La place Jean Bart, vue du beffroi de Saint-Eloi, montre si besoin en était, l'apreté des combats. De l'église , l'on voit la face cachée des voûtes débarassées de leurs toitures, de la Place il ne subsiste rien. L'immeuble du journal le Nord maritime n'est plus qu'une façade. On l'abattra pour faire place à La Voix du Nord avant que ses bureaux ne migrent définitivement Place de la République.
Au centre de la place, un miraculé se dresse: la statute de Jean Bart. Miraculé parce que malgré les bombes, elle n'a pas vacillé, miraculé parce qu'ennemi de l'Angleterre, il la menace de son poing armé et que pour cela, les Allemands ne la déposèrent jamais pour la fondre au moment même où ils manquaient de matières premières pour fabriquer canons et obus...
jeudi 11 août 2005
L'Eglise Saint-Eloi et, plus loin, le beffroi de l'Hôtel de ville construit par Cordonnier. Les dégats sont immenses, les aviateurs allemands puis alliés n'ont laissé aucune chance à cette cité.
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05:30
La place du théâtre et son quartier ont pris la forme de toutes les villes de la reconstruction: à Dunkerque comme ailleurs, les anciennes maisons bourgeoises ont été remplacées par des immeubles collectifs. il faut dire que les Dunkerquois étaient - durant les années 50 et 60 - confrontés à un double défi: reconstruire et faire face au "baby-boom"...
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05:29
La Place du Minck et la criée changèrent définitivement de visage après la reconstruction. Seul batiment à résister au temps, l'ancien phare - la tour du Leughenaer - défie les siècles. Après tout, n'est-elle pas l'utlime relique des remparts bourguignons et, à ce que pensent certains , peut-être aussi le dernier témoin du château de la comtesse Yolande de Bar?
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05:27
Comme lors de la guerre précédente, l'église Saint-Eloi, que certains désignent abusivement comme la "Cathédrale des sables" manqua d'être rasée totalement.
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05:25
La place Jean Bart, entre la statue et Saint-Eloi, n'était qu'un champ de ruines dans lesquelles on ne reconnaissait même plus l'hôtel des Arcades, réduit à un amas de décombres.
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05:24
mercredi 10 août 2005
Galba... Voila un bien singulier personnage au coeur de l'année des Trois Empereurs. Comme souvent après la mort d'un empereur honni, il profita de la crise du règne de Néron, crise qui ne s'éteignit pas avec le suicide du pauvre Néron. Comme Othon et Vittelius, il tenta sa chance dans la course au pouvoir impérial avant d'être défait par Vespasien. Dommage (peut-être) d'avoir raté l'usurpation, la fiscalité romaine n'aurait pas été la même si Vespasien n'avait finalement triomphé... C'est à Boulogne qu'on peut s'approcher de cet éphémère hiérarque, après tout la ville de Gesoriacum-Bononia était un centre important de la vie romaine, qui abritait le siège de la Classis Britannica, la flotte de Bretagne et possédait, dans sa partie haute un imprtant camp de légion qui donna par suite naissance à la ville fortifiée que l'on peut toujours visiter.
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17:44
cynégétique?
Curieuse découverte en montant à l'étage de l'escadron "Cambrésis": quelques casques qui sont autant de précieux souvenirs donnent à cet escalier des allures de galerie cynégétique. Et pour cause, on est bien chez des pilotes de chasse fiers de leur unité et de leurs pilotes.
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17:39
Cocoye's dream
Le vieux Sikorsky attend que l'on lui rende une deuxième jeunesse, qu'il reprenne des couleurs à défaut de reprendre l'air. Le Cocoye's dream est une vieille dame vénérable qui désespère d'obtenir son lifting après avoir pris bien des heures de vol au compteur...
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17:36
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04:43
mardi 9 août 2005
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21:20
Il est là, à même la tour sous laquelle il faut passer pour pénetrer dans une cour cloîtrée afin d'entrer dans l'église d'Ostduinkerke. Un Christ presque nu, décharné, souffrant et dont on ne peut oublier combien sont intimement liées ses parts de nature humaine et divine.
