les saisons qu’il fallut une nouvelle réforme du calendrier. A la mise en place du calendrier «grégorien» en octobre 1582, on supprima dix jours du calendrier, et saint Luce, fête de la lumière, judicieusement placée le lendemain du solstice d’hiver, au moment où les jours recommencent à s’allonger, fit un bon en arrière. De même Noël, qui célèbre la nativité de Jésus, placée au lendemain du solstice fixé par le calendrier «julien» au 24 décembre, se trouve placé le 25 du mois. S’il fallait revoir les choses, la logique qui, en 354, a présidé à la fixation de la date de Noël, placerait aujourd’hui cette fête au 22 décembre. Quoiqu’il en soit, comme nous le rappelait en 2004 l’évêque d’Arras : «Les évangélistes dont un sur quatre seulement propose un récit de la naissance de Jésus étaient bien incapables d’en situer la date exacte. Excellente pédagogue, l’Église, en Occident, a fixé en 353 la célébration de Noël au moment de la fête païenne du solstice d’hiver. Le signe est magnifique. Les rayons du soleil sont au plus bas de leur déclin. Progressivement le jour va s’imposer à la nuit. La lumière va triompher. Le Christ naissant est alors loué et accueilli comme la lumière qui brille dans les ténèbres, comme le jour qui se lève sur l’humanité engourdie et endormie. Il est le jour nouveau qui pointe à minuit.» Cette métaphore du Christ identifié à une lumière nouvelle qui va éclairer le monde est déjà présente dans l'évangile de Jean (8:12). Elle est reprise fréquemment dans les homélies du temps de Noël, par exemple celle du pape Benoît XVI à l'occasion de Noël 2007 : «Dans l’étable de Bethléem, le ciel et la terre se rejoignent. Le ciel est venu sur la terre. C’est pourquoi, de là émane une lumière pour tous les temps; c’est pourquoi, là s’allume la joie

Bien avant l'apparition du christianisme, l'époque du solstice d'hiver était déjà une période charnière de l'année, qui regroupait de nombreuses croyances païennes relatives à la fertilité, à la maternité et la procréation et à l'astronomie. Elles donnaient lieu à de nombreuses manifestations qui ont de nombreux points de similitude avec la fête chrétienne.
Les peuples préhistoriques adoraient la lumière. Ils avaient construit des temples qui aidaient à comprendre l'arrivée des saisons. Dans le temple mégalithique de Newgrange en Irlande, la lumière du soleil ne rentre que le jour du solstice d'hiver.
En Egypte, Isis est souvent représentée accroupie tenant l’enfant Horus dans son giron.
A Rome, à partir du règne d'Aurélien (270-275), les Romains fêtent officiellement le Sol Invictus (Soleil invaincu) au moment du solstice d'hiver qui marquait le début de la nouvelle année, annoncée par le rallongement des jours. Ce culte reprenant des aspects de la mythologie d'Apollon et du culte de Mithra venu de Perse, s'est répandu aux IVe et IIIe siècles av. J.-C. et se concluait par le sacrifice d'un taureau. Le Sol Invictus correspondait à la naissance du jeune dieu solaire, qui était censé surgir d'un rocher ou d'une grotte sous la forme d'un enfant nouveau-né. Pendant les Saturnales, d'abord du 17 au 21 décembre, puis plus tard du 17 au 24 décembre, les hommes et les femmes portaient des guirlandes autour du cou et s'offraient toutes sortes de cadeaux. Les gens sacrifiaient aussi symboliquement un mannequin représentant un jeune homme, pensant ainsi transmettre la vitalité du personnage à la nouvelle année.

Les Celtes faisaient de grands feux aux solstices pour lutter contre les ténèbres. Ils avaient très peur de ces périodes sombres durant lesquelles le jour durait moins longtemps, mais ils savaient que le soleil allait réchauffer le sol et les plantes. Certains peuples évoquaient aussi des personnages fabuleux apportant des cadeaux lors de la fête : le dieu Gargan chez les Celtes ( qui inspira le célèbre Gargantua de Rabelais) ; Odin, le dieu scandinave chez les Wikings, habillé d’une grande cape, qui visitait les maisons afin de demander si tout allait bien et offrait des friandises aux enfants sages,
La fête des sigillaires, «ancêtre» de la Saint Sylvestre, concluait les festivités à la fin du mois de décembre. Pendant ce temps de bascule vers l'an neuf, les gens s'offraient des menus-cadeaux de terre cuite, les esclaves devenaient les maîtres et inversement. Cela nous a donné la fête des Fous du Moyen Age puis la fête des Innocents.

Le premier quartier de lune le 5 décembre nous vaut un changement dans le temps et des jours de brouillard et de verglas. La pleine lune le 12 se produira quand la lune sera à son périgée, soit la conjoncture de deux signes d’influence. Notre astre ne sera qu’à 356566 km de la terre, soit la distance la plus courte pour les années 2000 à 2012. Par contre après le solstice du 21 décembre, l’apogée le 26 sera la distance la plus grande pour l’année 2008 soit 406601 km. La nouvelle lune du 27 nous amènera un nouveau changement de temps comme cela s’est produit cette année à chaque nouvelle lune et encore à la fin du mois de novembre comme je vous l’avais annoncé.
Le 29 décembre sera le 1er jour de l’an musulman, le 1er Mouharran.

Avec Noël nous retrouvons ce qu’on appelle les «jours mâles» ou les «jours de sort». Quantité de proverbes et de dictons nous invitent à noter le temps qu’il fait ces jours là et nous disent que ce sera une indication pour connaître le temps qu’il va faire au cours des mois de l’année qui va commencer.
«Les jours entre Noël et les Rois indiquent le temps des douze mois» ou encore «Regarde comme sont menées depuis Noël douze journées, car suivant ces douze jours, les douze mois auront leur cours».

Bonnes Fêtes ! Bon Noël ! Addissias !
Jean Mignot le 4 décembre 2008

wallpaper 1440*900 : cours après moi que je t'attrappe


jeudi 4 décembre 2008

finalement...

