lundi 9 juillet 2007

Devant l'estaminet qui se cache derrière l'église d'Hondeghem, posé contre le mur blanc, presque immaculé, un jeu de la grenouille fait la joie des enfants.


Passé recomposé, passé rêvé, passé idéalisé...

A l'ombre du clocher, Hondeghem célèbre ses enfants tombés au champ d'honneur.

Doucement, la nuit tombe sur l'estaminet de l'ancienne maison commune, donnant au village d'Hondeghem des airs d'antan, fleurant bon la cire et l'encaustique des maisons bien tenues.

Elle se joue de la lumière comme une miette de soleil...

Par monts et par vaux, près des nuages ou à l'abri des chemins creux, sous les futaies ou dans les blés ondulants sous le vent léger, tous les moyens sont bons pour découvrir les vertes terres du Nord...

dimanche 8 juillet 2007


Puissamment éclairé, le clocher de Socx est devenu un amer pour le voyageur qui s'attarde la nuit tombée.

La nuit enveloppe et caresse le haut clocher de Socx...

des bras pour un sauvetage...

Oeuvre majeure de l'architecture castrale en Flandre, le château d'Esquelbecq fait face à l'église du village. Un vaste quadrilatère flanqué de huit tourelles dont la dernière restauration date de 1606, une date portée sur le pigonnier ainsi que la tour octogonale qui s'est effondrée en 1984, emportant dans sa chute une courtine restée des années éventrée. Aujourd'hui, il se présente comme un château résidentiel avec ses nombreuses hautes fenêtres dont la plupart ont été percées au XVIIe siècle.
La conciergerie, quant à elle, date de 1590.
Le château, la famille Tamer-Morel et l'Association pour la Sauvegarde du Château d'Esquelbecq recherchent des bénévoles pour les saisons 2007 et 2008 pour développer le château, ses dépendances et aider à la restauration, qu'il s'agisse des travaux dans les différents corps de métiers comme dans les métiers du développement et de l'exploitation des lieux.

Intéressés? Vous pouvez joindre
Monsieur Johan Tamer-Morael,
40 rue de Richelieu,
75001 PARIS
jetamer@yahoo.com


Des runes pour protéger les lieux, les premières à se dévoiler ornent le pigeonnier...

Le mur de l'auberge du château qui clot le jardin à la française s'orne de runes...

Le château d'Esquelbecq domine ses jardins de ses hautes tours et de ses pignons à pas de moineaux.

Sous un ciel d'un bleu que peu de nuages viennent troubler, l'une des tours du château d'Esquelbecq se mire dans l'onde tranquille.

Un pont pour seul accès au château enjambe des douves alimentées par l'Yser qui traverse le village.

Les douves calmes pour seul miroir...


Image classique des villages médiévaux de Flandre où, comme en Esquelbecq, château et église se livrent à un face-à-face séculaire. Une visite à la Hallekerke s'impose pour apprécier ses lignes pures dans la pénombre qui s'installe.


Depuis les jardins du château, l'église d'Esquelbecq semble moins imposante quand elle se cache derrière les vieux logis.

Le carillon de l'église d'Esquelbecq égrène les heures du village posé dans son écrin de verdure.


Derrière les hautes grilles du château, la tour massive de Saint-Folquin veille désormais seule sur le village d'Esquelbecq depuis que le donjon de la demeure seigneuriale s'est effondrée sur elle-même.

A Saint-Folquin, l'évangélisateur cousin de Charlemagne, de protéger avec bienveillance sur sa paroisse d'Esquelbecq... La rivière aux chênes est sous bonne garde.

Modernisme et tradition en une parfaite union, pour la simplicité de la foi et la grâce offerte au regard...

Bénédiction nocture.

Et le choeur se pare de douces lumières...


Compassion et amour en un seul regard porté sur les orants.


La nef centrale de Saint-Folquin se déroule en un vaste vaisseau de pierre déserté dans la nuit tombante...

La Vierge s'enveloppe de lumière dans le jour agonisant...

La pureté et la simplicité de la croisée de transept de Saint-Folquin d'Esquelbecq pour écrin à une foi profondément ancrée au coeur de la Flandre flamingante.

Des ténébres à la lumière...

Le soleil couché, l'église saint-Folquin, parée de runes, s'orne de lumière pour mettre en valeur la pureté des lignes du pignon de la vénérable hallekerke flamande.


La nuit étend son sombre manteau sur la place d'Esquelbecq où les étals se désertent dans la fraîcheur du soir...

samedi 7 juillet 2007

enfin les vacances s'installent...

Le vert paradis des amours enfantines, où les enfants se prennent d'amitiés pour leurs camarades de jeux, s'amusent des petits animaux de vase ou des sables, s'amourachent de leurs châteaux ephémères... sans cesse renouvelé par le retour des vacances...


Une vision classique de la Grande Guerre où l'on déployait des moyens titanesques pour réduire au silence les batteries de marine posées sur des affûts bétonnés comme à Prédikboom, Leugenboom, Sailly-Laventie ou Coucy-le-Château...


Inscrite au long martyrologe des victimes des Flandres, Bailleul n'oublie jamais ses heures tragiques de la Grande Guerre, encore moins celles des bombardements de la génération suivante.

Et si vous passez par Gravelines, en longeant les berges de l'Aa, aez une pensée pour les marins-pêcheurs des Forts Philippe qui sont partis pour des courses lointaines, ont connu souvent avaries et fortunes de mer et qui n'ont plus aujourd'hui pour relever la tradition qu'un dernier patron-pêcheur...


Comme si le temps avait pris du repos à l'ombre du clocher de Killem...

777, La nuit du Livre d'Esquelbecq... Demandez le programme

De quoi bien remplir journée et soirée...

Par monts et par vaux, il faut toujours prendre les chemins de traverse...

Et levant les yeux vers le ciel nait avec la vision une envie de voyage...

Obélisques dérisoires, les piliers de ce pont d'Ostende jouent avec les nuages...



La coupole légère du Palais Rameau, porté par de fines poutrelles et de légers piliers traduit toute la force du siècle de l'Acier...

La serre du jardin d'hiver du Palais Rameau garde la grâce du siècle de sa naissance et lui donne des airs de château de verre.

Profession de foi...

Si belles et plantureuses qu'elles soient, les allégories de l'industrie chères à notre région, aux formes généreuses, n'en manquent pas moins de vie... On aurait tant aimé connaître les modèles pour oser la comparaison entre le drapé soyeux de la pierre et la palpitation d'une poitrine animée par un coeur qui bat...

Et Bacchus veille sur les libations des clients des terrasses lilloises.


Si finalement l'on ne regardait plus le monde qu'à travers les reflets, la vision troublée n'en serait certainement pas moins gaie...

vendredi 6 juillet 2007

Un nouveau maître en citadelle de Lille...

Ministre, certification OTAN et passation de commandement à la citadelle, hier

Le ministre de la Défense, Hervé Morin, était dans l’enceinte de la citadelle, hier midi, pour participer à la cérémonie de certification OTAN du Corps de réaction rapide France. Les 420 hommes du CRRFR partagent depuis deux ans l’édifice rénové de Vauban (600 km de fibres optiques !) avec le 43e RI. Ce fut également l’occasion de la passation de commandement entre le général Yves de Kermabon et le général Christian Damay.

