mardi 11 novembre 2008

Un colonel de gendarmerie coauteur d'une double « encyclopédie du Poilu »

En pleine commémoration de l'armistice de 1918, le colonel Stéphane Dekerle,
commandant de groupement à la région de gendarmerie à Villeneuve-d'Ascq, présente un superbe ouvrage de 640 pages et 1 700 photos : «L'Armée française dans la Première Guerre mondiale». L'histoire des Poilus à travers leurs uniformes et équipements
.

L'histoire débute à Vienne en Autriche, il y a environ quatre ans. Stéphane Dekerle, colonel de gendarmerie originaire de l'Avesnois, pousse la porte d'une librairie et tombe en admiration devant un ouvrage sur l'armée austro-hongroise. «C'était un bouquin superbe», raconte ce passionné de la Première Guerre mondiale. «Mon grand-père a fait 14-18. Notre région a été particulièrement concernée par la Première Guerre : en 1918, Lille était une ville de fantômes au milieu de ruines. Ma grand-mère disait que comparé à cela, "les Allemands de 1940, ils étaient gentils !" Et aujourd'hui, en bêchant un jardin ou en fouillant un grenier, on trouve toujours un vieux casque de 14-18.» Quelques mois plus tard, le colonel retourne à Vienne puis prend contact avec l'éditeur autrichien. Ce dernier constate qu'il n'existe pas d'ouvrage de référence équivalent sur l'armée française : «C'était pourtant La grande armée européenne après l'armée allemande», observe Stéphane Dekerle. Et tout s'enchaîne. Le gendarme se rapproche du musée des Invalides. Et l'éditeur, séduit, lui confie la rédaction du livre à venir avec Laurent Mirouze, un ami collectionneur du Sud-Ouest. «J'y ai passé mes soirs et mes week-ends.» Débute alors une passionnante aventure, où les deux spécialistes réalisent un inventaire complet des tenues, uniformes, armes, et équipements : «On a eu accès à des objets personnels de Foch, Pétain (dont le képi porté lorsqu'il était au 33e RI d'Arras) , Joffre, Maginot... C'était assez impressionnant.» L'Historial de Péronne, le musée de Notre-Dame de Lorette et d'autres (ainsi qu'une trentaine de collectionneurs privés) leur ouvrent leurs portes. Les pièces sont photographiées par un professionnel spécialisé et commentées, donnant naissance à un premier ouvrage de 520 pages et mille photos : «Une photographie de l'armée française au 2 août 1914

«Archéologie humaine»
Le second est sorti le 5 novembre, retraçant cette fois l'évolution des matériels et des techniques durant le conflit (650 pages, 1 700 photos). C'est le passage à une armée moderne, délaissant les pantalons rouges de la fin du XIXe siècle, au profit de couleurs plus discrètes avec le fameux «bleu horizon». C'est aussi le développement de l'aéronautique ou l'arrivée des chars de combat.
Un grand nombre de ces objets ramènent à l'histoire de la région, «où il y a énormément de collectionneurs sur 14-18». Les Poilus étant tous morts, ces pièces sont les derniers témoins du conflit. Stéphane Dekerle y voit d'abord des hommes : «Trouver un casque, c'est découvrir le nom du gars à qui il appartient, cerner son histoire et sa destinée. On est dans l'archéologie humaine.» •

ARNAUD DUFRESNE
«L'Armée française dans la Première Guerre mondiale» (T 2), 640 p, éd. Verlag Militaria, 99 E dans les librairies spécialisées et sur dekerle@club-internet.fr

in LA VOIX DU NORD, édition régionale du 11 novembre 2008

dimanche 9 novembre 2008

La statue de Mademoiselle from Armentières prend forme

L'entreprise armentiéroise de M. Watrelot a été choisie par la mairie pour réaliser cette grande figure à taille humaine où la demoiselle d'Armentières est portée par quatre soldats de la Grande Guerre. Dimanche, à 10 h 30, on attend Line Renaud pour inaugurer cette statue au rond-point Léo-Lagrange, en face du café des Fleurs. Visite à l'atelier de fabrication.

Quai de Beauvais, dans son atelier, M. Watrelot passe la résine acrylique au pinceau sur le soldat anglais, couché sur des tréteaux. La machine à résiner est malencontreusement tombée en panne. Mais l'ouvrage sera terminé pour samedi, jour de l'installation sur le socle en béton, coulé par les employés municipaux, au rond-point, en face du café des Fleurs. Trois autres figures de soldats - un Australien, un Écossais, reconnaissable à son kilt, et un ressortissant d'Inde, comme l'atteste son turban - attendent le pinceau. Une seconde couche de résine, de polyester cette fois-ci, viendra rendre la sculpture de polystyrène résistante comme une coque de bateau.


Depuis un mois, l'atelier Watrelot, spécialisé en signalétiques, enseignes et impressions numérique de grand format, planche sur la copie à taille humaine (23 000 E) de la maquette retrouvée aux archives municipales. Elle date de 1964. Le 15 mars de cette année-là, La Voix du Nord présentait dans son édition du dimanche ce projet du sculpteur Mad Beat. «On édite une carte postale, les dons commencent à arriver à Armentières et des anciens combattants du monde entier. Madame Line Renaud téléphone de Las Vegas pour dire qu'elle parraine le projet. La souscription ne recueille hélas que 14 656 Fr soit 1/5 du coût total», précisait Régis Cazier, lors de la conférence consacrée à Mademoiselle from Armentières, en novembre 2007.

Cette figure de demoiselle, assise sur un plateau porté par les quatre soldats de la Grande Guerre, est scrupuleusement copiée par Patrick Nollet, qui sculpte le polystyrène le plus dense possible. Rendre le visage doucement expressif de la maquette n'est pas facile pour cet artiste qui travaille par ailleurs à la restauration de monuments historiques. Les cotes sont inscrites en rouge et le corps prend forme.

«Une fois le personnage sculpté, on le coupe en deux pour loger un squelette en acier», explique M. Watrelot. Le coloris choisi par la mairie sera paille, un ton pierre qui ressemble à celui du monument à Ernest Deceuninck sur la place Jules-Guesde.

Travaillant avec quatre ou cinq employés selon le volume de ses commandes, M. Watrelot est content de travailler avec sa ville. Installé quai de Beauvais depuis 1979, dans 1 000 m², il a commencé comme peintre en lettres dans le petit garage de son grand-père, rue Jules-Lebleu.
in LA VOIX DU NORD, édition d'Armentières du 08 novembre 2008

samedi 8 novembre 2008

Nos enfants nous accuseront (film)

Nos enfants nous accuseront, film qui vient de sortir méritent qu'on aille le voir.
D'autant plus que plusieurs scènes dans les champs ont été tournées devant nous, dans notre propriété avec Didier Muffat le fermier qui exploite nos terres!
Mais c'est surtout le message de fonds qu'il faut retenir..!
Pour que ce film qui dénonce les méfaits de la mauvaise alimentation et des pesticides,
réalisé par un français, avec les enfants de Barjac, la ville tout à côté de nous au Nord de Cruviers,
reste le plus longtemps à l'affiche après sa sortie en salle, il faut qu'un maximum de personnes
regarde la bande-annonce dans les 3 jours à venir. ( il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous)
Regardez surtout le début, la conférence à Paris lorsque les gens lèvent la main.
Très fort !

http://www.nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/
Faites passer, c'est sérieux. Même si vous ne visionnez pas
complètement, c'est le nombre de visites dans les 3 jours qui fera son poids... Le
voir est encore mieux.

Faites suivre à tous vos contacts, vite !
Bonne journée !
Jean MignotDomaine de Cruviers-LarnacRoute de Saint Ambroix30700 Uzès0466225796 / 0676712328
http://cruviers-larnac.blogspot.com
http://saintandredemajencoules.com.blogspot.com

un certain matin d'automne à Rethondes...


Le 11/11 à 11 heures... à Dunkerque

Jeudi 7 novembre 1918... Les dépêches du Nord Maritime annoncent l’arrivée des parlementaires allemands. L’espoir se fait plus fort. On tente de rattraper le temps perdu en distribuant les prix aux collèges Jean Bart et Lamartine parce qu’on n’avait pu le faire en juillet. D’ailleurs, le maire Terquem en profite pour remettre la croix de Chevalier de la légion d’Honneur à M. Herlemont, principal du collège Jean Bart.

Le lendemain, la foule se masse devant le Nord Maritime mais rien ne vient. L’animation dans les cafés vient interrompre la longue attente.


Les locaux du Nord Maritime, point de rassemblement des Dunkerquois avides de bonnes nouvelles


Samedi 9, le soleil inonde les rues. L’évêque de Lille, Mgr Charost vient présider des réunions solennelles à St-Jean-Baptiste et à St-Martin. Quant aux nourritures terrestres, annonce est faite du transfert du magasin municipal de ravitaillement le mardi suivant de la rue royale à la rue du Sud. Bonne nouvelle, il ravitaillera les épiceries en pâtes alimentaires et en saindoux à vendre au prix de la taxe.

Le 11-11 à 11 heures

Lundi 11 novembre
: les têtes tournent, les regards s’illuminent. La nouvelle est tombée : l’armistice a été signé à 5 heures du matin et doit entrer en vigueur à 11 heures. Joie indescriptible, on danse dans les rues.

