mardi 5 juin 2007

Moqueur, le petit singe qui siège au-dessus de l'entrée latérale de Saint-Eloi s'amuse de nos péripéties.

A Dunkerque, le beffroi de Saint-Eloi arbore ce derniers jours les couleurs britanniques. Dominant la ville, l' "Union Jack" flotte au vent pour les commémorations du 67e anniversaire de l'Opération Dynamo.

par monts et par Flandres

Surprise au coeur du polder flamand, côté belge, à la lisière de Pervijse et d'Oostkamp, derrière un bouquet d'arbres, se niche une église orthodoxe, rare sous nos latitudes.

Si ce n'était la croix, l'on se croirait face à l'un de ces clochers en bulbe si communs en Flandre ancienne...

Courbes et lignes droits, formes épurées pour la Poste d'Ostende; modernité n'est pas nécessairement laideur.

Une Victoire ailée porte les lauriers destinés aux hommes du 3e de ligne emportés dans la tourmente des orages d'acier de la Grande Guerre à la lisière de l'école navale de déminage d'Ostende.

En souvenir du 3e de Ligne belge à Ostende, le sacrifice de la jeunesse de Belgique durant la Grande Guerre reste présent au coeur de nos voisins.

Visions brugeoises... ou le Passé recomposé...

Sous la voûte du plus vieux pont de Bruges, l'ombre et le silence comme une invitation à la réflexion.

A la maison Gruuthuse, tout rappelle le passé glorieux de la ville.


Toute la flamboyance du gothique, sa finesse et sa fragilité cachée dans cette statue équestre qui couronne l'entrée du manoir de la maison Gruuthuse.


Timide et gracile, la charmeuse invite à la rejoindre dans une danse sensuelle et lente, qui sied à ses courbes délicates.


Sur l'onde calme et sereine des canaux de Bruges, la ville se dévoile autrement et ne lasse jamais par ses visages sans cesse renouvelés.


Jeux d'ombres et de lumières dans lequel l'acteur principal n'est que le clocher de Notre-Dame et o Saint-Jean Népomucène semble l'unique spectateur.

Perchée au dessus de l'entrée du Béguinage, elle porte sur ceux qui passent le seuil un regard plein de commisération.

Nymphette aux courbes délicates nées de l'imagination et du désir de l'artiste, elle attend plus qu'un regard...

Au hasard d'une vitrine, un regard empreint de tristesse retient l'attention quelques instants et suspend le cours du temps.


Au détour d'une rue, jouant avec l'onde du canal, le Moyen-âge fait irruption dans la balade au coeur de la ville ancienne de Bruges.

Derrière le bow-window, une scène surgie d'un passé rêvé, celui des délicates dentellières oeuvrant sur la finesse du dessin et la fragilité des fils à croiser, nouer et recroiser...

Délicate saveur de l'enfance posée dans une vitrine qui en appellent aux souvenirs des Anciens.

Le regard dur, la moue dubitative, les traits tirés... On ne sait quelle colère, quelle rancoeur déforme le visage mais l'on se doute que celle-ci doit être bien profonde.



Un grand Prêtre du temple hierosolymitain, le torse chargé de sa plaque pectorale, pour personnifier les législateurs, voilà une idée d'un temps imprégné de culture judeo-chrétienne... un siècle plus tard et les artistes redécouvriront les temps antiques et les formes épurées... pour trouver d'autres modèles à proposer.

Quel meilleur exemple que Moïse portant le Décalogue pour premier législateur et représentant de la Loi?


Au sommet de la façade de l'ancien palais de Justice, la Justice aveugle avertit celui qui va entrer dans la batisse.

Saint-Michel terrasse le Dragon et veille sur la cité séculaire de Bruges.

Toute force, toute ruse, toute puissance au service des intérêts de la ville de Bruges.

Le lion flamand et l'Ours brugeois, symbole de la force d'une ville qui a survécu à sa ruine provoquée par les caprices du Zwin.


Dans le jardin de la cathédrale, avant d'entrer en terre sacrée, Saint-Paul toise les passants qui profitent de l'ombre jetée par les ramures.

L'Or pour célébrer l'ardeur de la Foi, le crucifix qui s'élève telle une prière au dessus de l'autel de la cathédrale attire les regards, focalise l'attention, concentre les prières.

Ombres et lumières de la foi...

A la croisée du transept de Saint-Sauveur, le monogramme IHS en guise d'ultime bénédiction...

Souffrir pour la rédemption? Le parti-pris du sacrifice christique est terrible lorsque l'on y réfléchit bien. Quoi dire si l'on considère que le pardon passe par la souffrance, par l'abandon, toute la dimension de la voie doloriste se ressent dans les traits de ce Christ...