.
.. en voyant les vitrines, j'aurai du comprendre que l'hiver allait arriver plus vite que je ne l'aurai pensé... Un hiver pisseux, gris, humide, qui ne donne pas envie de sortir... bien loin de la sérénité des mannequins au yeux peints qui vous regardent comme les vierges des églises, étonnées que vous soyez plantés devant elles à vous demander on ne sait quoi.


lundi 1 décembre 2008

12.168 fois merci

Bonjour, en ce premier de décembre de la 2008° année officielle de l'Incarnation, vous avez encore battu le record de pages téléchargées (2e mois consécutif) avec 12.168 pages téléchargées. Merci beaucoup, ça fait plaisir et me conforte dans l'idée que présenter les Pays-Bas Français, ses richesses naturelles, patrimoniales... et humaines n'est pas vain... A tous un joyeux mois de décembre, en espérant que vous continuerez à venir plus nombreux voir plus encore de pages, photos et articles...
A bientôt
Tot ziens...

samedi 29 novembre 2008

les trésors de la littérature française

" Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide. L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé ".




Victor HUGO, dans " Napoléon, le petit "
Réédité chez Actes Sud



>>> Vous pensiez à qui ?...

Une Nouvelle Légionnaire

de la Revue L'Illustration no. 3969 du 29 mars 1919

par Albéric Cahuet

Mlle. Louise Thuliez - une Femme Héroique


Tandis que quelques misérables, espions, demi-espions, dénonciateurs, trafiquants, sont envoyés devant les conseils de guerre où ils ont à répondre de leur lâche besogne dans les pays envahis, de nobles figures, plus nombreuses, sont révélées, chaque jour, par les reconnaissances qui les entourent, Mlle Louise Thuliez, que M. Clemenceau vient de décorer de la Croix de guerre et de la croix de la Légion d'honneur, est une de ces hautes physionomies de dévouement et de totale abnégation patriotique.

Etudiante à la Faculté des Sciences de Lille avant la guerre, surprise par l'invasion à Saint-Waast-la-Vallée, dans le Nord, où elle passait ses vacances, Mlle Thuliez s'ingénia d'abord à ravitailler les soldats, français et anglais, qui se cachaient dans la région, puis à faciliter leur évasion en Hollande par la Belgique. Avec l'aide d'une de ses amies, Mlle Moriamé, de Saint-Waast, morte en 1918, religieuse dans un couvent de rédemptoristines, elle en conduisit ainsi plus de deux cents, les uns après les autres, durant plusieurs mois, en Belgique, où elle les confiait à miss Cavell.

Le 31 juillet 1915, sur quelque dénonciation sans doute, Mlle Thuliez était arrêtée à Bruxelles, chez M. Baucq, architecte, et incarcérée. Deux mois après, un conseil de guerre la condamnait à mort, peine commuée en celle des travaux forcés à perpétuité sur l'intervention de l'ambassade d'Espagne et du Saint-Siège. Mais, le 20 décembre, un autre conseil de guerre condamnait une seconde fois à mort, sous l'inculpation d'espionnage, Mlle Thuliez, qui ne fut cependant pas fusillée. Emmenée à Siegburg, près de Cologne, elle fut enfermée en prison cellulaire jusqu'au 8 novembre 1918, où la révolution allemande la délivra.

Cette Croix de guerre avec palme, cette Légion d'honneur, récompensent une énergie jamais abattue, une vaillance obstinée, qui impressionnèrent jusqu'aux juges des conseils de guerre allemands, jusqu'aux geôliers qui manifestèrent presque des égards à une telle prisonnière.

Déportées par les Allemands

par Mme Henriette Celarié

Crimes de guerre
La civilisation, pensions-nous, avait consacré la liberté de l'individu et condamné à tout jamais l'esclavage. Nous nous trompions. Il appartenait aux Allemands de le faire revivre. Pour savoir à quel degré de barbarie, de cruauté peut en arriver un peuple sans scrupules, lisons le récit d'une Lilloise, Marie X... Quand elle a été enlevée, elle venait d'avoir vingt ans: «Une enfant, une vraie enfant», dira l'un des soldats chargés de l'emmener.

