samedi 25 avril 2009
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réunion
réussir à réunir le beffroi de saint-Eloi et la façade de l'église, plus qu'un tour de force, un gros coup de bol.
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vendredi 24 avril 2009
L'Australie donne cinq millions d'euros pour créer un «chemin de mémoire»
Lors de sa visite hier au monument de Pozières, dans la Somme, Alan Griffin, ministre des Anciens Combattants australien, a annoncé le déblocage d'une enveloppe de 5,4 millions d'euros (10 millions de dollars australiens) sur quatre ans pour la création d'un « chemin de mémoire ». Sur le parcours, qui va de la Somme à la Belgique en passant par le Nord - Pas-de-Calais, sept sites seront revalorisés (1).
«Par la création de ce chemin, nous voulons mieux informer sur ce que les soldats ont vécu pendant la Première Guerre mondiale. C'est important pour nous, car sur le front occidental, nous avons perdu 46 300 hommes», a-t-il déclaré. Au total, 62 000 soldats australiens sont tombés pendant ce conflit. «Il y a deux moments-clés pour les Australiens, explique Frédérick Hadley, attaché de conservation à l'Historial de la Grande Guerre à Péronne. Le débarquement à Gallipoli (Turquie) en 1915 et l'arrêt des troupes allemandes à Villers-Bretonneux (Somme), trois ans plus tard. Le premier fut un échec mais marque l'histoire du pays parce que c'était la première fois que les Australiens combattaient en tant que nation. Puis en 1918, ils vont stopper la progression allemande qui venait de percer le front allié. S'ils n'avaient pas été là, Amiens serait sûrement tombée. Entre ces deux dates, les troupes stationneront près d'Armentières, dans le Pas-de-Calais et en Belgique.» Le devoir de mémoire, Canberra en fait une priorité.
Deux communes de la région se verront attribuer des fonds pour réhabiliter leurs monuments commémoratifs.
Fromelles et Bullecourt
Fromelles (près de La Bassée) édifiera un nouveau cimetière en 2010, pour accueillir les corps des quatre cents soldats retrouvés lors de fouilles archéologiques l'année dernière. Et le village de Bullecourt (dans l'Arrageois), où sont tombés pendant la Grande Guerre quelque 10 000 soldats australiens. Jules Laude, maire, annonce que «la surface du musée passera de 67 à 210 mètres carrés, avec l'édification d'un nouveau bâtiment.» Construit par son prédécesseur dans une étable, le musée commençait à être un peu juste pour accueillir les milliers d'Australiens qui viennent là chaque année.
Le ministre Alan Griffin espère bien que ses partenaires français s'allieront au projet, comme eux avaient aidé la France à l'époque.
SARAH BINET
1. - Les sept sites du chemin de mémoire : Villers-Bretonneux, Mont-Saint-Quentin, Pozières, Fromelles, Bullecourt, Ypres et Tyne Cot (Belgique).
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jeudi 23 avril 2009
mardi 21 avril 2009
De la lune rousse et des saints de glace 2009
La lune rousse c’est la lune qui commence en avril, après la fête de Pâques, et finit à la lune suivante. Mais contrairement à ce que j’ai vu écrit, y compris sur des sites internet pourtant d’apparence sérieux, il faut bien prendre comme référence la lunaison, c'est-à-dire l’intervalle séparant deux nouvelles lunes, intervalle qui a une durée de 29 jours, 12 heures, 44 minutes et 2,9 secondes. Et non pas d’une pleine lune à une autre pleine lune. Ceux qui écrivent cela n’ont rien compris à la lune, même s’ils se permettent de donner des conseils pour jardiner. Il fallait le dire… ! Cette année la nouvelle lune commencera le 25 avril pour se terminer le 24 mai, c'est-à-dire qu’elle va recouvrir exactement cette fameuse période dont je vais vous entretenir, dite de «la lune rousse» période où défilent tous les «saints de glace» et les «Rogations» hélas disparues aujourd’hui par décision vaticane. Il faut de plus croiser ces fêtes et leurs dictons non seulement avec les phases de la lune, nouvelle, croissante, pleine, décroissante ou vieille, mais aussi avec l’incidence des nœuds lunaires, du périgée, et de l’apogée.
Tous les calendriers lunaires qui reviennent à la mode, nous disent que, quand la pleine lune ou la nouvelle lune ont lieu au périgée, c'est-à-dire au point de son parcours où son éloignement de la terre est au minimal, il y a danger de perturbations, ce jour-là ou les jours qui suivent. Ces mêmes calendriers disent aussi que le passage de la lune au nœud lunaire, c'est-à-dire au moment où le plan de l’orbite lunaire coupe le plan sur lequel se déplace la terre dans sa marche autour du soleil, est aussi une période de perturbations. Ce sont ces points d’observation qui m’ont permis depuis le mois de janvier cette année de prédire les périodes de mauvais temps que nous avons traversées. Ce sont les perturbations que nous venons de vivre encore les 16, 17 et 18 avril avec l’apogée le 16 et un nœud lunaire le 18.
Les dictons sur le temps ont été écrits après que nos anciens aient observé que des phénomènes atmosphériques se produisaient de façon répétitive chaque fois que la lune se trouvait dans une même configuration. Cela ne se reproduit pas nécessairement chaque année, puisque la lune, ne revient dans la même situation autour de la terre et dans l’univers planétaire que tous les 19ans, selon le cycle de Méton. La référence à tel ou tel saint du calendrier était tout simplement un procédé mnémotechnique. Ne l’oublions pas la vie était rythmée essentiellement par les fêtes liturgiques et la journée au rythme de l’Angélus. On ne peut donc parler de ces dictons sur le temps qu’en étroite référence avec la position de la lune dans le ciel. C’est pourquoi mes chroniques chaque mois et chaque année sont un peu différentes. Il conviendrait d’ajouter à cela les observations sur le réchauffement de la planète et d’autres considérations plus savantes. Je préfère pour ma part me référer à la lune, c’est plus poétique, et c’est quelquefois vrai pour le temps, et presque toujours vrai pour les plantes… et même pour l’humeur de certaines personnes ! C’est bien connu. La police pourrait attester des problèmes qu’elle enregistre les nuits de pleine lune, et nous connaissons tous des gens «mal lunés».
«Lune rousse, vide bourse» ; «lune rousse, rien ne pousse» ; «Gelée de lune rousse de la vigne ruine la pousse» ; «Récolte n’est point assurée que la lune rousse soit passée».
