vendredi 2 janvier 2009

faune festive


double vision


wallpaper 1440*900 : dernières lueurs

Les dernières illuminations, ça sent la fin des vacances et des fêtes de fin d'année...

du mois de janvier 2009

Tout au long de l’année et de ces chroniques mensuelles, j’ai tenté d’expliquer comment depuis la plus haute antiquité, les hommes avaient tenté de faire coïncider les mois du calendrier avec le cycle des saisons, en s’appuyant sur de longues observations et sur de savants calculs, sans jamais vraiment parvenir à un résultat très juste puisque même actuellement notre calendrier «grégorien», le plus proche du bon calcul et le plus universellement reconnu comme référence, comporte encore quelques erreurs qu’il faudra tôt ou tard corriger . L’année est encore trop longue de 0,0003 jours par rapport à l’année tropique solaire. Souvenez-vous, on nous a fait retirer quelques secondes à nos horloges dans la nuit d’un 1er janvier, il y a deux ou trois ans.

De ce fait et par la référence à différents calendriers, surtout le calendrier dit de Numa, ou de Tarquin, celui en place au moment de la fondation de Rome, ou celui décrété par Jules César, le calendrier «Julien», le premier janvier marquait le début de l’année. Aujourd’hui, il a perdu toute référence au cycle de la lune ou aux saisons. Il est purement administratif et ne se réfère plus à quelque chose en lien avec la lune ou le soleil. N’insistons pas trop car changer le début de l’année pourrait entraîner des revendications et une grande confusion comme celle qui a suivi la mise en place du calendrier « julien ». A cette époque là, en effet, les pontifes romains, - qui n’ont rien à voir avec le souverain pontife, terme désormais «labellisé»-, réunissaient le peuple pour annoncer les différentes festivités. et les jours fériés…C’est à ce moment là qu’on établissait le «registre des dettes» avec les intérêts. Il fallait payer au premier jour du mois, c'est-à-dire aux calendes. D’où l’origine du mot calendrier. Quand les pontifes se trouvèrent face à l’application de la réforme, soit par erreur d’interprétation, soit par mauvaise volonté – on dit qu’ils profitaient largement de cette époque d’échéance «fiscales» pour se servir au passage ! – ils appliquèrent les nouvelles dispositions avec une marge d’erreur. Il fallut reprendre les choses et notamment revoir la règle du jour «bissextile» de février. On relira ici, si ce n’est pas assez clair, mes chroniques de janvier et de février des années précédentes.
Ainsi au fil des siècles, l'année n'a pas commencé partout au 1er janvier, et son début a varié au gré des époques, des pays et des églises. Pour ne citer que la France, l'année commençait le 1er mars dans nombre de provinces aux VIe et VIIe siècles ; à Noël au temps de Charlemagne (et en certains lieux, tel Soissons, jusqu'au XIIe) En quelques régions, l'année commençait à date fixe, le 25 mars, jour de l'Annonciation. C'est ainsi qu'on peut lire, dans la Généalogie des rois de France (1506) de Bouchet : «Charles VIII alla à trépas au chasteau d'Amboise le [samedi] 7 avril 1497 avant Pasques [le 15 avril cette année-là], à compter l'année à la feste de Pasques ainsi qu'on le fait à Paris, et en 1498 à commencer à l'Annonciation de Nostre-Dame ainsi qu'on le fait en Aquitaine.» Ce n'est qu'en 1564 que, par édit de Charles IX, le début de l'année fut obligatoirement fixé en France au 1er janvier ; et les fausses étrennes et «poissons d'avril» sont un lointain souvenir des dates révolues.

La République ayant été proclamée le 22 septembre 1792, date qui se trouvait être le jour équinoxial d'automne, le calendrier républicain fixa le début de l'année «au jour civil où tombe l'équinoxe d'automne au méridien de Paris».
C’était plus en référence au cycle des saisons. Mais ce calendrier eut une durée de vie très courte.
En Russie, l'an commençait le 1er septembre ; à compter du règne de Pierre le Grand, il commença le 1er janvier. Quant à l'Angleterre, où l'an débutait le 25 mars, comme dans beaucoup de pays protestants et orthodoxes qui avaient préféré en rester au calendrier «julien» manifestement faux, plutôt que de s’incliner devant une décision du pape de Rome, elle n'accepta la réforme grégorienne et le 1er janvier que bien plus tard : l'année anglaise 1751, pour se mettre en harmonie avec les pays voisins, ne comporta que neuf mois et une semaine ! Ce qui, on peut facilement le comprendre, ne facilite pas la tâche des historiens et encore moins celle des généalogistes. Quand j’écris cela, n’y voyez aucune réaction ni aucun règlement de compte d’un bon cévenol marqué par le passé des longues guerres fratricides entre ceux de la religion prétendue réformée, (RPR) comme on disait alors, et catholiques! D’autant plus qu’en Janvier on célèbre entre nous la Semaine de l’Unité. Mais je citerai quand même pour expliquer ce retard dans la mise à jour des calendriers, cette phrase du savant Kepler : «les protestants aiment mieux être en désaccord avec le soleil qu’en accord avec le Pape».
En Russie, ces différentes dates d’application de la réforme «grégorienne», sont l’explication de la date de la révolution d’octobre, en 1917, qui eut lieu en novembre et c’est encore la raison des décalages de la fête de Noël et de la fête de Pâques chez les Orthodoxes.
Plusieurs grandes civilisations et peuples se réfèrent encore au cycle de la lune, ou l’adaptent avec des mois de complément pour faire coïncider ce cycle à celui des saisons. Citons en quelques uns, en ce début d’année.
Le calendrier musulman démarre le 16 juillet 622 ap.JC. C’est la date de l’Hégire, l’exode du prophète et de ses compagnons de Médine à la Mecque. Douze mois lunaires de 29 jours qui au fil des ans se retrouvent à des dates différentes dans le calendrier grégorien. Le 29 décembre 2009 les Musulmans fêteront l’an 1430. Le nouvel an musulman n’a pas de signification religieuse.
Chez les Bouddhistes, on retrouve un calendrier dont le point d’origine est la disparition du Bouddha. La tradition place sa mort à la pleine lune du sixième mois de l’année correspondant à l’an 543 av. JC. Le nouvel An bouddhiste est une fête très importante. Le 9 avril 2009, les bouddhistes fêteront l’an 2553.
Le calendrier juif est luni-solaire, c'est-à-dire que le calendrier de base lunaire est ajusté à l’année solaire grâce à l’ajout de mois intercalaires (tous les trois ans environ) afin de suivre le rythme des saisons. La date d’origine du calendrier juif (7 octobre 3760 av. JC) est rattachée à la création du monde appelée aussi Yom Hadin « jour du jugement ». Le nouvel an juif est la première fête liturgique du calendrier. Le 19 septembre 2009 les Juifs fêteront l’an 5770.
Dans le monde Hindous il existe plusieurs calendriers qui pour la plupart se réfèrent au cycle lunaire. Dans le Nord de l’Inde, on applique un calendrier fondé sur l’ère Samvat, qui débute le 23 février 57 av. JC. Le 27 mars 2009, les Hindous fêteront l’an 2066.