A 10 h 30, les sirènes du port et des bateaux mugissent. La foule explose de joie puis, brusquement, retombe dans le silence au passage du convoi funèbre d’un soldat anglais qui traverse la ville. Les femmes se taisent, les hommes retirent le chapeau. L’on pense à la veuve qui vivra seule de l’autre côté de la Manche.
A 11 heures, à l’heure où les combats doivent s’arrêter, toutes les cloches se mettent à sonner. Au port, les prisonniers allemands comprennent sans qu’on leur dise que la guerre est finie.


Le Monument aux morts de la guerre de 1870, érigé en 1906, reçoit les nombreux hommages aux poilus




La ville prend des couleurs : à l’Hôtel de ville, l’on pend le grand drapeau tricolore sorti pour la première victoire de la Marne en 1914. Les châteaux d’eau revêtent les couleurs nationales. Le monument aux morts de la guerre de 70, place de la république se couvre de fleurs et les anglais viennent tendre des drapeaux sur la statue de Jean Bart. Des siècles de rancœur en quelques minutes effacés ! Le soir, les réjouissances continuent : les canons donnent de la voix et rythment la danse des pinceaux de lumière des projecteurs de DCA alors que le Phare balade à nouveau ses rais de lumière sur l’horizon…



Le lendemain, Dunkerque célèbre la victoire : administrations, port, usines, écoles… tous chôment.


Les fenêtres sont pavoisées. Le soir, les dunkerquois s’arrachent avec avidité les exemplaires du Nord Maritime…


C’est enfin la paix !


Les enfants s’y mettent aussi en lançant force pétards mais personne ne s’en émeut ! Que sont-ils au regard des milliers d’obus et de bombes que leur ont envoyé généreusement l’ennemi ? Puis de toute façon, on revient à la tradition en faisant Saint-Martin… pour la première fois depuis 1913. L’Eglise n’est pas en reste : Mgr Charost célèbre un salut solennel à Saint-Martin en présence de l’archiprêtre de Dunkerque, Mgr Scalbert.

Pour l’heure, il faut panser les plaies, préparer le retour des soldats et des prisonniers, affronter le regard des « gueules cassées » et reconstruire ville et port. Il faut aussi garder le souvenir des années de plomb. Ainsi, au conseil municipal du samedi 16 novembre, les élus décident de baptiser les rues. La rue de l’église devient rue Clemenceau, la rue Neuve prend le nom du Président Wilson, la rue royale devient rue Albert Ier, la rue du Sud est baptisée rue du Maréchal Foch, le Maréchal Joffre donne son nom à la rue Saint-Jean, La rue des pierres honore le maréchal French et la rue des Bassins l’Amiral Ronarc’h. Quant la rue des arbres, elle devient la rue des poilus. Au port, le Quai de la Visite reprend son nom de Quai des Américains. Quant à la rue Nationale, elle devient rue Gambetta, grand symbole de la résistance à l’Allemagne en 1870… Plus loin, les rues des vieux quartiers et du magasin à poudre prennent le nom du Président Poincaré alors que la rue de l’abreuvoir prend le nom de 110e. Une page, finalement, se tourne lentement… Le chapitre de la Grande Guerre se clôt le 24 novembre. L’église saint-Eloi ruinée, les autorités civiles et militaires prennent place dans le chœur de la chapelle de la rue David d’Angers. On y trouve le général gouverneur Pauffin de Saint-Morel, l’Amiral Ronarc’h, les représentants de la municipalité et de la chambre de commerce, les officiers des bases anglaise et belge, et des militaires de tous grades de la garnison. La chapelle exigüe ne peut contenir la foule qui se masse dans la rue et qui ne peut voir les orgues ensevelies sous les drapeaux français, ni la ferveur qui emplit le lieu sacré.

Pour en finir avec la Grande Guerre

Officiellement, la Grande Guerre est terminée le 11 novembre 1918 à 11 heures… Mais ceci ne vaut que pour les combats et ne résout pas tous les problèmes pour autant. En décembre 1918, les autorités lèvent peu à peu les restrictions de l’état de siège. Si dès le 11 novembre, l’éclairage public est rétabli, il faut attendre un peu pour libérer les cafés, théâtres, cinémas, bals et autres lieux de plaisirs. Lentement, les dunkerquois retrouvent leur vie d’avant…

Et les absents ?
Bien que Dunkerque et les villes voisines n’étaient pas sur la ligne de front, elles occupaient une position stratégique et n’en furent pas moins des cibles privilégiées. Aux morts au champ d’honneur s’ajoutent les civils tombés sous le feu ennemi (le monument aux morts de Saint-Pol-sur-Mer, mêlant civils et militaires atteste de la saignée opérée dans la population). Il faut aussi réapprendre à vivre pour ceux qui, atteints dans leurs chairs, sont revenus blessés. La région dunkerquoise a son lot de «gueules cassées». Nombreuses sont les promesses de mariage reprises au retour de ces hommes défigurés, de rejet teinté de pitié à la vue des mutilés et de morts tardives et douloureuses pour ceux qui ont été gazés…

Puis il y a les prisonniers de guerre. A Dunkerque, on met en place des «centres de triage» dans les casernes et des cantonnements à l’entrepôt des tabacs, dans les hangars, dans des usines. On attend 2.000 rapatriés par jour. Dès le 23 novembre, des trains débarquent des centaines de prisonniers de toutes nationalités et le 27 à midi, on fait sonner le beffroi pour accueillir le premier convoi de prisonniers français arrivé aux Chantiers de France sur le Vapeur Nord. Nombreux sont ceux qui portent encore le pantalon de rouge de 1914 ! Chaque jour arrivent de nouveaux convois par bateau comme par train… Le centre de tri accueille des prisonniers militaires mais aussi des civils déportés par représailles. Jusque mai 1919, Dunkerque accueille environ 700.000 rapatriés militaires, prisonniers français ou alliés et évacués civils.

Enfin, il faut en même temps rapatrier les troupes qui quittent la région où leur présence n’est plus nécessaire. Le port est désigné en décembre comme l’une des bases de rapatriement des troupes britanniques. En attendant leur départ, elles cantonnent autour de la ville.

Ravitaillement et restrictions.
80 % des destructions de la Grande guerre sont sur le sol français. Le département du Nord accumule les épreuves. Sur l’étendue du front, il n’y a plus de routes, ni canaux, ni chemins de fer, ni téléphone, ni télégraphe. Des villes et des villages entiers ont été rayés de la carte, des milliers d’hectares sont balafrés de tranchées et de sapes, sans compter les milliers d’obus et d’explosifs qui jonchent les terres, souvent enterrés avec les cadavres des portés disparus… Nombre de cimetières improvisés constellent le département… Les autorités font le maximum pour relancer le trafic ferroviaire d’autant plus que de nombreux habitants regagnent leurs foyers. Rien qu’à Lille, un mois après l’armistice, plus de 200.000 habitants sont revenus chez eux. Revenir ne suffit pas, encore faut-il manger. Aussi deux organismes fonctionnent à Dunkerque : le Transit Maritime reçoit les marchandises amenées par vapeurs et la gare régularisatrice se charge de les expédier vers les grandes villes du département. Dès le début de janvier 1919, environ 600 tonnes de marchandises par jour sont expédiés depuis la cité dunkerquoise. Le monde entier est mis à contribution. Les navires frigorifiques débarquent sans cesse de nouvelles cargaisons de viande d’Argentine. La tâche est néanmoins énorme car Dunkerque manque de main-d’œuvre, de wagons, de camions…


atterrisage en urgence...

Quand l'envie de poser les pattes sur le plancher des vaches vous prend, ça ne prévient pas !


Imperturbable saint-Eloi aux traits figés et sévères qui continue de regarder les Dunkerquois déambuler...

mercredi 5 novembre 2008

à méditer... pour les historiens

Un jeune novice arrive au monastère.
La tâche qui lui est assignée est d'aider les autres moines copistes à recopier les anciens canons etrègles de l' Église. Il remarque que ces moines effectuent leur travail àpartir de copies et non des manuscrits originaux. Il va voir le Père abbé,lui faisant remarquer que si quelqu'un fait une petite erreur dans lapremière copie, elle va se propager dans toutes les copies ultérieures.
Le Père abbé lui répond : - Cela fait des siècles que nous procédons ainsi, que nous copions à partir de la copie précédente, mais ta remarque est très pertinente, mon fils. Aussi j'irai vérifier moi-même les originaux dès demain.
Le lendemain matin, le Père abbé descend dans les profondeurs du sous-sol du monastère, dans une cave voûtée où sont précieusement conservés les manuscrits et parchemins originaux. Cela fait des siècles que personne n'y a mis les pieds et que les scellés des coffres sont intacts. Il y passe la journée toute entière, puis la soirée, puis la nuit, sans donner signe de vie. Les heures passent et l'inquiétude grandit. À tel point que le jeune novice se décide à aller voir cequi se passe.
Il descend et trouve le Père abbé complètement hagard, les vêtements déchirés, le front ensanglanté, se cognant sans relâche latête contre le mur de pierres vénérables. Le jeune moine se précipite et demande :
- Père abbé, que se passe-t-il donc ?
- AAAAAAAAAAAHHHHHH ! Mais quels cons ! Quels cons !!!!!!!!!!!! C'était vœu de 'charité'... pas de 'chasteté'!!!!!!

samedi 1 novembre 2008

et arrive Novembre 2008

Neuvième mois du calendrier romain, novembre placé sous la protection de Diane chasseresse est désormais le mois du souvenir notamment à cause de la Toussaint et du 11 novembre. C’est le mois des brumes et il sera après le 21 le mois des frimas. C’est le mois de la sainte Cécile et celui de la sainte Catherine le 25, mais nous pourrions nous souvenir de bien d’autres dates marquantes de notre histoire ou d’autres grands saints fêtés ce mois-ci et qui ont très largement contribué à l’évolution de nos sociétés.