La lune rousse est plus redoutée que les autres parce qu’elle se situe au moment où le printemps arrive, la sève des plantes monte et nos humeurs aussi. Et elle a de ce fait plus d’influence que d’autres lunaisons. C’est pendant la lunaison de la lune rousse que nous allons rencontrer les saints de glace. Et leur effet sera d’autant plus grand qu’ils vont ou non coïncider avec les périodes dont je viens de vous entretenir. S’il faut parler d’influence, c’est bien en effet de celle de la lune et non de ces braves saints qu’il faut parler.
Pourquoi rousse ? Ce n’est pas à cause de sa couleur qu’on appelle la lune «rousse». C’est souvent en avril une lune pâle et blême. C’est bien à cause des effets qu’elle produit sur les plantes qu’elle est «rousse»..
Les calendriers lunaires nous donnent une bonne explication. En cette période de l’année, le soleil déjà haut reste de plus en plus avec nous (+1h30 pour le mois d’avril). Quand le ciel est dégagé, le thermomètre indique 19 ou 20 degrés comme ces derniers jours, voire plus, en plein milieu de la journée. Les petites pousses et les fruits en formation se gorgent de chaleur. Mais la terre met très longtemps à se réchauffer. Quand le soleil se couche, le froid se rétablit. C’est très net ces derniers jours dès 17h/18h. La terre n’a pas encore de chaleur à restituer. Progressivement une rosée recouvre les végétaux. Elle peut devenir glaciale au lever du jour. Le thermomètre indique alors 5° à 0°, voire en dessous. Les jeunes espoirs de récolte sont détruits. Les petites poussent prennent une apparence de roussi. Les embryons de fruits deviennent noirs à l’intérieur de l’ovaire. Ne rangez donc pas les protections de vos plantes et arbres avant la fin de la lune rousse. Elles peuvent toujours être utiles la nuit. Et de grâce, n’appelez pas : «lune rousse» les belles lunes que vous voyez se lever par certains beaux soirs d’été. Cela n’a rien à voir ! Nos services de météorologie qui ne regardent pas la lune en dehors de leurs écrans informatiques, en tous cas qui n’en parlent vraiment pas très souvent, ne nous préviendront de telle ou telle perturbation que si le satellite le dit ! Dans leurs bureaux aseptisés et climatisés ils en oublient les climats !
Voici à propos de la lune rousse une anecdote amusante et une explication complémentaire.
«Je suis charmé de vous voir réunis autour de moi, disait un jour Louis XVIII à une députation du Bureau des Longitudes qui étaient allés lui présenter la «Connaissance des temps et de l’annuaire», car vous allez m’expliquer nettement ce que c’est que la lune rousse et son mode d’action sur les récoltes»
Le savant Laplace, à qui s’adressait plus particulièrement ces paroles, resta comme atterré ; lui qui avait tout écrit sur la lune, n’avait en effet jamais songé à la lune rousse. Il consultait ses voisins du regard mais, ne voyant personne disposé à prendre la parole, il se détermina à répondre lui-même : «Sire, la lune rousse n’occupe aucune place dans les théories astronomiques ; nous ne sommes donc pas en mesure de satisfaire la curiosité de Votre Majesté.»
Le soir, dans les salons du palais, pendant son jeu, le Roi dont on connait l’esprit vif et piquant, s’égaya beaucoup de l’embarras dans lequel il avait mis les membres de son Bureau des Longitudes. Laplace l’apprit. Vexé, il vint demander à Arago s’il pouvait l’éclairer sur cette fameuse lune rousse qui avait été le sujet d’un si désagréable contretemps. Arago alla aux informations auprès des jardiniers du Jardin des Plantes et d’autres cultivateurs, et voici le résultat des investigations que le grand savant a ensuite rédigées et qui ont été publiées par Flammarion dans l’ouvrage : «Astronomie populaire»:
«Dans les nuits des mois d’avril et mai, la température de l’atmosphère n’est souvent que de 4, de 5 ou de 6 degrés centigrades au-dessus de zéro. Quand cela arrive, la température des plantes exposées à la lumière de la lune, c'est-à-dire à un ciel serein, peut descendre au dessous de zéro, nonobstant l’indication du thermomètre. Si la lune, au contraire, ne brille pas, si le ciel est couvert, la température des plantes ne descend pas au-dessous de celle de l’atmosphère, il n’y aura pas de gelée, à moins que le thermomètre n’ait marqué zéro, pour d’autres raisons. Il est donc vrai, comme les jardiniers le prétendent, qu’avec des circonstances thermométriques toutes pareilles, une plante pourra être gelée ou ne l’être pas, suivant que la lune sera visible ou cachée par des nuages ; si les jardiniers se trompent, c’est seulement dans les conclusions : c’est en attribuant l’effet à la lumière de l’astre. La lumière lunaire n’est ici que l’indice d’une atmosphère sereine ; c’est par suite de la pureté du ciel que la congélation nocturne des plantes s’opère ; la lune n’y contribue aucunement ; qu’elle soit couchée ou sur l’horizon, le phénomène a également lieu. L’observation des jardiniers était incomplète, c’est à tort qu’on la supposait fausse.»
Les savants viennent ici au secours de la sagesse populaire qui avait fait les mêmes observations depuis belle lurette ! et aussi des poètes.
Il y a fort à parier que la référence à cette couleur rousse fait allusion aussi au caractère maléfique (supposé !) de notre amie céleste, pourtant si «douce au miséreux et aux amoureux» comme le dit si joliment la fameuse «complainte de la Butte». Car les rousses, disait-on au temps jadis, portaient sur la tête rien de moins que les flammes de l’enfer. Elles étaient suspectes de sorcellerie, redoutées sur les bateaux, accusées de faire tourner le lait et de rancir le beurre. Dès lors rien d’étonnant à ce qu’une rousse, toute planète qu’elle soit, fasse tourner le printemps et rire jaune le jardinier, et jette la désolation au potager !
Cette lune rousse d’avril est plutôt d’ailleurs souvent une lune pâle, de cette pâleur qui «caresse l’opale de tes yeux blasés». Cette lune blême qui «jette un diadème» sur les cheveux roux de la petite mendigote de la rue Saint Vincent, a-t-elle donc vraiment une responsabilité personnelle dans les ravages infligés aux végétaux qui vident la bourse des paysans !
Est-elle vraiment responsable cette lune qui inspire une si belle complainte ? En tous cas l’auteur de la belle Complainte de la Butte avait bien observé le temps : «Mais voilà qu'il flotte, La lune se trotte, La princesse aussi. Sous le ciel sans lune, Je pleure à la brune, Mon rêve évanoui !» .
Voila pour ce qui est de la lune Rousse. Voyons maintenant le cortège des Saints de glace et les processions des Rogations.