Au dessus du choeur de Saint-Sauveur, les voûtes se croisent, les nervures se rencontrent et la lumière pénètre par les hauts vitraux...

Toute tendresse maternelle... Le drapé, la posture délicate, les traits fins, tout ici est action de grâce sous les ciseaux d'un sculpteur habile et aimant.

Curieuse rencontre de la tradition et de la modernité à l'entrée de la chapelle absidiale consacrée à l'Adoration... Le siège épiscopal brugeois n'est pas figé tel un gigantesque cenotaphe.

Ombres et pénombre, lumière et couleurs des vitraux... La cathédrale Saint-Sauveur de Bruges offre toute possibilité de prier selon son humeur, en communauté ou en humilité, caché derrière un haut pilier...

L'Aigle, lutrin d'argent, porte la Parole et monopolisent par la même toutes les attentions.

D'argent, finement ciselée, à peine esquissée dans la pénombre du choeur de la cathédrale, la chasse de Saint-Eloi accueille le promeneur qui déambule en la cathédrale Saint-Sauveur. Le patron des orfèvres et de ceux qui travaillent les métaux a reçu là une ultime demeure à la hauteur de sa notoriété.

Au-dessus de l'entrée de la ruelle trône Saint-Amand...


Et au-dessus d'une porte qui fait face à la tour de la cathédrale, un mascaron bien engageant: c'est sur que le voyant, on hésite à frapper à la porte qu'il surmonte...

lundi 4 juin 2007

Un Lion d'or monte la garde. nul doute, l'on est bien en Flandre...

Près de l'église Notre-Dame, la statue de Simon Stevin se dresse comme lorsqu'il défendait la cité brugeoise.


Foisonnement de formes, jaillissement des couleurs, Bruges est un livre d'images de briques et de pierres qu'il faut parcourir souvent le nez en l'air pour jouir d'un spectacle rare.


Sommet des Flandres de Belgique, tour de briques lancée vers le ciel comme une prière, le beffroi de Bruges défie le temps.

une adresse de pur plaisir au coeur de Bruges

Avis aux amateurs, durant mes pérégrinations brugeoises, je passe par la Vlamingstraat. Pour la trouver, pas de souci, à la Grand Place tourner le dos au beffroi. La rue est en ce moment en travaux, je rase les murs puisque les trottoirs sont symboliques. Et là, au numéro8 de la rue, le regard hésite entre un Terminator T1 version skeleton et une jolie et charmante blonde en train de nettoyer l'entrée du magasin. Pour le Terminator, pas possible de le rater: pratiquement 1 m92, un poids de près de 130 kg... Derrière lui, un Yoda prend une posture de combat... et autour, un déluge de formes et de couleurs, de figurines... Visiblement, le Terminator est la fierté de la dame qui me vante les produits et m'invite à entrer dans le magasin. Pas large mais tout en longueur, de sorte que l'on pénètre dans le sancta sanctorum des collectionneurs...

Dans les vitrines, sur les étagères, sur les murs, les héros des films, des séries, parfois de jeux, partout où le regard se porte... L'envie de tout acheter est difficile à réfréner mais la dame est de bon conseil, le sourire en accroche-coeur... Voilà une adresse pour compléter vos calepins, ça change des tabliers brugeois, de la dentelle et autres sacs en tapisserie...
Pour complèter le charmant accueil (comme Terminator "Je reviendrai..."), elle me glisse l'adresse du site où de chez soi, l'on peut compléter ses emplettes... Mais bon, entre nous, repèrez ce qu'il vous plait sur le site et poussez une pointe, l'accueil est excellent et les propriétaires sont de fins connaisseurs...
Bon surf...

dimanche 3 juin 2007

araignée du soir...

A peine le soleil levé que le soleil, coquin, joue tel Narcisse avec les reflets qu'il envoie dans les perles de la rosée. J'attendrais le moment d'aller voir ce soir si la fraîcheur vespérale créée à nouveau ces bijoux éphémères...

araignée du matin...

La rosée délicate et fraîche s'est posée sur les fils d'argent patiemment tissés par l'Ariane du Jardin... Les gouttes perlent et se suivent comme autant de colliers finement ordonnancés... et de se dire que si le soleil ne sort toujours pas, la seule vision de ces orbes qui retiennent la lumière suffirat à émouvoir.

chaque chose doit connaître une fin.