In La VOIX DU NORD, édition de Lille, 6 juillet 2007

De Lille au Kosovo, le général de Kermabon passe dans l’active civile


Après une carrière militaire bien remplie, le général Yves de Kermabon va quitter le 5 juillet le commandement lillois du corps de réaction rapide France (CRRFR), qui vient d’obtenir sa certification OTAN. Mais l’heure de la retraite n’a pas sonné pour autant. Il s’apprête à remplir une mission civile au Kosovo.
PAR OLIVIER BERGER
– Pourquoi la France a-t-elle besoin d’un outil comme le corps de réaction rapide France (1) ?
« C’est l’ancien président de la République, Jacques Chirac, au sommet de Prague de novembre 2002, qui a décidé de doter la France d’une force de réaction agréée par l’OTAN et d’un état-major HRF (High Readiness Force, force de réaction rapide), capable de se déployer sur les théâtres et d’offrir une capacité de commandement pour laquelle nous n’avions pas les compétences. »
– Concrètement, à quoi servira le CRRFR ?
« Il donne la possibilité à la France de commander une force de 50 à 60 000 hommes, seule, avec l’Union européenne ou l’OTAN. Cela permet de rejoindre le club des six états-majors de réaction rapide, d’échanger, discuter, s’enrichir et s’entraîner (2). Seul l’OTAN propose ça. »
– Il a également une importance politique pour la France…
« La France reste à la hauteur de ses ambitions. Elle entend tenir sa place à l’international. Si demain au Darfour une force doit se déployer, la France, qui a toujours été un gros contributeur des opérations extérieures, pourrait prétendre à commander. Et on peut imaginer qu’elle prenne ses responsabilités. »
– Le Darfour pourrait-il constituer la première intervention du CRRFR ?
« Le CRRFR doit entrer dans un tour d’alerte OTAN du 1er juillet au 31 décembre 2008. Mais si une grosse opération est décidée, dans le cadre d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, le corps serait tout à fait adapté et prêt à ce type de mission. C’est d’ailleurs envisageable sous l’impulsion de M. Kouchner. La France a une capacité opérationnelle reconnue par tout le monde mais avec ce nouvel état-major, on parle moins de l’expérience d’un soldat que de la capacité de mener 50 à 60 000 hommes. »
– Comment le corps a-t-il été noté par l’OTAN ?
« Après des tests en octobre, en février à Lesquin et en mars à Mourmelon, le résultat officiel est arrivé il y a quinze jours avec une lettre du secrétaire général de l’OTAN qui déclare que nous sommes certifiés OTAN. Les résultats ont été jugés « outstanding » (remarquables). Toute modestie mise à part, ce sont les meilleurs résultats des six autres corps existants. C’est un très gros événement pour la France d’entrer dans ce club et le 5 juillet, le ministre de la Défense viendra à Lille pour le confirmer. »
– Pourquoi la citadelle de Lille a-t-elle été choisie pour abriter le quartier général du CRRFR ?
« Lille est très bien placée géographiquement. Pas loin de Bruxelles et des centres de décisions de l’OTAN et de l’Union européenne, de Paris… Elle possède également des moyens de projection très bien équipés avec l’aéroport de Lesquin, un réseau de voies ferrées. La proximité du commandement de la force d’action terrestre a également pesé. Lille propose une vraie capacité d’accueil mais il a fallu réaliser d’énormes travaux à la citadelle pour faire entrer un corps du XXIe siècle dans un cadre du XVIIe (3). »
– Vous terminez votre carrière d’officier d’active. Une mission, civile, vous attend au Kosovo, un pays que vous connaissez bien…
« Je suis allé dans les Balkans à cinq reprises, deux fois en Bosnie et trois fois au Kosovo. L’envoyé spécial de l’ONU, Martti Ahtisaari, a proposé une indépendance contrôlée. Dans ce cadre, une mission PESD (politique européenne de sécurité et de défense) serait menée pour soutenir le jeune gouvernement kosovar qui doit mettre en place un État de droit dans les domaines de la police, la justice, les douanes et l’administration pénitentiaire. Avec 1 800 fonctionnaires internationaux et 1 000 Kosovars, ce serait la plus grosse mission civile de l’Union européenne. Poussé par M. Solana, Haut Représentant de l’UE, rencontré lorsque j’étais au Kosovo, j’ai accepté de diriger la mission pour dix-huit mois. »
– Le projet semble bloqué par les oppositions serbes et russes.
« Le projet Ahtisaari a été accepté par tous, sauf la Serbie à qui on arrache une partie de son territoire, et reste sous la menace d’un veto russe. M. Sarkozy a proposé d’attendre encore quatre mois pour convaincre Serbes et Russes. Après les incidents extrêmement graves qui ont eu lieu au Kosovo, il n’y a pas de retour possible en arrière ; cette province est habitée par 90 % d’Albanais ! Il faut trouver des accords régionaux. La Serbie peut en attendre une place plus conforme à son rang en Europe. C’est difficile de passer d’une position dominante à une minorité. »
– On ne peut pas parler de retraite, en ce qui vous concerne…
« J’ai beaucoup hésité. C’est une mission difficile, exigeante mais exaltante. Un défi nouveau pour moi. Je suis, je n’ose pas dire, l’arme au pied, mais j’attends la résolution de l’ONU. Le 5 juillet, j’arrête mon commandement à Lille, où je serai remplacé par le général Christian Damay (nommé hier en conseil des ministres), et le 16, je serai dans le bureau de M. Kouchner. Le Kosovo est au coeur de l’Europe, c’est un sujet qui touche tout le monde. Tous les trafics venant de l’Est passent par les Balkans, il y a besoin d’un énorme travail de reconstruction. »

1. – Comme le dit le général de Kermabon, le CRRFR est « plus une affaire de matière grise que de bras » avec quatre cent vingt hommes de treize nationalités, essentiellement des officiers.
2. – Les autres corps de réaction rapide de l’OTAN : l’ARRC à Rheindalen en Allemagne (commandement britannique) ; le corps germano-néerlandais à Munster en Allemagne ; les CRR de Solbiate en Italie, Betera en Espagne et Istanbul en Turquie ; l’Eurocorps à Strasbourg.
3. – Outre une rénovation architecturale, la citadelle est devenue une « forteresse » informatique avec la pose de plus de 600 km de fibres optiques.

Patrimoine: une plongée dans l'oeuvre de Vauban

L’Hospice Comtesse fête Vauban avec une exposition sur les «villes fortes»

À Lille, où se dresse la « reine des citadelles », le tricentenaire de la mort de Vauban se devait d’être célébré en grandes pompes. Demain à l’Hospice Comtesse s’ouvre l’exposition « La ville forte dans tous ses états », qui se penche sur les constructions fortifiées de la région.
PAR CLAIRE FRIEDEL metro@lavoixdunord.fr

« Le Nord - Pas-de-Calais a toujours été un champ clos des guerres européennes. Les villes étaient très convoitées et avaient besoin d’être protégées », explique d’emblée Rosine Cleyet-Michaud, directrice des Archives départementales du Nord, qui a fourni la plupart des documents visibles dans l’exposition.

À partir de demain et jusqu’au 7 octobre, l’Hospice Comtesse accueille environ 400 pièces qui retracent l’histoire des fortifications dans la région. La part belle est faite à Sébastien Le Prestre de Vauban, constructeur de la citadelle de Lille, concepteur de la double ceinture d’édifices de défense qui traversait la région. Même si, ajoute Rosine Cleyet-Michaud, « il y a eu des fortifications bien avant Vauban ».L’espace de l’exposition se divise suivant trois périodes historiques distinctes.
De la fin du Moyen Âge au milieu du XIXe siècle, c’est « l’âge d’or des fortifications ». Celles-ci ont un rôle de défense, qu’on devine en admirant les plans militaires exposés. Les cités sont corsetées dans des remparts semés de bastions. Pour défendre le « pré carré » qu’est la France selon lui, Vauban va ainsi armer 23 places fortes, situées aujourd’hui dans le sud de la Belgique et dans le Nord - Pas-de-Calais.Puis, de 1850 à 1950, vient le temps des transformations, « du rempart au boulevard ». L’armée abandonne les lieux. Les villes fortunées démantèlent leurs chemins de ronde et tracent de grands axes à la place, comme à Lille le boulevard de la Liberté, situé sur une ligne de fortifications. Les villes moins riches, comme Le Quesnoy, n’entreprennent pas de travaux, au grand plaisir des touristes actuels.La troisième partie fait le point sur la période contemporaine. « Il y a réappropriation des fortifications existantes », note Rosine Cleyet-Michaud. Les espaces verts s’y nichent, comme dans la partie haute du Vieux-Lille. Les usages se transforment. « Il faut souligner l’importance de l’eau, autrefois élément de défense, aujourd’hui élément du cadre de vie », intervient Fanny Frigout, commissaire de la troisième partie de l’exposition.Une plongée dans l’histoire à goûter jusqu’en octobre, et dès demain, après l’inauguration de l’exposition, ce soir, par Bernard Derosier, président du conseil général. •


> « La ville forte dans tous ses états », du 7 juillet au 7 octobre, à l’Hospice Comtesse à Lille. Le lundi de 14 h à 18 h et du mercredi au dimanche de 10 h à 12 h 30 et de 14 h à 18 h. Fermé le 15 août et le week-end de la Braderie. 2 E/1,50 E.



Hommages et festivités pour cette année Vauban
Mort en 1707, Vauban a marqué l’histoire de France, et de Lille. Une série d’événements célèbre le tricentenaire de sa mort, cet été.
Demandez le Programme!
> « L’Armée de Terre sur les traces de Vauban ».- Demain, cet événement itinérant lancé en Gironde le 23 juin se conclut à Lille. De 14 h à 18 h, un « village » de l’armée proposera au public des animations et démonstrations sur le Champ de Mars. Un pôle d’informations se tiendra en parallèle à l’Hospice Comtesse. Tout au long de l’après-midi, la fanfare du 43e régiment d’infanterie donnera des aubades dans la ville (Hospice Comtesse, Champ de Mars, place de la République). À 21 h 40, un spectacle son et lumière (avec la musique principale de l’armée de Terre) conclura la journée, place de la République.

> « La Vie de Vauban ou les sept portraits d’un honnête homme ».- Samedi 14 juillet, la citadelle accueille un spectacle gratuit qui retrace l’histoire de Vauban et de la citadelle de Lille. Les représentations ont lieu à 16 h et 20 h 30. Réservation obligatoire à l’office de tourisme, avant le 10 juillet.

> Feu d’artifice du 14 Juillet.- Le clou des festivités du 14 Juillet est consacré cette année au tricentenaire de la mort de Vauban. Il sera tiré, à partir de 23 h, du Champ de Mars. Intitulé de la bande musicale : Les Pierres de Vauban.

> Lectures musicales.- Les vendredis 20 et 27 juillet, et 3 et 10 août, à 17 h, l’Ineffable Compagnie propose des lectures musicales autour de l’oeuvre de Vauban, dans la cour de l’Hospice Comtesse. Entrée libre et gratuite.

> Visites guidées.- L’office de tourisme propose une série de visites en rapport avec Vauban. Tous les dimanches, à 15 h, jusqu’au 26 août, visite de la citadelle (7,50/6 E). Tous les samedis, à 17 h, jusqu’au 29 septembre, visite en alternance du parc de la Citadelle ou de la promenade des remparts (5/4 E). Tous les samedis, à 16 h 30, jusqu’au 6 octobre (sauf le 14 Juillet et le 1er septembre), visite des plans en relief des villes fortifiées de la région, au palais des Beaux-Arts (4 E plus entrée au musée). Billets à retirer à l’office de tourisme ou au palais des Beaux-Arts. •

in LA VOIX DU NORD, édition Lille Métropole du 6 juillet 2007

juste un siècle d'écart

Fouillant les vieux souvenirs de famille, on retrouve des trésors. Loin des habituels portraits des parents accompagnés de leurs enfants, une simple photo de classe, prise vers 1907 ou 1908 à l'école de la rue de la Paix à Dunkerque où je retrouve le visage de mon grand-père maternel. Il était loin de d'imaginer tout ce qu'il vivrait dans sa vie d'homme, sur le port ou à travers les ruines de l'agglomération pendant la seconde guerre, sous les bombes... Personne ne l'aurait pu d'ailleurs ! Et de se demander quelles vies d'hommes ont eu les enfants de cette troupe, engoncés dans leurs blouses, l'air sérieux et sages devant l'evènement alors rare que d'être photographiés...