Avec Saint Georges le 23 avril, on aborde la période où ils vont sévir. La fête de ce saint est accompagnée d’une kyrielle de proverbes et de dictons sur la pluie. Or la nouvelle lune sera le 25 et le périgée le 28. Gare !
«Pluie de saint Georges, coupe les cerises à la gorge !» ou encore : «S’il pleut à la saint Georges, de cent cerises restent quatorze». Et aussi : «S’il pleut à la saint Georgeau, n’y aura guignes ni bigarreaux».
De toutes les façons, qu'il pleuve ou qu'il vente, pour la saint Georges il faut mettre la "graine" c'est à dire les œufs de ver à soie, que l’on appelles «les borgnes» car ils n’ont pas d’yeux, dans les couveuses, et non plus comme autrefois dans un petit sac pendu sous les jupons des dames ou encore dans leur soutien-gorge… petit sac qu’on glissait la nuit sous l’édredon du lit conjugal. Un vieux proverbe occitan, bien connu en Cévennes, nous dit que pour la saint Marc , le 25 avril, ce sera trop tard. Les plus anciens connaissent bien cela, et particulièrement à Uzès, pays d’élevage des vers à soie, des magnaneries et des filatures, et où les habitants sont appelés «débassaïres», «les faiseurs de bas», surnom justifié par le nombre des filatures présentes sur la ville ! On imagine combien les gelées tardives étaient dramatiques pour les «éleveurs de ver à soie» quand la feuille des mûriers, toute jeune et frêle subissait les assauts du gel. ( Il faut remarquer au passage, que dans le vocabulaire local, on parle plus souvent de «la» feuille et non des feuilles…)
Le 25 avril c’est la Saint Marc: «s’il pleut le jour de la saint Marc, les guignes couvriront le parc» ; ou encore : «A la saint Marc s’il tombe de l’eau, il n’y aura pas de fruits à couteau». C’est à dire de fruits dont on enlève la peau avec un couteau pour les manger. «Marquet (Marc), Georget (Georges), et Philippet (Philippe), sont trois casseurs de Gobelets».
Saint Philippe était autrefois fêté le 1er mai. Pourquoi casseurs de gobelets ? Parce que le froid ou la grêle ces jours–là est néfaste pour la vigne, donc au vin, donc aux pichets et aux gobelets. On dit encore : Trois saints dont faut se méfier »…Saint Robert le 29 avril : «Gelée de saint Georges, saint Marc, saint Robert, récolte à l’envers.»
Mais on dit aussi : «La pluie de saint Robert, du bon vin emplira ton verre.»
Si donc il pleut à ce jour-là, tout ne sera pas négatif…Par contre s’il pleut ensuite pour les saints suivants ce sera différent :
Le 30 avril pour Saint Eutrope (ou Tropet) : «saint Eutrope mouillé, Cerises estropiées.»
Du 23 avril au 6 mai, ces saints sont aussi appelés «les saints cavaliers» ou «les saints chevaliers» ou encore, selon Rabelais : «les saints gresleurs et gasteurs de bourgeons».
«Les saints de glace» ne seraient, selon certaines interprétations, que les suivants, dont la liste se déroule en mai soit pour les derniers jours de la lune rousse, et en particulier, ceux dont on parle le plus les 11,12 et 13 mai : «Mamert, Servais et Pancrace, voilà les trois saints de glace,» dont je reparlerai le mois prochain. Ils sont les plus célèbres et on limite trop souvent les saints de glace à eux seuls : «Les Servais, Pancrace et Mamert à eux trois, un petit hiver". Aujourd'hui encore les agriculteurs et les jardiniers ne négligent pas ce vieux dicton: «Attention, le premier des saints de glace, souvent tu en gardes la trace." Or la pleine lune en mai sera le 9 avec l’apogée le 14 et un nœud lunaire le 15. Il faudra regarder ce qui va se passer. «Méfiez-vous de saint Mamert, De saint Pancrace et de saint Servais, Car ils amènent un temps frais et vous auriez regret amer». » mais ne cherchez plus leurs noms dans vos calendriers. Ils ont été remplacés par Estelle, Achille et Rolande. Cette substitution fut décidée après le dernier concile Vatican II lorsqu’on nettoya le calendrier de tous les personnages «douteux» qui avaient souvent donné lieu à des pratiques rituelles peu conformes avec la liturgie et entachées de fond païen. C’est ainsi que ces saints de glace si réputés furent rayés de nos calendriers, ainsi que les Rogations. Les supprimer n’a rien changé au temps et aux influences de la lune.
Le mauvais temps et les dégâts qu’il a souvent entraîné, en ces périodes, avait inspiré à saint Mamert, évêque de Vienne, en Dauphiné, vers 420-477 des prières et des litanies parce que des calamités avaient ravagé les fruitiers de la vallée du Rhône. Ce sont les fameuses «Rogations» qui ont été étendues à toute la chrétienté en 816, pour les trois jours avant la fête de l’Ascension. C’est à dire cette année les 18, 19 et 20 mai, en pleine lunaison de «lune rousse».
Avec cette réforme de Vatican II, disparut aussi un des rares vestiges de ces chants et rites gallicans, chants chrétiens primitifs de la Gaule franque, qui s’étaient maintenus malgré la réforme et la mise en place du Grégorien. Il s’agit d’une sorte de mélopée répétitive, proche des mélodies arabes ou byzantines, sur une gamme de notes très simples, articulée autour des notes ut, mi, sol, lancée par un soliste et reprise par la foule, et qu’on appelle litanies. Ces chants sont encore présents dans les liturgies byzantines, et on les retrouve dans le cérémonial du vendredi saint, ou dans le chant des litanies des saints que l’église chante pour ses plus importantes cérémonies, et qui sont souvent si mal interprétées en français, notamment sans rythme.
Qui se souvient encore de ces petits matins de mai ou curé et parfois vicaires, enfants de chœur et paroissiens, partaient en procession derrière la croix, à travers champs et prés au rythme de «Ut nobis parcas» ou «Ut fructus terrae, dare et conservare digneris» «Te rogamus audi nos». Les fidèles quittent leur domicile pour s’unir à la procession. La supplication des litanies s’élève dans le calme du matin. Nous t’en prions, nous t’en supplions Seigneur, protège les fruits de la terre, écoute nous ! Le curé à coups de goupillon bénit les moissons en herbe, les arbres en fleurs et les animaux qui paissent. La procession s’arrête parfois devant les fontaines et les puits, dans lesquels le prêtre jette du sel pour les purifier. On porte ici ou là les reliques du saint local. . Beau temps le premier jour des Rogations était un heureux présage pour le foin, le deuxième pour la moisson, le troisième pour les vendanges. Pendant ces trois jours on prenait garde de ne pas faire la lessive : «Celui qui lessive aux Rogations sera au lit aux moissons». Un autre proverbe plus menaçant affirme «Quand on lave aux Rogations, il sort un corps de la maison !».