I

Les enlèvements ont commencé en avril 1916. Le premier a eu lieu le Samedi Saint, à Fives, en pleine nuit. Les Allemands prirent indifféremment jeunes filles, jeunes gens, pères de famille. Des scènes terribles se produisirent. Ceux qu'on avait désignes ne voulaient pas se laisser emmener. Les Allemands apportèrent des mitrailleuses et tirèrent sur la foule.
«A Lille, notre angoisse était grande. Vainement nous essayions de nous rassurer en pensant que Monseigneur Charost avait protesté, ainsi que le Maire, M. Delesalle, auprès du gouverneur allemand; nous savions les Allemands capables de tout.» Marie X... a raison de trembler. Vers deux heures et demie, dans la nuit du lundi de Pâques, elle est réveillée en sursaut,
Des soldats passent dans la rue. Devant chaque maison, ils s'arrêtent par petits groupes. Je me précipite dans la chambre de mes parents:
- Les Allemands sont là; ils vont m'enlever. J'ai peur; j'ai peur...
Mon père se lève et, pour me tranquilliser:
- Va te recoucher; «ils» font les maisons de l'autre côté de la rue; ils ne viendront pas ici...
Au même instant, la sonnette tinte, violemment agitée. Marie X... descend. Dix soldats sont dans le vestibule. L'un d'eux prend la parole:
- Tenez-vous prêts. L'officier va passer pour désigner les personnes qui devront partir.
- Nous habitions une grande maison à appartements, explique Marie X... Bientôt tous les locataires sont dans le vestibule. L'officier arrive.
Les Allemands ont décidé que les mères de famille ayant des enfants au-dessous de 14 ans ne seraient pas enlevées. Toutes les jeunes femmes qui habitent la maison sont dans ces conditions. L'officier parcourt la feuille de recensement apposée dans le vestibule.
Il arrive à mon nom, demande où je suis et dit:
Préparez-vous à partir.
Petite et gracile, Marie X...est d'aspect délicat. Ses cheveux tressés, pour la nuit, en une natte qui flotte sur son dos, la font paraître plus jeune que son âge. Son père supplie l'officier:
- Monsieur, ce n'est pas possible. Vous ne ferez pas cela. Ma fille n'est pas forte; elle est trop jeune...
L'officier répond, narquois:
- Justement, l'air de la campagne fera du bien à Mademoiselle.
- M. X.:. insiste:
- Prenez-moi à sa place. Vous y gagnerez. Je travaillerai mieux qu'elle.
L'officier secoue la tète et montrant sa victime, en riant:
- Non, non; c'est elle que nous voulons; elle, la petite «Mademoiselle ».
Il fait demi-tour. Alors, un des soldats considérant Marie X... s'écrie:
- C'est une enfant, une vraie enfant...
A quoi l'un de ses camarades réplique:
- La vie qu'on va lui faire mener la développera.
- Moi, raconte Marie X..., je sanglotais sans pouvoir m'arrêter.
Cependant elle doit s'apprêter:
Mon père, qui a un permis de circulation , peut m'accompagner; mais, il me faut dire adieu à maman, dont jusqu'ici je n'ai jamais été séparée.
C'est un vrai déchirement. Mme X... se cramponne à sa fille, les soldats la lui arrachent; Mme X... se traîne sur le dallage, s'accroche aux uniformes des Allemands, les supplie:
- Ma fille, mon enfant, ah! ah!...
- Dans la rue, raconte Marie, aussi loin que j'ai pu voir maman, je l'ai aperçue, penchée à la fenêtre de la salle à manger et me criant à travers ses larmes:
- Adieu, adieu...
M. X... porte la valise de sa fille. Dix soldats, baïonnette au fusil, les encadrent. Dix soldats pour emmener une enfant!

II

Marie est conduite dans un café. Cinquante captives y sont déjà réunies. Jusqu'au dernier moment, M.X... montre une attitude courageuse: "Pauvre papa, il m'embrasse sans verser une larme; mais quand il m'a quittée je le vois tirer son mouchoir; il pleure".
Captifs et captives continuent d'arriver: « Je cherche si je ne vois pas quelque figure amie. Soudain, j'aperçois Jeanne B..., une de nos voisines.
Je vais à elle; nous nous promettons de rester ensemble. L'ordre du départ arrive. On nous fait monter dans un tramway; mais au lieu de nous mener directement à la gare, on nous fait faire le tour de la ville.
On dirait que les Boches veulent nous exhiber pour narguer nos concitoyens.»
Après une longue journée d'attente dans le hall de la tir gare « Fives-Magasin », les captives montent dans des wagons à bestiaux dont on boucle la porte. Le convoi part. Et, voilà qu'en passant, près d'Hellemmes, une clameur parvient jusqu'aux prisonnières. Leurs parents, leurs amis, massés sur le pont du chemin de fer, leur crient adieu: « Nous ne pouvions les voir, nous ne pouvions leur répondre; mais leurs cris résonnaient dans nos cœurs. »

III : Le Voyage

Le voyage s'accomplit avec une extrême lenteur: «Dans notre wagon nous sommes entassés à trente. La plupart de mes compagnons sont des hommes. Au bout de peu de temps, ils ont lié connaissance. Ce sont de braves gens, sans doute; mais ils sont d'une grande grossièreté: Ils fument, chiquent, crachent.» La plupart sont en état d'ébriété. La fête de la veille, ils l'ont passée au café: «Ils tiennent des propos comme je n'en avais jamais entendu; des propos qui me révoltent et ajoutent à mon chagrin. Je me disais: Mon Dieu! où suis-je tombée!»
A la douleur morale de Marie, s'ajoute la souffrance physique: « Nous avons soif; depuis le matin où, à deux heures, nous avons été enlevés, nous n'avons rien bu qu'un peu de café dans le hall de la gare. Nous demandons aux soldats qu'ils nous donnent de l'eau. Ils ont pitié de nous et nous versent de leur café de malt dans un quart; nous nous le partageons buvant à la ronde. »
Pas mauvais au fond, dira-t-on, ces soldats; pourtant quel manque de respect ne montrent-ils pas, au cours du voyage, pour la pudeur de leurs prisonnières:
«Plus d'une de nous éprouve le besoin de descendre. La marche du wagon étant très haute, les Allemands nous portent dans leurs bras, nous serrent contre eux plus qu'il n'est nécessaire. Une fois à terre, la sentinelle prétend nous accompagner.»
Apercevant un wagon sur une voie de garage, Marie X... court pour s'abriter derrière. L'homme la suit et, au lieu de se détourner, il observe la jeune fille, la regarde curieusement avec une mine à souffleter. Après un long arrêt à Hirson le train repart, roule toute la nuit. Vers les six heures, les prisonniers arrivent à D... En attendant qu'on les emmène, on les parque, au soleil, sur la route. Ils y restent jusqu'au soir, sans que nos ennemis s'inquiètent de leur donner à boire et à manger.

IV

Vers cinq heures et demie les maires de communes voisines arrivent avec des chariots pour transporter les cap tifs dans les villages où ils devront travailler. «Celui dans lequel je monte avec Jeanne s'enfonce dans la campagne; nous traversons des bois, nous descendons dans des vallées. Enfin, vers neuf heures, nous arrivons dans un hameau. Le chariot s'arrête devant une ferme. Jeanne et moi descendons. La fermière nous guide à travers la cour, nous conduit à une maisonnette délabrée et divisée en deux parties: l'une sert d'étable, l'autre, depuis 15 ans, sert à loger les poules et les lapins.» Dans la journée, dès qu'elle a été prévenue qu'elle aurait à loger des «émigrées», la fermière s'est hâtée de déménager ses bêtes; mais une croûte épaisse d'ordures couvre encore le sol, des toiles d'araignées demeurent dans les coins; une odeur abominable imprègne la pièce. Les deux jeunes filles se regardent atterrées: «Nous sommes tellement fatiguées, cependant, que notre désir est de nous coucher au plus vite, dormir, oublier. Pourtant c'est ce que nous ne pouvons faire. Dans le wagon, où nous avons voyagé, nous avons attrapé de la vermine. Des démangeaisons nous tiennent éveillées. Puis notre poulailler n'est guère paisible: tantôt, par la cheminée, ce sont des chats-puants qui jettent leurs cris lugubres; tantôt ce sont de gros rats.» Ils viennent de l'étable, ils entrent par les trous du mur, ils grimpent sur le lit et inspirent aux pauvres petites, une peur, un dégoût insurmontables.

