samedi 25 août 2007

Déjà âgée, la paroisse de Sercus est placée sous le vocable de St-Erasme, plus souvent connu sous le nom de Saint-Elme, bien connu des marins. L'hagiographie est édifiante...
Les Actes de saint Elme ont été en partie compilés à partir de légendes qui le confondent avec un évêque syrien, Érasme d'Antioche. Jacques de Voragine, dans sa Légende dorée, le montre comme un évêque à Formia sur toute la Campanie comme un ermite sur les montagnes libanaises et comme une martyre lors des persécutions de l'empereur byzantin Dioclétien.
Difficile de faire le tri entre Histoire, tradition et légende merveilleuse...

D'après la légende, lorsque les persécutions de Dioclétien commencèrent, Érasme fut appelé à comparaître devant un juge, fut battu, on lui cracha dessus. Il fut ensuite mutilé jusqu'à ce que ses veines éclatent. Érasme souffrit cela avec un enthousiasme formidable. Il fut ensuite jeté dans une fosse contenant des serpents et des vers, puis de l'huile bouillante et du soufre furent versés sur lui mais «il restit à l'intérieur comme s'il se trouvait dans de l'eau fraiche, remerciant et louant Dieu». Décidément, les premiers saints ont un sens de l'humour inaltérable...

La foudre et le tonnerre vinrent ensuite frapper ses opposants et sauvèrent Érasme, le saint étant protégé des éclairs. Dioclétien le fit jeter dans une autre fosse mais un ange vint le délivrer en tuant les vipères et les vers.

Vint ensuite l'empereur romain Maximien Hercule qui, d'après Voragine, «[...] était bien pire que Dioclétien». Érasme ne voulait pas s'arrêter de prêcher l'Évangile, il fut à nouveau persécuté, notamment par la plongée dans un bain bouillant qui lui fut aussi versé dans la bouche, par l'enfermement dans une combinaison de métal brûlant, avant qu'un ange ne l'emmène en sécurité. L'empereur en fut contrarié et le fit enfermer dans un tonneau rempli de pointes saillantes, qu'il fit rouler du haut d'une montagne ; un ange le guérit à nouveau. D'autre tortures s'ensuivirent :
«Ses dents furent [...] retirées hors de sa tête avec pinces de fer. Après qu'ils l'eurent attaché à un poteau, ils le rôtirent sur une grille de fer... et clouèrent des clous métalliques dans ses doigts, puis arrachèrent ses yeux hors de sa tête avec leurs mains, et après avoir jeté l'évêque à terre nu et avoir attaché son cou, ses bras et ses jambes avec de forts cordages à des chevaux, afin que les veines de son corps éclatent.»

Cette version de la Légende dorée ne raconte pas comment Érasme fuit sur le mont Liban et survit en se nourrissant de ce que les corbeaux lui apportaient à manger, un mythème pré-chrétien intéressant. Lorsqu'il fut recapturé, il fut amené devant l'empereur et battu, puis enduit de poix et enflammé (comme les premiers chrétiens dans la persécution de Néron après l'incendie de Rome), mais survit tout de même. Jeté en prison avec l'intention de le faire mourir de faim, il parvint tout de même à s'enfuir.

Il fut recapturé et torturé à nouveau dans la province romaine d'Illyricum, après avoir prêché ardemment et converti de nombreux païens au christianisme. Finalement, d'après la légende, son estomac fut ouvert en deux et ses intestins enroulés autour d'un cabestan. Cette légende tardive pourrait s'être développée en interprétant une icône le montrant avec un cabestan, signifiant son patronnage des marins.

Érasme serait devenu le saint patron des marins car il aurait continué à prêcher après qu'un éclair ait frappé le sol près de lui. Ceci incita le marins, qui craignent le danger des orages en mer, à le prier dans ces circonstances. Les décharges électriques au niveau des têtes de mât des navires furent vues comme un signe de sa protection et furent ainsi appelées «feux de Saint-Elme».

Grégoire le Grand écrit au VIe siècle que sa relique était préservée dans la cathédrale de Formia. Quand cette ville fut rasée par les Sarrasins en 824, la dépouille d'Érasme fut transféré à Gaète. Il est à présent le saint patron de Gaète et de Formia.
En plus des marins, Érasme est aussi prié pour la colique des enfants, les maladies intestinales, les crampes et la douleurs des femmes au travail, ainsi que contre la peste animale.

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