Délicate, cisélée, un coeur tendre qui s'évase en de légers drapés. Elle se pare de la rosée matinale, déposée par une brume diaphane... Puis le jour avancera, elle s'ouvrira pour mieux se refermer dans la froid de la nuit, les ombres des nuages éclairés par Sélène couriront sur sa peau... Après quelques jours passés à offrir sa beauté au monde, elle se ternira, perdra son éclat, passeront ses couleurs; lentement, ses contours seront moins nets et, avec une patience infinie, le temps finira son oeuvre en l'effeuillant, laissant le coeur à nu, l'âme blessée et, dans une infinie plainte que l'on ne saurait entendre, elle tombera à terre et se laissera mourir... Ainsi va le monde, ainsi vont les choses, nées de la nature ou des mains des hommes, comme la frêle rose poussée en nos jardins, nos vies, nos amours, nos peines et nos haines tomberont d'eux-même dans la poussière de l'oubli après une agonie silencieuse, sans même un soupir, sans regrets ni remords... La vie des roses comme celle des hommes n'est que la funeste comédie d'un passage éphémère...

Bouillonnant Gascon !

Sacré Charles de Batz de Castelmore !
L’Histoire a moins retenu son nom que celui de … d’Artagnan, et pourtant, il a longtemps parcouru nos provinces septentrionales. Né vers 1620 à Lupiac dans le Gers, ce Mousquetaire du Roi, vif, querelleur et madré au combat, était un personnage digne d’un roman, ce dont ne se priva pas Alexandre Dumas mais sa vraie vie n’avait assurément nul besoin d’être romancée.




Mort pour le Roi
S’ennuyant à Lille où il assumait la charge de Gouverneur Militaire de Lille, ses querelles avec le gouverneur de la citadelle et les ingénieurs chargés de l’édification des remparts montrent un homme intraitable et autoritaire. Estimant la citadelle capable de soutenir un siège, il demande en novembre 1672 à rejoindre ses hommes partis en campagne en Hollande. La requête acceptée, sa vie reprenait un cours normal. Très vite, il parvient au siège de Maastricht. Le 25 juin 1673, n’étant pas de service, il se rend malgré tout sur la demi-lune que ses hommes avaient pris la veille pour sortir d’embarras de jeunes princes qui, outrepassant ses ordres, avaient lancé une attaque désastreuse. De l’aveu des témoins, il se battit admirablement mais la rencontre inopinée de sa gorge et d’une balle de mousquet l’arrêta net. S’il est vrai que l’on voit sa vie défiler à cet ultime moment, il revit certainement ses batailles sur nos terres du Nord.

Au Nord !
Cadet de famille destiné au service du roi, il reçoit un enseignement rudimentaire avant de monter à Paris pour quitter une vie étriquée et désargentée et rejoindre les Cadets du Roi qu’immortalisa Edmond Rostand. Direction : les Gardes Français, un corps d’élite ! Il devint rapidement un « mousquetaire de la maison militaire du roi » où il y prit le nom de sa mère. Il aurait reçu le baptême du feu sous les murs d’Arras, aurait combattu sous ceux d’Aire-sur-la-Lys, de La Bassée puis de Bapaume avant de rejoindre le sud en 1642. Après un passage éclair en Angleterre, on le retrouve à la Capelle et à Gravelines en 1644 puis à Cassel, Mardyck, Lynck, Bourbourg, Béthune puis Saint-Venant en 1645… pour le peu que l’on puisse en déduire du peu d’informations sur sa jeunesse. Tout change en passant au service de Mazarin à qui il sert d’estafette, d’informateur et parfois… d’espion. A t-il bataillé à Rocroi ? Difficile à dire mais il reste fidèle au Cardinal pendant la Fronde. Et quand le Grand Condé passe au côté des Espagnols, notre gascon quitte la terne vie parisienne en 1657 pour les champs de bataille du Nord.


Il retrouve avec bonheur l’odeur de la poudre en 1658 à la Bataille des Dunes, emportée par Turenne. Quand Dunkerque tombe le 14 juin 1658, il fait partie des vainqueurs. Dans la foulée, les Gardes Français enlèvent les petites villes fortifiées : Bergues, Furnes, Gravelines, Dixmude, Oudenaarde. Le Gascon y apprend la recréation des Mousquetaires du Roi. Servant encore Mazarin, il a des contacts de plus en plus serrés avec le jeune Louis XIV qui lui ordonne d’arrêter Fouquet et d’être son geôlier avant de le mener à Pignerol. Ses missions aux Provinces-Unies en 1665 ne l’empêchent pas de devenir un courtisan…