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21:17
Si Leffrinckoucke a organisé le premier championnat du monde de décorticage de crevettes grises le dimanche 7 août 2005, c'est toujours à Ostduinkerke qu'on la pêche de la façon la plus traditionnelle qu'il soit : à cheval...
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21:14
L'Yser, fleuve sanglant où tombèrent tant de jeunes gens, à jamais prisonniers de la boue des Flandres, inhumés da,s le Boyau de la Mort. L'entrée de l'enfer se jetait dans la mer il y a 91 ans...
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21:06
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19:51
Encore un de ces Grands auxquels la région doit tant: si l'Empereur n'avait décidé le blocus continental contre l'Angleterre en 1806, coupable de n'avoir pas respecté ses traités de Paix, jamais nous n'aurions eu à rechercher des produits de remplacement pour les denrées qui n'entraient plus sur le territoire... Jamais nos bourgeois ne seraient montés en puissance et n'auraient installé de grandes usines "à l'anglaise" sur les rivières et canaux, jamais Napoléon III n'aurait fait ouvrir des lignes de chemins de fer quelques années plus tard, accroissant la circulation des biens et des personnes et nous ancrant définitivement dans la Révolution Industrielle. Certes, il y avait dès le Moyen-âge de bonnes bases mais elles n'ont été développées que grâce à la volonté du Premier consul puis de l'Empereur.
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06:07
lundi 8 août 2005
De la colonne de la Grande Armée l'on voit la station balnéaire de Wimereux, où la promenade offre au regard un curieux mélange commun à toutes ces stations typiques du XIXe siècle: villas de bois, maisons bourgeoises que l'on retrouve en Bretagne, dans le Nord comme en Normandie. Pourtant, le regard porte plus loin... Un moutonnement blanchâtre à l'horizon se découvre par beau temps: c'est l'Angleterre, la Perfide Albion et ses falaises jumelles de Douvres.
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05:27
Unis malgré tout dans la tombe par les vicissitudes des guerres et contre la volonté des Grands de leur vivant, le cimetière britannique de Terlecthun accueille en son sein aussi des tombes allemandes, sous la bonne garde de la Colonne de la Grande Armée.
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05:23
Si ce n'était le dôme de la Cathédrale, dans la vieille ville fortifiée de Boulogne, cette ville aurait de faux airs de Saint-Malo.
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05:21
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05:19
A la gloire de l'Empereur, la colonne de la Grande Armée se voit de loin pour qui va à Boulogne. A son pied, deux lions assurent une garde d'honneur, impassibles, hiératiques.
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05:15
dimanche 7 août 2005
Haute et massive, l'église de Rubroucq, la patrie de Guillaume qui partit en Chine bien avant Marco Polo, domine le village.
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07:58
La mairie de Bollezeele a ceci de commun avec celle de Dunkerque qu'elle est une création des architectes du XXe siècle: empreints de culture flamande, ils réinventaient le moyen-âge en le modernisant, en en donnant une vision idéale dans un courant de néo-renaissance. Ainsi ici, rien ou presque ne manque: les toits d'ardoises dans un pays de tuiles car plus chère, elle est prestigieuse, des pignons à pas-de--moineaux, une bretéche, des toits à bulbe, la cassure de la verticalité typique des batiments flamands au moyen d'une ligne horizontale de couleur ou de matériau différent, de belles ouvertures pour réinventer la lumière, des fenestrons dans la toiture.
Ce n'est plus une mairie, c'est un cas d'école... Portez-y vos pas, vous y découvrirez encore bien d'autres choses...