Le ciel se couvre de noirs nuages... Le soleil hésite à éclairer toute la grand place... Entre la déesse et le beffroi de la Nouvelle Bourse, son coeur balance... Dans quelques instants, la question sera réglée par la nuit tombante ou la pluie battante...

Accompagné d'un petit haut comme trois pommes, il fait la manche, tirant des notes déchirantes de son accordéon, arpentant inlassablement les terrasses des cafés lillois dans l'indifférence générale... Qui voit encore la misère tant elle se répand dans les rues, aux feux tricolores, sur les trottoirs sombres, aux portes des magasins emplis de victuailles et de bibelots?


Le dôme en réfection de l'Opéra de Lille se cache sous une vaste tente, comme si Lydéric prenait ses quartiers d'été à deux pas de la Grand Place...

jeudi 5 juillet 2007

Le Guide historique et touristique de Dunkerque 1939-1945 vient de paraître...

Un ouvrage de petite taille mais très fourni pour réussir un pari risqué; présenter Dunkerque de l'opération Dynamo à la Libération de la dernière poche de France continentale, en présentant les faits, en montrer les vestiges et aborder des points souvent méconnus comme les camps d'Internement de civils constitués lors de la dernière évacuation... Le propos est clair et didactique, enrichi par de nombreuses illustrations actuelles et anciennes. A noter que le préfacier est un Dunkerquois célèbre, dont le nom est gage de la qualité de l'ouvrage... Jacques Duquesne !
A consommer sans modération, paru chez Ysec éditions, les informations utiles, ISBN et prix sur la 4ème de couverture ici présentée...

Les auteurs seront présents à la nuit du Livre d'Esquelbecq, sur le stand MAJUSCULE de 15 heures ... à 2 heures du matin...

En passant par Saint-Nicolas de Pervijse

Silence et recueillement...

Sainte-Catherine d'Alexandrie et sa roue, protectrice des jeunes filles...
Sa vie est édifiante, car elle fut à la fois vierge, martyre et docteur de l'Eglise, ce qui lui vaut d'être représentée avec 3 auréoles : la blanche des vierges, la rouge des martyrs et la verte des docteurs. Elle ne se contente pas non plus d'être la sainte patronne des filles à marier, mais aussi celle des prêcheurs et des philosophes. C'est sa vie exemplaire qui lui vaut tous ces honneurs : originaire d'une famille noble d'Alexandrie, Catherine se convertit au christianisme à la suite d'une vision. L'empereur Maxence, qui persécutait les chrétiens, lui proposa de renoncer à sa foi en échange d'un mariage royal. Catherine refusa et allégua qu'elle avait contracté avec le Christ un mariage mystique.
On raconte qu'elle tint tête à toute une armée de philosophes qui lui avaient été envoyés pour lui démontrer la fausseté de sa foi et réussit même à les convertir. L'empereur la condamna à mourir du supplice de la roue. La légende dit que la roue se brisa miraculeusement, et qu'elle fut donc finalement décapitée vers l'année 310, un 25 novembre.


Son refus de se marier explique tout naturellement pourquoi Sainte Catherine est la patronne des filles célibataires. L'expression "coiffer Sainte Catherine" qui signifie ne pas être mariée l'année de ses 25 ans s'explique par une tradition qui remonte au XVIème siècle. En effet, à cette époque, on renouvelait la coiffure de la statue de la sainte dans les églises, et c'était les jeunes femmes célibataires entre 25 et 35 ans qui se chargeaient de cette tâche. Il faut savoir que les hommes célibataires ont eux aussi leur saint patron en la personne de Saint Nicolas : en effet, tout comme on dit "coiffer sainte Catherine" pour les filles, on dit "porter la crosse de Saint Nicolas" pour les garçons...

Dans la chapelle qui lui est dédiée à Pervijse, un tableau explique avec concision le martyre de la sainte alexandrine Catherine.


L'Alpha et l'Omega dans une seule image...

L'air sévère de Saint-Nicolas tranche avec l'image paternaliste de l'Evêque de Smyrne ramenant les enfants martyres à la vie depuis le saloir qui leur servait de tombeau.


Sur les murs de l'église saint-Nicolas, Pervijse se souvient du martyre du village et du sacrifice de ses enfants...

En passant par la côte belge

Emergeant d'un taillis comme Venus surgirait de l'eau, elle se dresse face aux passants qui, le plus souvent habitués à sa présence, l'ignorent superbement.

Dans un soleil agonisant, elle offre sa nudité au monde qui l'entoure...

Bras levés vers le ciel, elle danse dans le vent...


La barrière est un bien illusoire rempart qu'un ennemi rampant voudrait coloniser...

La Poste Centrale ostendaise se remarque de loin par les sculptures qui ornent sa façade.

La frise du Palais de Justice d'Ostende pour conter la cité balnéaire...


Dans une vitrine, argentine parée d'ors, une réinvention plutôt kitsch d'un extrême-Orient rêvé...

Force barbare et brute, souvenir magnifié des riches heures de Flandre.


La petite danseuse se prépare à prendre à virevolter sur des pointes délicates.


Une Amérique de pacotille au coeur d'une cité balnéaire belge... C'est peut-être ça aussi la mondialisation.

D'un coup, le silence est déchiré par le chant d'une Alouette III de la Marine Belge, en partance pour d'autres horizons.

D'ordinaire, l'on voit plutôt le mariage de la brique et de la pierre mais, pour rare qu'elle soit, l'alliance ostentatoire des briques et de l'acier ramène aux temps de l'âge de l'Acier et au siècle de l'Industrie triomphante...

Sur un haut piédestal, la statue équestre de Léopold Ier ramène aux riches heures de la naissance de la Belgique en 1830 et de la glorieuse Révolution brabançonne... Bientôt le 21 juillet, les cousins belges pourront fêter la Belgique indépendamment des querelles communautaires.


A l'entrée du Parc d'Ostende, le baron James Ensor, peintre majeur de la Belgique du XIXe siècle, jette un regard attendri sur ses descendants qui déambulent dans la ville balnéaire.

Battue par vents et vagues, fracassée d'écume, balayée de froides rafales, la jetée d'Ostende est vide, les promeneurs préfèrant la voir de loin que venir se risquer à l'arpenter.

Le vent, toujours si puissant et qui s'insinue partout, fait la tristesse des estivants qui ne peuvent baguenauder sur le sable et la joie des enfants qui s'adonnent à des jeux innocents, où l'espace devenu libre, leur offre tant de possibilités.

Drapeau rouge et plage déserte, qui prendrait le risque d'être tourneboulé par les vagues froides qui viennent mourrir après avoir fait tant de rouleaux?

La liberté et rien d'autre...


L'eau du lac, à l'abri de la ville, offre un havre de paix protégé du vent et du soleil où mouettes, sternes et grisards viennent s'ébattre dans l'indifférence générale.

Alors que de l'onde émergent les têtes de quatre naïades, le petit jardin se donne des airs de Versailles.


Les muscles roulent sous la peau, sans pour autant se tendre, expression simple d'une force tranquille.

Tapie dans les feuillages, elle guette le moindre passage, hésitant entre quémander la caresse et sauter sur la proie qui passe devant elle.

mercredi 4 juillet 2007

En route vers d'autres horizons, un arrêt s'impose pour apprécier les courbes parfaites de la belle, le soleil qui se regarde sur sa peau satinée, les reflets qui jouent sur la moindre parcelle de son corps. Elle, l'objet de toutes les attentions de son maître, ronronnera bientôt, tremblera, frémira, rugira puis au terme d'une longue plainte, elle se laissera chevaucher, dompter, enfin soumise, elle se donnera alors sans résistance. Son maître pourra la prendre dans une étreinte charnelle. Le grand frisson parcourera l'une et l'autre... Sacrée Harley, chacune d'entre elle est comme une femme pour ceux qui les possedent.

Ceux qui me connaissent un peu savent que question belles mécaniques, j'ai toujours préféré les aérodynes aux cycles mais là, j'avoue ne pas résister aux courbes de la bête, aux couleurs que renvoient ses chromes... Mythique Harley chère aux bikers du monde entier, tellement plus désirable que les japoniaises...

mardi 3 juillet 2007

Une question d'ordre pratique

Cher surfeur,

cher lecteur,

que tu sois un habitué ou que tu découvres histoires du nord, je suppose que tu prélèves pour on usage personnel des clichés... mais voilà, elles sont en format photo, pas retaillées pour faire des fonds d'écran... Pour un écran 15 classique, ce n'est pas trop difficile de rogner les bords, mais à me promener un peu partout, je me suis aperçu que les écrans 17 pouces panoramiques (type format 16/9) se sont généralisés sur les portables parce que de plus en plus d'informaticiens se passent leurs films sur leurs bécanes... Alors une question, dois-je mettre ne ligne des images retaillées en 1400 x 900 pour faire des fonds d'écran pour ce type de portable parce que je n'en rencontre somme toute assez peu sur les sites que je visite moi aussi...


en voici un exemple
Wingwalkers... format 1440 x 900

777... La nuit du livre d'Esquelbecq

Dans le cadre de la première Nuit du Livre à Esquelbecq - samedi prochain 7/7/07, une table ronde aura lieu à la médiathèque d'Esquelbecq à 17h30, table ronde animée par Achmy Halley, directeur de la Villa Marguerite Yourcenar, avec les auteurs en résidence : Roberto Alajmo, écrivain italien de grande renommée et auteur d'"un coeur de mère", Sabine Boulaya, écrivain français, auteur de "Cinq" et Timour Muhidine, écrivain franco-turc, auteur de "Ottomanes".

Le sujet de cette table ronde est "existe-t-il une Europe des écrivains ?".

Cette nuit du livre débutera à 15 heures et se terminera vers minuit.
Un concert de Viole de Gambe par l'ensemble Flammans Concentus, aura lieu dans l'église St Folquin d'Esquelbecq à 20h30.