Retour au Nord
La guerre de dévolution le ramène aux armes : choisi par Turenne, d’Artagnan s’empare en mai 1667 d’Armentières et en capture le gouverneur. En juin, Charleroi, Courtrai et Tournai tombent. En juillet, face à l’audace de d’Artagnan et des Mousquetaires, les Douaisiens capitulent. Et les victoires s’enchaînent !
La prise de Lille est une « promenade militaire » car la ville se donne à Louis XIV. D’Artagnan peut rentrer à Paris pour attendre d’autres campagnes plus au sud, notamment pour mater le Vivarais. Le 15 avril 1672, le Gascon devient Maréchal de Camp mais Louis XIV le charge d’assurer le gouvernement de Lille en l’absence du Maréchal d’Humières, poste qui flatte son orgueil et sa fierté. Il y entre le 5 mai. Surtout, il veille au chantier des remparts au sujet desquels il se querelle vite avec certains ingénieurs. L’autoritaire Gascon entra alors en conflit avec La Vercantière, qui remplaçait Vauban au Gouvernement de la Citadelle. Avouons à sa décharge qu’il assumait sa charge en sa ville et non à la cour. En décembre 1672, il rend le commandement de la ville à Humières rentré de disgrâce… Direction, Maastricht et l’Histoire.


L’on n’aurait su peu de lui sans son premier biographe, Courtilz de Sandras, ni sans Dumas qui savait « violer l’histoire à condition de lui faire de beaux enfants ». Celui-ci, assurément, était déjà magnifique…

vendredi 1 juin 2007

Il reste quelques places pour la balade littéraire

L'équipe de la médiathèque d'Esquelbecq est heureuse de vous annoncer qu'elle organise à nouveau une balade littéraire le samedi 9 juin prochain à 16 heures, sur le thème suivant : Terre, nature - la Terre en question(s).
Il s'agit d'un parcours de 6 kms sur les routes et sentiers d' Esquelbecq ponctué d'arrêts où des lectures sur la nature, le développement durable et la terre, vous seront proposées. Le départ a lieu à 16 heures précises devant la Maison du Westhoek, sur la place du village.

Inscription obligatoire. Durée approximative : 2h30. Et c'est gratuit !!!

Merci de vous inscrire au plus vite car le nombre de places est limité.
Téléphone : 03 28 62 49 51 ou 03 28 62 88 57 ; adresse mel :
mediatheque.esquelbecq@wanadoo.fr

A bientôt le plaisir de vous rencontrer à l'une ou l'autre de ces balades.

Blandine Ammeux et l'équipe de la médiathèque

une idée de sortie: le chantier du Tourville

Tourville : une série d’animations
Un peintre, un musicien et des chanteurs animeront samedi 9 juin de 16 h à 22 h le troisième marché d’antan de l’association Tourville.L’association Tourville organise des marchés d’antan pour récolter des fonds afin de financer la construction du Jean-Bart, vaisseau de guerre du temps de Louis XIV. Le troisième marché d’antan sera animé le samedi 9 juin entre 16 h et 22 h par l’association Ouistiti, son orgue de Barbarie et son groupe de chanteurs et de chanteuses costumés sur le lieu du chantier, route de Calais à Gravelines. Pierre-Mary Mouchart, artiste peintre, participera aussi à l’animation. Il réalisera sur place une peinture qui constituera le premier lot d’une tombola (1 E le ticket, tirage au sort prévu à 22 h). Le public pourra se restaurer le samedi soir avec un repas froid à 15 E (boisson non comprise), réservation obligatoire avant le dimanche 3 juin au 03 28 21 22 40. Lors de la soirée musicale, ouverte à tous, des livrets de chants seront mis à disposition. •

In LA VOIX DU NORD, édition de Dunkerque du 1er juin 2007

inondations possibles? on en reparle

Inondations : élever le débat sous le niveau de la mer
Le thème du réchauffement climatique, responsable de la hausse du niveau de la mer, a fait couler beaucoup d’encre lors de la campagne présidentielle. C’est un vieux serpent de mer dans une circonscription située entre le littoral et le bassin de l’Yser, et traversée de wateringues...Sur le territoire, vaste, de la 14e circonscription, la ruralité sert de dénominateur commun entre les habitants : des agriculteurs, qui ont modelé le paysage et se sont mis au bio et au tourisme vert, aux « rurbains », ces citadins de la campagne soucieux de leur cadre de vie. L’écologie est donc au coeur des préoccupations de ces électeurs, conscients de vivre sous le niveau de la mer, sur des zones inondables : susceptibles d’être noyées d’ici 50 à 100 ans si rien n’est fait pour les protéger.Créée en 1977 par les conseils généraux du Nord et du Pas-de-Calais, l’institution des wateringues lutte contre la fatalité : elle réalise et entretient des ouvrages capables d’évacuer aujourd’hui 130 m³ d’eau par seconde vers la mer en cas de crues. Mais elle est submergée par les dettes. Or « il manque 20 m³ par seconde, alerte Jean Schepman, le vice-président du conseil général à la tête de l’institution. C’est au moment où on n’a jamais tant parler de la montée des eaux que l’État se retire... » Une zone tampon devrait être créée à Bierne. En attendant, comment décider des zones à protéger en premier en cas de fortes crues : habitations, cultures ou zone économique ? Une fois n’est pas coutume, Jean-Pierre Decool et Francis Bassemon convergent pour affirmer que les solutions ne peuvent naître que d’une grande concertation entre tous les acteurs concernés... • C. L.