A la fin de la série, en fin de la lunaison cette année 2009, le 24, Il y a un quatrième saint de glace, saint Urbain le 25 mai, qui annonce la fin des possibles gelées : «Le vigneron est rassuré qu'une fois la saint Urbain passée»
Si on regarde l’histoire de la météo, ou si votre grand-père a noté le temps, surtout dans les régions où cette période, revêtait une importance capitale, comme ici à cause de l’élevage des vers à soie, pour lesquels il faut de la chaleur, mais aussi des feuilles de mûriers fraîches, vous trouverez que, en l’année 1897, par exemple, du 11 au 13 mai, il a gelé, et les dégâts ont été d’autant plus importants que l’hiver avait été bénin, et que la végétation était bien avancée ! Cette année là le Cher avait été dévasté. Les vignes avaient gelé, ainsi que les pommes de terre, les haricots et les fraisiers. A Angers, la gelée avait ravagé les cultures au sud de la Loire mais épargné celles qui se situaient au nord du fleuve ! Dans notre région du Gard les feuilles de mûriers avaient gelé et avaient fait défaut pour nourrir les vers à soie…Ce fut une catastrophe. Dans nos histoires locales, on trouve partout traces de ces gels dus aux méfaits des saints de glace, mais surtout à la lune rousse.
Alors prenons notre mal en patience, car : «On n’est pas sorti de l’hiver qu’avril n’ait montré son derrière». Pour le moment, réjouissons-nous des pluies d’avril si bénéfiques même si elles gênent les vacanciers !
Addisias !
Jean Mignot le 21 avril 2009
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jeudi 16 avril 2009
Au premier étage de l'hôtel de ville de Dunkerque, une fresque aux couleurs vives attire l'oeil. Se confrontent et se renvoient deux images de Dunkerque... Le port au Grand Siècle et celui des années 50, liés par les armes de la ville... Il en manque une troisième, celle des docks désertés et des darses vides...
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Irréelle, la plastique superbe et douce, le regard pénétrant... Tout serait pour le mieux pour cette presqu'icône de la sensualité si l'on ne s'apercevait finalement qu'elle est complètement ... chauve ! Alors, future mode à lancer ou propriétaire fan d'Ionesco ?
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entre reflets et rencontres
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scandaleuse culture dunkerquoise
Pour une fois, l'humble pérégrin que je suis décide de vaticiner ailleurs que sur les quais à la recherche de la mouette parfaite... Passant au marché encombré d'étals et de clients, un peu oppréssé, je me décide à pousser la porte d'entrée du musée des Beaux-Arts de Dunkerque. Après tout, cela fait longtemps que je n'y suis pas allé... et le temps passe vite... Première surprise, le prix : 4,5 euros... presque un paquet de clopes... Bon on paye et on déambule au rez-de-chaussée... La personne chargée de l'accueil est sympathique mais la caisse bugue, pas de ticket et galère pour trouver la monnaie: le musée n'a semble-t-il pas de pièces pour un rendu sur 10 euros, ni même de quoi rendre sur 5 d'ailleurs... On croit rêver... On entame donc la visite. Première bonne impression, la momie égyptienne du bas-Empire Romain est bien mise en valeur (mais on ne peut plus en faire le tour complet) et l'esquisse de la statue de Jean Bart de David d'Angers est sur un piedestal bien éclairé qui permet d'en faire le tour... Dans quelques vitrines, quelques objets chers aux Dunkerquois sont exposés : l'épée du bourreau de la ville, des poignées du cercueil de Jean Bart, quelques pièces d'orfévrerie... Plus loin, des objets ethniques épars puis une expo sur la foi... Bon, on avance, on passe dans un couloir sombre pour voir un curieux mélange : le Martin des Batailles sur l'inauguration de l'écluse de Mardyck sous un éclairage jaune pisseux, quelques tableaux, le portrait de Faulconnier et un exemplaire de son ouvrage sur Dunkerque puis au centre du musée, un vaste monument d'autosatsifaction sur la nouvelle politique de la ville et les projets de transformation de l'hypercentre dont on se demande ce que cela fait là et si cela n'aurait pas plus sa place dans le hall central de la Communauté Urbaine... On veut ensuite aller à l'étage voir les tableaux des XVII et XVIIIe siècles et là... c'est le drame.
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Deux chaises barrent l'accès... Du jamais vu pour moi qui ait souvent traîné mes guêtres dans ce musée dans ma prime enfance...
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Retour vers la caisse et l'on demande pourquoi cette interdiction. Sourires gênés... Un gardien accepte de monter à l'étage avec moi et fait le tour. A ce qu'il semble, cela fait au moins trois ans (selon les personnes avec qui j'ai discuté) que l'étage est fermé pour "rénovation"... Ce que je vois m'effraie. Les statues sont repoussées contre les murs. Les tableaux, là au moins éclairés par la lumière naturelle, sont soit sur les murs, soit posés au sol attendant un hypothètique accrochage... L'on se demande même si l'étage n'est pas devenu une extension de la réserve dont on suppose qu'elle doit recéler de véritables trésors. On y trouve à l'étage le premier buste de Jean Bart, celui de Voltaire... les grands tableaux classiques et ceux qui relatent l'histoire de la ville... A ce qu'il parait, je suis ce mercredi le 3e visiteur de la journée, et encore il n'est que 15h 30 passé... Je me doute que pour les personnes chargées de veiller aux salles, le temps doit être long... D'ailleurs, on ne se bouscule pas dans les allées du rez-de-chaussée... Alors je me dis que ce musée est à l'image de la vénérable momie qui m'a fait rêver dans mon enfance (et que j'aimerai tant avoir chez moi, c'est bête mais cette petite pretresse rouquine m'a toujours attiré)... Et de poser des questions aux édiles : vouloir faire de Dunkerque un pôle d'excellence pour l'art contemporain est une chose mais cela signifie-t-il qu'il faille abandonner tout ce qui n'est pas tendance, c'est-à-dire contemporain, abstrait et interprétable seulement par de rares initiés et soit disants élites? Ne privilégier que l'art abstrait (et parfois abscons) dans cette ville, n'est-ce-pas créer un apartheid culturel ?
