dimanche 27 décembre 2009

mercredi 23 décembre 2009

le tombeur de Frisius

Né en 1895, ainé de six enfants, le jeune Aloïs Liska est alors sujet de l’Empire austro-hongrois et c’est sous cet uniforme qu’il se bat en 1915 sur le front russe mais est fait prisonnier en 1916. L’année suivante, alors que la Russie connaît les affres des Révolutions, il s’engage dans les Légions Tchécoslovaques en Russie. Affecté dans l’artillerie, il attend 1920 pour rentrer chez lui, dans un nouveau pays car les traités de paix ont donné naissance - en autres - à la Tchécoslovaquie en réduisant l’Autriche-Hongrie à sa plus simple expression. La carrière aurait pu être tranquille en s’engageant comme officier au 51e Régiment d’artillerie à Stara Boleslav, régiment qu’il finit par commander quelques années plus tard.



Et la guerre arriva…
La guerre le mène en France où il commande le 1er régiment d’artillerie tchécoslovaque mais le rouleau compresseur allemand l’oblige à être évacué au Royaume-Uni pour continuer le combat. En 1943, il passe au grade de Brigadier Général et se voit confier le commandement de la Brigade Tchécoslovaque Indépendante qu’il s’emploie à transformer en 1ère Brigade blindée tchécoslovaque dont les hommes, de retour d’Afrique, sont rompus au combat. Les ordres comme son envie sont clairs : participer à la chute du IIIe Reich coûte que coûte au côté des Alliés et des exilés comme les Polonais ou les Français Libres… Août 1944, il faut faire mouvement sur la France. Débarqués au port artificiel d’Arromanches, mis en place après le débarquement, la brigade est intégrée au dispositif canadien et participe à la prise de Falaise, la ville de Guillaume le Conquérant…

En octobre, une nouvelle feuille de route tombe : direction la poche de Dunkerque où s’est retranchée une garnison allemande. Les Alliés ont renoncé à prendre le port ruiné autant par les bombardements depuis 1940 que par les sabotages de l’occupant. Devenue inutile, il faut juste empêcher Frisius d’en sortir. Première mission en s’installant à Armbouts-Cappel et à Spycker : harceler les assiégés et les empêchant de consolider leurs défenses.

Ses moyens sont importants. La « Czekoslovak Independant Armoured Brigade Group » est forte de trois régiments de chars, d’un bataillon d’infanterie portée, d’artillerie de campagne, antichars et anti-aérienne ainsi que d’éléments du Génie. Mieux, ses 4.260 hommes sont rejoints dès la trêve d’octobre conclue avec l’Amiral Frisius par le millier d’hommes du Bataillon Jean Bart du commandant Dewulf permettant de reconstituer le 110e RI.

Vae Victis
Le 8 mai 1945, près avoir pris contact avec le nouveau Führer, l’Amiral Dönitz, Frisius arrive finalement au QG du général Liska à Wormhout le lendemain de la reddition de Berlin. Il est convenu que la garnison allemande capitule à 16 heures et entame son désarmement le lendemain au moment où Liska entre à l’Hôtel de ville de Dunkerque. Mission est terminée, le 12 mai, il faut se résoudre à quitter Dunkerque pour rentrer au pays. En six jours d’un périple à travers une Allemagne dévastée, ses hommes retrouvent avec lui la terre natale. Le général Liska y retrouve sa femme et sa fille rescapées des camps de concentration mais son fils n’a pas survécu aux marches de la mort imposées aux prisonniers face à l’avancée des Alliés.
Le Président Benès le nomme alors directeur du Collège Militaire de Prague mais le Coup de Prague en 1948 le jette sur les chemins de l’exil. Les Communistes, sur ordre de Staline, prennent le pouvoir et procèdent à des purges comme en URSS. Premiers visés dans l’armée, les officiers qui ont servi en Angleterre. Contraint à la démission, il quitte alors sa patrie pour Londres et finalement, décède en 1977, à Putney, dans la banlieue de la capitale britannique. Pratiquement oublié de ses compatriotes, le général ne recevra l’hommage de sa Nation qu’en 1991, après la chute du Bloc de l’Est… A Dunkerque, son nom reste associé à l’épopée de la cité de Jean Bart, un nom qui évoque les années terribles et pourtant porteur d’espoir des années de paix retrouvées…

dimanche 20 décembre 2009

solitude glacée ...


sous la neige de décembre...


froid souvenir


les larmes de glace


les larmes de glace coulent sur le vénérable monument aux morts de la Guerre de 1870...

froide étreinte


où sont les hivers d'antan ?