Voyons un peu cela.

«Hé oui ma fille, quand octobre prend sa fin la Toussaint est au matin» écrivait la Marquise de Sévigné. On a tout dit ou presque sur la Toussaint et on va encore en dire beaucoup, souvent en ne faisant aucune nuance entre la païenne et pernicieuse halloween et le respectable culte des morts du 2 Novembre, qu’on associe à tort à la Toussaint catholique. Une relecture de mes précédentes chroniques peut aider à rafraîchir notre mémoire. Je redirai ici seulement avec insistance, que le culte des morts est respectable. Et tous ceux qui se font vecteur d’informations et d’animations de tous ordres autour de la fête d’Halloween, ce dernier avatar de la fête celtique de Samain, ne servent pas le bien public. On ne fait pas de l’animation ou la une des journaux sur le laid et le mauvais ! Il y a mieux à faire !

Toussaint c’est d’abord la transformation du Panthéon d’Agrippa, cet étonnant édifice de Rome à l’extraordinaire coupole, dont la hauteur est presque égale à la largeur et qui reste une des plus grande coupole du monde, n’en déplaise à celle de St Pierre de Rome un peu inférieure, en église dédiée aux saints martyrs par le pape Boniface IV en 610 ap JC et la fête de sa dédicace en église, en date du 13 mai. Puis le transfert de cette fête au 1er Novembre par le Pape Grégoire IV, sous le règne de Louis le Débonnaire, avec l’institution de cette fête sur tout l’empire carolingien, pour tenter de prendre la place de la fête de Samain qui notamment en Grande Bretagne et en Gaule et dans les pays du nord de l’Europe dégénérait en banquets et beuveries, marquant le début de la moitié sombre de l’année.

Mais nul ne parle aujourd’hui des origines de ce jour férié qui marque notre milieu du trimestre, et permet une pose et des vacances bien appréciées de tous. Or ce jour férié, dans le contexte actuel de notre république, au milieu du concert de revendications de tous ordres et en plein dans les débats sur la laïcité, nous ramène bien à une vraie question sur nos origines et nous appelle à regarder les choses avec un peu plus de bon sens, et moins de sectarisme. Sans vouloir ranimer de vieux débats, il faut bien dire que la Toussaint est une fête purement catholique dans ses origines. Je ne dis pas «chrétienne» puisque nos frères réformés ne la célèbrent pas mais commémorent le 31 octobre la fête de la Réformation, c'est-à-dire l’affichage, le 31 octobre 1517, par le moine Augustin Martin Luther, sur les portes de la chapelle de château de Wittenberg en Saxe, des 95 thèses portant sur la vente des indulgences, ces «parts de paradis» contre espèces sonnantes et trébuchantes, et plus largement remettant en cause le rôle et la place de l’église catholique entre le Croyant et Dieu ; publication considérée traditionnellement comme le point de départ de la Réforme.

Quant au jour férié de Toussaint il est un rescapé du concordat de 1801 et des articles additionnels de 1802. La première constitution de notre république avait bien crée un état laïc, mais Napoléon, après des tas de déboires et de difficultés, avait rétabli la prédominance de la religion catholique. «Il me faut un Pape qui rapproche au lieu de diviser ; et qui réconcilie les esprits, les réunisse et les donne au gouvernement sorti de la Révolution pour prix de la protection qu’il en aura obtenue. Et pour cela il me faut le vrai pape : catholique, apostolique et romain, celui qui siège au Vatican. Avec les armées françaises et des égards, j’en serai toujours le maître. Il fera ce que je lui demanderai dans l’intérêt du repos général ; il calmera les esprits, les réunira sous sa main et les placera dans les miennes.» Le 16 juillet (27 messidor an IX), entre 0h et 2h du matin, après de longues heures de discussion, le Cardinal Consalvi, au nom du pape Pie VII, signe avec Joseph Bonaparte (pour le Premier Consul) le Concordat qui restaure la religion catholique en France et abolit la loi de 1795 séparant l’Eglise de l’Etat ; en retour, le Saint Siège reconnait la légitimité de la République. «De toutes choses entreprises par Bonaparte, écrit Châteaubriant, celle qui lui coûta le plus fut indubitablement son Concordat.» En 1905, la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, si durement discutée de part et d’autres ne toucha pas à certaines dispositions de ce Concordat et de l’arrêté du 19 avril 1802 qui instituait la Toussaint comme jour férié. L’article 42 stipule : «Les dispositions légales relatives aux jours actuellement fériés sont maintenues». Il n’y avait alors que quatre jours, Noël, l’Ascension, l’Assomption et la Toussaint. C’est le gouvernement de M. de Freycinet, qui dans sa loi du 8 mars 1886, en pleine querelle religieuse, et surtout dans le cadre des grands mouvements sociaux qui ont marqué la IIIe république, créa, entre autres jours fériés, le lundi de Pâques et le Lundi de Pentecôte. On se demande pose encore aujourd’hui la question du pourquoi de cette décision qui n’a rien de religieux. Sans doute Charles Louis de Freycinet, Président du Conseil, homme de conciliation et de compromis au point qu’on l’avait surnommé «la souris blanche» (il faisait le tampon entre Jules Ferry et Gambetta !) cherchait-il la paix sociale ! Cela valait la peine de rappeler ce point d’histoire. On imagine facilement le tollé qu’entraînerait, notamment dans le monde du travail et auprès des syndicats, la suppression de ce jour férié de Toussaint qui coupe si bien l’activité de ce trimestre et permet vacances et pont ! La Toussaint jour férié, nous appelle à un peu de recul face au débat des jours fériés.
On pourrait faire de même et s’éclairer par l’histoire, en regardant ce qui s’est passé dans les différentes législatures pour l’établissement du dimanche comme jour chômé. Je rappellerai ici simplement que si la liberté de culte était reconnue, le dimanche ne figurait pas parmi les jours de fêtes entraînant le chômage. «Le peuple mange le dimanche. Il doit pouvoir travailler le dimanche» fait-on dire à Napoléon. Ah les leçons de l’histoire !

Je soulignerai encore une question qui reste sans explication, à ma connaissance, pour ce jour de Toussaint : pourquoi le mot est-il écrit sans le «s» à la fin ? Il n’y a qu’en France que c’est ainsi : Todos los Santos en Espagne, Ognissanti en Italie, All saint’s day dans le Royaume Uni.

Après ce petit retour en arrière, un rappel de quelques dates parmi d’autres qui ont profondément marqué notre histoire.

Le 1er Novembre 1414, le concile de Constance met fin au grand schisme d’Occident qui voyait papes et antipapes s’entredéchirer depuis des décennies.

Ce jour, en 1755 c’est le tristement célèbre tremblement de terre de Lisbonne qui fit tant de dégâts. Et c’est le début de l’insurrection algérienne en 1954!

Etienne de la Boétie, humaniste et ami de Montaigne – «parce que c’était lui, parce que c’était moi» - (ça ne vous rappelle rien ?) naît à Sarlat le 1er novembre 1530 ; et Nicolas Boileau naît à paris en ce premier jour du mois de 1636.

Le 5 novembre 1922 Howard Carter découvre le tombeau de Toutankhamon : «de l’or, une montagne en d’or» se serait-il écrié alors, sous le coup de l’émotion.

5 novembre 1956 c’est le début de l’opération aéroportée franco-britannique contre l’Egypte, et l’ "affaire de Suez». Le canal du même nom avait été inauguré le 17 novembre 1869 par l’Empereur Napoléon III et l’Empereur d’Autriche François-Joseph en présence de l’Impératrice Eugénie.

Le 15 novembre 1793 – 26 Brumaire An II – un décret de la convention stipule que tous les français doivent manger le même pain : «la richesse et la pauvreté devant également disparaître du régime de l’égalité, il ne sera plus composé de pain de fleur de farine pour le riche et de pain de son pour le pauvre. Tous les boulangers seront tenus, sous peine d’incarcération, de faire une seule sorte de pain : le Pain de l’Egalité» A quelque chose près on croirait entendre nos ténors politiques !
Il en faut du temps pour que les choses évoluent ! Napoléon, encore lui !, devait tenter de réglementer la taille et le poids du pain : 40 cm et 300 g environ. Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que se généralisa la baguette appelée aussi flûte ou «petite» selon les régions. D’une longueur de 80 cm et d’un poids de 250g, son prix a été fixé, jusque dans les années 1980, par arrêté préfectoral.

15 novembre 1889 ; le Brésil devient une république et en 1908 le Congo, devient une colonie belge. En 1927, ce 15 novembre, Léon Bronstein alias Trotski est exclu du parti communiste d’URSS. En 1924, impitoyablement il écrit : «Aucun de nous ne veut ou ne peut discuter la volonté du Parti, car le Parti a toujours raison..» Il s’efface devant Staline et s’exile au Mexique où il sera assassiné par un espion à la solde de Staline. Méthode comme une autre pour avoir toujours raison !