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Wallpaper 1440 * 900 : Jean Bart
Pratiquement l'image du père pour les Dunkerquois, le chef d'escadre tant aimé du Roi-soleil continue de brandir fièrement son sabre d'abordage.
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Remisé désormais dans l'étage fermé au public, le premier buste de Jean Bart qui ait été inauguré à Dunkerque tombe dans l'oubli...
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Résistance
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en attente
Pas l'heure d'arriver au port de Dunkerque, entre marée et blocus des pecheurs, certains doivent patienter en rade...
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Bordée à bordée, les derniers pécheurs entrent en résistance dans le chenal du port est de Dunkerque.
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lundi 13 avril 2009
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4 bougies !!!!
Voilà, ce matin, Histoires du Nord se réveille fort de ses 4 années d'existence... Plus de 210.000 pages téléchargées, plus de 126.000 visiteurs dont 17.500 habitués... Pas mal, non? Peut-être ... mais c'est grâce à vous chers lecteurs...
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samedi 11 avril 2009
une ville, un port
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au repos
Et les laboureurs de la mer de prendre un peu de repos, laissant les chaluts sur le pont des navires endormis, sur une mer calme à l'abri d'un havre flamand.
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affliction
Moment de calme, de recueillement où pierres et bronze, dans le silence sépulcral, semblent avoir arrêté le temps et où les souvenirs déferlent, content des histoires au plus secret du cimetière de Bailleul...
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vendredi 10 avril 2009
On se le demande, non?
Qu'est-ce qui peut bien faire que les hommes soient toujours les plus heureux?
...
- Leur nom de famille ne change pas.
- Le garage entier est à eux.
- Le chocolat est un snack comme un autre.
- Ils peuvent devenir président.
- Ils ne peuvent jamais être enceinte.
- Ils peuvent porter un T-shirt blanc dans un parc aquatique sans aucune crainte.
- Ils peuvent même ne pas porter de T-shirt du tout dans un parc aquatique.
- Les mécaniciens leur disent la vérité.
- Le monde est leur urinoir.
- Ils n'ont jamais à conduire jusqu'à une autre station essence pour faire pipi parce que les toilettes de la précédente étaient trop dégueulasses.
- Ils ne sont pas obligés de réfléchir au sens dans lequel un écrou doit être tourné.
- Même travail, plus de paye.
- Les rides leur donnent de la personnalité.
- Robe de mariée 2000 $, location de smokings 50$.
- Les gens ne fixent pas leur poitrine quand ils leur parlent.
- Le chaussures neuves ne leur donnent pas d'ampoules
.- Une seule humeur, tout le temps.!
- Les conversations téléphoniques sont finies en 30 secondes.
- Ils savent des choses sur les chars d'assaut...
- Ils n'ont besoin que d'une valise pour des vacances de cinq jours.
- Ils peuvent ouvrir leur propre pot de confiture.
- Le moindre geste agréable de leur part leur vaut de la reconnaissance.
- Si quelqu'un oublie de les inviter, cette personne peut quand même rester leur ami(e).
- Leurs sous-vêtements coûtent au plus 15$ pour 1 paquet de 3.
- Trois paires de chaussures sont plus que suffisantes.
- Ils n'ont presque jamais de problèmes de bretelles en public.
- Ils sont incapables de voir si leurs vêtements sont froissés.
- Tout sur leur visage reste de la même couleur tout le temps.
- La même coupe de cheveux dure des années, peut-être même des décennies.
- Ils n'ont que leur visage à raser.
- Ils peuvent jouer avec des joujoux toute leur vie.
- Un seul sac ou portefeuille et une paire de chaussures peut importe la couleur.
- Une seule couleur pour toutes les saisons.
- Ils peuvent se promener en short, quel que soit l'état de leurs jambes.
- Ils peuvent s'arranger les ongles avec un canif de poche.
- Ils ont le libre choix concernant le port d'une moustache.
- Ils peuvent faire les courses de Noël pour 25 personnes en 25 minutes le 24 décembre.
...
Et on se demande pourquoi les hommes sont plus heureux..
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mercredi 8 avril 2009
dimanche 5 avril 2009
Et Jean Bart devint noble
- En 1675, ayant le commandement d'une galiote armée en course, et montée seulement de 2 pièces de canon et de 36 hommes d'équipage, il enleva à l'abordage dans le Texel, une frégate de 18 canons et de 65 hommes, venant d'Espagne.
- En 1676, ayant eu le commandement de la frégate "la Royale", armée en course et montée de 10 pièces de canon, il prit une frégate hollandaise nommée "l'Espérance", de 12 canons, qui servait de convoi de Hollande à Hambourg; ensuite de quoi, étant allé croiser, contre la pêche desdits hollandais, il en détruisit 670 après avoir battu 2 convois, dont il en enleva un monté de 18 pièces de canon, nommé "la Bergère".
- En 1677, commandant la frégate "la Palme", montée de 18 canons, il enleva après 3 heures de combat très opiniâtre, la frégate le "Swanensbourg" monté de 24 canons servant de convoi de Hollande en Angleterre et prit 16 navires marchands, quoiqu'il eut plus de 100 hommes morts ou blessés.
- Au mois de septembre de la même année, commandant la dite frégate "la Palme", il prit à l'abordage un vaisseau hollandais nommé le "Neptune" de 36 canons, quoique beaucoup plus fort en artillerie que ladite frégate; en considération de quoi nous lui donnâmes une médaille et une chaîne d'or.
- Au mois de mars 1678, ayant eu le commandement de la frégate "le Dauphin" de 14 canons, ayant fait rencontre d'un vaisseau de guerre hollandais nommé le "Sehedair", monté de 32 canons, servant de garde-côte devant le Texel, ce vaisseau ayant voulu l'enlever, il combattit avec tant de valeur qu'il le prit à l'abordage et reçut plusieurs blessures en cette occasion. Il prit pendant le reste de l'année 3 corsaires d'Ostende, et depuis ladite année 1678 jusqu'à l'époque de la paix, il coula bas, fit échouer, brûla, rançonna et emmena au port de Dunkerque un grand nombre de navires ennemis, dont les registres de l'Amirauté de ladite ville sont chargés.
- La paix étant survenue, ses belles actions nous convièrent à le prendre à notre service, et lui ayant donné le commandement de la frégate "la Vipère" de 14 canons, pour croiser contre les Saletins, il en prit une de 16 canons et de 130 hommes.
- La guerre étant déclarée contre l'Espagne, nous lui donnâmes le commandement de la frégate "la Serpente" avec laquelle il prit un vaisseau où il y avait 350 soldats espagnols. Ensuite de quoi, ayant eu ordre de s'embarquer avec le sieur d'Amblimont, sur le vaisseau "le Modéré", pour la campagne de Cadix, il contribua à enlever 2 vaisseaux de guerre espagnols; dans laquelle occasion, il fut blessé à la cuisse d'un coup d'éclat.