Au petit matin, à peine levées, Marie et Jeanne vont à la rivière faire leur toilette car elles n'ont ni broc, ni cuvette; puis elles bouchent de leur mieux les trous du mur; avec des brindilles, elles font un balai; après quoi, elles vont chercher du bois pour cuire leur repas. Jusqu'ici à Lille, chez ses parents, Marie X... aidait aux soins du ménage, mais tout gros travail lui était épargné, La plus grande partie de ses journées, elle l'occupait en travaux à l'aiguille ou à jouer du piano: «Ici, au contraire, il nous faut tout faire par nous-mêmes. Nous manœuvrons la hache mais nos mains sont écorchées; il nous faut plusieurs heures pour faire nos fagots, plusieurs heures pour les rapporter, les débiter en petits morceaux et quand nous avons fini, nous constatons auec désespoir que nous avons du bois au plus pour une demi-journée.»

V

Les captives sont menées militairement. Ne sont-elles pas « soldates »? N'ont-elles pas le grand honneur de faire partie du VIe corps de l'armée du Prince de Bavière! Des sous-officiers les commandent. Parmi ceux-ci, l'un, Hickel, se montre particulièrement odieux. Il a remarqué Marie X... Il ne cesse de tourner autour d'elle:«Il y avait environ 15 jours que nous étions déportées quand, un après-midi, le garde- champêtre publie que nous allions subir une visite médicale! » Pour en avoir entendu parler, Marie n'ignoré rien des détails monstrueux qui accompagnent cette visite. Des femmes qui ont refusé de la subir, ont été déshabillées de force par les gendarmes et, devant eux, ont eu la honte d'être examinées par le major:
- «Mon tour vient. J'entre dans la chambre où se tient le major. Hickel entre sur mes talons. Il ferme la porte.
Le major me dit:
- Déshabillez-vous.
Je me tourne vers Hickel:
- Pas tant que «Monsieur» sera là. Il n'était pas ici, pour les autres; pourquoi veut- il y être pour moi? Hickel rit; le major n'a pas l'air d'attacher d'importance à ce que je dis; il me réitère son ordre, mais je m'enferme dans la même réponse; alors le major dit quelques mots à Hickel qui se retire l'air vexé. La visite a lieu. Mais en sortant de la chambre, je dois signer sur un registre; Hickel est devant la table; il me sourit:
- Ma petite chérie, quand pourrai-je aller te voir?..
Je ne lui réponds pas; alors se tournant vers les soldats, il s'écrie:
- Elle est bien méchante; mais c'est un joli cœur!

VI

Son projet, Hickel le met a exécution. Profitant des moments où Jeanne est absente, presque chaque jour, il vient harceler Marie. Il entre, il s'assied sur l'unique chaise, il lance la fumée de son cigare:
- Bonjour, mon trésor; pourquoi es-tu si méchante avec moi?
Il se lève, s'approche du lit et avec un clin d'œil:
- Est-ce que ton lit est bon? Ma petite chérie, coucher toute seule! Pas bon!
Il essaye de prendre la jeune fille sur ses genoux, de l'embrasser. Elle se défend.
Mais, dit-elle, je suis livrée à sa fantaisie le jour où il voudra la satisfaire. Crier? Appeler? Personne ne viendra. Qui donc, dans le village, aurait envie, pour moi, une «émigrée», de s'attirer une affaire avec un chef!
Jeanne, elle, est importunée par l'un des gendarmes; un matin, elle est en train de faire sa toilette; elle a seulement sa chemise, son jupon. Le gendarme entre sans frapper, il va la saisir; Jeanne a juste le temps de sauter par la fenêtre.
- La crainte d'être prise par un de ces Allemands était pour nous ce qu'il y avait de plus épouvantable. Savoir si nous aurions de quoi manger, savoir si l'on nous ferait travailler encore davantage, nous n'y pensions que par instants. Une seule idée nous obsédait, nous faisait sursauter au moindre bruit de pas...
Une nuit, un choc léger éveille Marie. Avec le bout du doigt, on frappe à la vitre. Marie secoue Jeanne:
"Entends-tu?" A voix basse, mais très distinctement, un allemand dit:
- Mademoiselle, ouvrir, ouvrir vite...
Les deux jeunes filles, muettes de peur, se serrent l'une contre l'autre.
Le soldat continue son manège:
- Ouvrir vite.
Il fait le tour de la maison, il tourne le bouton de la porte. Heureusement, le verrou est poussé; l'homme essaye d'enfoncer le vantail; il revient à la fenêtre, répète les mêmes mots.
- Vite ouvrir, vite.
Jusqu'à quatre heures du matin, il tient les jeunes filles haletantes de frayeur.
- Nous n'osions faire un mouvement. De temps en temps, Jeanne me chuchotait:
- Il est toujours là!
Je répondais dans un souffle.
- Oui...
Des nuits analogues à celle-là, se renouvellent à maintes reprises.
- Nous n'osons plus dormir ou plutôt nous n'osons nous endormir qu'à l'aube; alors les paysans se lèvent, nous nous imaginons que Hickel ou l'un de ses camarades ne se risquera pas à pénétrer dans notre chambre. C'est épouvantable, ces nuits sans sommeil à cause de la peur.