Vous aurez tous les détail de cette nuit du livre sur le site de cette nouvelle association :"Esquelbecq, village du livre" : www.esquelbook.com
Vous serez sans doute très agréablement surpris.

Au plaisir de vous rencontrer samedi prochain

Blandine Ammeux
Responsable de la médiathèque d'Esquelbecq

Du rouge et du noir ! Référence stendhalienne ou relecture de la symbolique anarchiste?

Courbes et droites, dentelles de pierre et rigueur de la brique...


Lié au quai, à quand le départ par les canaux et rivières de la douce France?

Besoin de voir du pays en ce moment... Comme la bélandre qui mouille à la gare d'eau, je sens que je rouille...

Et pourquoi pas un nouveau pied-à-terre, Enfin pied-dans-l'eau?

lundi 2 juillet 2007

Par un bienheureux hasard...

Parti acheter mes cigarettes de l'autre côté de la frontière (il faut bien que j'aie au moins un défaut,non?), je vois depuis la route le ballet d'une patrouille acrobatique... Il n'en faut pas plus pour que je me déroute et arrive à la base de Koksijde pour les journées de la Défense belge et d'en profiter pour humer le kerosène brûlé et les le soleil se refléter sur les carlingues... Comme le temps est au grand beau, pourquoi allez s'enfermer dans un musée?



Avec une chance insolente, je fixe un des moment les plus risqués de la prestation de ce team acrobatique... Avec plaisir, je le découvre sur mon écran de contrôle et je ne peux que jubiler. Le ciel de la côte flamande est une bien belle toile pour un tel spectacle... Il y a bien longtemps que je n'avais eu tant de plaisir à découvrir le résultat de mon travail... En plus de la beauté du spectacle, à la pensée pour les demoiselles chevauchant les ailes de ces vénérables montures, j'ajoutais le bonheur d'avoir fait là une de mes plus belles photos depuis des mois... La journée est bien engagée...


En passage en solo, le pilote s'amuse à fabriquer des nuages...

Fendant le ciel, le couple de biplan semble surgir d'un passé pas si lointain où la foule se délectait du spectacle des Wingwalkers...

Perchées sur les ailes des biplans, les demoiselles volantes procurent un frisson qui n'est somme toute pas désagréable.

Coup de fatigue??? Le Tommy est à deux doigts de s'endormir mais à chaque fois qu'il est près de s'enfoncer dans les bras de Morphée, un quidam le sort de sa torpeur pour poser des questions ou faire une photo avec lui...

Parti tutoyer les Anges?


Le pilote affectionne les virages serrés qui font l'admiration du public pour les effets qu'ils procurent...

La lenteur relative du C-130 permet d'admirer plus facilement les silhouettes des F16...


Le Fouga Magister entame sa démonstration. Subitement, je me sens comme un enfant devant un jouet oublié dans un recoin et retrouvé avc une incommensurable joie.

Rapide malgré son âge avancé, il laboure les nuages comme s'il était encore un enfant dans la grande famille aéronautique...

Striant le ciel, le Fouga fait remonter mes vieux souvenirs à la surface... A ce moment précis, je jous tant d'un spectacle devenu rare que je me dis que même la plus jolie des filles qui viendrait à passer ne saurait distraire mon regard de ce bolie argenté...

Et son chant mélodieux, d'un coup, emplit les cieux...

Que de souvenirs remontent à la surface. Le dernier Fouga Magister passe au-dessus de la base de Kokjside, dans tous les sens de la piste, en tonneau, en demi-huit, exécutant des Immelmans, volant sur le ventre, sur le dos, présentant ses flancs au public... A l'issue du meeting, il sera rayé des listes. Une page se tourne alors, suscitant la nostalgie à la pensée de tous les vols de l'ancienne Patrouille de France ou des Diables Rouges...

Le calme de la campagne flamande est troublé par le chant des pâles du Seaking. Pour quelques minutes, il change de mission, quittant son rôle de gardien de la Mer du Nord et de sauveteur pour livrer des commandos... Dans quelques secondes, il se maintiendra immobile à moins de 5 mètres au dessus du sol, le temps que les hommes glissent le long de l'élingue et la puissance de sa voilure empêchera les témoins de se maintenir immobiles pour photographier facilement la scène... Et l'on parle de repos dominical?

Sur le bord de la piste, les commandos prennent position pour une démo. Les snipers cachés dans les blés et les herbes hautes ne se dévoileront que plus tard... En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, les hommes seront tous à terre, groupés pour l'assaut...

Glissant lentement dans l'azur, le DC3 semble presque immobile après la démonstration des chasseurs, que ce soit l'Eurofighter ou les F16... Le chant de ses moteurs peine à percer le bruit de la foule et pourtant l'instant reste toujours magique...

La nostalgie étreint les gorges des plus anciens debouts sur le termac quand le ciel est traversé par un DC3 aux couleurs d'Air France... Plus de 60 ans que les Dakota civils labourent les nuées, c'est autant d'images et de souvenirs qui émergent à la surface...

Le capot-moteur d'un vénérable Sikorsky, vétéran de la base de Koksijde, brille sous un soleil généreux et, d'un coup, ressemble plus aux naseaux d'un monstre antédéluvien qu'au fidèle gardien de la mer du Nord, envoyé à la retraite par l'arrivée des Seakings.

D'un coup, la nostalgie m'étreint... Plus de dix ans que j'attendais son retour sous nos latitudes. Une chance, le soleil met en valeur des formes pures que plus un ingénieur n'oserait jeter sur la table à dessin alors que les nuages renvoient une lumière qui joue à changer les tons de sa livrée.

Le Huey glisse lentement vers les nuées et instinctivement, je me mets à fredonner la "chevauchées des Walkyries", laissant remonter à la surface des vieux souvenirs de cinéphile insomniaques...

Et le ciel joue à se mirer dans toutes les surfaces possibles, sur les flancs lisses des carlingues comme sur les moindres vitrages...


Choc des générations, téléescopage de l'histoire devant mon objectif, l'Eurofighter attend la clearance pour s'aligner en bout de piste juste devant la ferme de l'abbaye des Dunes...

Retour aux sources certainement involontaire: l'armée de l'air espagnole a délégué un Eurofighter, concurrent de notre Rafale, pour la représenter aux Journées de la Défense de Koksijde, effaçant quelques siècles d'un coup.

Postcombustion allumée pour rejoindre les anges qui squattent le ciel des Flandres.

Le ciel a pris une livrée gris amiral pour mieux souligner les formes pures du Catalina à la livrée immaculée, visiteur rare dans le ciel des Flandres.


Et dire qu'à quelques kilomètres de la piste, il y a la mer, la plage, l'élèment naturel dans lequel évolue normalement l"hydravion.

Jamais de repos, il faut sans cesse vérifier, jauger, réparer tandis que les promeneurs prennent le temps de détailler les courbes gracieuses du vénérable hydravion.

Le soir tombe, le soleil caresse doucement les flancs du Catalina.

dimanche 1 juillet 2007

À Douai, une trace des dissections de l’ancienne université de médecine

Des squelettes du XVIe ou du XVIIe siècle coupés en deux ont été trouvés lors de fouilles archéologiques, à Douai. Le résultat, sans doute, de dissections pratiquées à l’université de médecine de la ville.
Les archéologues qui fouillent l’emprise d’une ancienne église de Douai en sont à leur troisième découverte de ce genre : un squelette avec la calotte crânienne découpée et le corps scié en deux au niveau des premières vertèbres lombaires.Ces squelettes ont été examinés au service d’archéologie de la communauté d’agglomération du Douaisis. Le côté propre et soigné des sections exclut tout accident ou fait divers violent et a amené les archéologues vers l’hypothèse suivante : il s’agirait de dissections pédagogiques pratiquées à l’université de Douai – située presque à côté –, au XVIe ou au XVIIe siècle.


Lors d’une précédente fouille, organisée sous une collégiale disparue de la ville, les archéologues avaient déjà trouvé le squelette d’un enfant au crâne aussi proprement découpé. La consultation des registres paroissiaux avait montré que son corps avait été réclamé par un médecin à fin d’autopsie, requête acceptée par l’Église. Cet examen post-mortem avait d’ailleurs permis de découvrir une tumeur cérébrale, responsable de ce décès. L’enfant avait été ensuite inhumé en terre consacrée, comme les squelettes trouvés dernièrement. Preuve que ces faits se sont déroulés au grand jour.

• J.-L. R. in LA VOIX DU NORD, édition régionale du 1er juillet 2007

Au nom des notres, des Anciens, de ceux qui ont tout donné pour permettre de sauver leurs frères d'armes...

Montagnes ou vagues? Etabli à Dunkerque, le LAAC (Lieu d'Art et d'Action Contemporain) été édifié à proximité du bastion 32, obligeant à enterrer les bunkers sous des tonnes de terre et dessiner un parcours de promenade en hauteur. Je suis tout sauf fan d'art non figuratif mais comme le parc est sur le chemin de la lage, pourquoi ne pas y faire - pour une fois - un petit détour. Personnellement, je préfère le contenant au contenu mais tout est affaire de goûts... et on le sait, tous les dégoûts sont dans la nature ...

Quand le Reuze joue au tennis, il pourrait au moins ramasser ses balles !

De loin, l'architecte semble s'être inspiré des formes pures du cristal mais en s'approchant, on se demande quelle course lointaine a pu faire germer ces formes en son esprit. Largement ouvert sur le ciel par ses larges baies, le rare soleil inonde les carrelages posés sur ses murs et ses toits pour rendre le batiment aussi lumineux à l'exterieur qu'à l'abri de ses murs.

Les formes épurées du musée d'art contemporain sont des miroirs pour le ciel tourmenté.


A y regarder de plus près, l'artiste ne se serait-il pas inspiré des blacksheeps des prés salés du Mont-Saint-Michel?