- Enfin, la guerre qui est allumée aujourd'hui étant survenue, il eut le commandement de la frégate "la Railleuse"de 16 canons, avec laquelle il a fait beaucoup de prises considérables. Il fut blessé même très dangereusement, en escortant, par notre ordre, une flotte de navires marchands, du Havre à Brest.
- En 1690, commandant le vaisseau "l'Alcyon", de 36 canons, il détruisit la pêche et coula bas plusieurs pêcheurs hollandais; il prit, en venant à Dunkerque, 2 vaisseaux qui portaient en Angleterre 450 soldats danois; ensuite de quoi il fut à Brest et de là en Irlande sous les ordres de feu M. d'Amfreville, lors lieutenant général en nos armées navales; et ensuite servant dans la Manche, il eut ordre, après la défaite de l'armée anglaise et hollandaise, d'aller à l'Elbe chercher 2 navires que nous avions fait charger de cuivre, armes et autres munitions de guerre,et ayant eu avis d'Hambourg que les vaisseaux n'étaient pas prêts, il alla croiser pendant 15 jours. Il rançonna pour 43 000 écus de navires revenant de la pêche de la baleine, et ramena lesdites rançons à Dunkerque.
- En 1692, ayant eu le commandement de 7 frégates et d'un brûlot, 32 vaisseaux de guerre anglais et hollandais bloquèrent le port et la ville de Dunkerque, mais il trouva le moyen de passer et le lendemain, il enleva 4 vaisseaux anglais richement chargés qui allaient en Moscovie. Ensuite, il alla brûler 86 bâtiments, tant navires qu'autres vaisseaux marchands; et ayant fait une descente vers Newcastle, il brûla environ 200 maisons et emmena à Dunkerque 500 000 écus de prises.
- Sur la fin de ladite année 1692, ayant été croiser au Nord avec 3 vaisseaux, il fit rencontre d'une flotte hollandaise venant de la mer Baltique, chargée de blé, escortée par 3 navires de guerre, il attaqua ces convois, il en prit un après avoir mis les 2 autres en fuite. Il prit 16 vaisseaux de ladite flotte, chargés de blé, seigle, orge, goudron et autres marchandises qu'il emmena à Dunkerque.
- En 1693, ayant eu le commandement du vaisseau "le Glorieux" de 62 canons par l'amiral Tourville qui surprit la flotte de Smyrne, et s'étant trouvé séparé de ladite flotte, et ayant rencontré près de Faro, 6 navires hollandais, savoir , un de 50 et les autres de 42, 36, un de 26 et 24 canons, tous richement chargés, il les fit échouer et brûler ensuite, après quoi, ayant désarmé à Toulon, il se rendit à Dunkerque. Suivant nos ordres, il partit pour Vleker, où il eut le commandement de 6 de nos vaisseaux, pour emmener en France une flotte chargée de blé, qu'il conduisit heureusement à Dunkerque, quoique les Anglais et les Hollandais eussent de grosses escadres à la mer pour l'en empêcher.
- Enfin, étant parti le 28 juin de la présente année avec les mêmes 6 vaisseaux de guerre pour aller chercher une flotte de blé à Vleker, cette flotte qui était partie dudit lieu au nombre de 100 et quelques voiles sous l'escorte de 3 vaisseaux danois et suédois, fut rencontrée entre le Texel et le Flix par le contre-amiral de Frise, le sieur Hides, qui commandait une escadre de 8 vaisseaux de guerre, et s'était déjà emparé de ladite flotte; mais le lendemain, le sieur BART le rencontra à la hauteur du Texel, et comme il s'agissait de faire une action aussi éclatante qu'utile pour le bien de notre service et le soulagement de nos sujets, il prit la résolution de le combattre quoiqu'inférieur en nombre et en artillerie et, ayant abordé le contre-amiral, il l'enleva aussi bien que les autres qui furent enlevés par les autres de l'escadre dont nous lui avions confié le commandement; et ainsi il se rendit maître des bâtiments dont il s'était emparé et il conduisit à Dunkerque les vaisseaux chargés de blé qui étaient destinés pour ladite ville avec les 3 vaisseaux de guerre hollandais qui ont été pris en cette occasion, montés l'un de 58 pièces de canon, l'autre de 52 et le troisième de 34.
Une action aussi distinguée, jointe à plusieurs autres qui l'ont signalé par tant de fameux exploits nous convient à lui donner des marques de l'estime que nous faisons de sa parole, et de la satisfaction que nous avons de ses services en l'honorant du titre de noblesse, afin d'augmenter, s'il est possible, l'ardeur qu'il a de se signaler et de donner en même temps de l'émulation à nos autres officiers de marine et l'envie de l'imiter dans l'espérance de s'acquérir et à leur famille, un semblable honneur.
A ces causes, voulant reconnaître les services importants dudit sieur BART par des marques de distinction qui fassent connaître à la postérité la considération particulière que nous avons pour sa valeur, qu'il a toujours conduite avec tant d'avantage pour le succès des entreprises qu'il a faites pour notre service, de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, nous avons anobli et anoblissons par ces présentes, signées de notre main, ledit sieur Jean BART, ensemble ses enfants, postérité et lignée, tant mâles qui femelles nés et à naître en légitime mariage, que nous avons décoré et décorons du titre et qualité de gentilhomme. Voulons et nous plaît qu'ils soient dorénavant tenus, comptés et représentés pour nobles et gentilshommes, en tout actes et endroits, tant en jugements que dehors et qu'ils puissent dire et qualifier écuyers, et puissent parvenir à tous degrés de chevalerie, titres, qualités et autres dignités de notre royaume; acquérir, tenir et posséder tous fiefs, terres nobles et seigneuries, de tel nom, titre, qualité et nature qu'ils puissent être, jouir de tous les honneurs, prérogatives, privilèges, franchises, libertés, exemptions et immunités dont jouissent les autres gentilshommes de notre royaume, comme s'ils étaient d'ancienne et noble race, tant qu'ils vivront noblement et ne feront acte dérogeant. Permettons audit sieur BART et à sa postérité de porter les écussons et armoiries timbrées, telles qu'elles sont ci empreintes, avec faculté de charger l'écusson de ses armes d'une fleur de lys à fonds d'azur que nous lui avons concédé et concédons par ces présentes, en mémoire et considération de ses signalés services; et icelles faire peindre et graver en ses maisons, terres et seigneuries à lui appartenantes, ainsi que bon lui semblera. Sans que pour ce, il soit tenu de nous payer et à nos successeurs aucune finance ou indemnité dont nous l'avons déchargé et déchargeons, et en tant que besoin serait, nous lui avons fait et faisons don et remise par ces dites présentes.