Pourtant, nous n'étions pas encore les plus malheureuses:

A B..., village tout proche de notre hameau, cent cinquante femmes sont logées ou plutôt parquées dans un grenier. Elles couchent pêle-mêle sur la paille. Elles sont dévorées de vermine. Là, la prostitution est organisée publiquement. Chaque soir, sur le pas de la porte, des sortes d'enchères s'organisent; les soldats font l'appel des femmes qu'ils désirent pour la nuit.
« - Charlotte... trois tablettes de chocolat...
« - Louise... un mark et une tablette...
Les malheureuses sortent de la paille où elles sont nichées, suivent celui qui les appelle.
Pour s'excuser, les Allemands affirment que leurs prisonnières sont toutes des prostituées. Ils mentent. Nous savons qu'ils ont enlevé indifféremment les femmes honnêtes et les filles publiques: «Une des choses les plus pénibles de ma captivité, se rappelle Marie X..., ça a été de sentir peser sur moi le regard méprisant de ceux qui, ne me connaissant pas, me prenaient, sur le dire des Allemands, pour ce que je n'étais pas; ça a été d'entendre les petits enfants bien souvent me salir, au passage, de mots injurieux qu'ils répétaient pour les avoir entendu dire à leurs parents:
« - P..., garce..., femme à Boches!
Femme à Boches! Impossible de leur faire comprendre, de leur expliquer. Je n'avais qu'à rentrer dans ma chambre pour m'y cacher.»
Quelle tristesse dans cet aveu rendu plus poignant de ce qu'il est fait par une enfant de vingt ans.

VII

Courbées sur la terre, brûlées par le soleil, trempées par la pluie, les captives doivent travailler sans relâche. De sept heures du matin, jusqu'au crépuscule, elles n'ont d'autre répit qu'un quart d'heure dans la matinée et l'après-midi et deux heures au milieu du jour: onje heures de labeur: «Le soir, je rentrais tellement exténuée que je n'avais même pas le courage de manger. Je me jetais sur notre paillasse.» Les travaux se suivent ininterrompus. A la fenaison succède la moisson: « Les gerbes de blé sont lourdes, il faut les soulever, les tendre à bout de bras avec la fourche. A force d'appuyer le manche de celle-ci contre ma hanche, j'ai le côté meurtri. Une fois, dans un mouvement à faux, je me donne un effort. Je dois continuer de travailler. Quand je pense qu'à ta maison, je me couchais pour une migraine!... Les jours de pluie, nous ne pouvons même pas nous reposer. Le blé qui est rentré, nous devons le battre à la machine. La poussière est suffocante. Il y a des instants où je n'en peux plus, je suis à bout. Je voudrais me reposer, ne serait-ce qu'une minute; mais alors paraît Hickel ou le chef de culture boche:
- Vous n'avez pas l'air de vous donner beaucoup de peine. Travaillez.
Parfois l'ordre s'accompagne d'un coup de bâton, d'un coup de cravache. Celles qui refusent de travailler, on les y contraint sous la menace des fusils; on les condamne à quinze jours de cachot, dans une cellule absolument obscure ou encore: «on les met dans une cave avec de l'eau jusqu'aux genoux; on les y laisse plusieurs heures, plusieurs jours, jusqu'à ce qu'elles cèdent...»
La moisson finie, les avoines rentrées, les «esclaves» doivent arracher les pommes de terre. «Jamais un jour de repos; même pas une demi-heure, le dimanche, pour aller à la messe!» Tous ces travaux, les malheureuses les exécutent, à peine nourries. Les Allemands ne pourvoient pas à leur alimentation: « Nous n'avons que ce que nous fournit le ravitaillement américain: un peu de riz, des haricots et du saindoux. Pas un jour, où nous n'ayons eu faim!»

VIII

Ainsi, durant plus de six mois, Marie X... ne cesse de peiner pour ceux qui la tourmentent. Enlevée en avril, c'est seuement à la mi-octobre qu'elle est «repatriée».
Elle rentre dans Lille. « Mes parents n'ont pas été prévenus de mon retour. Personne ne m'attend à la gare. Je me dirige vers la maison. Aux fenêtres, des têtes, se penchent, on me reconnaît. Maman m'ouvre la porte: Je suis dans ses bras; nous rions, nous pleurons, nous nous embrassons puis nous recommençons à rire et à pleurer. Maman me regarde comme si elle ne pouvait croire que je suis là:
- Ma pauvre chérie, dit-elle, dans quel état tu es! comme tu es maigre; tes pauvres joues, tes yeux creux... Comme tu as souffert! ...
Cependant, tandis que je déjeune d'un bol de bouillon et d'un œuf, j'entends la voix de mon père. Il demande à nos voisins:
- Est-ce vrai que ma fille est là?
Je crie:
- Oui, oui!
Je cours au devant de lui; mais en me voyant, papa ne peut plus avancer. Il s'appuie au mur pour ne pas tomber. Je l'aide à entrer dans la salle à manger et tous les trois, nous recommençons à nous regarder, à nous embrasser, à pleurer, sans pouvoir nous arrêter.

Telles sont ces notes dans leur douloureuse simplicité. La victime les a rédigées dans la forme, non d'un réquisitoire mais d'un procès-verbal: «Les choses se sont ainsi passées; «Ils» nous ont fait cela...» Cette impersonnalité produit, sans y prétendre, une impression plus forte que ne le ferait une violence pourtant bien justifiée.
Quant à moi, je me bornerai à dire à chacun des lecteurs, à chacune des lectrices:
- Imaginez-vous que celle dont le supplice vient de vous être décrit est votre propre fille.
Et demandez-vous si de telles infamies peuvent n'être pas payées, si les nations civilisées peuvent renouer avec leurs auteurs un lien quelconque. Il ne s'agit plus ici d'actes de guerre, mais de simples crimes de droit commun. Ils doivent être châtiés comme tels. Flétrir les criminels ne suffit pas. Il faut les traduire devant les tribunaux qui, sans colère, mais impitoyablement, comme il convient à des juges, les jugeront et les condamnez!
(tiré d'une brochure)

les dernières nuits de Dunkerque...

