mercredi 25 avril 2007

Une autre façon de voir - certes pour une fois un peu luxueuse - de regarder le beffroi de l'Hôtel de Ville de Dunkerque.

Même pour une enseigne de café, les héros sont fatigués... Les temps sont durs pour tous, même avec les étudiants dunkerquois comme clients...

Le soleil tapant dans les fenêtres de la Tour du Reuze s'invite en ville.

Face à la Poste de Dunkerque, un bas-relief rappelle que Dunkerque a du se relever de ses cendres et repartir de (presque) rien après la reddition des Allemands.

Et quand on ne trouve pas de verdure au coeur d'une cité industrialo-portuaire, on l'amène avec soi.

Symboles de la reconstruction des années 50, les Ilots Rouges et leurs formes épurées donnent de la couleur à la ville.

La beauté n'a pas de prix (déjà qu'elle demande des sacrifices et des souffrances) si en plus il faut recourir à des prêts, fussent-ils à 0 %... Puis en s'approchant, on s'aperçoit que l'institut de beauté à été remplacé par une agence immobilière, laissant comme souvenir l'enseigne du précédant occupant.

A quelques pas des hauts murs de la maison d'arrêt dunkerquoise, d'autres murs aveugles comme une réminiscence du passé industrieux de la cité portuaire.

La Porte Bleue, dans son cadre de pierre, avec son judas, son digicode, et les peines qui accompagnent son passage pour acceder à un monde clos par de hauts murs, sans fenêtres vers l'extérieur, sans regard pour le monde des gens libres. Entrer en maison d'arrêt de Dunkerque, c'est déjà quitter ce monde.

Petit miracle urbain, en plein centre de Dunkerque, haut perché dans un arbre, un nid attend le retour de ses locataires.

Subrepticement, la nuit s'approche. Elle étreint les façades qu'elle enveloppe de sa chape sombre. Les oiseaux se font moins gais, moins bruyants, les bruits de la ville qui a fini sa journée de travail s'étouffent lentement. Le canal de Furnes, qui traverse les vieux quartiers de Dunkerque, a perdu ses rides, elle se lisse comme un miroir et redevient le trait d'union entre les quartiers périphériques du coeur de la cité et de sa Basse-ville, deux quartiers si semblables, qui conservent encore les dernières grandes demeures des XVIIIe et XIXe siècles, épargnées par les vicissitudes des deux dernières guerres et qui offrent le visage d'une ville telle qu'elle fut avant les grandes tempêtes d'acier qui aplanirent nos quartiers et où, il y a une soixantaine d'années, il suffisait de se percher sur une chaise pour contempler et compter les clochers des alentours. Les lieux pourtant ne sont pas propices aux balades romantiques ou sentimentales, les berges sont depuis longtemps le rendez-vous de la marginalité, les habitants de la cité leur préférant la longue bande de sable qui court en bordure de mer des jetées du port jsqu'aux riantes stations balnéaires belges voisines que l'on voit tout au long de la promenade...

Paroisse traditionnelle des bâteliers, il eut été inconcevable que l'église Saint-Martin de Dunkerque ne puisse se mirer dans les eaux calmes du canal de Furnes qui sépare le coeur de la ville de sa Basse-ville...

Au bout d'un chemin où je m'interrogeais sur la direction à prendre, sans point de repère tant le paysage est plat, mon regard est attiré par une haute tour surmontée d'un moulin. Le vent si utile aux meuniers d'antan n'a jamais cessé de souffler mais les minoteries industrielles ont remplacé ces grands oiseaux de bois qui brassaient le ciel de leurs ailes. A première vue, la construction intrigue; elle semble si incongrue. On se demande même s'il ne s'agit pas d'un canular en voyant cet escalier déboucher sur le vide à telle hauteur, on remarque ensuite que les ailes ne sont plus qu'un lointain souvenir, puis un examen attentif, au calme d'un coin de campagne isolé, revèle que des moignons de poutres émergent sur deux étages sur le pourtour de la haute tour de briques. Le mystère de la vénérable ruine est levé, il faudra grand courgae pour la restaurer et lui rendre le visage de sa prime jeunesse.


Les polders de Gistel comme d'ailleurs sont marqués par la présence de l'eau, des ajoncs et ponctués de maigres arbres qu'une terre ingrâte faite de sable et d'un peu de tourbe peine à faire prospérer. La terre est ici l'objet de tous les soins parce que la travailler demande sans cesse de faire preuve d'ingéniosité.

L'eau, généreusement dispensée par un climat océanique clément, ne manque pas en Flandre, qu'elle soit française, belge ou zélandaise. A Gistel comme dans le reste de l'ancien Comté, les hommes n'ont de cesse de la canaliser pour la maîtriser. Non pas qu'il s'agisse de flots impétueux, juste d'une onde calme, de cours paresseux qu'il faut contrôler, diriger, surveiller pour mieux protéger des polders fragiles soumis aux caprices du ciel et aux trangressions de la mer, tous deux sempiternellement aux aguêts pour trouver une occasion de s'installer à nouveau sur des terres difficilement gagnées sur la nature.

Loin du centre de Gistel (Ghistelles pour les francophones), un watergang pousse ses eaux paresseuses vers la mer.

Une colonne simple, ornée d'un profil martial où règne plus le calme que la hargne, commémore le souvenir des sacrifiés de Jabbeke, jetés dans les guerres qui ravagèrent la petite commune de Jabbeke.

Le haut clocher de briques de saint-Blaise veille sur la paroisse de Jabbeke.

Le soleil joue une dernièr fois à projeter ses rais dans les vitraux de Sijnt-Blasius... La nuit va s'étendre sur Jabbeke.

A Jabbeke, le ciel devient nuée ardente aux dernières heures du jour et seul le clocher, sous le haut patronage de saint-Blaise, semble ne pas être atteint par la torpeur vespérale.