Plus proche de nous on s’accorde pour dire que le 15 novembre 1971 est né le microprocesseur qui devait connaître l’évolution que l’on sait.

On fête ce 15 novembre, le très grand, l’immense Albert le Grand, cette si belle figure du Moyen Age, représentatif des «intellectuels» de l’époque, qui enseignait à Paris la théologie et l’œuvre d’Aristote et qui eut pour élève Thomas d’Aquin, «le Bœuf muet de Sicile» tel que le surnommait ses condisciples. Albert les fit taire en leur disant : «les mugissements de ce bœuf retentiront dans le monde entier». Bien que son œuvre ait scandalisé en raison de ses références à la magie et à la doctrine de Platon, il a été proclamé docteur de l’église en 1931.

Le 16 novembre 1700 Louis XIV entérine le testament du Roi d’Espagne et autorise le duc d’Anjou son petit-fils à relever la couronne d’Espagne, Charles II de Habsbourg étant mort le 1er novembre sans héritier.

L’ "Armée blanche" est défaite en 1920 à Sébastopol, défaite qui consacre la victoire des bolcheviques et de Lénine.

Lyautey est né le 17 novembre 1854 à Nancy et le maréchal anglais Montgomery le 17 novembre 1887.

Le 21 novembre 1783 Pilâtre de Rozier et le marquis d’Arlandès s’envolent au bord d’une montgolfière.

Le 21 novembre 533 Justinien signe la préface d’une extraordinaire compilation de 50 volumes du droit romain, ancêtre de notre code civil.

Jean le Bon, le 21 novembre 1361 réunit définitivement le comté de Toulouse à la couronne. En bon «occitan» vous comprendrez que je sois tenté d’ajouter «hélas !».

1806, ce 21 novembre c’est le début du « Blocus Continental »

Le 24 novembre 1793, c’est l’entrée en vigueur du calendrier révolutionnaire ou républicain. Concrètement cela veut dire que vous ne trouverez aucun document qui soit daté de l’an I de la République qui elle a pourtant bien commencé le 22 septembre 1792. De même il n’y a aucun document daté entre le 5 et le 14 octobre 1582 puisque ces jours ont été tout simplement rayés du calendrier au moment de la mise en place du calendrier grégorien.

Saint Martin le 11 novembre ou Sainte Cécile le 21 et Sainte Catherine le 25 sont des fêtes trop connues pour que j’en parle cette fois. Je dois quand même souligner, par devoir de mémoire, le 90 ème anniversaire de l’armistice de 1918. De cela aussi vos journaux, les radios et tous autres médias vont largement nous ressasser.

Par contre, vous entendrez très peu parler de la lune qui pourtant reste bien fidèle à ses phases d’influence et nous en donne encore la preuve, depuis deux jours.
Depuis la nouvelle lune du 29 octobre, le froid pointe son nez. Après de grosses pluies notamment sur nos Cévennes gardoises, ce qui n’a rien de surprenant en ces périodes, le temps a bien changé avec la nouvelle lune, comme presque chaque fois cette année. Mais s’il fait froid cela n’a rien de nouveau: En 1981, nous pourrions nous en souvenir, le 26 octobre, il a neigé au sud de Paris et dans le Centre avec 4 cm à Orléans et 2cm à Chartres. En 1922 le 29 octobre la neige avait provoqué une catastrophe ferroviaire en Bretagne, en pays Goëlo, à Chatelaudren. Le 31 octobre 1941 la neige était tombée un peu partout avec 5 cm à Paris et à St Etienne. 3 cm de neige à Lille le 1er Novembre 1934 et le 2 novembre 1980, début d’une importante vague de froid. Il fait -10° dans le Nord-Est de notre pays. Et encore le 3 novembre 1966 neige sur les Pays de Loire, le Poitou, le Centre et l’Ile de France. Alors ? je continue.. ? oui je continue surtout de dire qu’en un siècle où tout est noté analysé, inscrit, fiché.. «informatisé»,on perd la mémoire ! Il n’y a que le sensationnel qui fait recette ! La nature est là heureusement pour nous ramener de temps en temps à plus de réalité. Histoire de ne pas perdre la tête et de nous ressaisir, pour prendre un peu de recul avec l’info qu’on nous distille et qu’on nous instille comme un goutte à goutte pernicieux, qui fait de nous des assistés !

Nos vieux dictons, nous laissent prévoir un hiver plus rigoureux : «Si l’arbre d’automne fleurit une seconde fois jusqu’en mai prochain durera le froid». C’est bien ce qu’on a pu observer cette année !
On lit encore : «A la Toussaint le froid revient et met l’hiver en train» et aussi : «Un mois avant, un mois après Noël, le froid est bon et naturel» Par contre les prévisions sont encore plus pessimistes «Autant d’heures de soleil le jour de la Toussaint, autant de semaines à souffler dans tes mains» ou «Telle Toussaint tel Noël» et enfin «Le vent souffle les trois quarts de l’année comme il souffle la veille de la Toussaint»
Pour vous donner un peu de baume au cœur, je me hasarde à prédire un bel «été de la saint Martin» car ce sera la pleine lune le 13. Mais il durera peu et il fera à nouveau mauvais et froid très certainement autour du 27 pour la nouvelle lune.

Comme un homme averti en vaut deux, couvrons nous bien et préparons-nous à affronter le froid de cet hiver qui approche !

Jean Mignot, en ce 30 octobre 2008, c'est-à-dire en ce qui pourrait être le 9 brumaire, jour de l’Alisier !

Henri Darbes, le gamin qui revient de loin...

«Donc, je t'abandonne, mon fils. Voilà, il ne te reste plus qu'à te débrouiller pour survivre.» Ce n'est pas une fin, mais bien le commencement d'une histoire, celle d'un homme : Henri Darbes.
Né à Nice en 1966, il est abandonné à la naissance sous le nom de Gilles Patrice Giuliaris. Adopté très tôt, il prend le nom de Henri Gilli.


Finalement, battu, maltraité, quatre ans plus tard, il rejoint les foyers de l'enfance de la Côte d'Azur. Il y reste dix ans.
La nature humaine, Henri Darbes la connaît bien. Dans son livre Les Enfants de Chiris, sorti en juin, il raconte les ombres et les lumières d'un enfant livré aux adultes des années 60-70, puis aux caïds des foyers d'enfance. Un monde violent où il faut jouer d'intelligence pour s'en sortir.
Henri Darbes : «Il y a deux vies dans les foyers d'enfance. Il y a la vie que voient et gèrent les éducateurs et il y a celle des caïds du foyer, et là on assiste à des choses que même la pensée humaine ne pourrait pas imaginer...» C'est dans cette hostilité latente que le petit Henri entrevoit la lumière. Très jeune, il imagine des mondes, des ailleurs en arc-en-ciel, des vies en couleur. Henri Darbes précise : «J'ai trouvé un dérivatif, l'écriture. C'est ce qui m'a sauvé. (...) Quand j'écrivais, je n'étais plus le gamin des foyers, j'étais un gamin qui se promenait. Je voyais de belles choses, je voyageais, je m'évadais.»
Après bien des péripéties qui passent aussi par la Légion étrangère, l'enfant devenu homme, puis mari et père n'a jamais quitté l'écriture. «Pour ce livre, il me fallait le recul nécessaire... peut-être le regard du type qui s'en est sorti.» Écrit comme un roman, Les Enfants de Chiris n'est pas un livre où l'écrivain s'apitoie sur son sort. Il y a des moments drôles et d'autres qui le sont moins. C'est une tranche de vie livrée brute, parfois crue. Henri Darbes ajoute : «J'ai tellement vécu de choses qu'il fallait que ça sorte.» Ce livre est en fait un message à tous ceux qui se croient condamnés par la vie. Pour lui, «même quand on a une vie comme la mienne, c'est-à-dire pourrie à la base, on peut quand même s'en sortir si on veut. (...) Ce livre est un énorme message d'amour, même s'il est violent.» L'écrivain se met dans la position du partage, à la recherche du contact. Il veut échanger sur sa vie, sur la vie qu'il désigne comme étant un adversaire contre lequel il ne cesse de se battre depuis qu'il est né. •

> « Les Enfants de Chiris », d'Henri Darbes, éditions Atria - www.editionsatria.com >

Henri Darbes est en séance de dédicace demain, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h à Auchan Grande-Synthe, à l'occasion de la sortie du DVD « Bienvenue chez les ch'tis ».

IN LA VOIX DU NORD, édition de Dunkerque du 31 octobre 2008

Encore merci

11.676 pages téléchargées au mois d'octobre, encore un record battu grâce à vous. Espérant que vous passez de bons moments sur ces pages... Amitiés des brumes de Flandre...

mercredi 29 octobre 2008


A l'occasion du 90ème anniversaire de l'armistice, le fort de Leveau sera exceptionnellement ouvert le 11 novembre de 13h à 17h.
Le public pourra donc visiter à cette occasion le musée consacré à la première guerre mondiale et ainsi découvrir le quotidien des poilus de la grande guerre des combats de Maubeuge en 1914 à l'univers des tranchées. L'exposition temporaire sur la vie quotidienne dans notre région durant les 4 années d'occupation sera bien sûr aussi accessible. Au travers de nombreux documents d'époque (avis allemands, carnets de rationnement), les visiteurs pourront ainsi appréhender les conditions particulièrement difficiles dans lesquelles ont vécu les habitants de notre région.


renseignements: 03-27-62-37-07
http://beta.blogger.com/

La ville de Feignies met également en place plusieurs manifestations dont vous trouverez le détail ci-dessus pour commémorer cet évènement.

samedi 25 octobre 2008

Bientôt ici

Le 6 novembre, pour fêter dignement mon premier anniversaire de levée d'écrou (comprendre par là mon divorce), je vous offrirai ici quelques passages bien choisis d'un ouvrage sur la question, à savoir comment bien vivre cette nouvelle liberté et pour lequel je cherche un éditeur... En espérant recevoir vos commentaires éclairés...

merci, 150.000 fois merci

Z'avez vu le compteur?
Histoires du Nord a dépassé 150.000 pages téléchargées depuis la mise en place du compteur, sans pub, sans rien...
Alors bravo et encore merci...