Les 31 mai et 1er juiin marquèrent le point culminant, mais non la fin du drame de Dunkerque. En ces deux jours, plus de 132.000 hommes arrivèrent sains et saufs en Angleterre, près d'un tiers ayant été embarqués le long des grèves par de petits bâtiments sous des attaques aériennes acharnées et sous le feu continu des canons. Le 1er juin, dès l'aube, les bombardiers ennemis se montrèrent plus actifs que jamais, profitant souvent des intervalles pendant lesquels nos chasseurs se retiraient pour faire leur plein. ces attaques nous coutèrent un nombre important d'embarcations remplies de soldats et les dommages subis furent presque tous aussi lourds que pendant toute la semaine précédente. Dans cette seule journée, les pertes dues aux attaques aériennes, aux mines, au vedettes, ou à des causes diverses, s'élevèrent à 32 bateaux coulés et 11 endommagés.
La phase finale fut menée avec beaucoup d'habileté et de précision. Pour la première fois, on put établir des plans à l'avance au lieu d'être forcés de s'en remettre à des improvisations d'heure en heure. Le matin du 2 juin, il restait environ 4.000 Britanniques avec sept canons de D.C.A. et douze canons antichars dans les faubourgs de Dunkerque, tandis que des forces françaises encore considérables tenaient le périmètre décroissant de Dunkerque. L'évacuation n'était désormais possible que dans l'obscurité, et l'Amiral Ramsay décida de faire la nuit même une descente massive vers le port avec toutes les ressources dont il disposait. Outre des remorqueurs et de petites embarcations, 44 vaisseaux furent envoyés ce soir là d'Angleterre, dont 11 destroyers et 14 drageurs de mines. Quarante bâtiments français et belges participèrent également à l'expédition. Avant minuit, l'arrière-garde britannique était embarquée.
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Ce ne fut toutefois pas encore la fin de l'histoire de Dunkerque. Nous nous étions préparés à transporter cette nuit-là un nombre de Français considérablement plus élevé qu'il ne s'en présenta. Le résultat fut que lorsque nos vaisseaux dont beaucoup étaient encore vides, durent s'en retourner à l'aube, un grand nombre de soldats français, qui en grande partie tenaient encore le contact avec l'ennemi, demeura à terre. Il fallait faire encore un effort de plus. Malgré l'épuisement des équipages après tant de jours sans repos ni répit, l'appel fut entendu. Le 4 juin, 26.175 Français débarquèrent en Angleterre, dont plus de 21.000 sur des bâtiments britanniques. Malheureusement, il en restait des milliers, qui avaient vaillamment protégé l'évacuation de leurs camarades.
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Enfin, à 14 h 23, ce jour-là, l'Amirauté annonçait, d'accord avec les Français, que l' "Opération Dynamo" était terminée.
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Winston S. Churchill : "Mémoires sur la deuxième guerre mondiale", tome II -
Mai-décembre 1940, la Chute de la France, Paris, éditions PLON, 1949

vendredi 28 novembre 2008

Un fort pour garder Dunkerque...

Le Fort Louis ?

Un petit ouvrage militaire d’une importance cruciale pour la ville de Dunkerque avec son frère (presque jumeau), Fort Vallières, posé un peu plus loin sur le canal. Sentinelles de briques posées sur le canal de Bergues, ils en assuraient la garde, entourés de douves et d’un chemin couvert. Deux forts, de petite taille, devaient défendre les approches inondables au sud du port fortifié par Vauban. Avec eux, il achevait une place dont les ingénieurs allaient enseigner la virtuosité presque 200 ans après sa destruction.

Vauban choisit l’endroit parce que les Espagnols y avaient déjà édifié une redoute, un poste avancé qui ne pourrait résister longtemps. Ils s’appliquèrent à la renforcer. Le fort est un bel ouvrage : 500 mètres de long aux angles et quatre bastions : ceux de Dunkerque et du Bernardsleet au Nord, Coudekerque et Bergues au Sud. Entre les bastions, les courtines étaient protégées par des demi-lunes. Le fort, contrairement à aujourd’hui, n’était pas vide. Au centre s’élevaient les casernes et les pavillons des officiers, les logements du major et du commandant, la chapelle et le logement de l’aumônier, les magasins et les poudrières, trois citernes, un puits d’eau salée (le sable de la plaine en est gorgé). Quant à la porte, elle était surmontée d’un corps de garde. Le tout se complétait d’un bac pour traverser le canal de Bergues et de portes d’eau pour contrôler le niveau des fossés comme inonder les alentours. Modèle réduit de citadelle, on y vivait, on y mourrait et parfois on s’y faisait enterrer dans la chapelle.


En 1712, les Anglais l’occupent. Ils se préparent à la paix d’Utrecht qui sera fatale aux fortifications de Vauban et provoquera un temps la ruine du port. En raison du traité, ils font raser le fort en 1714, épargnant toutefois la chapelle. En 1742, le fort est reconstruit selon le modèle hollandais : on élève seulement des murs de terre, sans les couvrir de briques. Les militaires s’y réinstallèrent trois ans plus tard et renforcé après le traité de Versailles de 1783. A chaque guerre, il résiste vaillamment. En 1792, devant la menace anglaise, on reconstruit le parapet. Il reste donc le dernier verrou avant la ville de Dunkerque pour qui attaque par le sud.

En 1815, il sert de maison d’arrêt. Pendant la guerre de 1870, on l’utilise comme dépôt d’armes. On est bien loin de tenir garnison. La IIIe république lui rend une certaine importance avec l’installation d’un bureau de Télégraphie Sans fil, qui déménage en 1913 près des Sept-planètes. Le fort est pourtant déclassé en 1889. Il n’est plus, normalement, en état de combattre. On le remet deux ans plus tard à l’artillerie mais ce sont les Marins télégraphistes qui sont au fort quand survient la Grande Guerre. Les Allemands s’acharnant sur la ville, les bombes pleuvent sur le fort qui continue d’émettre et accueille en même temps des Sapeurs-Pompiers. En 1925, le Fort Louis est remis à la Marine qui le garde jusqu’en 1960 quand il est remis au domaine.

