samedi 8 novembre 2008

je vous l'avais promis... quelques lignes à l'adresse des divorcés

Il y a quelques mois, j'avais déjà posté ici la "problématique de l'alliance" (21 décembre 2007, pffffff que le temps passe vite ! ) qui se pose à tout néo-divorcé... Il y a quelques jours, pour le premier anniversaire de ma levée d'écrou, je vous avertissais que je mettrai en ligne quelques réflexions à l'adresse des divorcés. O tempora, O mores... Le divorce est devenu d'une affligeante banalité et en tant que Flamand, fils d'une terre rude mais généreuse, je veux croire que la vie d'un divorcé n'est pas qu'un sentier d'embuches, une autoroute pour l'enfer. Non ! Mes frères dans le divorce, mes compagnons dans l'adversité, on en bave (c'est fou quand elles demandent le divorce, elles vous le font payer très cher)... Aussi, en caressant l'espoir (mais pas que l'espoir, merde, je suis un Homme libre maintenant), que vous trouverez avec ma prose l'occasion de rire avec moi de nos mesaventures et infortunes diverses...
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Draguer ou se faire draguer au rayon produits ménagers ?

Pour le plan drague, abandonnez tout de suite car contrairement au rayon puériculture, l’homme qui hésite entre produits vaisselle et lingettes acquiert immédiatement une forte dimension répulsive… Non pas qu’il faille déjà chercher à séduire mais ça fait partie des aléas de la vie et des préoccupations masculines…

Ok…
Une explication de texte est nécessaire. Dans le rayon puériculture, paumé comme il se doit devant les différentes couches-culottes, le lait maternisé avec ou sans Gluten, les farines épaississantes et les lingettes qui n’irriteront pas les fesses du bambin, le pauvre type devient attendrissant. Certaines dames plus ou moins jeunes vont spontanément l’aider, le conseiller en portant un regard mi-tendre, mi-amusé… Forcément, le gars en question est « sexuellement actif » ou du moins en a-t-il gardé un souvenir frais, récent… On l’imagine facilement en bon père, attentif envers sa progéniture (ne vient-il pas en personne ?) et prompt à aider madame qui se relève des douleurs de l’enfantement… un gars bien, quoi !

La mutation est surprenant car une fois planté dans le rayon ménager, il devient tout de suite pathétique, pitoyable même ! Il hésite entre les produits (d’ailleurs, il n’a même pas de liste), va et vient entre les linéaires, opère une savante chorégraphie faite de volte-face, d’allers et retours, il est pris d’une véritable frénésie en découvrant les vertus réelles ou supposées des produits et des éponges… Et là… c’est une tragédie !

Pour la femme qui s’arrêterait pour voir ce spectacle désolant, le type est à éviter absolument !

Il n’a pas de liste, il est donc célibataire mais comme il passe du temps dans le rayon, de deux choses l’une, soit c’est un Tanguy qui vient de se faire virer de chez ses parents et entamer une relation avec lui sera un calvaire parce qu’il sera un grand enfant à materner, soit c’est un futur divorcé qui doit se reloger, qui ne fait habituellement jamais le ménage sauf s’il y est contraint et forcé… Et là, c’est tout sauf plaisant car s’il hésite tant, c’est que dans son ancien couple, c’est madame qui se tapait toutes les corvées ménagères… Un vrai boulet, ce type !

Il faut donc envisager la descente dans ce rayon comme une mission militaire. Paré ? En avant, ‘arche ! D’abord, il faut obtenir de ses proches des renseignements sur les produits. Sinon, il faut prétexter l’achat de quelques produits banals pour mener une mission de reconnaissance discrète mais efficace. A l’éclaireur de relever la liste des produits utilisés par la future ex avant de quitter le foyer conjugal … Déjà on perdra moins de temps, ensuite on n’aura pas l’air d’un blaireau perdu sur un océan déchaîné par une nuit de brouillard…

L’explorateur moderne qu’est le jeune divorcé finit par relever quelque chose de frustrant : il y a toujours des femmes pleines de sollicitude pour s’enquérir de votre état. Ben oui, vous divorcez ! Assurément, vous êtes submergé par le treizième travail d’Hercule : après les Ecuries d’Augias, vous nettoyez votre appartement. Pleines de sollicitude, elles vont prodiguer des conseils souvent judicieux sur le récurage du sol, le bon produit, le nettoyage des vitres… Elles vont même vous donner des trucs de grands-mères comme le vinaigre dans l’eau de rinçage des vitres.