Notre mois de janvier, qui tire son nom de Janus Bifrons, fils d’Apollon , dieu qui avait le pouvoir de connaître à la fois le passé et l’avenir, continue de nous offrir une série de fêtes, héritées des saturnales romaines, qui célèbrent la victoire du jour sur la nuit, le « sol invictus ». C’est l’origine de la fête de l’Epiphanie des chrétiens qui reprend ce symbole de la lumière pour célébrer la manifestation de Dieu fait Homme à notre monde. La galette des Rois est bien la symbolisation par sa forme ronde et dorée du soleil rayonnant, victorieux de la nuit et des ténèbres ; et cela même dans le midi, notre gâteau des Rois, la «couronne des rois» est une couronne de brioche, qui a plus l’aspect, avec un peu d’imagination, du turban dont sont quelquefois affublés nos Rois Mages venus d’Orient.
C’est le même symbolisme qui sera repris pour les crêpes de la Chandeleur.
En tirant les Rois en cette fête de l’Epiphanie nous pensons aux Rois Mages. Or cela n’a rien à voir avec eux ! C’est une vieille coutume païenne, qui se réfère à l’évolution du temps, à la longueur des jours, et au soleil qui brille chaque jour un peu plus, et qui s’inscrit dans le contexte de toutes les fêtes qui jalonnent ces jours autour du solstice d’hiver, où il n’est question que de fêter le triomphe de la lumière sur la nuit et les ténèbres.
«Tirer la fève» avait pour unique objectif de désigner celui qui serait le roi de la fête. Le roi de la Fête des Fous qui était un vestige des saturnales organisées par les Romains à cette période. On y partageait déjà la galette et on tirait la fève en désignant ainsi le roi de la fête. Au Moyen Age ce fut la fête des Fous, devenus la fête des Innocents, sujette à toute sorte de débordements au point que pour des questions de salubrité publique il fallut l’interdire. A Nîmes la première disposition interdisant cette fête remonte à 1394.
Que cette chronique ne gâche pas notre plaisir d’une bonne réunion en famille et entre amis et fêtons les Rois sans scrupules. Il n’y a plus rien de païen dans nos festivités et puis, l’hommage au jour qui triomphe sur la nuit n’est-il pas aussi un hommage à la création et au Créateur!
Sous la Révolution, la fête des Rois, jugée «anticivique», fut rebaptisée «fête du bon voisinage» - lointaine ancêtre de nos fêtes de quartier qui ont retrouvé vie depuis quelques années. On y dégustait non plus la fameuse «galette royale» mais la «galette des Sans-culotte».
Sous François 1er une amusante anecdote fut à l’origine,- dit-on ! - de la belle barbe de ce Roi.
Le souverain se trouvait à Romorantin pour y fêter les Rois. On lui signala qu’un autre roi venait d’être élu dans un hôtel voisin. «Même un jour d’Epiphanie, dit en riant François 1er, il ne peut y avoir qu’un seul roi à Romorantin !». Suivi de ses amis, il alla demander raison au roi de la fève. Comme il neigeait, on se battit à coup de boules de neige. Soudain, pour faire reculer les attaquants, un mauvais plaisant lança un tison enflammé qui atteignit le roi au menton et le brûla. Pour cacher sa cicatrice, François 1er laissa pousser sa barbe et toute la Cour devint barbue !

Ce jour de l’Epiphanie marque souvent le début de l’hiver, ou du moins une forte reprise du froid. «Les hivers les plus froids, sont ceux qui prennent vers les Rois»
Mais une journée des Rois bien ensoleillée est peut-être un bon présage : «Beaux jours aux Rois, blé jusqu’au toit.» ou encore : «Belle journée aux Rois, l’orge croît sur les toits.»
Curieusement les dictons qui associent le beau temps du Jour des Rois à la prospérité, paraissent chacun doublé d’autres dictons qui font de la pluie de ce jour, le présage d’une récolte surabondante de blé, d’orge ou de chanvre :«Si le soir du Jour des Rois, beaucoup d’étoiles tu vois, tu auras sécheresse en été, et beaucoup d’œufs au poulailler». On trouve aussi : «Pluie aux Rois, blé jusqu’au toit.».
Le potager profitera lui aussi de cette pluie paradoxale : «Pour les Rois, goutte au toit, saison de pois.»
Bien sûr nous connaissons tous le dicton classique : «Noël au balcon, Pâques aux tisons».
Plus original, un autre diction nous dit que l’on peut prévoir le temps de l’année à partir du jour des Rois. «Les jours entre Noël et les Rois, indiquent le temps des douze mois». En voici une autre version qui prend Noël comme point de départ pour la même prédiction: «Regarde comme sont menées depuis Noël douze journées, car suivant ces douze jours, les douze mois auront leur cours»
La pleine lune du 11 janvier sera la plus brillante de la décennie. Il faudra attendre 2019 pour l’observer à peine plus brillante. Gare à son influence car elle sera proche de son périgée et proche d’un nœud lunaire. Un vieux dicton fait référence à saint Arcade le 12 et à Saint Hilaire le 13 et nous préviens : «Arcade et Hilaire, gèlent les rivières » ou encore : « Soleil pour saint Hilarion il faudra force tison !». L’hiver n’est pas fini. La période entre le 17 et le 26 jour de nouvelle lune et d’éclipse annulaire de soleil, non visible en France, s’annonce mauvaise : «entre san Antoni ( le 17) e san Bastian ( le 20) se fa maï de fre qu’en tout l’an» . Ce n’est pas une bonne prévision pour la journée de la Truffe à Uzès le 18 janvier. Nous verrons bien ! Ce jour est un «jour-pivot» : «A la saint Pierre l’hiver s’en va ou se resserre». Et il faut s’attendre à du mauvais temps autour de la nouvelle lune du 26.
La sagesse de ces dictons nous appelle à regarder les choses avec un autre œil et si nous nous amusons à noter le temps des douze jours indiqués, cela sera un bon sujet de divertissement. Histoire de penser à autre chose !
Bonne Année à chacun de vous ! Addissias !
Jean Mignot en la Saint Sylvestre 2008 – 31 décembre 2008

mercredi 31 décembre 2008

dans quelques heures...

Et pour finir l'année en beauté, Histoires du Nord vient de dépasser les 175.000 pages téléchargées. A 21 h 52, ce sont exactement 175.038 pages, et depuis l'ouverture du blog, pas moins de 117.200 personnes qui ont visité le site, dont 15.398 sont revenues une ou plusieurs fois... Un grand merci à vous et passez de bonnes fêtes...
Question : En combien de temps passeront nous à 200.000 pages?

31 décembre : la Saint-Sylvestre... et alors ?

Bon, 2008 se termine enfin... Place à 2009, on repart pour un cycle. Les uns dineront ce soir, d'autres sortiront et partout l'on terminera l'année en ce jour de la Saint-Sylvestre.