Pas tant tombés dans l'oubli que cela ...

pragmatisme flamand


quand la biere est sortie, il faut la mettre à bonne température...

aux quais de se blanchir

en quelques heures, la neige donne aux quais les airs d'un port nordique

et le silence se fait


cachées


Les femmes de Gadenne, seules en ce vaste jardin blanc de neige, semblent abandonnées des hommes et de leurs regards.

toujours debout


ni tempête d'acier, ni albe neige n'empecheront Jean bart de brandir un bras vengeur...

transie

La belle Caroline Angebert supporte le froid hivernale, la nature lui offre même un nouveau châle.

et la neige étouffe tout

jusqu'aux rumeurs des anciennes batailles ...

pax patria et justicia


tant que Saint-Eloi n'ait pas froid


sous un blanc manteau


froide comme la mort

et la neige ajoute au calme du cénotaphe dunkerquois, le couvrant d'un nouvel linceul.

developpement durable à la dunkerquoise

Ou comment frapper les bouteilles le plus naturellement possible...

samedi 19 décembre 2009

chaudes festivités

Après le Pere Noël en rappel l'année dernière, la mairie de Dunkerque convoque cette fois-ci les enfants pour un show sur les murs du vénérable hôtel de ville: animations au laser, musique tonitruante et pyrotechnie... Pardonnez la piètre qualité du cliché, j'essaie de m'habituer à un petit compact que je prends maintenant quand je ne sors pas en balade photo mais pour les impromptus... Promis, je vais vite m'y faire...

Pauvre voisine qui ne sait où aller... L'eau gelée du bassin, les toits glissants de l'Hotel de ville ou les terrasses enneigées des immeubles alentours ? Choix cornélien s'il en est.

invité, locataire ou de passage...


Dans le quartier de Rosendaël, la visite du choeur de l'église dédiée à Saint-Zéphirin laisse une surprise... L'on s'attend à rencontrer le titulaire de la paroisse et l'on tombe sur Saint-Fiacre... Quelle affaire, cher Simenon... Mais est il invité, locataire ou simplement de passage?

une halle pour le christ


Construite après guerre, rapidement, avec de nouveaux critères, rompt avec la tradition des voûtes et autres croisées d'ogives, rappellant à certains les halles dans lesquelles les hommes triment sur le port et dans les usines.

vibrantes couleurs de la foi


Le choeur de la paroisse Saint-Zéphirin de Dunkerque, paroisse de la reconstruction, affiche de chaudes couleurs, loin de la blancheur angélique de nombre de vieilles églises.

l'hiver aurait pu etre un bel automne ...

... s'il n'avait décidé de nous jouer un mauvais tour entre pluie et neige...

sous le ciel par dessus les toits

à croire que les dernières tours de Dunkerque portent les cieux...

frais matin


nuit blanche (bis)

Les couleurs de la ville inondent le ciel chargé de neige de ses lumières et rend la ville presque irréelle.

nuit blanche

dans tous les sens du terme...

ziggourat flamande

La neige s'est invitée sur les cordons qui rythment la tour de Saint-Eloi et laisse presque à penser que ses bâtisseurs se sont inspirés des antiques ziggourat babyloniennes...

la tour de l'armateur se croit ailleurs

si rare la naige en nos littoraux que la tour de l'Armateur se croit promue clocher de montagne.

Noël (ou presque) blanc


la Victoire en chantant sous la neige

A la place d'une nouvelle patine pour en oter l'oxydation, la nature offre une nouvelle tenue à la Victoire de Dunkerque.

blanc linceul


parure d'hiver


réchauffement climatique ?


10 cm de neige sur Dunkerque, plusieurs jours sous zéro, et pendant ce temps, les Grands de ce monde glosent sur le réchauffement climatique et décident qu'il est urgent de ne rien faire...

couleur hiver


et d'un ciel torturé, les cimes dénudées se font un nouveau décor

jeudi 17 décembre 2009

Bientôt, une vue très plongeante pour les jardins de la Porte de Gand

On ne peut pas parler de lifting, mais plutôt de chirurgie plastique en profondeur. ...