Vous croyez qu’elles vont se proposer pour le faire ! Même pas !

Feignasses !!!
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Dernières mesquineries avant le départ

Jeune divorcé, vous lui abandonnez la maison, qu’importe le prix, vous vous cassez ! Comme le Sénagalais, on se tire ailleurs ! (tirailleur sénégalais, oui, non ? Ok, c’est mauvais, capillotracté !!!)

Plus que quelques jours de calvaire à supporter les réflexions vachardes, les piqûres de rappel sur la faillite de votre couple. Sans vergogne, elle vous ressort tout, même ce qui ne la concernait pas comme vos aventures avant de la connaître et de la marier… « Et l’homme quittera ses parents et avec sa femme ils ne formeront plus qu’un… » dit la Bible…

Ben tiens, tant qu’à faire!
A force, elle sait ce qui vous fait souffrir, attendez vous à en prendre plein les dents. En plus, elle sait quand les déménageurs vont arriver, elle vous voit vous affairer dans votre montagne de cartons, pesant, soupesant ce que vous allez emporter. Même si les paquets sont lourds, vous les remplissez d’un cœur léger !

Et elle va s’ingénier à vous en faire baver, ternir la fête mais vous tenez bon, car comme à l’armée, vous vous moquez bien de ce que vous dit le sergent-chef, vous savez que la quille est proche… C’est mieux que la quille, c’est une véritable levée d’écrou. Qu’importe que vous ayez mal au dos, c’est pour la bonne cause…

Alors que peut-elle faire ? Vous vouer aux gémonies? Elle l’a fait depuis longtemps ! Vous dénigrer auprès de votre progéniture ? Vous en êtes réduit à espérer que les enfants comprendront en vieillissant ! Vous descendre auprès des voisins ? Moquez vous en, vous ne remettrez plus les pieds dans le quartier… Par contre, la femme qui a partagé vos nuits va obscurcir vos jours ! Tous les moyens sont bons car que désire-t-elle sinon que vous finissiez par lui mettre une claque tellement vous serez excédé et exténué. Elle peut aller très loin … Calme et contrôle, vous êtes d’accord pour partir, n’allez pas vous mettre en faute !

On découvre que la mesquinerie a un visage. Les déménageurs doivent débarquer le mercredi, vous avez déjà passé tout le week-end à faire des cartons, elle va s’en prendre à vous dès le réveil. Le lundi, elle vous balance des bibelots en pleine tête alors que vous dormez sous le prétexte que vous ne devez pas les oublier. Le matin, elle va contester tout ce que vous prenez, exigeant que vous laissiez ce qui est à vous mais que vous avez oublié de porter sur la liste laissée au Notaire…

Puis, alors qu’elle n’a jamais ciré l’escalier, le lustrera à la cire d’abeille, si naturelle et si nourrissante, en espérant que vous finissiez par glisser, si possible lorsque vous êtes chargé comme un baudet ! Elle a les doigts verts ? Mince, il fallait justement nettoyer les jardins, et vous voilà à slalomer entre les sacs poubelles emplis des branchages, feuilles mortes et autres restes de tonte.

L’escalier ou le couloir a besoin d’un coup de frais, et hop, aussitôt dit aussitôt fait, elle les repeint et comme ça met du temps à sécher, vous faites l’équilibriste pour ne pas vous vautrer sur la peinture fraîche… Manquerait plus qu’elle creuse un fossé anti-char devant le seuil de la maison, dès fois qu’on livrerait une citerne à gaz pour le chauffage au fioul…

Vous faites une lessive avant de partir, elle décore vos chemises à l’eau de javel, en choisissant bien évidemment les chemises neuves, portées une seule fois. Quel délice pour elle si elles sont de couleur sombre, ça fait de tellement jolies arabesques… En toute femme sommeille une créatrice de mode !

Toutes les vilenies sont bonnes à faire, même les plus dangereuses… Vous fumez ? eh bien, elle va s’ingénier à tremper vos clopes dans l’alcool à brûler mais l’ayant fait trop tard, elle n’a pas profité de l’embrasement ni de la quinte de toux fatale !!! Plus vicieux, elle les percent une à une de façon qu’en les fumant, vous devez tirer comme un malade pour recueillir une bouffée… Pas grave, à la limite amusant, mais au prix du paquet en France, on l’a un peu saumâtre… C’est vrai, franchement, maintenant quand les SDF font la manche, ils demandent des clopes à la place des pièces, cela éclaire bien sur la valeur d’échange de ces petits tubes de nicotine !