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07:45
samedi 6 août 2005
Le baroque en Flandre ne fut pas seulement l'occasion donnée aux artistes d'exceller dans la décoration exhubérante, dans le foisonnement des formes ni dans la folie des drapés... Ce courant artistique fut aussi un efficace moyen mis à disposition du clergé pour combattre les réformés et leur austérité. La lutte est intense dans les Flandres, où les Gueux brûlent des églises, cassent des vitraux, brisent des statues et sont en même temps rebelles à l'ordre établi... Pourtant, cette lutte passe aussi par des atteintes profondes au dogme comme représenter Dieu le père au sommet de certains retables (comme ici à Wormhout)... Les artistes et les doyens avaient-ils connaissance du décalogue?
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14:57
sous le vent...
Sous des nuées parfois peu engageantes, les ailes du moulin Deschodt, au pied du Mont Cassel, attendent que l'on viennent carguer les voiles qui leur permettront de tourner et de moudre les grains de Flandre, fruits de la terre et du travail des hommes.
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13:09
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13:07
A quelques kilomètres de la ville fortifiée de Gravelines, le village de Saint-Georges-sur-l'Aa vit des heures paisibles. Le ciel est serein et le lin finit de sécher.
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13:03
Les "grimpettes" d'Avesnes-sur-Helpe ou comment donner dans une ville du Nord un faux air de Montmartre...
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13:00
vendredi 5 août 2005
Construit comme une crypte, la représentation du Saint-Sépulcre de l'église de Terdeghem abrite le gisant du Christ. La représentation est on ne peut plus classique mais elle est en totale contradiction avec les rites funéraires. En effet, ici, le Christ repose sur et non pas dans le linceul, ce qui est concevable dans un esprit d'édification des croyants.
Il y a pourtant deux choses qui - ici - sortent de l'ordinaire. Le gisant n'est pas dans le coffre de l'autel mais il mais il s'agit d'une représentation du tombeau surmontée d'un autel romain auquel on accède par deux petits escaliers de part et d'autre du tombeau. Quand au Christ lui-même, il est acompagné de restes mortuaires réels: des cranes et quelques os longs qui sont dans les niches depuis longtemps.
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07:38
Sous un ciel torturé, où les nuages sont nos uniques montagnes, la plaine de Flandre attend, patiemment que les récoltes soient finies, prouvant encore si besoin est que sa terre est généreuse, qu'elle prodigue toujours plus aux hommes.
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07:29
Passent les secondes, passent les heures
La paroisse d'Eecke a la même particularité qu'Hardifort. L'église est de taille modeste, assez ancienne et a trouvé une solution pour pallier le manque de clocher: les paroissiens ont élevé dans le cimetière un klokhuis (ou campanile) de bois pour abruter les cloches.
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07:25
Le klokhuis de Eecke, entre Steenvoorde et Cassel, égrène les heures qui passent pour tout le village.
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07:22
Situés tout au sommet du Mont, regardant vers les autres sommets de la chaîne des Monts de Flandre, la collégiale et le Mont de Piété de Cassel sont visibles de loin.
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07:20
Sur sa butte, le moulin de Boeschepe domine la plaine alors que le lin sèche en attendant la récolte.
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07:16
jeudi 4 août 2005
Songeuse, la ville de Bourbourg pense à ses enfants disparus au cours des dernières guerres qui déchirèrent les familles.
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14:07
1945, tout est à reconstruire à Dunkerque, il faut dresser des baraquements provisoires, se partager les rares maisons encore debouts, se résoudre à habiter dans les blockhaus dont les Allemands ont parsemé la ville... Enfin, il faut se remettre au travail. Comment garder espoir lorsque plus rien ne tient de debout. Dernière ville libérée du territoire national le 9 mai, Dunkerque et son agglomération voient 1945 comme une "année zéro"...
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13:46
Elle semble sortie d'un autre âge... ou d'une série américaine. Non, ce n'est pas la "petite maison dans la prairie", juste la paroisse du sacré-Coeur à Saint-Pol-sur-Mer, la paroisse des Cheminots, au coeur de la cité édifiée par les Chemins de Fer du Nord dans les années vingt.
Construite à l'aide de traverses et de planches de wagons, elle tient au coeur de la cité, indéracinable comme faisant partie des habitants eux-mêmes, qui lui sont viscéralement attachés.