Premier Noël dans les tranchées


Dans le cadre du mois du film documentaire sera projeté le documentaire :

Premier Noël dans les tranchées
de Michaël Gaumnitz
le vendredi 7 novembre prochain à 20h30 dans la salle de la Maison du Westhoek

Cette opération est réalisée avec le soutien du Conseil Général - Médiathèque Départementale du Nord et Cinéligue Nord Pas-de-Calais.

Je vous recommande fortement cette projection, dans le cadre des 90 ans de l'armistice de la 1ère guerre mondiale.

Des invitations pour deux personnes sont à votre disposition à la médiathèque : vous pouvez venir les retirer aux heures d'ouverture de la médiathèque le mardi et le vendredi de 16h à 18h et le mercredi et le samedi de 10h à 12h et de 14h à 17h, ou bien les réserver par téléphone au 03 28 62 49 51.

Au plaisir de vous voir le 7 novembre ou avant...
Blandine AMMEUX
Responsable de la médiathèque d'Esquelbecq
03 28 62 49 51

mercredi 22 octobre 2008

Crise des subprimes: une explication très simple pour ceux qui essayent

Alors voilà, Mme. Ginette a une buvette à Bertincourt, dans le Pas deCalais. Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses fidèles clients, tous alcooliques, presque tous au chômage de longue durée.

Vu qu'elle vend à crédit, Mme. Ginette voit augmenter sa fréquentation et, en plus, peut augmenter un peu les prix de base du'calva' et du ballon de rouge.

Le jeune et dynamique directeur de l'agence bancaire locale, quant à lui, pense que les 'ardoises' du troquet constituent, après tout, desactifs recouvrables, et commence à faire crédit à Mme. Ginette, ayant les dettes des ivrognes comme garantie. Au siège de la banque, des traders avisés transforment ces actifs recouvrables en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles financiers que nul n'est capable de comprendre.

Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marchéactionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, au Bourses deFrancfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont lesgaranties sont totalement inconnues de tous (c.à.d., les ardoises des ivrognes de Mme Ginette).Ces 'dérivés' sont alors négociés pendant des années comme s'ils'agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiersde 80 pays.

Jusqu'au jour où quelqu'un se rend compte que les alcoolos du troquet deBertincourt n'ont pas un rond pour payer leurs dettes.


La buvette de Mme. Ginette fait faillite.

petit message philosophique

Un professeur de philosophie se présente un jour devant la classe avec une série d'objets inhabituels qu'il pose sur son pupitre, face à ses étudiants.

Le silence intrigué de l'assistance étant acquis, le professeur prend un grand bocal de cornichons (vide et propre) et commence par le remplir jusqu'au bord supérieur de pierres d'un diamètre situé entre 6 et 7 cm.

Une fois ceci terminé, il demande à la classe si le bocal est rempli.

Les élèves répondent que oui.

Le professeur prend alors un sachet rempli de gravillons et le verse dans le bocal. Il agite le tout, pour égaliser, et voilà que le gravier remplit tous les espaces encore vides.

Après avoir complété cette manipulation, le professeur demande une fois encore si le bocal est maintenant bien rempli. La classe répond, hilare et intriguée, que oui.

Le professeur se saisit alors d'un petit sac de sable et en verse le contenu dans le bocal. Évidemment, le sable se fraie un passage dans les interstices qui sont encore disponibles, au grand contentement de la classe.

«Voyez-vous», dit le professeur en s'adressant à ses étudiants, «j'aimerais que vous compariez ceci à votre propre existence».

«Les grosses pierres représentent les choses véritablement importantes, comme la famille, le couple, la santé, les enfants. Ces choses qui font que, même si vous perdez tout le reste, votre vie n'en demeurera pas moins remplie."

«Les gravillons représentent, quant à eux, les choses qui sont importantes, mais non essentielles, comme le travail, la maison, la voiture».

«Enfin, les grains de sable peuvent être comparés aux choses sans importance».

«Si vous commencez par mettre le sable dans le bocal, il ne restera plus assez d'espace pour le gravier ou les pierres».

«Il en va de même avec votre vie : si vous gaspillez votre disponibilité et votre énergie pour les petites choses, il ne vous restera jamais assez de temps, ni de place, pour ce qui est essentiel à votre bonheur».

«Jouez avec vos enfants, prenez le temps d'être à l'écoute de votre santé, sortez avec votre conjoint, parlez avec vos parents. Il y aura toujours du temps pour réparer l'aspirateur, pour finir un dossier ou laver la voiture».

«Soignez les grandes pierres en tout premier lieu, ce sont les choses qui comptent vraiment. Le reste n'est que sable qui s'écoule entre vos doigts».

Jusqu'ici, tout va bien : «Comme il a raison, comme ce discours est pertinent et élégant, etc. …»

Mais soudain, voilà qu'un étudiant se lève. Il s'approche du pupitre du maître et saisit le bocal, dont chacun s'accordait à dire qu'il était cette fois véritablement totalement rempli.

L'étudiant prend un bock de bière devant tout le monde et en verse tout le contenu dans le bocal. Ainsi, le liquide se disperse harmonieusement dans les espaces qui, à l'évidence, existaient encore dans le fameux bocal.

MORALITE

«Aussi remplie que soit ton existence, il y aura toujours de la place pour l'apéro!»

jeudi 16 octobre 2008

un peu de lecture


dimanche 12 octobre 2008

quand'faut y aller, faut y aller !


rendez-vous au bac à sable


chacun son tour


se laisser glisser


juste une question d'équilibre


L'archéologie régionale fait son trou

Il était une fois une cité gallo-romaine à deux pas de Valenciennes et pas très loin de Bagacum (Bavay). Date de naissance : vers l'an 50. Date de déclin : vers 320. Pour mieux comprendre cette histoire vraie, les archéologues sont au travail à Famars depuis avril.
Un trésor de 134 pièces planqué au fond d'un pot. Un squelette recroquevillé au fond d'une cave. Ce ne sont pas les ingrédients d'un polar mais les trouvailles les plus insolites faites ces dernières semaines à Famars, sur le site de ce qui fut une cité antique.



Ici, c'est l'aménagement d'un futur lotissement qui a tout déclenché. La loi sur l'archéologie préventive impose désormais que les spécialistes de l'histoire auscultent le terrain avant les professionnels du bâtiment et des travaux publics.
Sur ce site exploré une première fois dès 1655, les archéologues de l'INRAP ont donc chaussé leurs bottes (dix orages ont compliqué leur tâche cet été) et retroussé leurs manches.


Sous la couche de terre végétale décapée - les engins ont enlevé entre 40 cm et 1,50 m suivant les lieux - le sous-sol n'a pas tardé à parler. Et pourtant, on ne fouille que quatre hectares sur les quatre-vingts qu'occupait la ville.
Sur ce terrain en pente douce, la vie s'organisait sur la rive de la Rhônelle. Ce qui n'est plus aujourd'hui qu'un gros ruisseau correspondait à une rivière de trente mètres de large, navigable. Une voie royale pour communiquer et commercer.


Sabordage
Les archéologues ont retrouvé les traces d'une dizaine de bâtiments, d'une place, d'un aqueduc avec ses dérivations, de thermes, les restes d'un temple sur son podium hexagonal....
On sait aussi que la ville de plusieurs milliers d'habitants disposait d'un théâtre. Mais il est localisé sous trois pavillons d'un lotissement déjà construit au siècle dernier. Trop tard !
Retour en arrière : vers 320, les habitants de Fanum Martis (aujourd'hui Famars) démontent pratiquement pierre par pierre leur cité. Étonnant sabordage.
Ils récupèrent le marbre, la craie, le calcaire, la pierre bleue de Tournai pour alimenter quatre fours et produire la chaux destinée à la construction d'une forteresse, leur castrum, sans doute pour tenter de se protéger d'envahisseurs.
«C'est un phénomène général, à cette époque, de nombreuses cités gallo-romaines se rétractent», explique Raphaël Clotuche, le responsable des fouilles.
«Dans quatre bâtiments, on a retrouvé des objets cultuels», poursuit l'archéologue. Les éléments découverts sur place révèlent des cultes dédiés à Mercure, Mithra, Attis et Cybèle. La cité du Nord se trouvait donc sous l'influence de cultes orientaux.
On sait aussi que la cité a été victime d'un incendie général vers l'an 150. D'autres spécialistes vont prendre le relais des archéologues. Ils se pencheront par exemple sur les restes de grains brûlés soigneusement récupérés pour tenter de déterminer de quelles céréales il s'agissait.