A la limite de l'art figuratif, ce qui n'est pas pour me déplaire mais c'est un avis personnel, les moutons disposés ça et là sur les pelouses du LAAC sont d'un calme olympien et si ce n'était le statut d' "oeuvre d'art" qu'on leur affecte, ils seraient à la parfaite hauteur pour poser son séant et prendre une pause.

A quoi rêvent les moutons sous le soleil?

Il se prélasse en toute quiétude, insensible aux remarques des visiteurs.

Sur le toit d'un bunker du jardin du LAAC, un amas brillant bouche une des aérations... Coup de bol ou travail délibéré. Dans les deux cas, c'est somme toute assez esthétique.

Du mois de juillet 2007

De notre correspondant et ami Jean Mignot, à Uzes...
L’année même de la mort de Jules César, en 44 avant JC, Marc-Antoine, son fidèle lieutenant, voulant honorer la mémoire du conquérant des Gaules, fit remplacer le nom du cinquième mois de l’année romaine, Quintilis, par Julius dont nous avons fait juillet.
Pour les chaleurs caractéristiques de ce mois il faudra attendre qu’il devienne Thermidor le bien nommé, « le mois de la chaleur tout à la fois solaire et terrestre qui embrase la terre », dixit Fabre d’Églantine, à partir du 20 juillet, car c’est alors que nous serons dans la période, à proprement parler de « canicule ». La canicule c’est en effet spécifiquement la période qui correspond au moment où le soleil se lève et se couche en même temps que la constellation du chien ou du Grand Chien, (canis en latin), constellation dont l’étoile la plus connue est Sirius, une des étoiles des plus brillantes puisque de diamètre 1,8 - c'est-à-dire à peine plus grosse que le soleil - et qui brille 23 fois plus. Comme il fait chaud à cette période, du 23 juillet au 24 août c’est le diminutif latin, canicula qui a donné le nom à cette période. Par contre on devrait dire quand il fait très chaud à d’autres moments de l’année «il fait une chaleur de canicule » c'est-à-dire : « comme pendant la période de la canicule » par référence à cette période des mois de juillet et d’août.
L’utilisation de ce mot est en effet impropre quand on l’utilise à d’autres moments de l’année comme on le fait trop souvent notamment depuis l’été 2003.

Juillet, pour le moment reste le mois des moissons, le « Messidor » du calendrier républicain, soit, selon les propres termes de Fabre d’Églantine dans ses attendus pour expliquer et justifier son calendrier devant l’assemblée : « le mois de l’aspect des moissons dorées qui couvrent les champs ».
La concentration des activités est sur les récoltes. C’est, après les moissons, le mois où on met le verger en confitures et le potager en conserves. « En juillet, faucille au poignet » ou « quand juillet commencera, ta faux affûtera ».
La plupart des dictons et proverbes du temps, pour ce mois, concerne les récoltes et curieusement il est presque toujours question de pluie, car la pluie de juillet est fréquente, souvent avec des orages. Mais « pluie du matin, en juillet, est bonne au vin » qui plus est, « elle n’arrête pas le pèlerin ! »
Ce temps désagréable que nous avons depuis quelques jours, n’est pas si exceptionnel que ça, et heureusement on commence à parler sur les ondes des explications que les scientifiques donnent à ce mauvais temps. Mauvais temps fréquent comme je vous l’ai rappelé dans une très récente chronique. Mais nous perdons la mémoire !
On peut prédire un changement autour du 14 juillet, avec sans doute encore quelques fameux orages. La lune sera à son « périgée » le 10 juillet et elle sera « nouvelle lune » le 14 juillet. Elle sera « descendante » du 13 au 26 juillet, ce qui sera une période favorable pour couper les fleurs fanées, tailler les géraniums et les branches de framboisiers ayant déjà porté des fruits pour que d’autres pousses se développent.

Au hasard de notre ballade dans ce mois je relèverai la fête de quelques saints parce que leur vie ou le patronage dont on les a chargés rejoint notre actualité.
Le 11 juillet saint Benoît de Nurcie, ( en Ombrie) ( 480 - 547 ) fondateur du monastère du Mont Cassin, lieu connu pour avoir été le théâtre d’une célèbre bataille pendant la dernière guerre mondiale. C’est le berceau de l’ordre des Bénédictins. Saint Benoît est l’auteur d’une célèbre règle monastique qui sert encore de référence à de nombreux monastères. Paul VI a proclamé saint Benoît « co-Patron de l’Europe ».
Le 13 juillet on célèbre le Bienheureux Jacques de Voragine ( + 1298) un dominicain, auteur de la célèbre légende dorée, recueil de la vie des saints, souvent empreintes de merveilleux et à l’origine souvent de nos légendes. Une véritable mine pour un chroniqueur !
le 24 juillet, c’est la sainte Ségolène ( VII ème siècle) première abbesse du monastère de Troclar, près de Lagarve, dans le Tarn. Sans autre commentaire.
Le 17 juillet on commémore les Bienheureuses Carmélites de Compiègne guillotinées place du Trône en 1794 et qui montèrent à l’échafaud en chantant le Veni Creator ; en 1960, Robert Bresson a tiré de cette tragédie un célèbre et très beau film.
Avec la fête de Ste Marguerite le 20 juillet, et de Marie-Madeleine le 22 juillet patronne de la si belle foire de Beaucaire, c’est le dernier moment pour cueillir les noix et faire le vin du même nom. Mais attention : « s’il pleut à la sainte Madeleine, il pleut durant six semaines » Gageons plutôt, vu ce que je viens d’écrire, qu’il fera beau et chaud. Enfin !
Le 21 c’est St Victor à Marseille, un soldat romain du IIIe siècle qui est le patron d’une célèbre abbaye au très grand rayonnement dans tout le sud de notre pays, avec un « cartulaire » qui donne des renseignements très précieux sur nos villes et villages, jusque dans le fin fond des Cévennes, et les hauteurs du Mont Aigoual, où les ruines de l’abbaye de Notre Dame de Bonheur (Bonahuc) fondée par la puissante famille des Roquefeuil, et rattachée à cette abbaye marseillaise, sortent petit à petit de ses ruines. « S’il pleut à la saint Victor, la récolte n’est pas d’or ». Pas besoin d’explication !
Le 23 juillet c’est sainte Brigitte de Suède ( 1303 - 1373) désignée comme patronne de l’Europe avec Catherine de Sienne par le pape Jean Paul II en 1999.
Saluons St Jacques le Majeur le 25 et tous ceux qui profitant des vacances, marchent sur les chemins de Compostelle. « Si saint Jacques est serein, l’hiver sera dur et chagrin ». Qu’on se le dise !
Le 29 juillet c’est la fête de St Urbain II ce pape né en Champagne qui prêcha la première croisade à Clermont en 1095. Il s’agissait de trouver un dérivatif pour éviter les luttes fratricides des seigneurs féodaux entre eux en les motivant sur un appel à repousser les infidèles, en particulier les Turcs qui menaçaient les chrétiens d'Orient et multipliaient les obstacles aux pèlerinages des Occidentaux en Terre Sainte, sur le tombeau du Christ... On en connaît les conséquences !
Le 31 Ignace de Loyola qui fonda la si célèbre Compagnie dont on sait l’influence et le rôle qu’elle a joué et joue encore..
Une bienheureuse religieuse mérite quelques mots de plus. La Bienheureuse Anne-Marie Javouhey fêtée le 15 juillet était une bourguignonne de choc. Avec ses sœurs de st Joseph de Cluny, à la demande du gouvernement elle avait été chargée de créer des écoles dans les colonies françaises, d’abord à l’île de Bourbon puis au Sénégal aux Antilles et à st Pierre et Miquelon. Mère Javouhey, parti au Sénégal en 1822 et découvrit avec stupeur la condition des esclaves. En 1828 elle partit en Guyane et parvint à créer un village, au bord de la rivière Mana là où les colons avaient échoué. Son action pour l’émancipation des esclaves fut saluée par des personnalités comme Lamartine ou la reine Marie-Amélie. Elle se heurta au clergé et un prêtre en Guyane décida même de la priver des sacrements à cause de son action. On l‘a surnommée « la Mère des Noirs ». « Si la Sœur Javouhey n'avait pas existé, je serais encore esclave." Disait en 1957 M. Gaston Monnerville président du Sénat. Et le Roi Louis-Philippe : "Madame Javouhey ? C'est un grand homme !"

Si juillet est connu pour notre fête nationale, il faut rappeler qu’il nous laisse avec Thermidor un autre exemple de revirement de l’histoire dans lequel le peuple n’a pas eu vraiment de rôle, contrairement à la prise de la Bastille. On pourrait dire que le 9 Thermidor ( 27 juillet 1794) fut un simple changement de majorité. Notre avocat uzétien, Henri Voulland a joué là un petit rôle, comme membre du Comité de Sûreté Générale. Plus important fût le rôle de la belle Térésa Cabarrus, la fameuse Madame Tallien, « Notre Dame de Thermidor ». Elle avait tous les atouts plastiques qui lui permettaient de ne rien cacher et de jouer ainsi de son influence auprès du citoyen Tallien dont on connaît la responsabilité dans les évènements du 9 thermidor. Elle était apparue à l’Opéra, dans une tunique de soie blanche sans manche, et aucun sous-vêtements. Ce qui permit à Talleyrand, dont on connaît bien l’esprit d’à-propos pour faire de bons mots, de dire : « il n’est pas possible de s’exposer plus somptueusement ! » C’est vrai qu’elle avait pris des risques en ces périodes si troubles dont il nous reste le « homard Thermidor ». En réalité, il s’agit d’une recette créée au restaurant « Maire » à Paris, en hommage au drame « Thermidor » de Victorien Sardou. Pourquoi ce qualificatif ? eh bien parce qu’il faut couper le homard en deux alors qu’il est encore vivant ! On imagine facilement la suite !