Entre les deux guerres, il sert aux transmissions radioélectriques de la marine, affecté au réseau de commandement du secteur de Dunkerque, sous les ordres du préfet maritime de Cherbourg. Essentiel aux communications, les pylônes de bois, cachés dans les arbres, sont remplacés en 1935 par des modèles métalliques. Ils ne résistèrent pas au pilonnage des Stukas qui les pulvérise ainsi que le fort… Le fort n’est plus, les enfants y jouent, les grands y cherchent des champignons et les vaches y paissent. Ce n’est qu’en 1960 que la municipalité de Coudekerque-Branche, dirigée par M. Mollet, décide l’acquisition de tout l’ancien terrain militaire pour en faire un parc public de 32 hectares qu’il achète en 1962. les travaux avancent vite et l’Etat prête même trois statues de pierre blanche dont « Les magiciennes » de Lagriffoul, grand prix de Rome qui dessina la pièce de 20 centimes de franc (malheureusement, elles ont été très dégradées récemment…) et les douves, grâce aux sociétés de pêche, retrouvent des poissons pour le bonheur des patients pêcheurs à la ligne.


Finalement, d’armure, le fort Louis est devenu un poumon vert dans l’agglomération dunkerquoise.

avec précision


Heureux possesseur d’un pc à écran de 17 pouces, tu galères pour trouver des fonds d’écran adaptés, qui ne se déforment pas… En cliquant sur l’image ci-dessus, tu pourras enregistrer un wallpaper inédit en 1440 x 900…

sourire figé

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parures 2


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parures

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entrée vespérale

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jeudi 27 novembre 2008

vol libre 2


vol libre

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Heureux comme Louis XIV en Flandre


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vendredi 21 novembre 2008

aux héros de la science

A Lille, la statue monumentale de Pasteur se dresse Place Philippe Lebon... Inutile de présenter Pasteur qui eut ses bureaux en faculté de médecine sans être médecin mais dont les travaux furent essentiels à la population et au corps médical tout autant qu'aux brasseurs... et qui fut le premier doyen de la Faculté des Sciences de Lille. De fait, l'hôte qui accueille le monument est tombé dans l'oubli...
Pauvre Philippe Lebon que l'on confond souvent avec le Duc de Bourgogne, Philippe Le Bon, qui aima tant la ville flamande qu'il fit érgier ce chef d'oeuvre aujourd'hui mutilé qu'est le Palais Rihour. Alors Erreur ou homophonie? Justement, le vrai Philippe Lebon est né en haute Marne en 1767.
Ingénieur chimiste, il invente l'éclairage public au gaz. En 1799, il obtient le brevet de sa "thermolampe" qui rapidement éclaire les rues de Paris et remplace bien vite les vieux lampadaire à huile. La fin de sa vie est tout aussi trsite que l'anonymat dans lequel il sombre car il est assassiné sur la route en Le havre et Paris le 2 décembre 1804 alors qu'il se rendait au sacre de Napoléon Ier.

Et l'enfant de dormir en confiance dans les bras de sa mère alors qu'on lui inocule la vaccine, si précieuse et salvatrice.


On ne saura jamais combien de mères furent reconnaissantes à Pasteur pour ses découvertes et le don de la santé qu'il offrit à tant d'enfants.

Au pied de Pasteur, l'industrie brassicole reconnait son génie. C'est que ces travaux sur les levures et la promotion qu'il fit de la bière, seule boisson hygiénique, changea pour toujours la face de cette production essentielle aux gens du Nord.


Plongé dans ses pensées, dans la contemplation des mystères du monde invisible, Pasteur se dresse sur la Place Philippe Lebon, à deux pas de la faculté de médecine où il avait un bureau et il consacra de nombreuses nuits à chercher à soulager les malheurs de ses contemporains.

Oraison portuaire

La flèche désormais immobile, la grue devenue inutile semble dressée en une prière funèbre.

géants endormis

Les élingues pendent dans le vide, plus rien ne se passe, le géant s'est endormi sur son quai déserté au fond du port d'Ostende

fantôme


arrêt sur image


silence

La lumière vespérale fige tout

silence

Plus de navires, plus de bruit...

souvenir de port


Ostende, le silence regne sur les docks

sens dessus dessous... mais ça vaut le coup...

tempus fugit

Vu comme cela, le temps passe (un peu) moins vite...

La grâce de la Vierge, encadrée de chérubins chantant sa gloire, la portant aux nues, la soutenant devant les hommes... Voilà un visage rassurant qu'offre la Chapelle des Jésuites de Cambrai et qui change de la dimension pénitentielle du Catholicisme.


Et Saint-Vaast de veilleur fidèlement sur ses ouailles, accompagné de toute éternité par l'ours qui forgea son histoire.

La douce lumière vespérale devient un auxiliaire merveilleux aux mains agiles du sculpteur venu orner la cathédrale saint-Vaast.


Et saint-Martin de perpétuer la tradition chrétienne de la Charité jusqu'au coeur de la cathédrale arrageoise.

Dans la clarté d'un bas-côté de la cathédrale d'Arras, saint-Remi brandit vers le ciel la sainte-Ampoule offerte par le Saint-Esprit pour le bapteme de Clovis et pour les onctions royales qui suivront longteps encore.

En un mouvement, elle se dresse et s'éveille au jour, offrant au regard les courbes gracieuses de ses hanches graciles.

memento

Beau comité d'accueil au Musée Saint-Vaast d'Arras... Un souvenir pour rappeller que l'Arrageaois fut longtemps Flamand.

mercredi 19 novembre 2008

le "Zorro" de Dunkerque

Sacré Michel ! Il trône dans la «galerie des ancêtres» sur la façade de l’Hôtel de ville et pourtant, bien peu le connaissent.