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13:31
in memoriam
Le village de Grande-Synthe avait été rasé par les bombardements et les combats de la Seconde guerre mondiale... Il n'a jamais été bon pour une commune d'être proche d'une grande ville ou d'un port industriel.
A la libération, ce qui restait de la commune reçut même la visite du Général de Gaulle mais cela n'étancha jamais la peine des survivants qui maintiennent le souvenir de leurs disparus par l'image la plus simple et la plus proche des réalités de la guerre, d'un enfant seul... qui pleure.
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13:27
A Grande Synthe, à deux pas de la maison communale, les rues prennent un petit air de Bruges. Grande-Synthe, ville martyre de la seconde guerre mondiale, ville champignon des Trente glorieuses, change petit à petit de visage.
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13:26
En plein sur la méridienne verte (voir les posts du 31 juillet), une bouée récupérée par la commune de Saint-Pol-sur-Mer ne finira pas sa vie sous les chalumeaux des férailleurs. Elle trône maintenant, sans avoir changé de nom, au coeur de la ville et guide, non plus les marins, mais les automobilistes...
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13:22
Campé bien droit, dans un garde-à-vous impeccable, le poilu d'Avesnes-sur-Helpe, reste sous la protection d'un ange guerrier, d'une France immuable.
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13:07
La collégiale d'Avesnes-sur-Helpe défie les nuages, perchée sur le roc qui servit de coeur à la petite cité fortifée par Vauban.
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10:33
Nichée sur la côte d'Opale, à quelques encablures de l'entrée de la Mer du Nord, Wimereux fait face à la mer, attendant les estivants.
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10:28
mercredi 3 août 2005
Le vert paradis des vacances enfantines
Durant la Préhistoire (celle d’avant la naissance de la télé), les enfants trouvaient refuge au patronage. Chaque paroisse en comptait un. Celui de Saint-Pol-sur-Mer, qui jouxte l’Eglise Saint-Benoît a connu des fortunes diverses puisqu’il abrita, entre autres, quelques mois un hôpital militaire belge pendant la première guerre mondiale. Il faut passer la grille de la cour pour le découvrir : au rez-de-chaussée, une grande salle commune où des cloisons mobiles permettent d’en diviser l’espace. A l’étage, des salles accueillent une chapelle et sa sacristie : le patronage est avant tout une œuvre paroissiale et n’avait pas que des aspects ludiques. Il fallait un peu de place et de monde pour encadrer des enfants dont l’habitude est de jouer dans la rue ou sur la plage, de chasser la grenouille armés d’une paille (surtout dans les ruines de Saint-Gobain après 1945…) ou de dévaler la digue du Comte Jean.
Même pas de semaine des quatre jeudi !
Entre les deux guerres, cent-cinquante à trois cents enfants fréquentent assidûment les lieux. Les abbés ne sont pas seuls : les enfants plus âgés s’occupent des plus petits. Les occasions de s’y rendre sont régulières : le Jeudi, jour de repos hebdomadaire, que les petits espèrent dès le dimanche soir (en déplorant que la « semaine des quatre jeudi » tarde à venir), le dimanche après les Vêpres, tout le mois d’août et le début de septembre. Quand les cris des enfants ne résonnent pas dans la cour, c’est qu’une part de leur précieux temps est consacrée aux études, surtout le matin. Dans une ville ouvrière, où les partis de gauche sont alors bien implantés comme à Saint-Pol, le patronage sert aussi à contrer le discours laïque de la « Communale » où les Hussards Noirs de la République dispensent un enseignement républicain, donc sans Dieu.
