samedi 25 novembre 2006

Déniché dans les archives d'Histoires du Nord

Les retrouvailles des cousins de Flandre si longtemps séparés

Entre Lille et Dunkerque, la frontière a toujours été poreuse. Mais, depuis quelques années, les Flamands de France affichent leur identité et tendent des passerelles vers leurs voisins belges. Manière aussi de vivre concrètement l'Europe.

LILLE de notre correspondant régional

C'était il y a seize ans. Chris Mercier a racheté un estaminet, à Godewaersvelde, un petit village au milieu des moulins, près de l'autoroute qui longe la frontière avec la Belgique. Pas loin du mont Cassel, qui domine de ses 176 mètres ce pays plat. L'établissement existait depuis 1830. Il l'a baptisé Het Blauwershof – en français, "l'enclos du contrebandier de tabac" – et a cherché à reconstituer le décor qui devait être le sien au début du siècle, "quand le flamand était la langue maternelle de 90 % de la population locale", précise-t-il. Une petite bibliothèque a été montée : "Nous voulions rappeler aux gens d'ici combien leur culture avait été massacrée", résume le cafetier-militant. Le succès de Het Blauwershof a dépassé toutes ses espérances, les clients ont afflué. L'estaminet de Godewaersvelde est devenu un lieu de ralliement pour nombre de Lillois "branchés", en dépit des 40 kilomètres d'autoroute qui le séparent de la métropole régionale. La mode était lancée : dans ses dépliants, l'Office du tourisme des monts de Flandre recommande une dizaine d'établissements similaires. D'autres se sont ouverts à Lille. On y discute autour d'un bock de l'une des innombrables bières artisanales de la région et d'une spécialité culinaire comme les carbonades flamandes (ragoût de bœuf à la bière) ou le pot'je vleesch (mélange de viandes blanches en gelée) ; on y redécouvre les jeux anciens. Comme pour accompagner ce mouvement, les moulins à vent, amoureusement restaurés par des passionnés, brassent de nouveau l'air du pays. Lors des fêtes populaires, les géants d'osier, figures symboliques exhibées depuis le début du XVIe siècle, reprennent leur place; toutes les villes veulent le leur. Les bourloires – ancêtres flamands des bowlings – attirent une clientèle passionnée; le tir à l'arc traditionnel (vertical, sur des "oiseaux" de bois fixés au sommet de très hautes perches) se pratique plus que jamais : près de quatre-vingts sociétés d'archers sont répertoriées entre Lille et Dunkerque.Pour Chris Mercier, "le combat est gagné". La preuve : "Depuis environ cinq ans, tous les maires des communes de la région placent le lion flamand à côté du drapeau français, ce qui était impensable dans les années 1980", assure-t-il. Maintenant qu'"au niveau culturel tout ce qui pouvait être sauvé l'a été", il veut se battre sur la question linguistique. L'enseignement du néerlandais en primaire, lancé dans tout le département du Nord par l'inspection académique de Lille en 1996, concerne déjà plus de 4 000 enfants et connaît un succès foudroyant auprès des parents. La cause est entendue : les Flamands de France affichent désormais clairement leur identité culturelle. Ils ne l'avaient jamais vraiment oubliée. "Un quart des habitants des villages situés entre Bailleul et Dunkerque parlent encore le flamand et les trois quarts d'entre eux le comprennent", affirme Jérôme Steenkiste, président de l'Office de tourisme des monts de Flandre. Ici, la frontière a toujours été poreuse.

Des deux côtés, l'architecture, la géographie, les paysages sont semblables. De nombreux Français vont travailler, voire s'installer, en Flandre belge, où le taux de chômage est très faible. Jusqu'aux années 1950, le flot était inverse.


