lundi 7 mai 2007

Sélène

Comme chaque jour, je me lève avec elle, je me couche avec elle. Sélène éclaire mes nuits, courts moments où je m'allonge sur ma couche tardivement pour la quitter bien avant les premières lueurs du jour.
Moment privilégié quand le ciel n'est pas encombré par les nuages et les fumées des usines toutes proches qui crachent leur venin noirâtre, je prends le temps de la regarder. Je comprends alors mieux la fascination que la belle dame froide exerçait sur les Goths, je perçois alors toute sa solitude qui me renvoie la mienne comme un écho qui se répète inlassablement.
Par les nuits claires, quand elle est pleine, ronde, parfaite, je regrette de savoir que je n'y poserai jamais le pied et qu'elle me sera pour toujours inaccessible, comme ces trop belles femmes qui vous regardent avec insistance, vous laissent espérer pour mieux vous ignorer. Finalement, elle n'en garde que plus de charmes et de mystères, pratiquement vierge et si mal connue.
Au fur et à mesure que la nuit glisse vers les premiers rais d'un soleil naissant, je me surprends encore à jauger sa course, la laissant dans un coin de ciel, la retrouvant dans autre, la surprenant parfois dansant dans les arbres ou se mirant dans les flaques et étangs...
Elle est si seule, dans ces nuits où dorment villes et campagnes et où clameurs et bruits sont étouffés, même quand elle semble éthérée au moment où elle se dévoile sur fond d'azur alors que le soleil jette encore ses feux sur les basses terres de mon pays, à peine moins visible mais toujours autant présente.
Finalement, Sélène et moi nous accordons si bien tant nous nous ressemblons dans l'obscurité de nos nuits...

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