in LA VOIX DU NORD, édition de Dunkerque du 1er juillet 2007

Le seul musée de Plein air de la région est désormais ouvert au grand public

Samedi, le musée de Plein air de Villeneuve-d’Ascq ouvrira officiellement ses portes au grand public.La vocation de ce musée ? Préserver et faire revivre le patrimoine architectural de la région, à travers une vingtaine d’habitations traditionnelles. Pierre après pierre, brique après brique, les responsables du musée de Plein air ont ainsi réédifié, sur les quinze hectares du site villeneuvois, vingt-trois bâtiments de style flamand et artésien. Et leur ont ainsi évité la démolition, ou le délabrement.


Pour faire de ce site un véritable « lieu de vie », des animations ont aussi été mises en place. Afin de transmettre les savoir-faire de l’époque, forgerons, tailleurs de pierre, charpentiers, etc. se relaieront pour exposer au public les secrets de leurs techniques. Très prisé en Europe du Nord, ce type de musée est inédit dans la région. Une belle occasion pour les métropolitains de découvrir leurs racines. •


Musée de Plein air de Villeneuve-d’Ascq, 143, rue Colbert. Ouvert du mercredi au dimanche, de 11 h à 19 h. Tarifs : 5 E l’entrée, 3 E tarif réduit. Gratuit pour les enfants de moins de trois ans.Pour s’y rendre, de Lille : direction Villeneuve-d’Ascq, sortie cité scientifique, direction Chéreng, par la rue du président Paul-Doumer, puis direction Forest-sur-Marque par la D952.

In LA VOIX DU NORD, édition Lille-métropole du 1 juin 2007

du mois de juin 2007...

Le nom du quatrième mois de l’année dans le calendrier institué par Romulus, fondateur de Rome, notre sixième mois de notre année «grégorienne», juin, a une étymologie discutée. Pour les uns il est consacré à Junon et à la jeunesse romaine et pour d’autres à un des fondateurs de la république, le premier consul Junius Brutus, fils adoptif de Jules César.

On dit aussi que «juin» viendrait de juniores, «jeunes gens», tout comme «mai» viendrait de majores, «hommes âgés». La chose la plus probable, compte tenu que le nom de ce mois vient du premier calendrier romain, est que «Juin» vient bien de Junon, selon une habitude courante chez les habitants du Latium à cette époque, de dédier à un dieu chacun des mois de l’année avant qu’on ne fixe des noms liés au système numérique.
C’est le mois des mariages et des mères à cause de la référence à Héra et la maturité qu’elle symbolise. Des quantités de croyances et légendes populaires en découlent dont par exemple la tradition en vigueur dans les temples de Junon qui voulait que les femmes se coiffent en séparant leur chevelure en deux, théoriquement avec la pointe d’une lance, pour symboliser la fusion des principes lunaire et solaire. C’est sans doute l’origine de cette coiffure des jeunes filles que l’on appelle les couettes !

Pour nous c’est le mois du tournoi de Roland Garros, de la saint Médard, du solstice et de la fête de la Musique, de la saint Jean d’été, et le mois qui nous annonce la chaleur et les vacances.

Juin est un mois ou le temps a des sautes d’humeur comme celles de la fameuse Junon. C’est un mois qui souffle le chaud et le froid. Qui n’a pas observé le temps qu’il fait de façon quasi systématique pendant le tournoi de Roland Garros? Or cette période est bien connue des scientifiques qui appellent cette période la «mousson d’Europe». On trouve au moins vingt proverbes pour maudire la pluie de juin et ses méfaits notamment sur l’avoine que l’on récolte ce mois-ci. Dans notre France rurale traditionnelle, et jusqu’à une époque récente (1950-1960) le cheval a été l’auxiliaire indispensable de l’homme, du voyageur et du guerrier, du commerçant et du paysan. Or le cheval est un gros mangeur d’avoine !