Depuis le 1er décembre, et jusqu'en avril prochain, les douves de la Porte de Gand sont en travaux. But : créer de nouveaux espaces. Ou, pour être plus précis, refaire du vieux avec du neuf. En clair, sur et derrière la monumentale et majestueuse Porte de Gand, les restes de remparts vont retrouver un certain lustre d'antan. Au programme : retour de douves emplies d'eau et autres reconstitution de protections anti-invasion. «Le but des travaux est de recréer le décor d'il y a quatre siècles», note un bon connaisseur du terrain.

Aujourd'hui, on peut contempler un bulldozer déplacer de la terre. L'avalant sur un talus pour mieux la recracher sur une mini-plaine arasée.
Quoiqu'il en soit, la surface des douves - qui représente à peu près l'équivalent de trois terrains de football -, devrait, dans un avenir proche, être remise en eau. Côté fortifications, les remparts verront la mise en place de nouveaux équipements inspirés du XVIIe siècle, avec des talus de protection anti-siège et même un champ de pieux en châtaignier. Le but des travaux est de redonner à la porte de Gand, propriété de la ville, un cachet encourageant mieux le tourisme.
• L. B.
in LA VOIX DU NORD, édition de Lille, 17 décembre 2009

lundi 14 décembre 2009

souvenirs...


Après les verts paradis des amours enfantines, il n'est guère plus de rares véhicules militaires pour faire souvenirs des émois sur les carosseries de la marque disparue...

géant à terre ...


wallpaper 1440 * 900 : une simple touche de couleur


curieuses rencontres ...






Terribles fêtes de Noël où l'animation des rues fait la part belle aux saltimbanques... Ne resterait plus qu'à faire revenir la Nef des Fous pour rendre au pays la truculence des Brueghel.

jeudi 10 décembre 2009

à méditer... pour les garçons comme pour les filles, avant le changement de millésime

Si...
Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être que penseur ;
Si tu sais être dur, sans jamais être en rage,
Si tu sais être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral et pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois les Dieux la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme mon fils !

Rudyard Kipling

mercredi 9 décembre 2009

in memoriam : Grand médecin, passionné d'histoire, Alain Gérard n'est plus

Alain Gérard, le docteur Gérard comme on disait à Lille, était une figure. ...

Médecin réputé - toute une carrière au CHU comme gastro-entérologue -, il avait mené une seconde vie consacrée à sa passion pour l'histoire. Ceux qui ont eu la chance de le rencontrer chez lui, dans l'hôtel particulier du Vieux Lille à deux pas de la Grosse Madeleine, se souviennent de ce vaste bureau encombré de livres, ces piles sur les fauteuils et les tables, ces dossiers remplis de notes pour un livre, un article, une notice.

Toute sa vie, Alain Gérard a lu, étudié, écrit sur la ville de Lille, la région, les hommes - ou femmes - d'autrefois dont il savait si bien restituer les biographies. Le XIXe siècle avait sa prédilection, mais aussi l'hygiène, le développement de la médecine. Président de la commission historique du Nord, il donna régulièrement des chroniques pour La Voix du Nord, des papiers toujours très lus tant il savait manier avec gourmandise le plaisir de la connaissance et les bonheurs d'écriture. «Sept années passionnantes», disait hier sa femme Pounette.

Il y a deux ans, un accident vasculaire cérébral avait rendu sa démarche incertaine, l'écriture difficile. La malice demeurait, comme lorsqu'il disait, évoquant son âge, qu'il était de 1928, «une bonne année pour le bourgogne !» Ce dimanche encore, il était à l'Atelier lyrique de Tourcoing pour le Tancrède de Rossini dirigé par Jean-Claude Malgoire. À Pounette, sa femme, à ses trois enfants et ses huit petits-enfants, La Voix du Nord présente ses condoléances attristées. •
J.-M.
in LA VOIX DU NORD, édition régionale du 9 décembre 2009

mardi 1 décembre 2009

de décembre 2009

Notre douzième mois de l’année, dixième d’antan comme son nom l’indique toujours, sera-t-il pour nous un mois où les influences de la lune se feront sentir plus particulièrement sur notre corps, on pourrait presque dire un mois «lunatique». J’ai souvent évoqué ici la répercussion des différentes phases lunaires sur les plantes, mais la végétation étant au repos, je parlerai plus facilement cette fois de l’influence de la lune sur notre corps. Ce début décembre en effet, le cycle lunaire nous offre une pleine lune le 2 alors que la courbe de la lune est montante et qu’elle sera au périgée le 4 avec un nœud lunaire le 5, c'est-à-dire dans une position où ses forces se feront le plus sentir. C’est alors que nous verrons si nous aussi les humains nous sommes «lunatiques» c'est-à-dire : «soumis aux influences de la lune», ce qui est le premier sens de cet adjectif, dont on a fait, au fil des siècles, un synonyme de fantasque, extravagant, ou aussi changeant que la lune. On dit ainsi d’une personne qui présente ces caractéristiques : «c'est un lunatique, une lunatique», mais on oublie complètement en qualifiant ainsi notre prochain, que la lune est, ou n’est pas, pour quelque chose dans son comportement.