Sylvestre est le premier pape à porter ce nom. Romain, il est ordonné prêtre par le pape Miltiade à qui il succède en 314. Installé au Latran par l'empereur Constantin, il subit plus qu'il ne bénéficie de la protection impériale, protection pesante, pressante, omniprésente puisque l'Empereur s'immisce dans les affaires de l'Eglise. C'est Constantin qui déclare en 321 le dimanche comme jour férié officiel, qui fait construire des églises, notamment celle du Vatican en 324 dans laquelle il dépose la dépouille de Saint-Pierre, c'est encore lui qui convoque et préside le premier concile de Nicée en 325, qui aboutit au Credo et à la condamnation définitive de l'arianisme. Durant cette dernière crise, l'Eglise est divisée entre hérésie et orthodoxie mais Nicée proclame la cosubstantialité du père au fils, fondement du catholicisme. Pourtant, les ariens ne s'avouent guère vaincus et continuent de faire oeuvre prosélyte pour leur théorie. Sylvestre n'est pas inactif: il organise des premiers secours aux pauvres, prescrit aux prêtres comme aux diacres le port d'une tunique ample et flottante, fait du dimanche un jour de fête et des vedredis et samedis des jours de jeûne. Il décède le 31 décembre 335 et est inhumé au cimetière de Priscilla.
au risque d'oublier les autres?
Car il faut en convenir, il fait basculer ses "confrêres" et "consoeurs" dans la pénombre. On en oublie que le même jour, les Chrétiens fêtent aussi:
- Sainte-Colombe de Sens: Elle vint d'Espagne dans les Gaules avec une caravane de Chrétiens. Baptisée à Vienne au bord du Rhône, sa famille s'installe à Sens mais des païens dénoncent cette famille au préfet Aurélien. Il fait arrêter Colombe, tente de la faire abjurer puis finalement, impuissant, la condamne à être décapitée après avoir été torturée. Avant de mourir, elle demande, murmurante, à Dieu de pardonner à ses bourreaux qui ne pêchent que par ignorance. Le martyre a lieu le 31 décembre274. Plus tard, en 620, Clotaire II y fit élever un monastère.
- Sainte-Catherine Labourée (1806-1876) : Native de la Côte-d'Or, elle est issue d'une famille paysanne, son père est agriculteur et maire du village. Père de neuf enfants, il envoie Catherine travailler à sa majorité chez un de ses frères qui tient un restaurant à Paris. Elle vit ensuite chez une belle-soeur qui dirige un pensionnat à Chatillon-sur-Seine. En 1830, elle entre au séminaire des soeurs de la rue du bac. Très vite, l semble qu'elle ait des visions mais n'en dit mot avant 1876 au moment où elle se confesse au prêtre de la paroisse, l'abbé Aladel.
En 1832, elle est envoyée en mission à l'hospice de la rue Picpus, au coin du faubourg saint-Antoine. Elle y fait tous les travaux qu'on lui demande, même les tâches les plus ingrâtes. Elle est douce, secrète et silencieuse. Elle meurt le 31 décembre 1876 et a été canonisée par Pie XII en 1947.
- Saint-Jean-François Régis (1597-1640) : Il nait entre Narbonne et Carcassonne le 31 janvier 1597 dans une famille de propriétaires terriens. Il fait ses études au collège des Jésuites de Béziers puis devient novice à Toulouse le 8 décembre 1616. Il est d'abord employé à l'Hôpital puis devient professeur de Grammaire à Auch puis à Clermont d'Auvergne et enfin au collège de Tournon. Là, il étudie la philosophie.
En 1625-1627, il enseigne au Puy-en-Velay puis revient à Toulouse et est expédié à Sième. en 1628, de retour à Toulouse, il s'engage comme infirmier et se dévoue aux malades de la peste. Deux ans plus tard, il ordonné prêtre et célèbre sa première messe. En 1631, il termine son noviciat chez les Jésuites toulousains puis est muté à Montpellier où l'influence des Hugunots est grande. Là, son apostolat s'exerce à sauver les filles de mauvaise vie. Les cévennes sont majoritairement calvinistes, c'est là que le général des Jésuites souhaite porter le combat. Désigné, Jean-François Régis est envoyé à Viviers, dans le Bas-Vivarais en 1634 mais il ne réussit pas car ses homélies sont trop virulantes. on le renvoie au Puy-en-Velay. En 1635, il arrive à Privas dans l'Ardèche et prêche dans toute la région mais, cette fois, parle simplement.
Il est aussi le "père des pauvres", pléthoriques dans ces terres pauvres, il se démène pendant la famine de 1638, ouvre un refuge au Puy-en-Velay pour les filles repenties mais est en butte aux attaques sournoises des trafiquants de blanches. Calomnié, il n'en persiste pas moins dans son apostolat.
En décembre 1640, il se perd dans la montagne en se rendant à La Louvesc. Il prêche quand même pour Noël mais doit s'aliter le lendemain et décède six jours plus tard de maladie. Bientôt commencent les pélerinages à La Louvesc. Il a été canonisé par Clément XII en 1737.

lundi 29 décembre 2008

Un peu d'histoire : le conseil général du Nord

Les départements français sont nés en 1789 pour remplacer les Provinces d’Ancien Régime. A l'origine, on en dénombre 83.


L’idée qui préside à leur découpage est double : ils doivent avoir des tailles comparables et le chef-lieu doit pouvoir être rejoint en une journée à cheval. Chaque département est alors constitué d’un chef-lieu, d’arrondissements et de cantons, et est géré par un Conseil Général de 36 membres élus par les citoyens de l’époque. Le Conseil Général fait ses premiers pas…

Un pouvoir qui se décentralise
Initialement placé sous l'administration du Préfet, le département n’a que peu d’initiative.
Son autonomie s’accroît progressivement après la chute du Second Empire en 1871 mais c’est avec la loi de décentralisation de mars 1982 que de nombreuses compétences de l’Etat sont transférées au Conseil Général. Le département devient alors une collectivité territoriale totalement autonome, avec ses propres ressources financières et devient une "personne juridique" capable de voter ses propres mpôts et taxes et avec la capacité d'ester en justice.

Le Conseil Général au travail
Rénover des collèges, entretenir les routes départementales ou encore attribuer des prestations d’aides sociales, sont autant d’actes relevant des compétences du Conseil Général. En effet, de nombreux aspects de la vie quotidienne sont aujourd’hui régis par les responsables départementaux. Réunis régulièrement en séance plénière dans l’hémicycle de l’Hôtel du Conseil Général, les 79 conseillers généraux du Nord définissent les principaux axes de la politique du département. En revanche, l’exécutif (le Président, son cabinet, les Vice-Présidents) et les directions administratives siègent à l’Hôtel du Département, situé rue Gustave Delory à Lille. Les agents départementaux assurent quant à eux la mise en œuvre des décisions sur le terrain, dans le cadre des services déconcentrés répartis sur l’ensemble du territoire

Une histoire un peu mouvementée
A la Révolution, Douai a tout d’abord été choisi comme chef-lieu du département du Nord. Avant la Révolution, on y trouvait déjà l’Université (transférée ensuite à Lille), le Parlement de Flandre… . En 1803, le Préfet «déménage» à Lille, ancienne capitale de la province des Flandres. Les mauvaises langues douaisiennes dirent alors que les Lillois avaient profité d’un banquet très arrosé pour obtenir ce transfert auprès de Napoléon Ier.

Il loge alors dans l’hôtel de Roquefeuille, rue Française (l’actuelle rue Négrier, dans le Vieux-Lille).