Ces perturbations de juin sont la résultante de l’influence de la lune dans sa course autour de la terre. Tour à tour en ce mois de juin 2007 elle sera «pleine lune» le 1er juin mais aussi le 30 ! ce qui ne veut pas dire deux lunaisons dans le mois, car la nouvelle lune, donc le nouveau mois lunaire, commencera le 15. Nous connaissons bien ce décalage du mois lunaire et des calendriers qui s’y réfèrent, avec une révolution appelée «sidérale» qui dure 27 jours, 7 heures, 43 minutes et 11 secondes. C’est ce temps qui nous intéresse pour le jardinage. Il nous donne la durée de l’orbite de lune autour de la terre. Quand cette orbite coupe le plan de l’écliptique, c’est à dire le plan sur lequel le soleil semble se déplacer autour de la terre, il y a «nœud lunaire». Cette révolution sidérale est donc tantôt ascendante et tantôt descendante. On dit alors «lune montante» ce sera du 2 au 15 juin, et «lune descendante» du 15 au 29. En lune descendante on plante, on bouture, on repique, on taille. En lune montante, on sème, on greffe, on récolte. Aux changements entre le mouvement montant et descendant, se situent les nœuds lunaires. Ce sont des jours où il faut laisser la terre se reposer. Ce sont aussi toujours des moments où on enregistre des perturbations du temps. D’où l’importance leur importance, le 8 juin et le 20 juin. C’est alors qu’il faut vérifier la véracité de nos vieux dictons et proverbes. L’influence de la lune est d’autant plus forte ou faible qu’elle est proche ou éloignée de la terre : le 12 juin à près de 360.000 kilomètres de nous à son «périgée» et à son «apogée» le 24 juin à plus de 405000 kilomètres de la terre. Je dois encore préciser qu’il ne faut pas confondre tout ceci avec la «lune croissante» ou la «lune décroissante». Nous savons tous que la lune ment ! Quand elle se montre sous la forme d’un mince croissant en forme de «C», elle est décroissante et quand le «C» est renversé, elle est croissante. Ici, il s’agit de l’éclairage de la face de la lune par le soleil, et le temps que met ainsi la lune détermine la durée du mois lunaire est de 29 jours, 12 heures, 44 minutes et 2 secondes… ce qui augmente d’autant plus les difficultés non seulement de calcul et de concordance des calendriers mais aussi la difficulté de se fier aux proverbes si on ne fait pas un rapprochement précis avec l’ensemble de ces éléments.

Pour être complet, le 21 juin, le soleil est au plus haut de sa course. Il va redescendre tous les jours un peu plus bas sur l’horizon. La journée sera la plus longue de l’année avec 16 h et 7 minutes.
La montée de la sève des arbres et plantes va progressivement diminuer. C’est la fin du temps des semis. Commence le temps des récoltes.

Quel proverbe citer ici qui n’ait son contraire ? «En juin la pluie est loin, et s’il pleut, chaque goutte est comme le poing».. La pluie de juin est néfaste si elle est persistante et s’accompagne d’un déficit de chaleur. Elle occasionne alors la dégénérescence des fruits, le pourrissement des fleurs non fécondées : sous l’action des pluies abondantes, le pollen est entraîné et «coule» avant qu’il ait pu féconder.. il n’y aura pas de raisin, pas de blé, donc pas de pain. Mais si la pluie est accompagnée de chaleur, le sort de la récolte est tout autre.

Qui ne connaît le fameux Saint Médard ? C’est le saint du calendrier le plus célébré par la verve «dictonne» : «S’il pleut à la saint Médard, il pleuvra quarante jours plus tard !». Ce dicton daterait du XI ème siècle. A cette époque, on vivait encore sous le calendrier julien. La saint Médard était alors située le 20 juin, veille du solstice d’été, l’un des jours où la lumière solaire est la plus vivifiante, en une époque où les influences astronomiques peuvent amener des troubles atmosphériques se traduisant par des orages et de la pluie ? S’il fait beau ou pluvieux ce jour-là, les conditions de la saison s’en ressentiront sûrement. Cette forte croyance populaire avait donc sous le calendrier julien des bases météorologiques solides. Avec les modifications du pape Grégoire XIII en 1582, la saint Médard gagna douze places (8 juin) et sa pluie a perdu l’importance que les adages populaires continuent de lui prêter. On adopta alors saint Barnabé pour donner un sens restrictif aux dictons de la saint Médard. Mais les automatismes ont la vie dure !
Quan ploou pers an Médar
De la recolto empouerto un quar
Quan ploou pa
N’empouerto la mita
.
("Quand il pleut pour la saint Médard, de la récolte il manque un quart, quand il ne pleut pas, il en manque la moitié").
Nous noterons que cette année la saint Médard tombe un jour de nœud lunaire, le 8 juin ! Peut-on prévoir des perturbations du temps et de la pluie? Nous venons de voir que la lune sera éloignée de la terre et que sa course sera ralentie de ce fait. Donc ?...…
Pour ce qui est du personnage du saint et de sa fête en ce 8 juin, il n’y a qu’une lointaine relation de cause à effet. En effet saint Médard était un jeune picard, né à Salency, en 457, puis devenu évêque de Noyon. Il est connu pour être resté tout un jour sous une pluie battante – sans doute une de ces violentes pluies d’orages fréquentes en ces périodes - sans être mouillé. De là à en faire un «marchand de parapluies» !
Il faut aussi parler de son compère Barnabé : «Quand il pleut à la saint Médard, si Barnabé ne lui ferme pas son bec, il pleut quarante jours après !» C’est ce qui justifie le dicton suivant : «Le jour de la saint Barnabé ( le 11 juin), est le plus beau jour de l’année.» C’est lui en effet qui vient : «Couper l’herbe sous les pieds» de son compère, baptisé de «grand pissard» et «reboutonner sa culotte». Pour faire le pendant à son compère Médard, on dit que Barnabé était «marchand d’ombrelles» !