Les jours autour du 2 décembre seront propices au développement des dépressions ou des coups de blues, voire de l’appel aux services d’urgence. Mais si.. ! vous verrez. Ce sera une période peu favorable sur le plan santé. Attention aux fringales…Si vous avez des insomnies, vous penserez alors à cette chronique ! La pleine lune est également néfaste au système cardio-vasculaire. Tous ces effets peuvent être ressentis jusqu’à trois jours avant ou après le moment précis où l’astre achève sa croissance. Les interventions médicales ou dentaires sont déconseillées à ces moments-là. On peut noter également des troubles respiratoires, des crises d’asthme, des bronchites, laryngites ou pneumonies. Ceux qui ne croiraient pas à cette influence lunaire peuvent interroger la police qui connait bien les crimes des nuits de pleine lune ou aller faire un tour dans les services d’urgences. Je n’insisterai pas pour ne me mettre personne sur le dos !

Raison de plus pour anticiper et de prémunir, par exemple en commençant un traitement à base de plantes apaisantes comme la lavande ou le tilleul, ou encore l’aubépine, et la passiflore. Attention à ne pas trop boire d’alcool.. . Il faudra attendre la lune descendante du 4 ou même le 6, pour que tout rentre dans l’ordre. Deux dates bien «marquées» pour ce mois. La sainte Barbe et la saint Nicolas, pour lesquelles je ne ferai que rappeler le blé de Noël à mettre en place le 4, selon nos traditions provençales et le père fouettard, compagnon du Père Nicolas lui-même ancêtre du père Noël d’invention bien plus récente.

Il faudra attendre au moins le 15 ou 16 décembre pour trouver un peu d’apaisement et ce sera le moment de penser à la plantation d’arbres, conifères ou non-fruitiers et aussi pour planter les rosiers, à condition qu’il ne gèle pas bien sûr ! Nous serons en période de lune décroissante et descendante. Ce sera aussi une bonne période pour débiter le bois de chauffage. On peut aussi faire la «taille de Noël» des rosiers pour leur permettre une floraison plus précoce. Mais très rapidement le 15 il faudra arrêter tout ça et entreprendre d’autres travaux genre nettoyage, et attendre après le 23 décembre pour reprendre des travaux tels ceux que je viens d’indiquer.
La période de fin d’année et de début de l’année suivante qui marque ce mois de décembre, est toujours un moment où l’on se demande ce que va être l’année qui commence. Et de se lancer dans toutes sortes de pronostics appuyés sur les analyses des astrologues et autres devins plus ou moins fiables.

Nos ancêtres qui observaient le ciel, la lune et les étoiles, faisaient le rapprochement avec les fêtes du calendrier liturgique et avaient établi une longue liste de dictons dont certains sonnent encore à nos oreilles, dont le plus connu est «Noël au balcon, Pâques aux tisons»

De nombreux autres dictons disent la même chose avec des variantes selon les régions. Par exemple : «Quand on mange au chaud le gâteau (de Noël ), on mange les œufs (de Pâques) derrière les fourneaux». Dans le Vivarais on dit «Quand pour Noël soleil, à Pâques tu te rôtis l’orteil» dans le Lot «Quand tu prends à Noël le soleil, à Pâques brûle la buche de Noël» ; en Provence «Qui à Noël cherche l’ombrier, à Pâques cherche le foyer», ou «Qui prend le soleil à Noël, souvent à Pâques se gèle» et encore en Dauphiné «Qui se chauffe au soleil le saint jour, devra brûler du bois quand Pâques aura son tour»

Un peu plus précis est le dicton suivant car il se réfère à l’influence de la lune et de son cycle, que nous rappellent judicieusement les nombreux calendriers lunaires vendus dans le commerce, tous assortis de conseils pour bien jardiner :
«Quand le jour de Noël vient à la lune croissante, fera un bon an ; et d’autant qu’il sera près de la lune nouvelle, d’autant l’an sera meilleur. Mais s’il vient au décroissant de la lune, l’an sera aspre ; et tant plus près du croissant, tant pis sera.»