Énigmes
Pour les 134 pièces de bronze de la fin du IIe siècle, cachées dans un pot pendant des siècles avant d'être heurtées par une pelle mécanique, c'est un numismate qui étudiera ce trésor rangé provisoirement dans un Tupperware.
Et puis il y a ce squelette enseveli dans une cave. Étrange à une époque où l'on pratiquait le respect des morts en les plaçant dans des sépultures hors des villes. Jennifer, une archéologue, dégage précautionneusement avec un outil de dentiste ce défunt bien conservé mais au crâne en trois morceaux. Il sera étudié par un anthropologue.
À Famars, on a aussi trouvé des petits lingots de bronze et un fragment d'ivoire. À l'évidence la cité antique n'a pas livré tous ses mystères. •

* * *

Le sous-sol du Nord - Pas-de-Calais conserve encore bien des secrets

Conservateur régional de l'archéologie, Gérard Fosse souligne le potentiel important du Nord - Pas-de-Calais. Quatre cents archéologues travaillent dans la région.


- Que représente le Nord - Pas-de-Calais sur le plan de l'archéologie ?

«C'est une région qui a un très fort potentiel. Les sols sont fertiles, c'est un territoire plat, facilement accessible qui est très tôt devenu une région de passage entre le bassin parisien et le nord de l'Europe pendant des dizaines de milliers d'années. C'est avec la Picardie le secteur où l'on trouve le plus de sites du paléolithique moyen, entre 100 000 et 200 000 ans. Toutes époques confondues, lors d'un diagnostic sur l'emprise d'une future route par exemple, statistiquement, on sait que l'on trouvera un site tous les deux kilomètres.»

- Quelle est l'activité menée par les archéologues dans la région ?
«La loi sur l'archéologie préventive de 2001 nous permet d'intervenir avant le lancement des travaux. Toutes les communes de la région ont été "zonées". Les maires ont été sensibilisés. Mais l'intervention n'est pas systématique. Pour 5 608 dossiers d'aménagement et d'urbanisme déposés l'an dernier dans la région, l'État a prescrit 328 diagnostics et 48 fouilles. Nous avons réalisé 254 diagnostics et 28 fouilles préventives, ce qui correspond aux possibilités régionales actuelles.»

- Comment passe-t-on du diagnostic à la fouille ?
«Le diagnostic consiste à faire des tranchées de deux mètres de large tous les vingt mètres. On sonde en fait 10 % de la surface concernée. Si l'opération est négative, on laisse tomber. On peut aussi trouver des vestiges mais juger qu'une fouille préventive serait disproportionnée. Dans la troisième hypothèse on fait une fouille mais il y a parfois une insuffisance de moyens. La durée moyenne d'une fouille, c'est trois ou quatre mois pour cinq à huit personnes. Nous avons actuellement une soixantaine de fouilles prescrites qui attendent un début d'exécution.»

- La recherche archéologique est-elle une préoccupation récente ?
«Pas vraiment. La France s'est dotée dès 1941 d'une réglementation. En 1945, c'est un sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts, un certain François Mitterrand, qui l'a mise en application. Les textes prévoient par exemple que toute découverte fortuite doit être déclarée au maire de la commune.»

- Quelle est la trace la plus ancienne d'êtres humains dans la région ?
«On a beaucoup parlé de l'homme de Biache qui a 200 000 ou 250 000 ans mais sur le site de la pointe aux Oies à Wimereux, on a trouvé des morceaux de silex taillés intentionnellement qui pourraient dater de 500 000 ans. Par comparaison, en Auvergne, on a des traces d'un million d'années et en Afrique de 1,5 à 2 millions d'années.»

- Quel est le sort réservé aux objets trouvés ?
«L'État en possède la moitié et le propriétaire l'autre moitié qu'il abandonne d'ailleurs souvent à l'État. Les pièces trouvées n'ont souvent une valeur marchande qu'après une restauration coûteuse. Dans le Boulonnais, sur une petite nécropole, des ferrailleurs ont trouvé un tas de rouille et de sédiments. Après travail en laboratoire, c'était un seau cerclé de fer avec de la verrerie datant du VIe siècle. Le travail de restauration a coûté 10 000 €.»
PROPOS RECUEILLIS PAR D. S.

* * *

Canal Seine-Nord : des fouilles grand format

Le chantier du futur canal à grand gabarit Seine-Nord va être précédé par une campagne de diagnostic et de fouilles archéologiques de grande ampleur.
La construction du canal Seine-Nord s'annonce, sinon comme le chantier du siècle, au moins comme celui de la prochaine décennie. Mais avant le premier coup de bulldozer, le «couloir» que va emprunter le futur canal sur une centaine de kilomètres, entre Compiègne et Aubencheul-au-Bac près de Cambrai, va faire l'objet d'une campagne de fouilles pratiquement sans précédent.


Les premières opérations viennent d'ailleurs de commencer sur le territoire d'Oisy-le-Verger dans le Pas-de-Calais.
La première phase, celle du diagnostic, est entamée par trois pelles mécaniques qui effectuent des tranchées parallèles dans un corridor d'une centaine de mètres de large correspondant à l'emprise du futur canal.
Le premier kilomètre de ce travail de détection a déjà permis de tomber sur un site du Haut Moyen Âge. « C'est un petit site, il ne donnera pas forcément lieu à des fouilles plus poussées mais on s'attend statistiquement à tomber sur un site tous les deux ou trois kilomètres», explique Gérard Fosse, conservateur régional de l'archéologie.
Les premiers diagnostics ont démarré au nord du tracé car les négociations pour les expropriations avec les agriculteurs sont toujours en cours en Picardie.
C'est néanmoins dans ce secteur que les archéologues s'attendent à avoir le plus de travail. La Picardie est en effet considérée comme «le berceau de la France», un territoire très riche en traces d'occupation. On en saura davantage l'été prochain, à la fin des diagnostics, mais les spécialistes savent déjà qu'ils ne rentreront pas bredouilles de cette campagne.

Articles in LA VOIX DU NORD, édition régionale du 12 octobre 2008

samedi 11 octobre 2008

jeudi 9 octobre 2008

GRIMP 59

Le GRIMP 59 s'entraînait mardi soir à l'Hôtel de ville de Dunkerque... Au programme, tyrolienne depuis le haut de la tour de briques et de pierre... Et jeudi soir, (ce soir) ils remettent le couvert. C'est que le groupe basé à la caserne de Fort-Mardyck est peu connu. Volontaires, ils s'entraînent à intervenir dans les milieux périlleux... Et même si nous n'avons pas de montagnes, ces points chauds ne manquent pas: immeubles, tours, usines, cales de navires... des endroits inaccessibles qui souvent fourmillent de pièges... Et parfois, des actions moins banales comme préparer la descente du Père Noël en décembre prochain de ce même beffroi... Et pour peu d'euros en plus, il faut le dire... alors, pensez à eux quand vous les voyez accrochés aux parois lisses de nos immeubles ou, plus simplement, quand après avoir donné un coup de sonnette, ils viennent vous proposer le calendrier...


la précision dans toute chose.

Evaluer la hauteur... et la difficulté de la tâche à accomplir.


En pleine concentration...

Un sourire comme ça, c'est toujours réconfortant...


Harnachés, sacs de matériel sur le dos, les hommes en rouge entrent d'un pas décidé dans l'Hôtel de ville de Dunkerque... Comme toujours, les gens s'arrêtent, regardent, leur sourient... Et ce n'est pas le prestige de l'uniforme qui en est la cause mais simplement la proximité avec la population, ce soulagement que l'on ressent quand on les voit arriver, même quand ils viennent vendre leurs calendriers...


Test de la solidité du sol?

Haut perché sur le beffroi de l'Hôtel de ville, on assure la position pour installer la tyrolienne.


Plein effort pour tendre les cordes... Le GRIMP59 prend des allures de marine ancienne.

En tyrolienne comme dans un fauteuil...

Voir les choses sous un autre angle...

Tout en douceur...

Théologie !

Voici les 4 affirmations qui prouvent que Jésus était juif:
- Il a habité chez sa mère jusqu'à 30 ans
- Il croyait que sa mère était vierge
- Sa mère le prenait pour un dieu
- Avec l'entreprise de charpentier de son père, il a fait une multinationale qui marche encore 2000 ans plus tard.

Récompense de la foi !

Le curé d'un petit village flamand perdu dans le Blootland, décède.
Il arrive devant Saint-Pierre qui examine ses états de service. Tout a l'air parfait, une vie tranquille, aucun pêché. On lui accorde l'entrée au paradis. Saint-Pierre lui explique qu'il disposera d'un petit nuage motorisé pour se déplacer vers les nuages d'attraction: celui du buffet, celui de la musique, celui des plaisirs charnels..
Le curé profite pleinement de ses premières journées au paradis, mais il se rend rapidement compte que d'autres sont mieux lotis que lui.
Son nuage motorisé n'est qu'une mobylette et il voit régulièrement un black le dépasser sur un nuage très rapide avec femmes et orchestre. Il retourne chez Saint-Pierre et lui dit: - Toute ma vie, j'ai résisté aux tentations, j'ai servi Dieu le mieux qu'il était possible et arrivé ici, je n'ai toujours pas un sort enviable. Qu'a fait, par exemple ce black pour recevoir un nuage rapide et si bien équipé?
- Vous étiez, lui dit Saint-Pierre, prêtre d'un petit village flamand perdu, chaque dimanche, dix fidèles priaient dans votre église. Lui était pilote à Air Afrique, chaque jour, 350 passagers derrière lui priaient Dieu au décollage et à l'atterrissage!

mercredi 8 octobre 2008

C'est vraiment parce qu'on est le 8 !