Au sège de Namur, en 1692, la saint Médard n’a pas failli à sa renommée. «Le beau temps se tourna en pluies, de l’abondance et de la continuité desquelles personne de l’armée n’avait vu d’exemple, et qui donnèrent une grande réputation à saint Médard. Il plût ce jour-là à verse, et on prétend que le temps qu’il fait ce jour-là dure quarante jours de suite. Le hasard fit que cela arriva cette année. Les soldats, au désespoir de ce déluge, firent des imprécations contre ce saint en recherchant, des images et les rompirent et brûlèrent tant qu’ils en trouvèrent.» écrit Saint-Simon dans ces Mémoires.

Avec le solstice d’été le 21, nous retrouvons la fête de la musique. Certes un ministre, à la belle chemise rose, a permis de renouer avec les festivités qui ont de tout temps marqué la période où le soleil brille de tous ses feux. Mais je dois rappeler qu’avant la réforme de notre calendrier «grégorien» le solstice était le 24 juin, tout comme le solstice d’hiver le 24 décembre et que c’est dans les festivités qui accompagnent ces deux dates qu’il faut trouver la véritable origine de la fête de la musique. Cette origine est renforcée par un fait historique.
C’est un moine, Guy, de la petite ville d’Arezzo en Toscane, proche de Sienne, qui au XI ème siècle, en recherchant à la fois un système de notation musicale et un système de codification des intervalles musicaux, a imaginé ce qu’on désigne aujourd’hui par le mot de «gamme». Alors que les notes étaient choisies dans les premières lettres de l’alphabet, c’est lui qui inventa le procédé mnémotechnique par lequel on nomme les notes de la gamme dans les pays latins, à partir des syllabes initiales de chaque vers de l’hymne des Vêpres de la fête de saint Jean Baptiste :
Ut queant laxis
Resonare fibris
Mira gestorum
Famuli tuorum
Solve polluti
Labii reatum
Sancte Ioannes
.