SUSPICION ET SCEPTICISME

Pourtant, en trois siècles d'évolution séparée, les deux pays ont eu tout le temps de développer leurs différences et quelques incompréhensions : les premières "histoires belges" sont nées dans la région lilloise ; et les Flamands nourrissent souvent une certaine suspicion envers ces Français qui prétendent subitement partager leur culture. A Lille, de nombreux sceptiques parlent de "phénomène de mode", de "nostalgie écolo", voire d'"aboiement anti-parisien"… La volonté de se distinguer de Paris, à une heure de TGV, n'est sans doute pas étrangère à ce retour aux sources. Mais l'élan flamand des Nordistes a peu de points communs avec les revendications régionalistes des Corses, des Basques ou des Bretons. Le néerlandais n'est évidemment pas une langue régionale et, côté français, pratiquement plus personne ne réclame l'enseignement systématique d'un dialecte flamand qui n'a pas évolué depuis le XVIIe siècle, encore moins une "nation flamande". La résurgence inattendue de cette identité flamande française correspond plutôt aux retrouvailles de cousins séparés par l'histoire. "Un sentiment beaucoup plus européen que flamand", estime Guy Fontaine.Cet historien de la littérature européenne dirige la Villa Mont-Noir, centre de résidence d'écrivains européens créé il y a cinq ans par le conseil général du Nord, dans la propriété familiale de Marguerite Yourcenar. Dès son ouverture, explique-t-il, "j'ai vu débarquer mes collègues belges de Flandre occidentale, venus solliciter, dans un français impeccable, la participation des écrivains invités à des manifestations culturelles chez eux". Les Flamands de Belgique ont dû lutter jusqu'en 1894 pour obtenir une reconnaissance culturelle. Depuis qu'ils ont "tué le père colonial" francophone, "beaucoup d'intellectuels belges flamands reconnaissent que leur mode de travail et de pensée est plus proche de celui des Français que de celui des Hollandais protestants", témoigne Guy Fontaine.Parallèlement, la Flandre française vient de fermer une parenthèse industrielle d'un siècle et demi. Se souvenant de son passé de cité marchande, Lille se vit désormais comme une "métropole européenne transfrontalière", tertiaire et commerçante, point de rencontre des civilisations latine, germanique, anglo-saxonne. Ce "ménage à trois" entre Flamands belges néerlandophones de Courtrai et de Bruges, Wallons de Tournai et Flamands français devient comme un exercice pratique d'une Europe concrète, pas celle des capitales.


Jean-Paul Dufour

Bloc-notes:
Histoire des Pays-Bas du Nord et du Sud, par Johanna A. Kossmann-Putto et Ernst Heinrich Kossmann.Ed. Sticting Ons Erfdeel, 1988, 64 p., 55 F (8,38 €).
Le Néerlandais, langue de vingt millions de Néerlandais et de Flamands, par Omer Vandeputte et Jacques Fermaut. Ed. Sticting Ons Erfdeel, 1987, 63 p., 55 F (8,38 €).
Histoire de Lille, des origines au XXe siècle, par Eric Vanneufville.Ed. France-Empire, 1997, 257 p., 130 F (19,82 €).
Mille ans d'histoire dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie, par Jean Callens. Ed. La Renaissance du livre, 2000, 250 p., 125 F (19,05 €).
La Flandre au fil de l'histoire, sous la direction d'Eric Vanneufville.
Site du Cercle Michel de Swaen, http://www.mdsk.net/
Vivre la frontière, par Joszef Deleu, prose et poésie, traduit du néerlandais par Marnix Vincent. Ed. L'Age d'homme, 1999, 103 p., 100 F (15,24 €).
Nord, à la découverte du département, par Vera Dupuis et Samuel Lhote.Ed. Ouest-France, 2001, 128 p., 79 F (12,04 €).

LE MONDE 23.07.01

Que de chemin parcouru depuis...

Une autre manière d'appréhender nos histoires familiales, régionales, nationales avec le site d'un expert du Nord, accueillant et compétent par ces jours où le net est gangréné par quelques ruffians... Habitués de Delcampe.fr, vous avez certainement eu contact avec le vendeur où nombre d'entre nous nous fournissons en cartes postales anciennes et autres reliques de notre passé.
Un site à visiter et à conserver dans vos favoris:


A l'entrée du centre Cocteau à Saint-Pol-sur-mer, un bronze de Charles Gadenne, sculpteur éminent et reconnu, accueille qui va au centre social Guehenno, qui va à la médiathèque. Un couple, semble-t-il une mère et son fils, attendant on ne sait quoi se dresse là, au milieu du hall et s'offre aux regards de toute la force brute du bronze...


Maternelle, elle protège autant qu'elle présente l'éphèbe au public qui passe devant elle.


Sous un ciel pluvieux, une autre façon de regarder le beffroi de Saint-Pol-sur-Mer, au travers des reflets de la fontaine qui lui fait face...

charme bucolique de nos campagnes


Au calme de nos campagnes


casse-g...


Finalement, ça sent déjà l'hiver...

mercredi 22 novembre 2006


Ce coin de campagne riante à Avesnes-sur-Helpe n'est plus. Entre les fortifications et l'Helpe, la route a pris la place des prés, il reste bien quelques jardins ouvriers et des maisons bâties après la seconde guerre mondiale. Sous-préfecture de près de 5.000 habitants, Avesnes n'est plus ville de garnison depuis longtemps et le champ de tir a cédé la place à un jardin public arboré.