Né à Dunkerque en 1560, Michel Jacobsen est issu d’une famille de Hollande méridionale. Dunkerquois, il est donc espagnol or l’Espagne est catholique, il se bat donc contre les Provinces Unies, ancêtre des Pays-Bas, qui, elles sont protestantes. On le connaît bien à Dunkerque, il est un pilote remarquable qui sait louvoyer entre les bancs de sable. Grand capitaine, il ramène en Espagne les restes de l’Invincible Armada en 1588, cette flotte qui devait mettre à genoux l’Angleterre. Le rêve espagnol se brisa au cours de terribles tempêtes, de fiers vaisseaux sombrant devant Gravelines. Deux ans plus tard, il se distingue dans la guerre contre l’Angleterre. Sa virtuosité et son audace lui confèrent un surnom flatteur : «El zorro del Mar», le Renard des Mers. Sa réputation est faite !
A partir de 1595, il reprend la guerre de Course avec d’autres Dunkerquois, ramenant au port plusieurs prises hollandaises. Les marins bataves le trouvent partout, «insaisissable et ravisseur» ! Un vrai cauchemar pour eux…
En 1602, le roi d’Espagne le nomme Capitaine de Vaisseau. En 1609, il commande à une escadre de 11 nouveaux navires construit dans son port.
Sa renommée est telle qu’en 1624, il est reçu à la cour d’Espagne où il reçoit l’Ordre de Saint-Jacques, une des plus hautes distinction de ce royaume. Sa carrière, il la doit à son audace et son courage.
L’année 1632 voit alors sa consécration, il est nommé Amiral Général. La même année, c’est 4.000 soldats espagnols qu’il ramène à Dunkerque malgré le fort blocus anglo-hollandais. C’est sur l’embouchure du Quadalquivir qu’il trouve la mort à la bataille de Sanlucar. Preuve ultime de sa valeur, il est alors inhumé en la cathédrale de Séville, aux côtés de Christophe Colomb et d’Hernan Cortes. Quelles traces laisse-t-il à Dunkerque ? Un arrière-petit-fils qui deviendra plus célèbre en son temps : Jean Bart !


Tel père… tel fils… et ainsi de suite
On le confond souvent avec son fils Jean (Jan dans le texte !) dont la bravoure n’était pas moindre. Né en 1589, il fait vite ses preuves, la génétique sans doute… Mais on retient surtout son dernier fait d’armes. Le 3 octobre 1622, il réussit à quitter Ostende, déjouant le blocus hollandais grâce à un épais brouillard. Assez vite rattrapé, il est cerné par 9 navires bataves, en coule deux mais le combat est inégal. Rapidement, son vaisseaux perd gréements, mats et gouvernail. On lui offre de se rendre. Quelques uns de ses hommes acceptent mais une douzaine décide de rester avec lui. Au moment où les Hollandais se lancent à l’abordage, il préfère bouter le feu à la Sainte-Barbe, ses poudres en explosant endommagent plusieurs navires ennemis. Une fin digne d’un capitaine qui eut un retentissement même dans les gazettes de Hollande.

jeudi 13 novembre 2008

LILLE : Une tour médiévale découverte sur le chantier de la place Rihour

Démolir pour reconstruire... c'est ce qu'avait prévu de faire SwissLife avec son immeuble, place Rihour. On a quand même pris le temps de gratter le sol avec un oeil d'archéologue et on a trouvé quelque chose : une tour médiévale, datée du XVe siècle, posée sur des fondations presque deux cents ans plus vieilles.

Que se passe-t-il derrière cette palissade métallique posée au bout de la place Rihour ? On construit un immeuble pour la SwissLife. Mais depuis quelques jours et la découverte de vieilles pierres, le ballet des pelleteuses a laissé la place à une activité plus minutieuse. «On a trouvé la trace d'une tour médiévale», commente Dominique Plancke, le monsieur patrimoine au sein de l'équipe municipale lilloise. Évidemment, pas la tour dans son intégralité, mais trois mètres quand même, avec de la pierre blanche de Lezennes. «C'est une tour qui ressemble à la Noble Tour (en face de l'ancien commissariat central), précise l'élu, qui s'appuie sur des fortifications du XIIIe ou du XIVe siècle


«On savait que c'était là»
Le secteur va faire l'objet d'une attention particulière des archéologues, qui voudront sans doute aller explorer un peu plus profondément encore le sous-sol. Pour le moment, les fouilles sont protégées par un chapiteau.
La découverte est-elle extraordinaire ? «On savait que c'était là», reprend avec précaution Dominique Plancke. Le secteur est celui qui a porté le château des comtes de Flandre (qui a brûlé au début du XXe siècle).
La suite ? «Il faut attendre que les archéologues rendent leur rapport, dit le conseiller municipal chargé du patrimoine. Mais il se peut très bien qu'on fasse des photos de ce qu'on a trouvé et que tout ça disparaisse à tout jamais
In LA VOIX DU NORD, édition de Lille du 13 novembre 2008

mardi 11 novembre 2008

un 90e anniversaire de l'armistice sous des cieux dunkerquois incertains

Précédés par le 110, les jeunes de la Préparation Militaire Marine de Dunkerque peuvent faire la fierté de leurs prédécesseurs.

Rafraichissante fut la présence sous les ciels incertains du 11 novembre des enfants mobilisés par les écoles dunkerquoises.



Pour honorer la mémoire des anciens, les bleux de la PM Marine Jean Bart défilent à l'occasion du 11 novembre.



Retour à la maison pour le drapeau du 110e régiment d'infanterie...

Devenue traditionnelle, la présence des couleurs du 110e RI est assurée à Dunkerque.

Souvenir de l'Entente Cordiale, un bagpiper écossais défile devant les autorités dunkerquoises lors des cérémonies du 11 novembre en cette année 2008.

Un petit goût du passé, un shako perdu dans la foule...