mardi 27 mars 2007

Arras vise le coup double

Après le beffroi, la citadelle ? En cas de succès, la ville d’Arras pourrait être la première cité de la région à posséder deux sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Rencontre avec François-Xavier Muylaert, le « Monsieur Culture » arrageois.

– Pourquoi Arras n’est-il pas intégré au réseau Septentrion ?
« L’opération Septentrion s’est montée il y a plusieurs années. À l’époque, la ville n’a pas donné suite, comme d’autres cités fortifiées de la région d’ailleurs. Quand le réseau Vauban s’est monté à l’initiative de Besançon en 2005, il leur fallait des sites représentatifs. Arras a été retenu comme représentant des citadelles de plaine. On est venu nous chercher et nous avons hésité car il y a un engagement financier non négligeable. Je crois que Lille a été approché à l’époque… mais c’était au moment de l’affaire du stade et l’armée n’était pas emballée non plus. »

– Qu’est-ce qui fait l’originalité de la citadelle d’Arras ?
« C’est un peu la cousine de celle de Lille. Elle a été construite de 1668 à 1672. Son emplacement a été choisi pour permettre d’inonder rapidement les environs de la forteresse en cas d’attaque des Pays-Bas espagnols, peu après le rattachement de la ville à la France. Finalement, elle servit très peu et on l’a appelée “la belle inutile”. Napoléon III est à l’origine de sa restauration. Aujourd’hui, ce secteur, c’est un peu le poumon vert de la ville. »

– Qu’apporte le label UNESCO à un site ?
« Si je prends pour exemple le beffroi d’Arras, il y a trois ans, nous étions à trente mille visiteurs, désormais on approche les quarante mille et c’est encore plus significatif pour les beffrois des petites villes. »

– Le dossier Vauban n’est-il pas trop lié au calendrier et au tricentenaire de sa mort ?
« Je ne pense pas. Cet aspect a été décisif dans le choix du gouvernement français qui a choisi de proposer pour 2007 à l’UNESCO l’oeuvre de Vauban plutôt que celle de Le Corbusier. »

– En cas d’échec, peut-on envisager une candidature associant le réseau Vauban et Septentrion ?« C’est difficile à dire. Ça me semble compliqué. On ne pourra pas prendre tout le monde mais peut-être quelques sites représentatifs. »

PROPOS RECUEILLIS PAR D. S.
PHOTO ARCHIVES SAMI BELLOUMI

In LA VOIX DU NORD, édition régionale du 27 mars 2007

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