Cependant, les locaux s’avèrent inadaptés et la Préfecture s’établit alors en 1826 dans un vaste bâtiment de la rue Royale (l’ancienne Intendance de Flandre, devenue ensuite Quartier Général de l’Armée de Terre et aujourd’hui dévolu à l’évêché de Lille).

Dès 1860, avec le développement des attributions et des compétences administratives des Préfets, l’hôtel de la rue Royale devient trop petit. En 1862, la municipalité lilloise offre un grand terrain, en dehors des anciens remparts, sur les parcelles encore libres qui séparent Lille de la commune de Wazemmes.

Un Hôtel de la Préfecture digne de ce nom allait pouvoir naître. Un concours d’architecte est lancé et le 15 août 1865, le préfet Henri Wallon pose la première pierre du bâtiment sur la Place Napoléon III (aujourd’hui Place de la République) à l’occasion de la fête de l’Empereur. Tout au long des travaux, de nombreuses modifications sont apportées au projet. La construction s’échelonne sur plusieurs années et c’est en 1872, soit deux ans après la guerre de 1870, que l’Hôtel de la Préfecture est achevé et que le Conseil Général y siège pour la première fois.



Mais en 1920, suite au développement croissant de l’administration départementale, le problème de l’exiguïté des locaux se pose à nouveau. C’est ainsi qu’en 1932 une partie des services du Conseil Général est déplacée dans une annexe.

Le palais de la place Napoléon III reste le symbole du pouvoir départemental. Cet édifice fait face au Palais des Beaux-Arts, occupe tout un côté de la place de la République et compte près de 6 000 m² de bureaux. Il est composé d’un corps central, donnant sur la cour d’honneur et sur le parc par de majestueux perrons. Deux ailes abritent d’une part les bureaux du Conseil Général, d’autre part ceux du Préfet, ainsi qu’une superbe salle des fêtes. La décoration intérieure de la Préfecture est de style Napoléon III ; elle a été réalisée en majorité par des artistes régionaux à la manière de Charles Garnier (l’architecte de l’Opéra de Paris) et rend hommage aux hommes célèbres qui ont contribué à la grandeur de Lille.

Dans l’hémicycle
L’hémicycle est en quelque sorte le cœur du Conseil Général et accueille les réunions de l’assemblée départementale. Douze armoiries sont peintes sur le plafond, dont celles des villes de Lille, Avesnes, Cambrai, Douai, Valenciennes et Hazebrouck, à l’époque chefs-lieux d’arrondissement (Hazebrouck n’en est plus un depuis 1926).



Les 79 conseillers généraux du Nord siègent en cette salle sous l’œil du Baron Louis de Warenghien (1741-1824), qui fut le premier Président du Conseil Général du Nord, dont le portrait fait face à celui du Maréchal de Villars (1653-1734) qui avait assuré le rattachement définitif de la Flandre en 1713 par la victoire de Denain, un an auparavant.

Le baron de Warenghien


Le Maréchal de Villars

marée trop haute dans la région !

Marée trop haute dans la région !
Attention, le processus est déjà engagé, la mer va monter dans le Nord - Pas-de-Calais. Comment réagir et anticiper le pire ? La réponse de l'État et des collectivités locales est ambitieuse et exemplaire. Mais sera-t-elle suffisante ?

PAR YANNICK BOUCHER
La réponse commence par des groupes de travail. Six l'année prochaine. À la différence des commissions créées pour enterrer les dossiers, donc les problèmes, ces ateliers composés d'experts institutionnels et de représentants de la vie civile associative devront plancher sur une méthode, laquelle devant déboucher au printemps sur un plan d'actions avec des budgets, de l'argent, des hommes, des travaux.

La question est brûlante. Est-il possible d'éviter une catastrophe climatique dans la région la plus densément peuplée de France avec 4 millions d'habitants sur deux petits départements ? Si rien ne bouge, la mer montera. C'est bien écrit dans le dernier atlas du développement durable édité par le conseil régional : «Si les comportements ne changent pas, la concentration en CO2 (dioxyde de carbone) serait multipliée par deux en Nord - Pas-de-Calais

Efforts... insuffisants
Ce maudit CO2 est partout rejeté dans l'atmosphère. Formant une ceinture au-dessus des nuages, il piège le rayonnement solaire et réchauffe la surface de la Terre. À ce jeu, tous les pays, leurs régions et leurs habitants sont concernés, mais nulle part ailleurs en France un engagement aura été autant concerté que dans le Nord - Pas-de-Calais.

Le plan climat régional fait suite à plus de 500 actions locales contre le réchauffement. Dix territoires prennent déjà des mesures anti-CO2 et près d'une centaine de bilans carbone sont nés dans les collectivités et dans les entreprises. La baisse des émissions régionales de C02 est de 3 % par rapport à 1990, elle est de 1 % en France entière.

Des initiatives inédites prennent forme, comme ce collectif citoyen récompensé à l'échelon européen pour avoir établi la démonstration cette année que l'on pouvait diviser les émissions régionales par quatre (soit les objectifs de Kyoto en 2050) sans renouveler les réacteurs de la centrale nucléaire de Gravelines (1).

Ainsi la région fait-elle des efforts pour réduire son bilan carbone. Elle qui représente 7 % de la population nationale rejette 11 % des émissions de CO2 en France, à cause du poids de son industrie (48 % des rejets), de l'intensité de ses transports (17 %) et de sa densité urbaine (19 %). Au total, plus de 45 millions de tonnes relâchées en 2005, dernier chiffre officiel, c'est 11,2 tonnes par habitant et par an (9 tonnes en France). Et c'est trop. «Nous n'avons pas quinze ans pour inverser radicalement la tendance», affirme Emmanuel Cau, vice-président de Région chargé de l'environnement.

Vus les chiffres, les émissions de CO2 stagnent dans la région, respectant ainsi les engagements de Kyoto. Insuffisant ? Le conseil régional vient de signer un accord cadre avec l'ADEME pour développer la recherche sur la lutte contre le réchauffement climatique vers l'habitat, les services urbains et les réseaux énergétiques. Les chercheurs vont être mobilisés pour prévenir les risques. Pour quel bilan ?

Les transports émettent plus de CO2 aujourd'hui : + 27 % par rapport à 1990 (+ 22 % en France). L'industrie a baissé son score de 20 % en 15 ans via surtout la disparition de gros pollueurs. Quant à l'isolation des logements, elle est globalement mauvaise avec plus de la moitié de l'habitat régional construit avant 1950.

Résumons-nous. Un plan climat vient d'être signé, par une charte, pour engager les acteurs publics du développement régional. Les émissions ont baissé de 3 % depuis 1990 mais il faudrait à présent 3 % de baisse chaque année pour diviser le CO2 par quatre avant 2050. À l'inverse de la crise financière, la crise du climat impose un compte à rebours. C'est toute la différence.
* * *
Les submersions marines sont inévitables
Monsieur météo va-t-il devenir fou ? Que peut-il nous arriver ?