Si donnons et mandons à nos aimés et féaux, les gens tenant nos cours de parlement, chambre des comptes et cour des aides à Paris, et à tous nos officiers et justiciés qu'il appartiendra, que ces présentes ils aient à enregistrer, et de tout leur contenu faire jouir et user ledit sieur BART et ses enfants, postérité et lignée, tant mâles que femelles, nés et à naître en légitime mariage, pleinement, paisiblement, cessant et faisant cesser tous troubles et empêchements, nonobstant tous édits, déclarations,arrêtés, ordonnances, règlements et lettres à ce contraires, auxquels nous avons dérogé et dérogeons par ces présentes.
Car tel est notre bon plaisir; et afin que ce soit chose ferme et stable, et à toujours, nous avons fait mettre notre scel à ces présentes.
Donné à Versailles, au mois d'août (le 4), l'an de grâce 1694, et de notre règne le cinquante-deuxième.
Louis.
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jeudi 2 avril 2009
Et le soir tombe sur la colonne de la Victoire, 1793 n'est qu'un vague souvenir pour les Dunkerquois...
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du mois d’Avril et du poisson, des Rameaux et de Pâques 2009
Donné à Roussillon, le neufiesme jour d’aoust, l’an de grâce mil cinq cens soixante-quatre. Et de notre règne le quatriesme. Ainsi signé, le Roy en son Conseil. Sébastien de l’Aubespine."
C’est en ces termes qu’il fut décidé que désormais ce ne serait plus au mois d’avril que commencerait l’année civile mais en janvier. Le roi et la Cour étaient à Roussillon en Isère. Catherine de Médicis, profitant de la paix retrouvée entre partis catholique et protestant, avait entrepris un long voyage pour renforcer dans les provinces le sentiment monarchique. Il fallait asseoir l’autorité du jeune roi qui n’avait que 14 ans. La Cour s’installa à Lyon, mais une épidémie de peste l’obligea à trouver refuge dans le château de Roussillon quelques 50 km plus au sud. Le séjour fut agréable, interrompu par quelques séances de travail. Le souverain était accompagné de ses ministres, Michel de l’Hospital et Sébastien de l’Aubespine. On remit sur table une ordonnance relative à la police et à la justice du royaume que le Parlement de Paris avait refusé d’enregistrer. Au cours de ce voyage à travers les provinces, le constat fut fait que selon les coutumes et usages locaux, l’année commençait à des dates variables. tantôt Noël, tantôt Pâques, ou le 25 mars comme à Vienne, ou encore au 1er mars. Il semblait nécessaire pour l’unité du Royaume d’uniformiser cela. On ajouta un article 39 qui stipulait que l’année commencerait désormais le 1er janvier. Cette disposition fut appliquée plus ou moins rapidement : à Paris en 1567 et à Beauvais en 1580… Les nouvelles ne circulaient pas aussi vite qu’aujourd’hui, sans télévision et sans internet, et il fallait du temps avant qu’une loi fut promulguée…Quand on arriva au 1er avril 1565 certaines régions n’acceptèrent pas la nouvelle disposition. Ces irréductibles continuèrent à recevoir leurs contemporains avec de faux cadeaux, mottes de terre ou bottes de paille. Avec le temps les petits cadeaux d’avril se transformèrent en farces, blagues et canulars. Selon les corps de métiers, on envoyait les apprentis les moins dégourdis en leur demandant de rapporter des objets insolites tels que «la corde à lier le vent», «la passoire sans trou», et «la clef des champs» , «le bâton à un seul bout» ou de «l’huile de coude»…
De cette évolution de 1564 il nous reste «le poisson d’avril». Les fausses étrennes, devenues de gentilles farces, sont semble-t-il un lointain souvenir de ces dates révolues. C’est l’interprétation la plus couramment adoptée.
D’aucuns prétendent que l’origine est différente et que le poisson d’avril est lié au fait que la lune sort du signe zodiacal des Poissons ; d’autres prétendent que l’origine serait dans le fait qu’avril étant encore en carême on ne mangeait alors que du poisson...
En Angleterre, le poisson d’avril se dit «april’s fool». C’est l’occasion de faire de nombreux gags. En Ecosse, c’est le traditionnel «hunt the gowk». Gowk c’est le coucou et chez nous on dit : «Ce n’est jamais avril si le coucou ne l’a pas dit !» ( Il n’a pas encore chanté dans notre région ! ) Dans ce pays, on envoyait l’idiot du village porter un message ; celui qui le recevait, envoyait le messager à une autre personne, et ainsi de suite jusqu’à ce que le messager finisse par ouvrir le message et lise ces mots «chasse le coucou un mile de plus !». Quand il revenait le soir, éreinté d’avoir couru pour rien toute la journée, les farceurs ayant organisé ce tour pendable, se réunissaient pour rire à ses dépens. La personne dupée était appelée «April gowk» : «coucou d’avril». Les Ecossais avaient ainsi beaucoup de plaisir à envoyer des personnes faire des courses idiotes, comme d’aller chercher des «dents de poule» ou du «lait de pigeon» ! Le 2 avril chez eux se nomme «Taily day». Il s’agit de réussir à donner un cadeau à une personne de son choix tout en essayant de lui coller dans le dos un petit panneau où il est écrit «Donnez un coup de pied aux fesses». En Belgique les enfants (et même les plus grands !) attachent un poisson en papier dans le dos de leurs camarades, de leurs parents, de leurs professeurs..
En Allemagne, on dit "April april" ou «Aprilscherz» et ce, au moment de faire sa blague ou juste après pour faire comprendre que c’est juste une blague !
Avril qui commence avec cet éclat de rire est le mois qui "ouvre" l'année, du latin aprire, ouvrir. Il partage avec février, la particularité de tenir son étymologie d’un verbe et non d’un dieu ou de sa place dans le calendrier. Avril n'est pas uniformément "tout nouveau tout beau". C'est un mois versatile, qui en dépit du calendrier tient encore largement de l'hiver, et dont les froids passagers, souvent pinçant, sont d'autant plus mal accueillis que l'on espérait en avoir fini avec eux, surtout après les derniers jours de mars et ses Vaqueirieu avec leur alternance de pluie de vent et de soleil.
D'où le dicton : «Il n'est si gentil mois d'avril qui n'ait son manteau de grésil». Parfois la neige s'ajoute au grésil : «Il n'est point d'avril si beau, qui n'ait neige à son chapeau.»