Nous voilà rassurés pour l’année qui s’ouvre puisque Noël 2009 est en lune croissante et montante et qui plus est ce jour là la lune sera âgée de neuf jours.
Un autre dicton populaire donne des précisions semblables mais plus sujettes à interprétation, voire au doute : «Quand Noël tombe un jeudi charrettes et bœuf tu peux vendre, mais s’il tombe un vendredi, le blé roule sous la cendre». «Quan Nadau es un divendre, lou blad rolo per li cendre» ; Noël 2009 est un vendredi !
Les jours qui suivent Noël constituent un cycle de douze jours que l’on nomme les «ajets» ou «jours du sort» ou encore «jours mâles».

On trouve des traces de cette tradition en Pays de Loire, notamment à Ampoigné en Mayenne et en Anjou dans l'arrondissement de Segré, mais on ne les nomme pas jours d’ajets, mais d’achets. Dans le Bas-Maine : «Entre Nau et l’année c’est le jour des achets.» est un dicton bien connu. Les Vendéens, eux, croient que la température des mois de mars, avril et mai, dépend de celle des 25. 26 et 27 décembre : s’il fait beau le jour de Noël, le mois de mars sera beau; s’il gèle le lendemain, le mois d’avril sera froid: s’il pleut le 27 décembre, le mois de mai sera pluvieux, et vice versa. Ils appellent les 25. 26 et 27 décembre : les agets.

Ce sont ces jours de références qui indiquent, dit-on, le temps qu’il fera pendant les mois de l’année qui suit.

«Regarde comment sont menées
Depuis Noël douze journées
Car suivant ces douze jours
Les douze mois auront leurs cours »
Les ajets de la «petite année
»

L’Almanach des Laboureurs du « bon ermite solitaire » Marc-Antoine Magnus, publié en 1676, nous donne un moyen amusant, sinon «infaillible» pour prévoir le temps qu’il va faire en cette année 2010. Voici le parallèle qu’il nous propose entre des fameux jours du sort et les douze mois de l’année :
« Le jour de Noël représente Janvier : si le ciel est clair, l’année enrichira le vigneron.
« Le 26, Saint Etienne, représente février : si le ciel est clair, mauvaise année ; s’il vente pendant la nuit il y aura peu de vin.
« Le 27, Saint Jean, représente mars : ciel clair ou nuit venteuse, mortalité.
« Le 28, jour des Innocents, correspond à avril : ciel clair, maladies ; nuit venteuse, famine.
« Le 29, saint Thomas, représente mai ; ciel clair, abondance ; nuit venteuse, infirmités.
« Le lendemain, la saint Roger représente juin : ciel clair, abondance de fruits et légumes ; nuit venteuse, abondance de grain.
« Le 31, saint Sylvestre, représente juillet : ciel clair, poissons, abondance de grain et vin rares ; nuit venteuse, disette.
« Le jour de l’an représente août : ciel clair, gibier ; nuit venteuse, mortalité.
« Le 2, l’octave de Saint Etienne, représente septembre : ciel clair, les animaux donnent profit ; nuit venteuse, peste sur le bétail et les abeilles.
« Le 3, l’octave de Saint Jean, représente octobre : ciel clair, octobre lourd et orageux.
« Le 4, l’octave des saints Innocents, correspond à novembre : ciel clair, épidémies ; nuit venteuse, mortalité.
« Le 5, veille des Roys, représente décembre : ciel clair, guerre ; nuit venteuse, corbeaux et loups auront pâture à souhaits
»

Selon les régions on note des variantes de cette pratique très ancienne. Ici la température du jour de Noël préfigure celle du mois de janvier de la nouvelle année. Là, le lendemain de Noël, annonce le mois de février, et la Saint-Sylvestre, le 31 décembre, augure du mois de décembre de l'année à venir. Les siècles nous ont laissés plusieurs exemples de ces pratiques qui ont même traversé l’Atlantique. Fin 1696, Pierre Simon dit Delorme, meunier québécois, note ainsi, en vieux français du Québec, le "comportement" des ajets, c'est-à-dire : la température des jours allant de Noël aux Rois- dans son livre de comptes. Voici quelques exemples tirés de son document : ( il ne manque que le bel accent du Québec !)