[Une] carte fascinante montre ce qui s'est passé sous Charlemagne, autour de l'an 800. D'importantes déforestations avaient provoqué une montée des eaux et une élévation de la température sur plusieurs siècles de 2,3 °C, soit la hausse prévue d'ici moins de cent ans : autant dire que l'eau devrait monter bien plus brutalement. En attendant que Saint-Omer devienne un port, que Londres, la Belgique et les Pays-Bas soient noyés et que la métropole lilloise soit menacée par les inondations par l'Escaut, Météo France prévoit un emballement à partir de 2030. Il pleuvra plus en hiver, fera bien plus sec et chaud l'été, les tempêtes seront bien plus fréquentes, comme les jours de canicule et les surcôtes, cette dilatation naturelle de l'eau occasionnée par des hausses de pressions atmosphériques, liées aux tempêtes. Ces surcôtes ont tué 1 500 personnes aux Pays-Bas en 1953 alors que l'eau a monté de 2,18 m en une heure à Dunkerque. C'était en novembre 2007 et à marée basse.

Ça chauffe !
Que se serait-il passé en cas de marée haute ? Que faire contre une mer déjà plus haute de 17 cm depuis 1906 ? L'État travaille à modéliser la montée des eaux dans la région. Un petit avion néerlandais a pris toutes les mesures en deux passages et des cartes ne seront pas publiées avant fin 2010.

On s'interroge. Que faire pour la zone poldérisée des wateringues (fossés) et les 400 000 personnes concernées ? Comment protéger la zone industrielle de Dunkerque et ses usines à risques autour d'Arcelor et de Total ? Notre littoral est déjà soumis à une érosion intense, les falaises du Boulonnais reculent. L'étalement urbain progresse de 5,3 % par an dans la région la moins dotée en zones humides tampons contre les inondations et les coulées de boues. Ça chauffe !
• Y. B
* * *
Pierre Radanne : «Comment gérer l'angoisse ?»
Expert européen des énergies et du climat, ancien fondateur de la maison de la nature à Lille, il était récemment l'invité discret du conseil régional. Décapant !

La feuille de route est connue. Comparées à celles de 1990, les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de 35 %. En réaction, l'Europe a voté l'objectif de réduire de 20 % ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020.

- N'est-il pas déjà trop tard ?
«Qui sait, peut-être pas. Nous avons 15 ans pour agir mais c'est une certitude, nos vies vont changer dans les quarante prochaines années.
Pour la première fois dans l'histoire, l'ONU, donc le monde, doit voter le climat qu'il fera sur Terre ! C'est proprement hallucinant, cette solidarité obligatoire est devenue la première question politique totale de l'histoire de l'humanité, puisqu'absolument tout le monde est concerné, contrairement à la pauvreté ou à la violence, les deux autres grands périls.
»
- Que faire quand on se sent si impuissant face à une situation qui nous dépasse ?
«C'est connu et mesuré, la moitié des réponses au réchauffement climatique est liée aux comportements individuels. Comment je me chauffe, j'achète ou me déplace... La canicule de 2003 fut un virage. La prise de conscience débouche sur l'angoisse, c'est-à-dire l'opposé de l'action.
Comment gérer cette angoisse ? On ne livre aujourd'hui que des diagnostics : on annonce une très mauvaise nouvelle, l'eau va monter partout. Or, l'action est dans la thérapie, pas dans le diagnostic. L'angoisse est refoulée. On déprime, on oublie ou on flambe (c'est foutu, autant acheter un 4x4). Or, la mise en mouvement des gens est une question fondamentale. Pour cela, il faut expliquer, c'est la thérapie qui fera agir.
L'angoisse génère un imaginaire régressif : l'avenir sera pire et il y a déjà crise de la parole des adultes par rapport aux enfants. Comment leur dire ? On voit un monde qui se ferme mais on n'a pas les mots pour celui qui s'ouvre. Le pessimisme est une constance historique dès lors que l'on change de civilisation, comme c'est le cas à présent.
La valeur de ce siècle sera l'optimisation de l'utilisation de la ressource. L'efficacité va remplacer l'expansion, dans le cadre d'une gestion forcément plus écologique de la planète. Qu'on le veuille ou non.»
• Y. B
In LA VOIX DU NORD, édition régionale du 29 décembre 2008

animal dangereux ?


diaboliquement votre.


secouer énergiquement


ressentir l'accélération


frayeur


comment se faire tourner la tête !


la tête à l'envers et l'estomac dans les talons


dimanche 28 décembre 2008

et avec vous, le Père Noël a-t-il exaucé vos voeux?

Parce que, dans mon cas, le gros barbu rouge a du perdre ma lettre, ou était en rupture de stock, ou encore a du juger que je n'avais pas été assez sage... Mais bon, bref, on est resté à un Noël classique... Pas de bol, reste plus qu'à attendre encore une fois l'année prochaine...





wallpaper 1440*900 : souvenirs, souvenirs


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wallpaper 1440*900 : douleur maternelle


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wallpaper 1440*900 : courbes dangereuses


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wallpaper 1440*900 : entre Suger et Saint-Bertin




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wallpaper 1440*900 : quand le kaastel de Beauvoorde se mire


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wallpaper 1440*900 : les bourgeois de Calais


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wallpaper 1440*900 : le cracheur


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wallpaper 1440*900 : Charité


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Wallpaper 1440*900 : envie de voyage


Et de survoler les calmes flots, fendre les vagues et voir ce qu'il y a au-delà de l'horizon...
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Petite-Synthe la rebelle... ne s'en laisse pas conter !

La bibliothèque de Petite-Synthe a accueilli un nouvel écrivain, passionné d'histoire et de recherches, amoureux de son quartier. Claude Baert présentait son premier livre «Notre ville de Petite-Synthe, des origines à 1971».

L'année 1971 fut celle de la fusion avec Dunkerque. «Il n'y a pas d'intérêt historique à aller au-delà de celle-ci : l'esprit de clocher ! La fusion reste encore mal vécue par des personnes de plus de 60 ans. Par moi-même également. J'ai souhaité que les gens s'y retrouvent. De plus, personne n'a écrit sur Petite-Synthe hormis le Dr Dewevre qui a présenté quelques articles, quelques livrets en 1926, déclare-t-il.

Savez-vous d'où vient le nom de Petite-Synthe ? L'origine remonte aux marais salants. En séchant, ils émettaient des vapeurs que l'on appelait des "sentines" et ainsi de suite pour arriver au nom actuel. Dans l'ancienne mairie, celle qui existait vers 1900, les noms successifs de la ville étaient gravés en lettres d'or sur la cheminée.»
Claude Baert n'a pas l'intention d'en rester là. Il prévoit de continuer sur un recueil de photos et de cartes postales de Petite-Synthe, en souvenir de ses parents.

Les anciens, garants de la mémoire
Né en 1935 à la maison, rue du Patronage à Petite-Synthe, Claude Baert quitte sa ville natale en 1944 pour se réfugier en Bourgogne. De retour en 1950, et avec le certificat d'études en poche, il entre chez Lesieur en tant que laborantin. Grâce à son entreprise, il entreprend des études, les Arts et Métiers. Diplôme de chimiste en poche, il devient chef de groupe, puis chef de laboratoire jusqu'à sa retraite le 1er octobre 1990.

Dès le lendemain, il se consacre à la collecte d'éléments sur le passé de sa ville. Presque tous les jours, il se rend aux archives de Dunkerque, lit les journaux qui existent depuis 1898. Quelques années sont sur micro-fiches. Il parcourt les maisons de retraite et va à la rencontre des personnes âgées, garantes de la mémoire.