Nous remarquerons encore que juillet, avec son compagnon août, nous offre la période idéale pour contempler les étoiles. Vous regarderez vers le soleil couchant le beau spectacle que nous offre la belle étoile du berger. C’est l’astre qui brille le premier dans le ciel, le soir, dès que le soleil est couché. Vous ne pouvez pas le manquer si vous regardez vers l’occident. Elle brille, cette étoile, avec un éclat de magnitude 4,4 disent les astrologues (ce qui revient à dire qu’elle est treize fois plus lumineuse que la plus brillante des étoiles, Sirius). En milieu de mois, on peut l’observer pendant une heure, entre 21h30, début du crépuscule, et 22h30 heure approximative de sa disparition sous l’horizon.
Comment ne pas évoquer alors ces vers d’Alfred de Musset :
« Pâle étoile du soir, messagère lointaine, dont le front sort brillant des voiles du couchant, de ton palais d'azur, au sein du firmament, que regardes-tu dans la plaine ? »
« Etoile du Berger », car elle apparaît dans le ciel quand le berger rentre avec ses moutons : « Toi que regarde au loin le pâtre qui chemine, tandis que pas à pas son long troupeau le suit ; » mais son apparition est de courte durée : « Mais déjà vers les monts je te vois t’abaisser, Tu fuis en souriant mélancolique amie…". Le vers suivant : « Et ton tremblant regard est près de s’effacer » jette le trouble : étoile ou planète ? On dit bien trop rapidement pour expliquer la différence entre l’une et l’autre, que les étoiles scintillent et les planètes pas. Or Vénus est une planète ! En réalité, « Les étoiles ne scintillent pas vraiment. Tout dépend de leur luminosité et de leur position sur la voûte céleste. Quand les rayons d’un astre traversent de grandes quantités d’atmosphère terrestre, les fluctuations de l’air font bouger sa lumière. Plus cette lumière est faible, plus elle est sensible à ce phénomène. Les étoiles à peine visibles sont altérées par les moindres fluctuations alors que les brillantes restent impassibles. Au ras de l’horizon, les couches d’air à traverser sont épaisses et les étoiles, à leur lever, scintillent. Mais lorsqu’elles passent au zénith, où il y a très peu d’atmosphère à traverser, la majorité d’entre elles cesse de clignoter. »
Au plus fort de l’été, la chaleur qui se dégage des routes, trouble la vision que l’on a des paysages lointains. L’air chauffé par le macadam s’élève et se mélange à l’air plus frais, ce qui engendre des turbulences et brouille l’image des objets situés au-delà de cet « écran ». C’est le même phénomène qui fait scintiller les planètes. ».
Monsieur Musset ne s’était pas trompé en parlant du regard tremblant de Vénus

Terminons cette chronique par une invitation à la promenade du soir après dîner pour profiter des belles nuits d’été. Elles ont quelque chose de magique, doucement éclairées par la lumière lunaire. C’est par une de ces belles nuits que la reine Mâya, épouse du roi Shuddhona, vit en songe un éléphant blanc pénétrer en son sein par son flanc droit. Dix mois plus tard, par la même voie, apparaissait Bouddha.

Et nous Uzétiens rappelons-nous ces vers de Jean Racine, dont on n’a retenu, hélas ! que les deux derniers ce qui est bien dommage car les quatre vers qui précèdent sont admirables :
« Lorsque la nuit a déployé ses voiles
La lune au visage changeant
Parait sur un trône d’argent
Tenant cercle avec les étoiles ;
Le ciel est toujours clair tant que dure son cours
Et nous avons des nuits plus belles que vos jours ; »

N’est-ce pas une belle publicité pour l’Uzège et Uzès !

Adissias !
Jean Mignot
A la veille du 1er Juillet 2007

samedi 30 juin 2007


Poulie et fanal posé au milieu d'un fatras de drisses et de bouts, l'invitation au rêve comme au voyage est explicite.

Au nom de la tradition et de la sauvegarde des techniques anciennes, le matelotage est oeuvre de patience comme de réflexion.

Qui ne rêve jamais de liberté, de pouvoir aller où bon lui chante, d'être affranchi de toute contingence?

A tire-d'ailes, elle déploie toute son envergure, rame énergiquement dans le vent, prend de la vitesse puis disparait dans l'azur, me laissant seul sur un parking désert, oublié des dieux et des hommes...

Les ardoises luisent dans la lumière vespérale, la journée touche à sa fin et les chants des oiseaux se font plus rares.


La nuit vient se perdre dans la mâture de la Duchesse Anne, les nuages s'amoncèlent, le vent se lève, la nuit sera courte.

A chacun ses courses lointaines, ses rêves de gloire, ses désirs de voyage...

Le plus dur est encore dr'emprisonner le vent dans la voile, puis de le dompter, de le jauger, de s'y mesurer pour goûter à l'ivresse de la vitesse.

Que d'efforts avant de réussir à tendre la voile et la planter dans le sable pour s'offrir un abri...

Il ploie sous l'effort. Jouer avec le vent n'est pas toujours une partie de plaisir, il faut parfois mouiller sa chemise avant de prendre du bon temps... Le fardeau semble léger mais sa résistance est grande.


Il était un petit navire, il était un petit navire... à chacun ses vagues, à chacun ses courses lointaines... avec ou sans capitaine...

Retour au port sur une mer d'huile, la vue apaise les âmes tourmentées.

Et au-delà, la mer, le large, la solitude, la liberté peut-être?

Le ciel change vite, les nuages, dans leur course folle, jouent avec les rais d'un soleil agonisant. Il jette ses dernières forces pour percer la nuée, éclairant la campagne, enveloppant le clocher de Meteren de pénombre... Les promesses de pluie sans cesse renouvelées sont encore d'actualité...

vendredi 29 juin 2007

Un petit test pour vous, amis lecteurs...

Désolé mesdames, je n'ai pas encore reçu la version féminine... A vous de jouer, réponse spontanée souhaitée...

Lille, coeur de l'Europe au carrefour des civilisations et des voies commerciales...

Corsetée d'un haut mais fin échafaudage, le clocher de l'église du sacré-Coeur de Lille ressemble à une fusée sur son pas de tir, prête à mugir dans les cieux azurés. Longtemps empâquetée dans une filet pour protéger les passants des chutes de pierre, l'église votive entreprend enfin des soins de restauration pour lui rendre son lustre d'antan... Construite en ex-voto par deux grandes bourgeoises lilloises et leurs familles en remerciement de la sauvegarde de Lille qui n'a pas été occupée par les Prussiens pendant la guerre de 1870, elle est un édifice curieux. Pour l'heure, présenter la façade serait difficile, il faudra un peu de patience... Il faut donc faire le tour de l'église dont seule la façade est visible, suivre le trottoir des rues qui la cernent pour trouver, derrière une grille discrète, une porte ménagée dans le choeur et découvrir une église néo-gothique où la lumière passe tantôt dans des vitraux de verre blanc, tantôt dans des images extrêmement colorées et où le mobilier liturgique est d'une finesse rare... Le tout à découvrir dans une ambiance d'une rare sérénité où leshauts murs percés de baies ogivales filtrent totalement les rumeurs de la ville...


Bien que dédiée au sacré-Coeur, la vaste église qui se dresse sur la rue Nationale de Lille, reste une paroisse lilloise où oublier Notre-Dame de la Treille serait incongru..

Toute la tristesse de la Mère qui pleure son fils, malgré son essence divine, lui qui est né de sa chair, sera toujours un enfant fragile et chéri à ses yeux.

Dans l'attente de la resurrection...

Le Sacré-Coeur égrène les heures, le temps est précieux pour celui qui attend la seconde venue.

Le gisant délicat, finement ciselé, repose d'un sommeil éternel.

Les cuivres et émaux du retable attirent le regard dans la pénombre de la chapelle.

Simplicité des croisées d'ogives, belles dans la pureté de la ligne, la pensée s'envole avec quiétude à proximité de l'autel qui fait face aux fidèles...

A la croisée du transept, les prières s'élèvent vers des voûtes aux lignes pures.

Dépouillée, d'un style gothique élancé mais simple, le Sacré-Coeur est un écrin caché par les immeubles de la ville. Seule l'entrée majestueuse se voit de loin, le reste est noyée dans le quartier qui l'entoure. La porte passée, on se trouve confronté à un vaste endroit empli de sérénité.

Les vertus théologales assurent la stabilité de la Chaire de Vérité.

Surplombant la foule des fidèles, posé au sommet de la Chaire de Vérité, un Ange pèse les âmes en toute sérénité dans le calme du Sacré-Coeur...


Dans la pénombre ou dans la lumière, la pesée est toujours la même, consciencieuse et miséricordieuse.

Symbole d'une révolution industrielle révolue, la friche se dresse telle un fantôme au bout du baston saint-André, à l'aboutissement de l'ancien lit de la Basse Deûle.

A la naissance de la rue Thiers, au coeur de Lille, la "borne frontière" a au moins le mérite d'être originale ainsi posée au faîte d'une façade...


Un vénérable barbu au visage buriné par le temps veille, tel Sylène, sur les passants...

Au point de contact de la ville du XVe siècle et des quartiers du XIXe siècle, la loge maçonnique de la rue thiers en impose par ses colonnades et sa haute façade de briques surmontée d'un bas-relief orientaliste.


Briques, pierres, dorures, on ne peut pas dire que le bas-relief qui orne la façade presque aveugle de la loge maçonnique de la rue Thiers à Lille brille par sa discrétion.

Des reflets pour habiller la plus belle des mécaniques motocycliques.


Frappant la pyramide de verre qui éclaire la station de métro de la Place Rihour, l'eau s'éparpille en myriades de gouttes fraîches.

Et Saint-Michel de veiller sur les étudiants de la Faculté Catholique lilloise.