« jenvié : Le jour de Noil, bo tan calme, frei noire, l'erre du su-sorois »
« fevrié :Lundis, bo tan au matein, tans for noire au norois jusque a midis et peti nordeis, et l'apé-midi, petitte neige jusque soire anviron »
« mars : Mardis, bo tans calme et doux toutte la journé »
« décembre : Judis au matin, nordés et de la neige quelques eure du matin, res de la journée bo tant, petit van de soroi.»

A notre tour d’observer et de noter. Cela nous permettra de faire diversion et de regarder d’un autre œil ou d’entendre d’une autre oreille les prévisions météo que nous distillent les différentes chaînes de télévisions, avec forces alertes pas toujours justifiées, principe de précaution oblige ! …
Pour terminer sur la même note au sujet de la lune et de ses influences sur nos organismes, voici encore quelques conseils qui s’imposent, vu la saison et les fêtes et agapes de la fin de ce mois.
Pour limiter le effets des prises d’alcool, - je ne dirai pas inévitables- ! : prenez une cuillérée d’huile d’olive première pression, à froid avant chaque repas et terminez impérativement chaque repas avec un grand verre d’eau fraîche.

D’ici la Noël suivez une cure d’hiver pour renforcer vos défenses immunitaires. Au choix : shiitake,( un champignon comestible poussant en Extrême-orient sur le bois de divers feuillus, et qui tire son nom de l'arbre shii son hôte historique, champignon qui en plus de son succès commercial et culinaire en raison de son aspect charnu et de son goût de plus en plus apprécié, s'est révélé être un excellent fortifiant général et aurait une action bénéfique sur le système nerveux central, ainsi qu'une action anticancer si j’en crois l'ouvrage Anticancer du psychiatre et chercheur en neurosciences David Servan-Schreiber, avec de plus des vertus immunostimulantes, et riche en glucides, car il contient en outre une substance anti-tumorale, le lentinane, un polysaccharide qui aurait en plus une action réductrice sur le cholestérol. ) ouf.. ça fait beaucoup d’actions ! Plus facile, vous pouvez prendre de la gelée royale, plus accessible, ou du maca, cette racine sacrée du Pérou, un des meilleurs stimulants énergétiques naturels de l'organisme depuis l'Empire Inca pour l'amélioration du bien-être général de chacun de nous. Prenez de la Rhodolia citée la première fois par Dioscoride à l’époque romaine, et que les botanistes scandinaves et russes ont décrit comme fortifiant, tonique, énergisant, oxygénant, aphrodisiaque, stimulant, et pouvant remplacer le ginseng !!! Prenez de la levure de bière et de la vitamine C. Buvez beaucoup d’eau.

A partir du début janvier, après l’éclipse de lune du 31 décembre, moment où il vaut mieux rester au calme, et jusque au 13, la période se situant en lune décroissante, ce sera un moment favorable à l’organisme pour éliminer, et donc pour faire un grand nettoyage en faisant par exemple une cure de Sylimarine (chardon-marie) ou de Chrysantellum, pour prévenir d’éventuels troubles hépatiques. Vous trouverez cela en vente dans les magasins de diététique. Buvez beaucoup de tisanes de romarin ou d’origan (ou de marjolaine), dans la journée. Le soir, une infusion de tilleul, de sauge ou d’aubépine. Continuez la prise de levure de bière. Parfumez vos plats au basilic.

Enfin, alternez les bains aux huiles essentielles de romarin et de citron, de genévrier, de pin sylvestre ou de pamplemousse, vous ne vous en porterez que mieux !
Avec ces conseils ne croyez surtout pas que je me prends pour la chanteuse Rika Z., ni que je fais de la publicité pour un célèbre docteur de Fleurance, et encore moins pour la Vie Claire. Mais c’est vrai qu’étant d’Uzès je pense à Moïse Charras et à sa pharmacopée, bien qu’elle visait surtout, au 17e siècle, à rendre publique la préparation de la fameuse thériaque qui n’a rien à voir avec tout ce que je viens d’écrire et qui protégeait contre un tout autre poison que la grippe qui a bien commencé à se manifester. Avec tous ces conseils vous devriez pouvoir vous garantir contre elle peut-être et sans nécessairement vous faire vacciner et envers les influences lunaires. Vous devriez ainsi passer, un bon hiver ; je le souhaite pour chacun et chacune de vous.
Et per aquesté an que tot ané plan per toutes nous aoutres et a l’an que ven, se sian pas maï que séguen pas men !

Addisias.
Jean Mignot le 30 novembre 2009