En 1972, il devient membre des Amis du vieux Dunkerque jusqu'en 1990. Il quitte alors l'association car celle-ci ne correspond plus à ses aspirations ni aux recherches qu'il souhaite mener. «Trop de statistiques, dit-il. Cela ne reflète pas ce que les gens attendent.» Il est actuellement membre de la Société historique de Petite-Synthe HISPASEC depuis sa création en 2006. «Il est philatéliste, cartophile, envahissant avec ses papiers mais pas embêtant car il est toujours en train de faire ses trucs», s'esclaffe Annick, son épouse. •

Pour commander ou acheter le livre : 03 28 62 33 98.

In LA VOIX DU NORD, édition de Dunkerque du dimanche 28 décembre 2008

Aux anciens du cuirassé «Jean-Bart»

L'association des anciens du « Jean-Bart » recherche des anciens officiers et des marins afin d'assurer le « devoir de mémoire ».
L'association nationale à but non lucratif (loi de 1901) fait appel aux anciens officiers et aux marins, même ceux qui y ont effectué un bref séjour, qui ressentent la nécessité de perpétuer le souvenir de ce cuirassé de 45 000 tonnes lancé en 1940.

L'association cherche aussi les équipages ayant navigué sur la frégate antiaérienne Jean-Bart, toujours en service.

Pour adhérer, les personnes intéressées peuvent contacter : - Yves Leluc, secrétaire général, 46, rue Maurice-Dubois 45 000 Orléans, Tél : 02 38 72 01 29 ou 02 54 88 72 98 ; ou Gabriel Acket, président, 640, rue du Taillon 62136 Lestrem, Tél : 03 21 26 10 11. •

in LA VOIX DU NORD, édition de Dunkerque du dimanche 28 décembre 2008

vendredi 26 décembre 2008

wallpaper 1440*900 : la galerie des ancêtres


Et les ancêtres illustres des Dunkerquois veillent sur la place de l'Hôtel de ville, perplexes et noyés dans la cascade des décorations de Noël

wallpaper 1440*900 : l'oeil dans le ciel

Et pendant que nous survivons péniblement aux ripailles de Noël, un hélico venu d'Ostende trimballe un photographe qui mitraille Dunkerque en toute tranquillité.

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lundi 22 décembre 2008

A la Ducasse...

Et pendant que certains s'amusent, d'autres "gardent les sacs"... La ducasse, c'est un peu comme les bals populaires et les boites de nuit, il y a ceux qui se tournent la tête et les autres qui attendent...


La tête à l'envers, les tripes retournées et le coeur dans les talons... La ducasse vide les esprits... Pour eux, il est loin le temps des chevaux de bois, des avions multicolores. Difficile d'attrapper la queue du Mickey.

A la Ducasse, tous les moyens sont bons pour se faire peur.


Nuit agitée et cris perçants dans la nuit, les forains remplissent leur office...

Des chats moqueurs narguent les passants qui espèrent toujours gagner le gros lot...

A défaut d'hippodrome, on se contente de jeux pour éprouver le frisson de la cours, dans le bruit assourdissant des bonimenteurs.

Curieusement disposée de part et d'autre du canal exutoire, la foire d'hiver de Dunkerque alterne les manèges à sensation et les pêches au canard et autres loteries... Et la musique, mélangée, presque cacophonique, couvre à peine les cris de ceux qui s'amusent à se faire peur.

Un Père Noël qui débarque en tyrolienne; ça vire franchement au phénomène de mode... A quand l'arrivée en saut à l'élastique?

Croisements dangereux...

Promenade étrange...

Visiteuse étrange, scintillante, elle déambule au pied de la mairie de Dunkerque.

samedi 20 décembre 2008

wallpaper 1440*900 : histoire suspendue

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wallpaper 1440*900 : sous les ailes d'un géant


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Wallpaper 1440*900 : nuit festive


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wallpaper 1440*900 : sous le doux regard des saints


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wallpaper 1440*900 : la prière de la pucelle Jeanne

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wallpaper 1440*900 : sentinelle de l'inutile


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wallpaper 1440*900 : plage interdite


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wallpaper 1440*900 : souvenir de la Der des Ders


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wallpaper 1440*900 : réminiscence


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Wallpaper 1440*900 : déesse de la route...


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Wallpaper 1440*900 : souvenirs


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J - 5 : vous avez pensé à acheter tous vos cadeaux ?


jeudi 18 décembre 2008

La bonne nouvelle pour La Treille, désormais monument historique

C'est à Rome , où il est en ce moment, que Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille, a appris la bonne nouvelle : la cathédrale de Lille va être inscrite au titre des Monuments historiques. Sur avis favorable donné mardi soir par la commission régionale du patrimoine et des sites, le préfet devrait, tout prochainement, signer le décret officiel de protection.
PAR JEAN-MARIE DUHAMEL

Cet événement, attendu depuis longtemps, marque la fin d'une exception culturelle - pas vraiment élogieuse pour le coup - en même temps qu'un changement de regard sur un moment du patrimoine. À la différence de la grande majorité des cathédrales de France authentiquement médiévales qui appartiennent à l'État, Notre-Dame de la Treille était la seule cathédrale de France - avec celle d'Évry, construite à la fin des années quatre-vingt -à ne pas bénéficier d'une telle protection. Elle est propriété du diocèse de Lille (institué en 1913) qui en a la charge, et l'on imagine bien que veiller à un tel monument, longtemps décrié, suppose beaucoup d'attentions et de gros moyens.

Mais par-delà les affaires d'intendance - aussi lourdes fussent-elles -, cette inscription marque aussi et surtout un changement de regard. Si on se souvient que la demande avait été initiée en 2002, par Gérard Defois, prédécesseur de Laurent Ulrich, on met en avant une chose : la toute récente reconnaissance d'un style, le néogothique cher au XIXe siècle qui en a largement usé (et parfois abusé, convenons-en). Historien de la cathédrale et archiviste du diocèse, Frédéric Vienne se souvient d'un article de La Voix du Nord au titre un peu provocateur paru dans les années soixante : «Va-t-on détruire la cathédrale ?» Entre le début d'un chantier passablement laborieux entamé au milieu des années 1850 dans une certaine forme d'exaltation mystico-constructiviste - bâtir une cathédrale en pleine Révolution industrielle ! - et aujour-d'hui, les jugements portés sur l'architecture du XIXe comme du XXe siècles ont considérablement évolué, souligne Jacques Philippon, conservateur régional des Monuments historiques.

«Depuis une vingtaine d'années, on reconnaît au style néogothique des qualités, en ne le prenant plus seulement comme une imitation ou un pastiche.» De fait, une fois assurée de l'état sanitaire du bâtiment, la commission prend en compte des critères esthétiques mais aussi historiques et archéologiques.
Ici, les spécialistes du patrimoine mettent en avant la qualité du style choisi à l'époque par les concepteurs et les architectes - «un optimisme architectural aux accents industriels», souligne Didier Joseph-François, président de Renaissance du Lille ancien et professeur d'architecture -, mais aussi l'intérêt patrimonial de l'ensemble du quartier : la cathédrale a été bâtie sur le site de l'ancienne motte féodale, là où s'élevait le tout premier château de Lille avant l'an 1000, non loin du site de l'ancienne collégiale Saint-Pierre détruite à la Révolution (et dont il ne reste aujour-d'hui qu'une crypte bien désolée sous le palais de justice).