Placée sous la haute protection de Notre-Dame de la Treille, la Catho est un écrin néo-gothique pour le savoir, bâtie à une époque où la nostalgie de l'Ordre ancien était omniprésent dans l'Eglise de France au moment où la République donnait des airs de temples grecs à ses universités, optant pour le symbole de la démocratie poussée jusque dans les études.

Haut perchée, la coupole de l'Obersvatoire de la Faculté Catholique est un vestige d'un enseignement aujourd'hui tombé dans les limbes de la pédagogie.

Gare à celui qui viendrait à trop s'approcher de sa progéniture...

Elle veille, jalousement, sur les allers et venues au Palais Rameau.

Rescapées de Lille 3000, les fallas ont trouvé refuge au Palais Rameau où elles bénéficient d'un abri vaste et lumineux.

Les caresses d'une telle déesse doivent être bien agréables.

Au pied des galeries du Palais Rameau, les danseuses hindis se laissent approcher.

Avouons-le, j'ai un peu peur de l'explication que l'on pourrait me donner de ce graffito...


Prendrons nous un jour un rendez-vous gourmand dans une des plus vénérables institutions lilloises?

Quand le soleil n'est plus que sur les façades et les frontons, on peut désespérer de l'été.

Moment d'aller prendre une pause?


L'écrin de pierres et de briques de la Vieille Bourse n'attend plus que les visiteurs.

Lorsqu'étudiant je déambulais dans les rues lilloises, je ne manquais jamais de m'attarder à la devanture de la vénérable librairie proche de la Grand Place, et comme tant d'autres, je salivais sur les ouvrages anciens et autres cartes proposées à la convoitise des bibliophiles... Aujourd'hui, derrière la vieille façade, ce sont des téléphones que l'on vend... Le monde change trop vite pour moi, ne demeurent plus que les souvenirs.

jeudi 28 juin 2007

Sous un soleil timide, Saint-Georges-sur-l'Aa se cache dans un écrin de verdure.

mercredi 27 juin 2007

Rien qu'un tunnel sombre que le ciel éclaire à sa sortie... Sombre comme les pensées qui s'agitent dans la pénombre de mon âme ces derniers jours.

Quand surgissent les héros de votre enfance, les souvenirs vous envahissent, la nostalgie se fait tenace... Quand Blake apparait en sortant de l'ombre, on sent que Mortimer n'est pas loin... Il faudra que j'exhume les vieux volumes (les derniers titres publiés par les successeurs d'E P Jacobs n'ont pas la même saveur que ceux de mon enfance) et que je m'y replonge avec ferveur et délectation...


Présentation en finale, piste dégagée, arrondi, on sort les volets, on verouille le train et on prend enfin contact avec le terrain... La place Jean Bart est une vaste zone aéroportuaire pour pigeons, mouettes et autres moineaux qui se soucient peu du trafic terrestre et aérien tant que les miettes sont dsponiblesau bar des pilotes...

Atterrissage en douceur, pliage des ailes, vérification de la bonne tenue des plumes et hop... à table !

Ce n'est pas tant lutter contre le vent mais de bien choisir sa "drop zone" pas trop près des passants mais assez proche des miettes à picorer, vaste programme pour un cerveau à peine plus gros qu'une noisette...

La ville se joue des conventions comme des supports pour se reflêter à chaque occasion... Tous les supports sont bons...


Les statues de Gadenne s'imaginent-elles que la plage remplacera bientôt le Parc de la Marine en revêtant aini un bikini primaire?

Quelque âme charitable par ces jours gris, ou pudique parce que le retour à l'ordre moral menace, a couvert chastement la dame née de la fonderie de Charles Gadenne.

mardi 26 juin 2007

Les nuages s'amoncèlent, le ciel s'assombrit, donnant à la Villa des Sourires des teintes différentes de celles qu'elle prend d'ordinaire sous le soleil qui teinte les briques rouges et ocres d'une chaleur plaisante.

Piégé dans le miroir d'un manège décoré comme une exubérante glace italienne, le feu de Saint-Pol se dresse au bout de sa jetée, étonnant de smplicité.

Les conclusions du Concile de Constantinople sont elles arrivées jusqu'à la côte flamande... D'une rive à l'autre, les nouvelles se perdent en chemin. Bien grassouillet, on voit que le Paradis est profitable à qui sait y entrer.

Une roue se soulève lentement sous le vent de travers, histoire d'ajouter quelques sensations supplémentaires à la prise de vitesse sur une plage desespérement déserte où même les mouettes se sont faites rares...

Rencontre au bord du rivage...

Sous un ciel d'ardoise, les couleurs éclatantes se croisent et s'entremêlent, rompant la monotonie de la nuée lourde de pluies à venir...

Dunkerque? C'est l'imagination au pouvoir ! On sent que - comme d'habitude - le brain-storming a été efficace dans les sphères autorisées (autant qu'au Kursaal où l'on a évidemment baptisé une salle au nom de Jean Bart) quant à la décoration des nouvelles cabines de plage: sur celles-ci se retrouvent les profils de Sandettie, du Duchesse Anne et, pour faire bonne mesure, de la statue de David d'Angers... Au moins, on ne risque pas de croire que l'on est à La Panne...


Par contre, que les Dunkerquois me disent leur sentiment, vous n'avez pas l'impression qu'il y ait de moins en moins de place pour les simples promeneurs sur la digue de Malo? J'ai l'impression que l'on se rapprochje subrepticement de la situation de nos voisins belges. Cette année encore, les terrasses des bistros envahissent la digue et de l'autre côté, on multiplie les implantations sur le sable: deux trampolines cette année, les nouveaux postes de secours (un peu normal quand même) et - dites moi si je me trompe - plus de cabines de bain que d'habitude... Pour voir la mer, nous faudra-t-il courir sur les toits des villas malouines?

L'été tarde à venir et les cabines restent désespérement vides, gardant leurs portes closes sur une plage déserte fouettée par la pluie et balayée par un vent froid...

Et commence la course-poursuite sur le sable durci par le retrait des vagues et les embruns.

lundi 25 juin 2007

Bientôt la nuit... Le soleil se mire dans les dernières vagues, le promeneur n'attend plus que les étoiles se mettent à briller sur une mer qui offre un spectacle sans cesse renouvelé.

Encore un peu de patience et le temps qui passe transformera le nom de cette villa malouine... Pas sur que dans quelques années, on lire encore "les pavots" et l'on s'interrogera alors sur la volonté des propriétaires d'antan de lui donner le nom d'une sorte de haricots...

Ce visiteur étrange, dont ne sait quelles pensées se cache derrière le masque imperturbable, muscles toujours tendus, passait avec ses maîtres. Il vint à ma rencontre, me renifla la main, se laissa un peu caresser... Il est parfois des petits frissons gratuits que l'on se donne comme çà, sans y penser.

Comme si les mots suffisaient devant les vestiges du jour, quand le soleil décline sur l'horizon et teinte la mer d'or.

dimanche 24 juin 2007

Avec quelques générations d'écart... Les lignes pures de l'aînée restent délicates et grâcieuses, peut-être plus que celles de la cadette...


Les campagnes ne sont plus constellées de moulins, elles se couvrent désormais d'éoliennes... O tempora, O mores !

A Coquelles, face à la cité Europe de laquelle elle est séparée par l'autoroute, trône un curieux vestige, une partie du tunnelier qui a relié France et Grande-Bretagne.

L'ombre de l'Empereur plane encore sur le détroit, face à l'Angleterre honnie.

Le dôme de la cathédrale surplombe la vieille ville de Boulogne et s'offre à la vue comme une montagne inspirée.

Sur une autoroute de loisirs?

Jeux innocents au bord du fleuve d'Asphalte...

Message important reçu d'une correspondante du site...

Merci de passer ce message à toutes les femmes que vous connaissez et qui ont l'habitude de faire leurs courses dans les supermarchés Carrefour.

Une nouvelle forme d'escroquerie s'étend (et réalisée en plein jour en plus) qui a pour victimes des femmes qui se garent sur le parking de Carrefour.

Cela se passe dès que la victime revient à sa voiture pour charger ses courses dans le coffre. Un jeune homme presque nu, beau, bronzé et musclé s'approche de la femme et prétend vouloir lui nettoyer le pare-brise.

Alors qu'il nettoie deux autres hommes jeunes, beaux et à la silhouette athlétique ouvrent les portières arrières de la voiture, y montent et exigent de la femme qu'elle les conduise jusqu'à un endroit éloigné sans âme qui vive où deux d'entre eux abusent d'elle pendant que le troisième lui vole son sac.
Attention ce sont des professionnels !
Ils ont réussi à m'avoir 3 fois vendredi et 5 fois samedi... Et dimanche, Carrefour fermé et j'ai pas retrouvé ces petits cons !!!

samedi 23 juin 2007

Finement ciselée, la jeune fille emportée dans sa danse sans fin est comme un bijou... Non, elle est Le bijou ultime, certes ostentatoire mais tellement plaisant à regarder...

La voilà enfin, la danseuse qui provoque le plus d'émotions dans le coeur des hommes d'âge mur !

vendredi 22 juin 2007

Faîtes de la musique...

L'hélicon, joli nom mais pas discret, bien plus marrant que le cornet à pistons! Et c'est reparti pour une nouvelle édition de la Fête de la musique en ce jour de l'entrée - pas trop remarquée - dans l'été...

La nuit, douce et tranquille... Moment salvateur pour mon âme lourde... A chaque aube, je meurs pour ne renaître que lorsque l'astre sélène s'élève haut dans le ciel et éclaire le monde de sa lumière d'albâtre...


Lentement le ciel se fait lourd de menaces. Si le soleil se cache, c'est pour mieux montrer que la pluie pourrait ne pas tarder.

Et tandis que certains s'amusent et jouissent du temps qui passe, d'autres travaillent sur la dure Mer du Nord.


Pendant que la fête bat son plein, le soleil se couche indifférent à la foule qui se bouscule sur la digue de Malo...