Bon d'accord, on le sait, je n'ai pas le culte de la personnalité, avec ma tête ce serait dommage. Je crois bien que c'est la première fois que je me montre sur ces pages... Surtout, comme dirait Karol : "N'ayez pas peur !"

Oui je sais, on est le 8 octobre, le jour de Sainte-Pélagie. Et accesssoirement, aujourd'hui, je passe du côté obscur... 40 ans aujourd'hui... La pente descendante... La sénescence commence... Le déclin... Maintenant, je suis plus proche du trou que du berceau !

Oui mais bon, il faut rester pragmatique et flamand jusqu'au bout des ongles... Alors voilà, je ME souhaite un bon anniversaire à défaut de joyeux... Saint-on jamais, si personne ne me le dit, au moins ce sera fait... Mais bon, à date exceptionnelle (changement de décennie oblige) cadeau exceptionnel, j'espère que l'on se verra ce soir au vernissage de mon exposition "Egéries" au Casino de Dunkerque... qui durera jusqu'au 30 octobre (avec une petite mise entre parenthèses le wikainde prochain, les 11 & 2 octobre, pour le salon du bébé)...

Tot ziens...

mardi 7 octobre 2008

Du mois d'octobre 2008

Dixième mois de l’année malgré son étymologie, octobre est le mois des vendanges tardives de la récolte des pommes à cidre et des glands et finira avec la récolte des courges, un des derniers légumes avant l’hiver, que l’on a facilement rapproché d’halloween. C’est le mois du grand déclin végétal. Les nuits sont de plus en plus précoces et le seront bien plus quand on aura changé d’heure. La durée du jour diminue d’une heure quarante sept minutes, pour une durée moyenne de dix heures dans la toute dernière semaine. Il faut terminer les travaux des champs qui n’ont pas été effectués en septembre, les labours, la taille des fruitiers à pépins, l’épandage du fumier et les dernières semailles. Tout comme septembre «Octobre le vaillant surmène le paysan».

Le début du mois est marqué par la fin du mois de jeune chez les Musulmans et par la fête appelée l’Aïd el-Fitr (fête de la rupture du jeûne) encore appelé Aïd el-Séghir (la Petite Fête) par opposition à l’Aïd el-Kebir, la grande fête. Vous savez que pour déterminer le début du mois il faut observer ce moment magique où dans les premières lueurs de l’aube, apparait le très mince filet de lumière de la nouvelle lune. On dit très joliment pour déterminer ce moment : «lorsque se distingue le fil blanc de l’aube du fil noir de la nuit». Si le ciel est couvert c’est un vrai problème et il faut se référer aux autorités religieuses du pays ou de la région pour bien connaître le moment de la rupture, et rendre grâces. Nos amis Musulmans entreront alors dans le mois de Chawwaâl ou de Chawel selon les transcriptions phonétiques, de l’an 1429. Nous savons que le calendrier lunaire des Musulmans, compte tenu de la durée du cycle lunaire, est en avance de 10 à 12 jours chaque année.

Pour ce qui est de notre calendrier grégorien, c’est en 1582 du calendrier «julien» qu’il fut décidé, après les savants calculs diligentés à la demande du Pape Grégoire, que le lendemain du 4 octobre serait le 15 octobre. Ce qui valut à la grande sainte Thérèse d’Avila, décédée le 4 octobre de n’être enterrée que le 15 octobre, pourtant le lendemain de sa mort. Cette décision qui visait à faire coïncider au plus juste les calendriers avec le cycle du soleil et les saisons, a entraîné la conséquence que j’ai souvent rappelée dans ces chroniques : le décalage de leur place dans le temps de quantité de fêtes de saint et des proverbes qui leur sont liés, et leur déphasage total, comme pour ceux de la sainte Luce le 12 décembre ou de la saint Médard le 8 juin, malgré la popularité dont ils continuent de bénéficier. On relira utilement mes chroniques de décembre ou de juin sur ce sujet
Cela souligne à nouveau l’importance de se référer à la lune qui elle n’a pas changé, et de savoir, comme Monsieur Jourdain, quand il y a de la lune ou quand il n’y en a pas, pour replacer nos vieux dictons dans leur bon contexte.

Voyons un peu cela pour notre mois d’octobre 2008, en se souvenant de son influence aux différentes étapes de son cycle.
La lune atteint son apogée le 5 octobre à 11h ; elle se trouve alors à 404.721km de la terre. C’est le jour de la saint Placide, un moine disciple de saint Benoît qui l’aurait sauvé de la noyade. On en a fait le patron des noyés ! Comprenne qui pourra !
«A la saint Placide, le verger est vide» et les gelés sont à craindre «A la saint Placide, la gelée est la première de l’année». On nous annonce bien des matinées très fraîches ! C’est aussi la saint Fleur : «Quand arrive la saint Fleur, pour aller au verger, ce n’est plus l’heure»
Le premier quartier de la lune est à 9h04 le 7 octobre. Ce jour la on fête saint Serge, un officier de l’armée romaine, mort en 288. «A la saint Serge, la charrue en terre, pour niveler les taupinières». Les taupes ou les rats taupiers ont fait beaucoup de dégâts cette année. Il semble donc, vu ce proverbe, que leur présence en cette époque n’est pas si nouvelle que ça, n’en déplaise aux journaux qui parlent pour cette année d’une invasion sans précédent, en particulier en Aveyron.
La pleine lune est le 14 à 20h02, jour de la saint Calixte pape de 217 à 222 :«A la saint Calixte il n’y a plus de fleur à calice».
La lune passe par son périgée le 17 à 6h. Elle sera à 363.823 km de la terre. C’est la saint Gall, un moine irlandais, venu dans les Vosges, avec saint Colomban, (les anciens du Secours Catholique se souviendront de Monseigneur Rodhain et du Saint Mont, à Remiremont avec les ruines du monastère colombanistes dont il avait plaisir de nous entretenir). Ce jour n’est pas bon pour les vendanges. Ne dit-on pas : «Le vin de saint Gall n’est jamais un régal». Il peut se faire que le mauvais temps retarde jusqu’à ce jours les vendanges et ce n’est que mauvaise augure : «Si saint Gall coupe le raisin, mauvais signe pour le vin». Par contre il est recommandé de couper les choux d’hiver ce jour-là : «Coupe ton chou à la saint Gall, en hiver c’est un vrai régal» Vive la soupe aux choux !
Le dernier quartier de lune est le 21, à 11h55, fête de sainte Ursule : «A la sainte Ursule le froid recule»
La lumière cendrée de la lune est observable le matin jusqu’au 26, où l’on fête le premier évêque de Strasbourg mort vers 346 : «A la saint Amand, sont mûrs les glands».

La nouvelle lune est le 28 à 23h, fête des saints Simon et Jude, apôtres et martyrs : «Quand Simon et Jude n’apportent pas la pluie, elle n’arrive qu’à la sainte Cécile». Serait-ce un présage de trois semaines de beau temps avec l’été de la saint Martin ? nous verrons bien ! On dit aussi que ce jour-là il n’y a plus de mouches : «A la saint Simon, l’éventail se repose». Ce jour marque la fin de la culture des raves et aussi de toutes les cucurbitacées. Cela vient à point pour confectionner toutes sortes d’épouvantail pour Halloween : «A la saint Simon, les raves au timon»

Il faut noter encore pour notre mois d’octobre 2008 que Vénus, «la belle étoile du berger», qui nous a boudés tout l’été, se dégage peu à peu des brumes du couchant. Elle se couche le 17 octobre à 18h10 soit 1h13 mn après le soleil.