Architecte et artistes vivants
Toutes bonnes raisons pour lesquelles cette protection concerne la cathédrale mais aussi les abords, y compris le très controversé campanile en briques, élevé au début du XXe siècle. Enfin, elle prend en compte également la façade conçue par l'architecte lillois Pierre-Louis Carlier et terminée en 1999 avec la rosace de Kijno, la structure métallique de Peter Rice (qui a causé quelques frayeurs il y a trois ans) et le portail de Jeanclos.
Un architecte et des artistes vivants qui ont l'honneur de voir leur oeuvre ainsi reconnue et protégée : le fait est rarissime. •
in LA VOIX DU NORD, édition de Lille du 18 décembre 2008

mardi 16 décembre 2008

en hommage aux marsouins et autres bigors

Mon amant de la Coloniale (Edith Piaf)
Refrain (1 et 2)
C’était un gars, de la Coloniale
Il avait là, partant du front
Et descendant jusqu’au menton
Une cicatrice en diagonale
Des cheveux noirs, des yeux tous pâles
La peau brûlée par le soleil
J’en ai plus jamais vu pareil
A, mon amant de la Coloniale

Refrain (3)
C’était un gars, de la Coloniale
Il avait là, partant du front
Et descendant jusqu’au menton
Une cicatrice en diagonale
Des cheveux noirs, des yeux tous pâles
La peau brûlée par le soleil
J’en ai plus jamais vu pareil
Il est parti vers le soleil
A, mon amant de la Coloniale

Couplet I
Il était fort, et puis si tendre
Dés notre première nuit
Je sentais que je ne pourrai plus me reprendre
ET ? que pour toujours, j’étais à lui

8 octobre 1917 : quand Dunkerque demandait plus de protection face à l'ennemi

tiré du registre des délibérations de la commune de Saint-Pol-sur-Mer (côte D I 8), séance du conseil municipal du 14 novembre 1917:

Défense de Dunkerque et de la Région

M. le maire donne lecture au conseil municipal de la requête ci-après remise à M. Painlevé, Président du conseil, ministre de la guerre, au nom des maires de la région par M. Terquem, maire de Dunkerque.

« Dunkerque, le 8 octobre 1917
« Monsieur Painlevé,
Président du Conseil, Ministre de la guerre,
Paris

Monsieur le Président,
Les mandataires de la région de Dunkerque qui vous présentent ce document et viennent faire un pressant appel au Gouvernement pour être mieux défendus, n’agissent pas dans un intérêt particulier, égoïste, demandant plus pour eux que pour toute autre partie du territoire national ; ils ont conscience qu’ils représentent une partie du patrimoine de la France, partie à laquelle le labeur, le courage obstiné, la confiance indéfectible des populations dans les destinées du pays ont donné une valeur exceptionnelle.
S’ils viennent donc insister avec toute l’énergie que leur dicte la conscience de leur devoir, ce n’est pas seulement pour préserver la vie et les propriétés de leurs concitoyens, mais pour ne pas voir briser, sous leurs yeux, un instrument de travail nécessaire à la victoire économique et militaire de la France.

Situation de Dunkerque – aucune ville des pays actuellement en guerre ne possède une situation aussi dangereuse que Dunkerque. Placée à trente kilomètres du front, elle est placée sous les feux des canons à longue portée de l’ennemi ; les avions la survolent en quelques instants ; arrivent soit par terre, soit plutôt par la mer et peuvent se livrer à leurs attaques et s’enfuir, sans que leur arrivée ait put être signalée, la mer, les bassins, les canaux qui l’entourent en permettent un repérage facile ; enfin, située au bord même de la mer, elle est, en outre, exposée aux attaques des navires ennemis.

Attaques de l’ennemi – Depuis trois ans, Dunkerque a subi tous les modes d’attaque ; 92 bombardements par avions avec 2.062 bombes, un bombardement par Zeppelin avec 11 bombes, deux bombardements par mer avec 65 obus et 14 bombardements par 380 avec 28 obus.
Les victimes ont été, pour l’agglomération, 399 tués et 898 blessés dont 150 tués et 200 blessés en septembre 1917 seulement.

Valeur économique et militaire – La valeur économique de Dunkerque (3e port de France, admirablement aménagé et outillé, entouré de nombreuses usines) n’a pas à être démontrée et l’utilisation de son port, au point de vue militaire, tant pour le ravitaillement des armées que comme base d’opérations dans la Mer du Nord, est tout aussi évidente. La plupart des usines qui entourent la ville travaillent en outre pour la défense nationale. C’est donc, à tous égards, un centre de production de premier ordre que la France a le plus grand intérêt à garder intact et productif, et qu’au contraire l’ennemi a le plus grand intérêt à détruire et neutraliser. On sait que les autres ports regorgent de navires et de marchandises ; celui de Dunkerque qui a été privé de tout commerce ou presque depuis la guerre, est un appoint de premier ordre et rend à l’armée et au pays des services appréciables.

Quels résultats ont obtenu les attaques de l’ennemi – Sauf pendant les mois de mai, juin et juillet 1915 où la vie a été ralentie par le bombardement de 380, la vie économique de Dunkerque et de sa région, grâce au courage et à la ténacité admirable de ses habitants, a été maintenue dans des conditions remarquables.
Les bombardements de septembre 1917, par leur violence, leur fréquence et les résultats terrifiants obtenus ont complètement l’aspect des choses ( sic !). L’exode se fait de jour en jour, sans hâte, sans panique mais irrésistiblement. Ceux que rien ne retient quittent le pays, beaucoup emportent leurs meubles. La ville se vide, plus encore les communes voisines dont les habitations, moins solides, offrent un abri absolument nul contre les nouveaux et puissants engins employés par l’ennemi.
Les magasins se ferment sans esprit de retour (sic !), les industriels voient leurs ouvriers les quitter et bientôt, sans doute, de grosses usines vont devoir restreindre singulièrement leur production, sinon l’arrêter. C’est, dès à présent, la ruine pour le pays jusqu’à la fin de la guerre.
La nécessité d’éteindre les lumières à la tombée de la nuit va considérablement diminuer les heures de travail car même les lumières pussent-elles être masquées, les ouvriers et ouvrières ne voudront plus circuler à l’heure où se produisent généralement les attaques ennemies.
On manquait déjà de main-d’œuvre au port, la pénurie se fera sentir plus durement encore ; le déchargement se trouvera lui aussi ralenti et par ces raisons et par le raccourcissement de la journée. Donc dans un premier résultat : diminution, dans des proportions considérables, de la productivité des usines et diminution, par conséquent du patrimoine et des forces de la France.
Mais les attaques ennemies, outre cette paralysée actuellement partielle, dont elles ont frappé notre région, ont causé des dégâts considérables et fait trop de nombreuses victimes.
En une seule nuit, de multiples incendies allumés ont occasionné pour plus de 20 millions de pertes, détruisant des entrepôts, des matières premières indispensables ; plus de 20 maisons ont été totalement détruites et plus de deux cents rendues inhabitables. Au point de vue militaire proprement dit, la destruction d’une grande partie des centres d’aviation anglais et français de Saint-Pol-sur-Mer montre que l’acharnement de l’ennemi a obtenu des résultats dont il peut se réjouir à juste titre comme d’une victoire.