Quelques coups de manivelle et c'est la nostalgie qui m'envahit, les chanteurs de Ouistiti me renvoient à ma prime enfance, aux clubs de troisième àge où je fus sevré aux airs de la guerre de 14 et de ceux de celle de 70!!!

Retiens la nuit...


jeudi 21 juin 2007

La mémoire en héritage

SOUVENIR
Le mémorial Léon-Trulin inauguré ce matin (à Lille)

« Je pardonne à tout le monde, amis, ennemis. Je fais grâce, parce qu’on ne me l’a pas fait. » Quelques mots extraits de la dernière lettre que le jeune Léon Trulin a envoyée à sa mère avant d’être fusillé, en 1915, et qui figurent au pied de la statue qui rend hommage, dans une des rues de Lille, à « l’adolescent chargé de gloire ».
La statue de Léon Trulin, dressée au début de la rue du même nom, reprend l’attitude, aussi courageuse que pieuse, qu’avait ce jeune garçon de 18 ans, au moment de son exécution, le 8 novembre 1915, dans les fossés de la citadelle de Lille.
Pour rendre hommage à celui qu’on présente comme « l’adolescent chargé de gloire », la ville de Lille lui a également donné le nom de la rue (derrière l’opéra). Le mémorial Léon-Trulin sera, lui, inauguré ce matin, dans les fossés intérieurs de la citadelle, par Dominique Plancke, conseiller municipal délégué au patrimoine. L’élu lillois a invité pour l’occasion les lycéens de Jean-Monnet, qui ont participé à la restauration de ce mémorial, ainsi que les enfants du groupe scolaire Léon-Trulin, qui liront quelques poèmes.Une cérémonie empreinte d’émotion à laquelle devrait également participer la famille de Léon Trulin. •

in LA VOIX DU NORD, édition de Lille du 21 juin 2007

Avec un petit air de Cabourg posé par hasard sur la côte d'Opale?


Promenade en solitudaire derrière des lunettes noires bordées de blanc... Elles me rappellent quelque chose... Ah oui, que le mois d'août prochain, Polnareff débarque au Kursaal de Dunkerque.

Faut-il vraiment être un poids-plume pour jouir pleinement de ce genre de sport?

La mer, calme, presque devenue aussi lisse qu'un miroir, devient une gigantesque aire de jeux.


La course erratique du kite surfeur est facilitée par le vent devenu bise...

Abordage un peu... acrobatique...



Stoppé net dans sa course, le ballon lui échappe mais l'esprit du jeu est respecté car nulle part on n'entend de récriminations ni de plaintes... La grâce des vacances ou l'état d'esprit perdu par le foot mais que sait encore sauvegarder l'ovalie?

Il ne restera plus qu'à concrétiser l'essai...

Aérienne, la course erratique du joueur se termine finalement en plaquant le ballon dans le sable blond.


Le frêle esquif se contente de frôler la côte sur une mer d'huile où les vagues sont extrordinairement sages.

Sous le vent, vers le large, sans attendre...

culture locale oblige...

Même hors saison, on n'y échappe pas...

mercredi 20 juin 2007

Calme et sérénité dans l'ombre des hauts murs de la paroisse saint-Benoît de Saint-Pol-sur-Mer.

L'index sur la bouche, saint-benoît incite au silence pour une meilleure méditation.

Saint-Benoît, titulaire de la paroisse principale de Saint-Pol-sur-Mer, veille avec tendresse sur ses ouailles.

A l'entrée de la paroisse saint-Benoît, une Pieta trône dans l'ombre, offrant plus d'intimité à un sujet douloureux.


Tout est dans le regard, dans le sourire, dans la compassion réelle...

Toute la tendresse et le désespoir d'une mère qui sait que son fils a tout donné.

Toutes voiles dehors...

Blanche sur un mur blanc, la plaque qui baptise cette villa de Malo se remarque à peine et renvoie aux images sépia des grandes heures et la Royale et des lognues soirées à l'opéra.

A front du canal de Furnes, un vestige d'une guerre déjà lointaine veille encore sur la campagne, sentinelle dérisoired'un conflit qui perd ses derniers témoins...

Une enseigne d'un tabacco-shop d'Adinkerke, à quelques encablures de la frontière, me rappelle à mes frissons de jeunesse... Ah, Betty Page, la pin-up ultime des années 60...

Entre les teintes rougeâtres des tuiles de clyte et le bleu azuréen d'un ciel estival limpide, le canal de Furnes ne sait quelles couleurs privilégier.

Eté comme hiver, le canal de Furnes, paresseux, lent entre ses berges, se prend pour un miroir...

Curieuse apparition dans les jardins et sur les terrasses.

Effectivement, là, la partie de pêche est un peu compromise...

mardi 19 juin 2007

question à mes amis photographes...

question cruciale



En toute honnêteté, que ferais-tu?




Fais défiler le texte lentement, afin de lire au fur et à mesure.


Il est important de ne pas aller trop vite,afin de ne pas répondre trop précipitamment ou sans avoir bien compris tous les enjeux de la question.




La Seine a débordé...



Tu te retrouves dans le chaos le plus total, après un raz-de- marée, tout est inondé...




Des quantités d'eau incroyables sont en mouvement...



Tu es reporter photographe...



Au milieu de ce terrible désastre...




Et tu as là l'occasion de faire la photo de ta vie...



Les maisons sont emportées par les eaux autour de toi, les gens disparaissent sous les flots.



Les forces de la Nature déchaînées s'attaquent à tout...
Elles emportent tout avec elles...




Soudain, tu aperçois un homme dans un 4 x 4...



Il est prisonnier de son véhicule et lutte contre les vagues.



Il se débat, s'acharne sur sa portière, hurle...


En vain...



Tu te rapproches...



Son visage trahit l'effroi, ses yeux te supplient...



Et là, stupéfait... Tu le reconnais : c'est Nicolas Sarkozy !



A chaque seconde, le torrent de boue et de débris peut l'emporter...



Mais tu peux le sauver ! Seulement, c'est aussi l'occasion de faire la photo de ta vie...




La photo qui te donnerait le Prix qui couronnerait ta carrière...



Et qui te rendrait riche comme jamais !...




Maintenant, sans fuir tes responsabilités réponds à la question, en toute honnêteté :




Mat ou brillant ?

lundi 18 juin 2007

Venue des Pays-Bas voisins, elle attend patiemment l'ouverture d'une écluse pour poursuivre son périple.

Ne subsistent plus que les réminiscences d'un passé évanouïs dans les brumes de nos histoires... Le port s'est endormi dans un sommeil létal...


Le soir venu, dans la lumière déclinante, une angoisse étreint le coeur, qu'est devenu ce port grouillant de vie? Pourquoi les sirènes se sont tues? Entendrons nous un jou à nouveau les fracas des bennes au fond des cales et les cris des dockers ployant sous la charge? Je n'ai plus vu de navires à couple depuis si longtemps que je finis par croire que le port est endormi depuis des siècles...

Et dans les darses désertées, dans les bassins vides, ne nous surprend plus que le bruit du vent.

Déluge de couleurs, ordonnancement précis et parfait, comme à la parade... Je bloque mon regard sur l'étal et soupire au souvenir des heures de travail par milliers dans nos usines textiles, aux métiers et autres bobineuses bruyantes qui faisaient la renommée de nos contrées... Finies les laines du Nord, fini DMC, la concurrence a eu raison du "Fil au Chinois"... Notre fierté, notre sang, nos savoir-faire définitivement perdus sont maintenant dans les vitrines des musées... La région perd sa mémoire ouvrière entre filatures abandonnées, chantiers navals démantelés, chevalets de mine dynamités... Et que nous donnera-t-on en compensation des sacrifices de nos générations?

Immuable, le héros des Dunkerquois reste imperturbable.

Survivante d'un passé pas si lointaine, une fontaine Wallace trône face au Palais de Justice de Dunkerque. Symbole parisien ou le mécène Sir Richard Wallace les implanta en premier, elles sont une réminiscence du siècle de l'hygiénisme.Inspirée de la " Fontaine des Innocents " (en plein quartier des Halles), elle repose un socle à huit pans sur lequel vient s'ajuster la partie supérieure composée de quatre caryatides se tournant le dos et soutenant à bout de bras un dôme orné d'une pointe, et décoré de dauphins.
L'eau est distribuée en un mince filet depuis le centre du dôme, puis tombe dans une vasque qui est protégée par une grille. Pour faciliter la distribution, deux gobelets en fer étamé retenus par des chaînettes, sont à la disposition du consommateur, restant toujours immergés pour plus de propreté. Ceux-ci sont supprimés en 1952 à Paris, les autres villes suivront rapidement. Les quatre caryatides représentent la bonté, la simplicité, la charité et la sobriété. Elles sont toutes différentes par d'infimes détails.
...
A Dunkerque, elle n'est plus qu'une décoration, un mobilier urbain que plus personne ne regarde.

Nues sous un drapé délicat, les belles caryatides attendaient de désaltérer les passants. Aujourd'hui, elles ne sont plus qu'une décoration que les passants ignorent, submergés par les couleurs et les formes de la ville moderne, aux vitrines colorées et aux rues pleines de voitures bigarrées.

Vestige du passé, la Villa des Chardons, posée rue About, garde un oeil sur la plage parle bienheureux hasard d'une percée dans la muraille qui borde la digue malouine.

Posés contre la rampe d'accès à la plage, ils attendent sagement le retour de leurs propriétaires. L'estran est vide de ses visiteurs et les cycles semblent incongrus dans ce décor presque lunaire.

La voile posée sur le sable s'improvise abri de plage... L'heure n'est plus au jeu pour les kite-surfeurs, la nuit arrive et il faudra vite songer à rentrer...


D'un coup d'aile, elle rase les toits des cabines de bains... La plage désertée redevient son terrain de jeu, elle qui en a été tenue éloignée par les promeneurs du dimanche.