Dans un contexte qu’on nous annonce dur et difficile je dois vous rappeler que le 26 nous passerons à l’ «Heure d’hiver» qui se réfère à une autre période de crise. Cette mesure remonte au choc pétrolier de 1973. On l’a bien vite oublié.
On attribue cette décision au gouvernement de cette époque. Et pourtant le vrai père de cette idée c’est Benjamin Franklin. En avril 1784, dans le «Journal de Paris» il évoque pour la première fois la possibilité de décaler les horaires afin d’économiser de l’énergie. Arrêtons-nous quelques instants sur la façon plutôt curieuse avec laquelle il aborde la question.
Dans sa lettre aux lecteurs il commence par décrire la démonstration à laquelle il avait assisté la veille sur une nouvelle lampe à huile. Il relate la discussion qui s'en était suivie tard dans la nuit, à propos du rapport huile consommée/lumière produite. Le sujet en tête, il entre chez lui et ne s'endort que vers 3-4 heures du matin. Un bruit le réveille vers 6 heures et il s'étonne d'une grande clarté dans sa chambre. Il pense d'abord à ces fameuses lampes éclairant sa chambre mais constate, en fait, que ce sont les rayons du Soleil levant qui pénètrent dans la pièce. La lecture d'un almanach lui confirme que le Soleil se lèvera encore de plus en plus tôt jusqu'à fin juin. "Cet événement me fit penser à des choses plus importantes et plus sérieuses. Si je n'avais pas été éveillé si tôt le matin, j'aurais dormi six heures de plus à la lumière du Soleil, et, par contre, aurait passé six heures la nuit suivante à la lumière des chandelles." Et il poursuit : "En partant du principe qu'il y a 100 000 familles à Paris et que ces familles consomment la nuit 1/2 livre de bougies et chandelles par jour... En estimant de 6 à 8 heures la durée moyenne entre l'heure de lever du soleil et la nôtre... il y a donc 7 heures par nuit pendant lesquelles nous brûlons des bougies, on en arrive au décompte suivant :En six mois entre le 20 mars et le 20 septembre, il y a 183 nuits. 7 heures par nuit d'utilisation de bougie. La multiplication donne 1 281 heures. Ces 1 281 heures multipliées par 100 000 donnent 128 100 000.Chaque bougie exige 1/2 livre de suif et de cire, soit un total de 64.050.000 livres. À un prix de trente sols par livre de suif et de cire on en arrive à 96.075.000 tournois de livre." Un tournoi de livre, c'est combien d'euros ? Bref, Franklin conclut par "...une immense somme que la ville de Paris pourrait sauver chaque année !" Sa conclusion est encore plus surprenante… ou très réaliste quand on connait notre résistance, encore aujourd’hui, à tout changement : «les gens sont obstinément attachés à leurs vieilles traditions et il sera difficile de les amener à se lever avant midi". Alors il propose des sanctions :
1) Taxer d'un louis par fenêtre les habitants qui laissent leurs volets fermés.
2) Bougies rationnées à une livre par famille par semaine.
3) Policiers chargés d'arrêter la circulation après le coucher du Soleil exceptée celle des médecins, des chirurgiens et des sages-femmes.
4) Chaque matin, dès que le Soleil se lèvera, cloches d'église et, au besoin, canon informeront l'ensemble des habitants de l'arrivée de la lumière.
Notons, tout de même, que Franklin avait pour projet de réveiller les gens plus tôt et non pas de décaler les heures des montres et horloges.
L'idée, sans les loufoqueries, (encore, qu'actuellement, nos gouvernants ne sont pas à ça près !) fut reprise en 1907 par un certain William Willett (1857-1915), entrepreneur anglais.
Son idée à lui fut bien d'avancer et retarder les montres. Dans une brochure intitulée Waste of Daylight ("Gaspillage de la lumière du jour"), il explique le processus. Le décalage devait se faire durant 4 dimanches, à 2 heures du matin, en avril (avancer les montres) et en septembre (reculer les montres) à raison de 20 minutes chaque dimanche. Willet explique le choix de 2 heures du matin par le fait que c'est l'heure qui dérange le moins la circulation des trains. C’était quand même compliqué !
Son but était double : «Passer ses loisirs à la lumière du jour». Sans compter ses six premières années, un homme gagnerait une année de "jour" à 28 ans, 2 à 50 ans et 3 à 72 ans ; et surtout et encore une fois, économiser l'énergie destinée à produire l'éclairage artificiel. Passer plus de temps, pendant qu'on est éveillés, à la lumière du Soleil était le but aussi bien de Franklin que de Willet.
L’Allemagne instaure un changement d’heure en 1916. Les Anglais suivent, puis les Irlandais et l’Italie. En France le député «bas-alpin» André Honnorat dépose un projet de loi qui instaure «l’heure d’été». Nos plus anciens s’en souviennent. La guerre de 39-45 amène la suspension de la mesure; il faut attendre le 28 mars 1976 pour y revenir. On se souvient qu’à l’époque le retour à l’heure d’hiver se faisait le dernier dimanche de septembre. Aujourd’hui le changement est trop décalé par rapport aux saisons, du moins pour ce qui est de l’Automne. Si le gain reste réel, du moins officiellement puisque le ministère de l’Economie et des Finances estime pour notre pays à 250 000 tonnes d'équivalent pétrole les économies d'énergie annuelles résultant de la mise en œuvre de ce régime, la contestation de ce changement prend de plus en plus d’ampleur. Sur le décalage par rapport au rythme solaire, sur le trouble de l’horloge biologique et les problèmes psychologiques en particulier chez les enfants, là on peut encore suivre. Sur la pollution atmosphérique qui serait engendrée par des pointes de circulation déplacées vers les heures les plus chaudes de l’été, ça passe encore. Par contre, sur la répercussion sur les animaux j’ai plus de mal à suivre. Il me semble que pour eux, la nuit c’est la nuit et le jour c’est le jour et que ce n’est pas l’heure officielle qui en change la durée, le début ou la fin! Simple bon sens non ? Ils ne regardent pas l’heure à l’horloge du clocher du village pour se lever ou se coucher ! On va jusqu’à dire que le changement perturbe la traite des vaches et entraîne une baisse de la production de lait ? mais alors c’est la vache ou l’éleveur qui ne suit plus ? C’est qui perturbe qui ? De là à penser qu’on va encore demander des subventions pour compenser !

Octobre va marquer en son dernier jour le grand passage du jour à la nuit et aux ténèbres. C’est le 31, la veille du mois de Samain qui chez les Celtes, nos ancêtres, marquait le début de la moitié sombre de l’année, associé à la notion de mort. L’année était divisée en deux cycles de six mois. On comptait alors en nuits et non en jours, de sorte que les célébrations devaient commencer le 31 octobre au soir. C’est l’origine du mot «Halloween» qui serait « le soir sacré », contraction de «All Halloows’Eve» ou «All Hallows’day» en anglais. Les celtes célébraient les héros et les morts et se préparaient à affronter la longue nuit de l’hiver.
Ce dernier trimestre de notre année n’ayant pas de fête très marquante pouvant permettre l’exploitation d’un filon commercial rentable, (hormis les chrysanthèmes !) nous avons été victime, via les USA, avec un peu de sauce de la légende irlandaise de Jack O’Lantern, à coups de citrouille de «saison» et d’autres produits souvent de mauvais goût, d’une tentative d’implantation d’une fête dont on a trahi le sens profond originel et respectable. Respectable puisqu’il s’agissait avant tout du culte des morts et des ancêtres. Ne tombons pas dans le panneau. Il y a tant d’occasions de faire la fête et de s’amuser autrement, en redonnant vie à nos vieilles coutumes par exemple, voire même en reprenant des traditions de cette fête qui ont survécu et qui nous feraient sortir du ballet des sorcières ... à balai et des citrouilles ou navets creusé en lanternes, et de toutes autres fantaisies qu’on appelait autrefois des «attrape-nigauds».
Pourquoi ne pas reprendre quelques traditions culinaires qui ont survécu comme la cuisson ou l’achat d’un barmbarack ( en irlandais «barin breac») un gâteau aux fruits, léger, dans lequel on place un anneau avant la cuisson. Celui qui trouve l’anneau va trouver le véritable amour durant l’année. Il y a eu une tentative de ce genre chez des pâtissiers d’Avignon.
La citrouille peut nous permettre de retrouver les bonnes soupes de courge, si importantes pour nos santés.
On pourrait aussi regarder du côté des pommes, du cidre chaud, du blé rôti comme en Inde, et de toutes sortes de beignets… par exemple. Place à l’imagination et à la création !
Arrivé massivement en France en 1997, initialement avec un esprit artisanal, très rapidement récupéré par le commercial, Halloween a «du plomb dans l’aile» et c’est tant mieux car il y a mieux à faire que l’exploitation de l’horreur, et du laid, surtout auprès de nos enfants. En 2006 nos medias parlaient déjà de la mort d’Halloween : » Halloween in et out » titrait l’Express alors que Libération écrivait : « Halloween boit un bouillon ».
En 2007, l'insuccès d'Halloween va encore croissant. Personnellement je souhaite que cette décadence continue en 2008. "Halloween est devenue une fête complètement dépassée". L'arrivée de cette, fête païenne, proche de deux fêtes chrétiennes, la Toussaint (le 1er novembre) et le jour des Défunts (le 2 novembre) a fait réagir l'Église catholique en France. Elle a constaté qu'avec Halloween une population non chrétienne s'intéresse au sens de la mort. Pour rappeler le sens de la Toussaint catholique, le diocèse de Paris a instauré, depuis 2002, une manifestation festive baptisée Holy winsCe qui est saint est victorieux»).
En Russie, le Kremlin et l'Église orthodoxe tentent de freiner la popularité grandissante de l'Halloween. Il est maintenant interdit de la célébrer dans les écoles de Moscou.
Au Venezuela, le président Hugo Chavez ( est-ce une bonne référence !) a déjà affirmé que l'Halloween répandait la terreur et qu'il fallait que la population résiste à l'envahissement de la culture américaine
Notons encore qu’en Chine, - désormais référence incontournable ! - l'Halloween n'est pas célébrée traditionnellement, mais il existe une fête proche, la Fête des fantômes.

Voilà ce que m’inspirait ce mois d’octobre 2008 qui s’ouvre avec du beau temps ! du moins jusqu’à la prochaine étape lunaire ! et je tenterai bien de prédire du beau temps jusque vers le milieu du mois !
Bonne lecture. Addisias !

Jean Mignot le 29 septembre
en la fête de Saint Michel et des Archanges

dimanche 5 octobre 2008

Enfin débarassée de son armure d'échafaudages, l'église du Sacré-Coeur, voulue en ex-voto parce que Lille n'avait pas été occupée en 1870, a retrouvé la blancheur de sa jeunesse.

Rue des stations à Lille, une vénérable façade est soutenue par de puissants atlantes.