Au delà du fossé, après avoir arpenté le pont et passé sous les Arches de la Porte Baudimont, Arras... Désormais, cette image n'est plus qu'un souvenir et la capitale des Atrébates est devenue une ville ouverte...

Chaque jour, pendant toute l'occupation de la Grande Guerre, les Allemands défilent sur la Grand place, histoire de bien rappeler aux Lillois que l'Allemagne est maîtresse de la ville...


Image de l'insouciance de la Belle Epoque où l'on croyait que l'Humanité serait capable de progrès éternels et où le temps passerait sans trop de difficultés...

mardi 21 novembre 2006


Envie de prendre la mer quelques jours ou quelques heures...

lundi 20 novembre 2006

Bientôt les fêtes et on manque d'idées pour les cadeaux...


Tiens, les fêtes arrivent... Comme les hirondelles au printemps, les rayons des supermarchés regorgent de jouets et autres peluches... C'est bien pour les petits mais pour les grands?
Pas toujours facile de trouver un cadeau qui change un peu des sempiternels bibelots et autres CD ou DVD...
Allez, je vous souffle une idée, vous pouvez toujours offrir "La route des villes fortes en Nord" tout en sachant qu'il s'agit d'un ouvrage de référence, commandé par plusieurs bibliothèques universitaires. Il en est déjà a sa deuxième édition. Un livre à avoir sur ses étagères ou sur son chevet, mais je ne dis pas ça parce que c'est mon "bébé", la presse s'en charge pour moi...
Où est l'avantage?
En le commandant ici (il suffit de cliquer sur mon adresse courriel en bas de la colonne des liens amis), je vous le propose à 18 euros, avec la dédicace pour la personne que vous désignerez.
Pour le port, c'est simple, il faut ajouter 5 euros de port (emballage soigné, je vous promet)
Que dire encore, 10 % de réduction pour les étudiants qui commandent en joignant la photocopie de leur carte d'étudiant avec leur réglement.
Personnellement, je préfère un réglèment par chèque mais je vous offre la possibilté de payer par carte bleue si vous disposez d'un compte PAYPAL (les habitués d'e-bay connaissant...)
Idéal donc en se souvenant qu'en plus, nous fêterons en 2007 le tricentenaire de la mort de Vauban...
Bien à vous
François HANSCOTTE


Dans la grisaille du petit matin d'automne, Mélusine accueille le voyageur qui arrive à Bailleul. Elle a quitté momentanément son perchoir au sommet du beffroi de la ville, elle a arpenté la ville, descendu le mont couronné par la double couronne de briques et de pierre de l'Hôtel de ville et de l'église Saint-Vaast. On s'arrête et l'on s'interroge, que veut elle dire? Que désire-t-elle montrer? La plaine de Flandre? L'immensité qui s'offre aux rêves les plus fous? Le ciel qui ne va pas tarder à s'éclaircir pour offrir un soleil radieux dans un bleu azuréen? Toutes les suppositions sont permises en ce petit matin dominical...


Mais que désire Mélusine en pointant ainsi l'immensité du ciel flamand?

dimanche 19 novembre 2006

convoi de nuit


La nuit est tombée sans que je puisse m'en apercevoir, je crois qu'une promenade même écourtée dans une ville qui s'endort donne une idée plus précise de celle-ci.
La nuit, meilleur moment de la journée où les "honnêtes gens" se claquemurent chez eux tandis que les derniers traînards cherchent encore une occupation, que les enseignes inondent la nuit de leurs couleurs blafardes, que les routes sont zebrées de la lumière tombée des candélabres allumés.
Une ville, ça vit la nuit, ça bouge, ça respire mais elle n'est pas celle du jour, elle est propice au mystère, àla rencontre de dernière minute, celle qui surgit au coin de la rue, que l'on a pas pu voir venir, à laquelle on n'a su se préparer... C'est le moment de surprise quand on croit découvrir un nouveau détail, là sur une façade, ailleurs sur une statue. C'est le brusque changement de perspective dans les pinceaux de lumière des phares d'une voiture qui arrive trop vite à la faveur d'une rue désertée... Je vais finir par ne plus sortir que la nuit...


La nuit change tout... Dans ces heures-là, il n'y a pas que les chats qui soient gris. La brique se teinte différement, les perspectives se brouillent... C'est un autre beffroi qui se dévoile.


Oeuvre de Cordonnier, entièrement reconstruit après la tempête de la Grande Guerre qui ne laissa en place que la "Salle Gothique", le beffroi de Bailleul mérite une visite à toute heure du jour... comme de la nuit.