Quels résultats peut obtenir la continuation des attaques – mais le dernier mot n’est pas dit. Les bombes à grande puissance employées peuvent convertir les dégâts actuels en véritables désastres ; des établissements industriels peuvent être incendiés ou détruits, une bombe bien placée peut rendre inutilisable l’usine centrale de force motrice commandant l’outillage et les écluses du port, détruire ou bien fausser l’une de ces écluses, immobiliser ainsi, pour longtemps, le trafic ; une bombe bien placée peut encore détruire d’autres établissements militaires, d’autres centres d’aviation. La continuation des attaques peut entraîner l’exode plus complet des habitants, frappant ainsi complètement l’activité et la productivité de toute une région des plus prospères.

Moyens de défense – Pour empêcher ces attaques ou tout au moins les châtier de telle façon que l’ennemi devienne plus prudent ou plus circonspect, a-t-on employé le maximum des moyens de défense qu’auraient exigé l’importance du camp retranché et la valeur nationale ?
Nous n’avons pas à nous faire juge des questions d’ordre militaire, nous ne voulons pas apprécier des choses sur lesquelles nous n’avons pas et ne devons avoir aucun contrôle, ne pouvant en porter les responsabilités, mais nous avons le devoir de raisonner avec notre simple bon sens et d’exposer des faits. Il suffit de se trouver dehors un soir d’alerte pour s’apercevoir qu’il n’y a, pour éclairer le ciel autour de Dunkerque, que six ou sept projecteurs dont la plupart, d’une puissance insignifiante, et l’on a l’impression qu’ils doivent être absolument insuffisants pour découvrir facilement les avions, les maintenir dans leur rayon ou tout au moins les gêner.
Quand on déclenche le tir, il semble qu’il doive y avoir tout au plus une douzaine de canons, probablement de 75 qui ouvrent le feu et font des barrages, généralement assez faibles. Enfin, le bruit a couru, d’autre part, qu’une escadrille était affectée à notre défense mais qu’une partie de ses appareils avaient été brûlés lors de l’incendie récent du centre d’aviation de Saint-Pol-sur-Mer. On avait parlé également d’une défense par ballonnets comme à Venise mais il ne semble pas qu’on ait donné suite à ce projet. Donc, en résumé, six ou sept projecteurs, une douzaine de canons et une escadrille squelette pour défendre une place de première importance.
Nous n’apprécions pas mais nous devons comparer avec ce que nous avons sous les yeux.

Défense d’Ostende – Quand nous allons le soir sur la plage et nous entendons nos avions de bombardement se rendre sur Ostende, à peine ont-ils franchis les lignes que nous voyons s’allumer de puissants projecteurs, parfaitement visibles à 45 kilomètres ; nous en avons compté jusque 17 puis nous voyons éclater en même temps des nuées de schrapnells tirés certainement par des grosses pièces. Les aviateurs nous disent combien l’éclat des projecteurs et le tir rendent le séjour difficile au-dessus d’Ostende et combien ils ont le souci de jeter rapidement leurs bombes pour sortir au plus vite de cet éclairage et de ces éclatements.

Comparaison – Cette comparaison démontre aux moins informés que ce qui constitue la défense aérienne de Dunkerque est de beaucoup inférieure à ce qu’ont fait les Allemands pour la défense aérienne d’Ostende et nous sommes obligés de conclure que les moyens mis entre les mains des autorités chargées de notre défense sont nettement insuffisants par comparaison avec ceux mis en oeuvre par nos ennemis.

Conclusion – Nous (ne) demandons pas l’impossible, nous ne demandons pas qu’on empêche l’ennemi d’attaquer un point - plus exposé que tout autre – qu’il a le plus grand intérêt à défendre ; ce que nous demandons, c’est que d’urgence et sans délai, - et dès avant la prochaine lune – on donne satisfaction aux demandes d’accroissement de défense qui paraissent s’imposer même aux esprits les moins informés – moyens de défense réclamés en vain depuis plus deux ans avec obstination, par nos Parlementaires, ce que nous demandons, c’est qu’une protection, aussi efficace que possible, soit accordée à une partie des forces économiques et militaires de la France, représentée par notre région ; ce que nous demandons c’est d’avoir l’impression qu’au moins le maximum d’efforts a été fait, après quoi – mais après quoi seulement – nous supporterons patriotiquement et sans récriminer les risques inévitables qu’impose la guerre à une ville proche du front.
Notre devoir de Français, d’abord, de Dunkerquois ensuite, nous impose de vous tenir ce langage. De même qu’aucune partie du sol national ne doit-être cédée à l’ennemi sans avoir été défendue, de même aucune parcelle de la puissance de notre pays ne doit être exposée à la destruction sans avoir été suffisamment protégée surtout, quand le risque que doit courir l’ennemi pour atteindre son but est infime ou égard aux résultats à obtenir, surtout aussi quand les moyens de défense sont insignifiants ou égard à l’importance de la région à protéger.

Les signataires de cette requête sont avant tout des Français conscients de leurs devoirs vis-à-vis de leur pays, des administrateurs soucieux de leurs responsabilités vis-à-vis de leurs commettants. Ils auraient cru trahir les intérêts supérieurs du pays en gardant le silence sur les circonstances actuelles et en ne démontrant pas, par un exposé d’ensemble au Chef du Gouvernement et les résultats considérables déjà acquis par l’ennemi et ceux qu’ils peuvent encore obtenir si des mesures immédiates et sérieuses ne sont pas prises d’extrême urgence.

Ils comptent fermement sur la vigilance du Gouvernement pour donner satisfaction à leur pressante démarche et vous prie(nt) d’agréer, monsieur le Président, l’expression de leurs sentiments respectueux et dévoués.

Le maire de Dunkerque
Le Président de la Chambre De commerce
Le maire de Coudekarque-Branche
Le maire de Malo-les-Bains
Le maire de Petite-Synthe
Le maire de Rosendaël
Le maire de Saint-Pol-sur-Mer

A la suite de cette communication, M. Chagnon propose au conseil municipal le vœu suivant

«Considérant que par suite des départs continuels des habitants, conséquence inévitable des bombardements successifs que nous subissons, il sera bientôt impossible d’équilibrer notre budget communal.
Le conseil émet le vœu que le Gouvernement examine la situation et prenne des mesures énergiques nécessaires pour la sécurité des habitants de la région.
Fait remarquer qu’il est regrettable qu’après plus de trois années de guerre, nul ne sait encore à qui incombe les responsabilités lorsque des accidents surviennent,
Qu’une région industrielle et commerciale comme la nôtre doit être efficacement défendue et protégée,
Et sollicite afin de rendre la vitalité au pays que l’on accorde dans la mesure compatible avec la défense nationale le plus de sursis possible aux hommes des vieilles classes mobilisées des différentes professions
."
Ce vœu est adopté à l’unanimité.