D’autres vous balancent des diurétiques dans votre assiette et s’amusent de vous voir tout stopper pour courir au fond du jardin pour vous soulager. Difficile à supporter si vous avez une petite vessie…

Pire, c’est carrément la purge que l’on vous administre avec des laxatifs mais là, c’est à double tranchant parce que d’un côté vous passez vos journées sur les toilettes mais d’un autre côté vous les bloquez assez longtemps pour lire Guerre et Paix de Tolstoï voire apprendre à la suite les pages blanches et jaunes de votre département. Vous obligez les autres résidents de la maisonnée à se retenir ou à solliciter l’usage des toilettes des voisins.

De fait, l’on devient un peu paranoïaque, on vérifie ce que l’on mange, on cuisine soit-même, on fait goûter les plats au chien (pauvre bête), on vérifie l’état de ses vêtements que l’on choisit la veille pour le lendemain et que l’on enferme sous clé, on planque ses médicaments…

Attendre le divin jour où l’on pourra partir devient une torture !

Vous avez embarqué vos livres et vos dévédés ? Evidemment, vous n’avez pas fait attention, vous en avez pris quelques uns qui lui appartiennent. A elle d’hurler au vol et, à faire tant de scandale, de vous faire passer aux yeux de tes voisins, pour un assassin. A ce moment-là, évidemment, elle a des exigences. Là où toute personne raisonnable dirait qu’elle peut attendre que l’on ait finit de s’installer, elle, elle les veut tout de suite…

Comment l’envoyer sur les roses sans se mettre en faute ! A ce moment-là, la boite à baffes frémit et les phalanges démangent ! Mais il faut se retenir sinon on se met dans ses torts, là, on est pas sorti de l’auberge !

Plus vicieux, elle découpe les poignées des valises, casse leurs serrures, cisaille les charnières et au moment de partir, vous étalez tout votre petit linge… Ultime secours, vous fourrez tout dans des sacs poubelles que vous jetez avec empressement dans la voiture… Et elle d’hurler ; « de toute façon, sans moi, tu finiras clochard, tu coucheras sous les ponts !!! ». Chiche ! Vu la rigueur du climat, on sait qu’elle ne vous y rejoindra pas et que la paix royale, impériale même est assurée !

Arrivent enfin, Ô aube libératoire, les déménageurs. D’un coup, on ne la reconnaît pas. Avec eux, elle est charmante… Ils font le tour de ce qu’il faut emporter, elle se montre parfaite femme de ménage en nettoyant la table qui doit partir avec vous à l’aide d’un produit corrosif, histoire de tuer le vernis… On ne se méfie pas, puis au moment où la table part, on trouve de belles entailles dans le plateau à l’aide d’un couteau ou d’un tournevis… C’est un nettoyage en profondeur, réellement ! On lui en fait la remarque, elle répond alors que c’est en représailles d’un coup que vous lui avez fait, un coup bien évidemment imaginaire mais qui est un vrai casus belli… Le pire, c’est que vous ne savez même pas ce que vous avez bien pu lui faire !

N’emportez pas vos plantes vertes, elle est capable de les avoir bourré de substances nuisibles… Bah de votre côté vous avez bien planqué des crevettes dans les rainures des tringles à rideau. Le temps qu’elle tournent et diffusent leur doux parfum iodé de marée basse polluée, vous serez déjà installé en votre forteresse de solitude… Mais ça, c’est seulement quand le caractère de madame ex est assez prévisible pour rendre le coup à l’avance, en frappe préventive… Levez les cartons, vous constatez qu’elle a lavé le sol a grande eau et que leur contenu est noyé. Ouvrez un sac de sport, vous découvrez qu’elle l’a confondu avec la poubelle des déchets ménagers non recyclables, Regardez vos bouteilles de grand cru, elle aura arraché toutes les étiquettes (allez après ça reconnaître un Château Laffitte d’un vulgaire Valcoop…)… Tout est bon quand l’imagination est au pouvoir !

Terrible ! Face à une telle femme, même Ghandi lui aurait balancé une mandale !

C’est là que vous voyez une lueur de compassion dans les yeux de vos déménageurs… et cela fait du bien… mais ça ne rassure pas, vous pressentez que cela ne s’arrêtera pas là !

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