Un petit air de Don Camillo
C’est aussi que l’ambiance lors de certaines fêtes oblige le clergé à saisir tous les moyens de poursuivre sa tâche éducative et sa catéchèse : il n’est pas rare que les processions se fassent dans une atmosphère tendue ou que quelque militant «énervé » se jète sur le curé pour faire tomber la Croix à terre. Les plus anciens se souviennent juste avant guerre du scandale provoqué par le changement de nom de la rue Jeanne d’Arc pour celui de Roger Salengro, qui n’avait pourtant rien à envier à la sainte pour l’épreuve du martyre… mais revenons à nos moutons ! Le sport, les jeux et les sorties sont réguliers. Il n’est pas choquant que le curé participe au match de foot. D’ailleurs, c’est même recommandé par sa hiérarchie pour apprendre à se mouvoir de façon naturelle dans sa soutane à 33 boutons !
Mens sana in corpore sano
Les enfants n’ont pas le temps de prendre le chemin de l’école buissonnière. Quand ce n’est pas dans la cour, c’est sur la plage de Saint-Pol ou la plaine Bayard que l’on se défoule. Si l’on manquait de moyens, on avait par contre de l’espace. L’on n’oublie pas pour autant l’éducation physique avec agrès, barres parallèles… ni la culture avec la scène où les enfants jouent de petites pièces de théâtre et ou succombent à la magie du cinéma muet… Et puis, le patronage sert aussi de pépinière pour les activités associatives pour les plus grands, combien de militants de la JOC sont passés dans ses rangs ? En tout cas, ce ne devait pas être désagréable, le "patro", tant sont nombreux ceux qui le connurent en parlent encore, quelle que soit la génération, quelle que soit la paroisse.
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07:10
Sur le rivage de Quaëdypre
Le regard porte sur les tours de Bergues… Aucun obstacle entre la ville fortifiée et l’église de Quaëdypre. On réalise alors que c’est l’ancien rivage que l’on contemple. En un peu plus de mille ans, la mer s’est lentement retirée des basses terres et les hommes ont colonisé le plat pays. Le village de Quaëdypre est un témoin de l’histoire. D’abord, l’on remarque la petite éminence sur laquelle se dresse l’impressionnante hallekerke à trois nefs en briques de sable. Les moines de Saint-Winoc à Bergues avaient fondé à son emplacement un petit sanctuaire au XIe siècle qui fut remplacée entre 1601 et 1618 par l’édifice actuel. On peut aisément imaginer ce que fut ce premier lieu de culte puisque l’on a rebâti l’église Saint-Omer sur ses fondations romanes et la façade en grès ferrugineux a été conservée. D’ailleurs, en levant les yeux, l’on peut voir quatre niches qui rythment le sommet du pignon central et sur lesquelles se pose une tête romane en grès ferrugineux. Rien qu’à ce titre, elle est exceptionnelle car si les églises construites avant le XIIe siècle utilisaient abondamment ce matériau, il est rare que les artisans le travaillent autant. C’est une pierre ardue à sculpter.
Hors de l’église, la promenade réserve des surprises : le porche de la ferme du S’Abshof, la maison de l’abbaye rappelle que les moines de Saint-Winoc avaient fait construire une résidence d’été qui se doublait d’une ferme. Si la première n’a pas résisté à la tornade révolutionnaire, on peut encore en deviner les contours grâce au tracé de ses fossés. Son entrée est toujours marquée par un portail de belle importance. Au Cinq-chemins, une ancienne malterie, témoignant que l’on brassait la bière dans chaque village. N’est-elle pas un breuvage incontournable, plus encore depuis que Pasteur l’a qualifié de nourriture hygiénique ? Le Malt est un ingrédient indispensable, l’absence de malterie eut alors été impensable.
Plus loin, enfin, hors du village se dresse le château du Blau Huys ou « maison bleue ». Typique des fermes fortifiées, il est encore cerné de belles douves en eau. De belle facture flamande, il est le témoin fidèle des traditions architecturales flamandes. Des propos glanés ça et là rapportent que sa chapelle est visitée par un fantôme qui vient la hanter chaque Vendredi Saint depuis qu’un ancien maître des lieux a choisi de faire bombance le seul jour où l’Eglise imposait un jeûne strict, mais ceci est une autre Histoire.
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07:04