Ce rabiot de l'hiver, doit nous inciter à la prudence: «En avril, ne te découvre pas d'un fil.» Ou : «celui qui s'allège avant le mois de mai, certainement ne sait pas ce qu'il fait." Et en pays de langue d’oc : O mes d’obriéou quittés pas eu piéou »
Lune au périgée de sa valse autour de nous le 2 avril, et nœud lunaire, le 4, peuvent venir confirmer les dictons péremptoires du dimanche des Rameaux, tels celui qu’on trouve dans le Midi: «le dimanche des rameaux, le vent d’en bas, le « marin », mets tes tonneaux en garatas (au rebus)». Dans le Sud-Ouest on trouve : «Quand le vent est soulaïre, rinçons les verres ( = récolte moyenne)» et en Bretagne «Le vent d’en haut ( Nord) rinçons les tonneaux (=récolte abondante, de pommes bien sûr !)»
Avec le dimanche des Rameaux les chrétiens commémorent l’entrée de Jésus à Jérusalem où il venait célébrer la pâque juive. Ce jour, les chrétiens font bénir des branches vertes, souvent des branches de buis, de lauriers ou d’oliviers. Ils en ornent les crucifix de leurs maisons ou ils les portent au cimetière sur les tombes de leurs défunts comme signe d’espérance et de foi en la résurrection.
Chez nous en Languedoc, ces rameaux sont appelés «rampaus» ou «rampals», c'est-à-dire «rameaux de palmes» par une vigoureuse contraction du latin ramus palmae. Cette fête est souvent marquée par le vent, avec quantité de dictons à ce sujet. Pour le moment c’est plutôt un temps pluvieux qui est annoncé : «Can ploou sul rompan, ploou sul boulan» . Le boulan, ou «volant» c’est le «fer volant , c'est-à-dire la faucille en langue d’Oc. Et : «S’il pleut sur les rameaux, Il pleut sur la faucille», donc sur la moisson ! Il faudra observer le temps de la fin juin, au moment de la fête de la musique et de la saint Jean. Voila pour nos «Pâques fleuries» comme on appelle ce jour.
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La semaine qui s’ouvre le 6 est appelée Semaine Sainte. Selon une croyance bien enracinée, cette semaine, en dépit de sa mobilité, est presque toujours placée sous le signe d’un temps exécrable. Normal puisque elle est fixée en fonction de la lune. On l’appelle la «semaine peigneuse». Le Vendredi le ciel pleure la mort de Jésus, alors que le dimanche jour de la résurrection, le soleil renaît.. «Semaine sainte toujours mouilleuse et venteuse» dit-on en Charente.
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La pleine lune du 9, la première pleine lune après l’équinoxe de printemps, détermine la date de Pâques. Cette fête qui peut fêtée indifféremment, selon les années, entre le 22 mars et le 25 avril, - ces deux dates étant toujours extrêmes - entraîne avec elle une série d’autres fêtes, tant avant qu’après, de Mardi-gras à l’Ascension et à la Pentecôte, et conditionne notre rythme de vie, étroitement liée au rythme de la lune. Qu’est-ce qui explique cette mobilité ? Le Concile de Nicée, en 325, a arrêté définitivement la date de Pâques : « âques est le dimanche qui suit le quatorzième jour de la lune (soit la peine lune) qui atteint cet âge au 21 mars (jour de l’équinoxe) ou immédiatement après» ou plus clairement : «le premier dimanche qui suit la première pleine lune après l’équinoxe de printemps». L’année solaire comportant douze mois ne concorde pas avec l’année lunaire qui, elle, en comporte plus ou moins treize. Aussi la première lune ne peut donc tomber qu’à des dates variables. La règle qui veut que Pâques soit systématiquement célébrée un dimanche, pour le rappel historique de l’évènement qu’elle rappelle, accroît encore la mobilité de cette fête. Afin de pallier aux difficultés que cette mobilité entraîne, certains ont proposé que Pâques soit fêtée comme Noël à une date fixe, le 8 avril, date présumée de la résurrection du Christ. Cette solution ne saurait faire l’unanimité puisqu’ainsi, Pâques tomberait rarement un dimanche. Il apparait souhaitable à d’autres de fêter Pâques le dimanche le plus proche du 8 avril. La mobilité ne serait certes pas supprimée, mais ainsi très largement limitée.
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Pour ce qui est du temps, alors qu’il ne faisait pas très beau à Noël, il est difficile de dire qu’il va faire beau pour Pâques. Le dicton connu «Noël au balcon Pâques aux tisons» ne semble valable que dans un sens !
Alors que nous aspirons tous à du beau temps après un hiver plutôt rigoureux et long, et parce que congés et vacances sont d’actualité, nous devons encore attendre, car «on n’est pas sorti de l’hiver qu’avril n’ait montré son derrière !» Or la lune nous réserve encore quelques mauvaises surprises, avec apogée et nœud lunaire les 16 et 17, précédant les si fameux saints de glace.
La nouvelle lune le 25, suivie du périgée le 28 introduisent la lunaison dite de la Lune Rousse, la période la plus redoutée des paysans. Du 25 avril au 24 mai cette année, elle va nous décliner tout son chapelet de dictons jusqu’aux très connus Mamert Servais et Pancrace , suivis des Rogations aujourd’hui disparues dans les réformes vaticanes, (du 18 au 20 mai cette année). Nous ne serons vraiment sortis d’affaire qu’à partir du 25 mai pour la saint Urbain. Je reviendrai dans une chronique plus ciblée sur ces deux évènements : saints de glace et lune rousse car ils valent à eux seuls un développement spécifique.
Ce n’est pas nouveau de souhaiter la pluie en avril et en général elle est bénéfique, même pour les truffes ! Un vieux dicton occitan nous dit : «Quand tout le mès d’abrieu plouriè, que tout lou mounde crédarié : « tout ès négat, tout ès perdut ! » encaro aurié pas prou plougut.». Traduction pour les «gens du Nord», - chez nous on dit «les Parisiens» - ( le Nord est à peine au-dessus de Montélimar ! «Quand tout le mois d’avril il pleuvrait, quand tout le monde s’écrierait : « tout est noyé, tout est perdu ! » encore il n’aurait pas assez plu.» On trouve aussi : «Abrieou a trento, se ploouvie trent’un, fariémaou en degun» «Avril a trente jours, s’il pleuvait trente et un jours, cela ne ferait mal à personne».
Prenons donc notre mal en patience ! Addissias !
Jean Mignot le 31 mars 2009
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