Ce qui signifie approximativement : "Pour que puisse résonner sur les cordes détendues de nos lèvres, les merveilles de tes actions, enlève le péché de ton impur serviteur, O saint Jean." et n’a pas grand chose à voir avec la musique elle-même !
Ce détail historique est bien connu des bons amateurs de musique, même si quelques chercheurs tentent une nouvelle approche, comme récemment en 1988 MM Chailley et Viret dans La Revue Musicale, qui voudraient interpréter autrement cette origine du nom des notes. Ce serait dommage d’effacer cette jolie histoire !
La musique est bien au cœur du solstice et de la fête du grand saint Jean. Cette belle fête d’été se situe au moment où le soleil brille le plus longtemps. Elle a remplacé les fêtes païennes du solstice d’été et les feux de joie que l’on allumait un peu partout dans les campagnes au soir du 23 juin, tradition qui s’est perpétuée à travers les siècles et encore aujourd’hui dans nos campagnes et même à Paris au pied de la Butte de Montmartre. Seuls la sécheresse et les risques d’incendie viennent perturber ces vieilles coutumes.
"A la Saint Jean, les feux sont grands."Pour ces feux, on collectait autrefois, fagots et bûches, de maison en maison : tout refus attirerait des calamités sur la famille ! A la nuit noire, le bûcher était allumé par le prêtre, ou parfois les derniers mariés, ou encore des enfants prénommés Jean ou Jeanne. Rondes et concours de sauts allaient bon train. On récitait des prières.
La fumée du feu de la saint Jean est sensée protéger enfants et animaux des maladies et paraît propice à la fécondité. C’est le moment, pour les jeunes couples, de faire connaître leur intention de mariage en traversant le foyer main dans la main (Pour autant, ce n’est pas la bonne époque pour la noce : gros travaux obligent !). On attribue aux feux de la saint Jean des pouvoirs «fécondants». On brûle plantes parasites et animaux répugnants comme les serpents, les rats, les crapauds. La braise, recueillie dans un sabot, est répandue dans un champ ou un jardin pour éloigner les nuisibles. Les cendres ont des vertus purificatrices pour les couples et les animaux ; Un tison placé sur le rebord de la fenêtre protège de la foudre ou de l'incendie.
Au matin de la Saint Jean, il est bon de puiser de l’eau à trois endroits différents pour se préserver des maladies de peau. La nuit du 23 au 24, à la clarté de la lune, «al rai de la luno», ou le matin, avant l’aube, il faut cueillir les fameuses «herbes de la saint Jean», «lis erbo de sant Jan» dont on dénombre une bonne trentaine.
C'est en effet, lors du solstice d'été que les plantes contiennent le plus d'énergie solaire. Nous avons vu que c’est le moment où la sève des plantes achève sa montée. Aussi, c'est en cette période que se cueillent les plantes qui combattent le feu, c'est-à-dire les brûlures.
La plante la plus réputée est le millepertuis qui protège du tonnerre, chasse le diable. On l’appelle chez nous «l'erbo de l’oli rouge» car on fait infuser les sommités dans le l’huile. Auparavant on fait passer les graines cueillies, par trois fois dans la flamme du feu en criant : «Sant Jan la grano !». On l’appelle aussi la «casso-diable». Vient ensuite l'armoise ou «ceinture de saint Jean». Plutarque disait que l ‘écume ramassée sur l’infusion de cette plante, préservait les bergers de la morsure des serpents, et Apulée, que porter de l’armoise sur soi empêche de sentir la fatigue du voyage. C’est l’herbe de la route bien connue des pèlerins. «Se sabiés li vertu de l’artemiso, n’en garniries l’orlet de ta camiso» «si tu savais les vertus de l’artémise, tu en garnirais l’ourlet de ta chemise.» Elle passe pour avoir des vertus pour guérir le mal des yeux. On dénombre aussi l'orpin «poivre de muraille» ; la verveine qui aurait le pouvoir de prémunir contre les cauchemars ; l'immortelle «herbe de saint Pierre» ; la fougère mâle qui fleurit à minuit sonnant, et produit ses graines et les sème dans l'heure qui suit ; l'épervière, plante du soleil, employée par les druides pour chasser les démons, la sauge, la camomille, ou encore le salsifis sauvage pour préparer des remèdes capables de guérir bêtes et gens. Les pétales de lys seront présentés à la flamme puis mis à macérer dans l’eau de vie et serviront à soigner les plaies, notamment les brûlures, en prononçant cette formule : "Saint Jean le Désiré, où es-tu donc resté? Derrière un pied de blé fleuri et grainé ?"
On trouve aussi dans la liste les feuilles de noyer et le lierre terrestre
Ces plantes sont montées en bouquets, en croix ou en couronnes et mises au fronton des portes afin de porter bonheur, c'est : «le bouquet de la bonne aventure»

Nous n’oublierons pas, dans la nuit de la saint Jean, de cueillir les noix, ou les feuilles du noyer, pour faire le vin de noix à offrir aux amis.

C’est à cette date que les domestiques saisonniers sont loués pour les grands travaux de l’été : un nouveau cycle commence.

Bon mois de juin ! Addisias.

Jean Mignot
26 mai 2007

Et pour mémoire : 25 mai 1967 : ouragan au nord de la Loire ; 27 mai 1967 : de très violents orages provoquent d’important dégâts dans le Nord-Ouest ; 28 mai 1992 : violents orages. Inondations en région parisienne et à Riom ; 30 mai 1999 : un violent orage s’abat sur Paris ; 31 mai 1998 : orages meurtriers sur la moitié sud… et bien d’autres encore, du même genre, et qu’on a bien vite oubliées au siècle de l’ordinateur … !

Domaine de Cruviers-Larnac route de St Ambroix 30700
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Pas de montagnes chez nous, dans les Pays-Bas Français?
Il suffit régulièrement de lever les yeux pour voir le ciel offrir pléthore de formes et de couleurs et d'imaginer que les nuages d'albâtre sont les seules limites à notre vision.
A la vérité, c'est parce que nous n'avons rien pour nous barrer l'horizon que les nations des Pays-Bas ont toujours voyagé et commercé, taraudées qu'elles sont en permanence par l'envie de savoir ce qu'il y a derrière la dernière ligne qui se dévoile.